La part du citoyenAudiovisuel public
François-Xavier Ceccoli

François-Xavier Ceccoli

Role dans la commission : Vice-president ayant preside des seances — groupe DR (La Droite Republicaine), affilie Les Republicains

Biographie

Francois-Xavier Ceccoli est ne le 27 octobre 1968 a Cervione (Haute-Corse). Chef d'entreprise et agrumiculteur installe sur la plaine orientale de la Corse, il a notamment preside Corsica Comptoir, un groupement d'une soixantaine de producteurs. Sa fiche officielle a l'Assemblee nationale le classe comme « chef d'entreprise de 10 salaries ou plus ».

Son parcours politique est d'abord local et ancre dans la Costa Verde : conseiller municipal de San-Giuliano a partir de 1995, il devient maire de cette commune en 2008, mandat qu'il exerce jusqu'en 2026 (reelu le 18 mai 2020). Il se revendique gaulliste et met en avant une « fibre sociale » illustree par la creation de la premiere banque alimentaire de l'ile.

Il est elu depute de la 2e circonscription de Haute-Corse au second tour des legislatives de 2024 (environ 54 % des suffrages exprimes), succedant a Jean-Felix Acquaviva et prenant ses fonctions le 18 juillet 2024. C'est son premier mandat national. Il siege au groupe La Droite Republicaine (DR, affilie aux Republicains pour le financement politique) et est membre de la commission du developpement durable et de l'amenagement du territoire. Depute independant d'esprit, il s'est fait remarquer en votant une motion de censure deposee par le RN. (Le dossier corpus lui associe aussi le groupe « UDR » ; les sources publiques verifiees le rattachent, elles, sans ambiguite a La Droite Republicaine / LR.)

Dans la commission

Vice-president de la commission, Ceccoli a preside plusieurs seances (il y intervient alors comme « president ») et pose, en tant que depute, des questions nombreuses (34 interventions recensees). Sa ligne combine deux angles recurrents : la gestion et la transparence financiere de l'audiovisuel public d'un cote, le pluralisme et le traitement de certains sujets de l'autre — le tout avec une sensibilite marquee pour les territoires et le monde agricole.

Angle agricole et « science contre militantisme » (M. Martin Ajdari). Fidele a son profil d'agrumiculteur, il interroge l'Arcom sur le cadrage des sujets agricoles et environnementaux, denoncant un traitement « alarmiste » des pesticides et une mediatisation complaisante des Soulevements de la terre : « Comment eviter que des recits parfois partisans, voire fallacieux, soient presentes comme des faits etablis ? ». En creux, il oppose la parole scientifique institutionnelle (ANSES, EFSA, INRAE) au discours associatif.

Neutralite et biais suppose (Mme Delphine Ernotte Cunci). Il affiche son attachement au service public et aux antennes regionales, tout en contestant l'impartialite : il cite l'Institut Thomas More (« le rapport entre la gauche et la droite dans les temps de parole accordes aux invites est d'un a six en faveur des premiers, et les personnalites de droite sont sept fois plus attaquees que defendues ») et pointe des remunerations elevees dans la structure publique.

Defense des antennes regionales (M. Stéphane Sitbon-Gomez). Sur un registre qu'il presente lui-meme comme « moins politique », il demande s'il existe « au niveau national, une volonte clairement affirmee de preserver les antennes regionales de France Televisions », dont il souligne l'utilite democratique, culturelle et territoriale (Bretagne, Corse).

Gestion et comptabilite analytique (M. Thomas Cargill, Mme Florence Philbert). C'est son terrain le plus insistant. Il transpose les standards du prive pour denoncer les retards et l'opacite comptable : « Qui a mis en place le progiciel [...] ? S'agit-il d'un montage quelque peu baroque developpe par l'entreprise elle-meme, ou a-t-on fait appel a des specialistes mondiaux reconnus [...] ? Nous savons tous qu'un mauvais fonctionnement de ce genre d'outils peut dissimuler des activites structurellement deficitaires. » Il interroge aussi le controle des marges des producteurs prives (M. Thomas Cargill) et, en Mme Florence Philbert, juge la comptabilite analytique « largement illisible, voire opaque », tout en se disant favorable a un financement pluriannuel de type BBC.

Presidence de seances (M. Alexandre Dureux). Quand il preside, ses relances portent sur la neutralite et la deontologie : « Voulez-vous dire par la que la pluralite n'existe pas forcement sur Slash [...] ? » et « Comment garantissez-vous l'equilibre entre la liberte d'opinion journalistique et le controle — je ne parle pas de censure ? ».

Autres marqueurs de ligne. Il prend la defense du droit du rapporteur a poser toutes ses questions (M. Patrick Cohen : « je vais prendre la defense de notre rapporteur. Il a tout de meme le droit de poser les questions qu'il souhaite »), tout en invitant Patrick Cohen a relativiser sa situation d'« arroseur arrose ». Face a Vincent Bollore (M. Vincent Bolloré), il salue l'apport de pluralisme des chaines du groupe et lui demande si la transformation de ses medias visait un « reequilibrage » du debat public : « l'enjeu etait-il uniquement strategique et financier ou etait-il aussi societal ? ».

Au total, une ligne DR de « droite de gouvernement » : exigence de bonne gestion et de transparence financiere, soupcon de biais de gauche du service public, soutien au pluralisme incarne par les chaines Bollore, mais defense assumee des missions territoriales et regionales (Corse comprise).

Sources