Domaine : Santé mentale et physique des mineurs · Sujet : troubles-alimentaires
Couverture : 61 citations · 6 positions · 24 auditions
_Slugs bruts fusionnés : troubles-alimentaires-contenus, troubles-alimentaires-skinnytok, troubles-alimentaires-esthetique, skinnytok-promotion-maigreur, skinnytok-troubles-alimentaires, contenus-pro-ana-troubles-alimentaires, covid-explosion-tca, effets-positifs-diversite-corporelle_
Positions exprimées
- M. Grégoire Borst (cr06c) : Dieu-Osika : progression fulgurante de l'anorexie mentale, exacerbée par des défis TikTok (skinny challenge, zizi challenge) et des contenus pro-anorexie ; phénomène corroboré par la clinique et des cas étrangers (Pays-Bas). _(tranchant 4)_
- Mme Rayna Stamboliyska (cr04a) : Ne pas interdire les espaces « pro-ana » qui offrent aussi un soutien et une socialité ; « tout n'est pas blanc ou noir ». _(tranchant 3)_
- Mme Carole Copti (cr08c) : #SkinnyTok glorifie la maigreur extreme via challenges et citations « faussement bienveillantes » ; mais ces contenus preexistent au hashtag et a TikTok (autres reseaux, medias classiques, marketing). _(tranchant 3)_
- Mme Carole Copti (cr08c) : Les reseaux peuvent aussi avoir des effets positifs : promotion de la diversite corporelle, appui sur des influenceuses critiques et des « patients experts » a former et a relayer. _(tranchant 3)_
- M. Arnaud Cabanis (M. Arnaud Cabanis) : Les contenus valorisant les troubles alimentaires sont interdits et supprimés, mais un espace d'expression sur la guérison doit être préservé ; bloquer un hashtag est une mesure sévère prise seulement quand la majorité des contenus bascule (SkinnyTok bloqué en mai). _(tranchant 3)_
- Mme Alejandra Mariscal Lopez (cr14c) : L'apologie de la maigreur (SkinnyTok) n'est a priori pas illégale ; sur l'échantillon analysé, les contenus toxiques sont peu nombreux, peu viraux et TikTok avait déjà procédé à un nettoyage. _(tranchant 2)_
Citations (verbatim, sourcées)
« Ils ont expliqué qu'il ne fallait pas interdire ces espaces, car ils représentaient un élément de socialité essentiel pour les jeunes qui ont des problèmes. Ils trouvent du soutien au sein de ces communautés, même si elles ont également des aspects négatifs comme l'effet d'entraînement. Tout n'est pas blanc ou noir. »
— Rayna Stamboliyska — RS Strategy (audite, audition cr04a, 2025-04-23)
_Nuance à décharge sur le « pro-ana » : s'appuie sur les sociologues Casilli et Tubaro pour refuser l'interdiction pure et rappeler l'ambivalence de ces espaces._
« Ils soulignent également le soutien que ces plateformes, y compris TikTok, peuvent apporter à la guérison. »
— Rayna Stamboliyska — RS Strategy (audite, audition cr04a, 2025-04-23)
_Rare propos à décharge : rapporte (via un article de chercheurs italiens) que TikTok peut aussi jouer un rôle de soutien dans la guérison — non établi comme fait général, attribué à une étude._
« La principale tient à la volumétrie et à la viralité des contenus, ainsi qu'à l'utilisation de l'image et de la vidéo, notamment sur TikTok. Par le passé, les échanges étaient principalement textuels et se déroulaient par l'intermédiaire de sites plus ou moins statiques. Ce changement n'est pas bénéfique, car l'impact de ce que l'on voit est beaucoup plus fort. »
— Rayna Stamboliyska — RS Strategy (audite, audition cr04a, 2025-04-23)
_Distingue le nouveau danger (volume, viralité, image/vidéo) des anciens forums textuels — établit pourquoi TikTok change la nature du risque._
« Certains de ces manquements ressurgissent dans l’actualité, notamment à propos des contenus liés à l’image du corps et à la promotion des troubles du comportement alimentaire, comme la tendance Skinny Tok . »
— Océane Herrero (audite, audition cr04b, 2025-04-23)
_Attribue à TikTok des manquements documentés sur les contenus pro-TCA (« Skinny Tok ») ; affirmation de la journaliste appuyée sur ses observations et entretiens._
« La plateforme prétend modérer les contenus qui pourraient promouvoir les troubles du comportement alimentaire par exemple. Or il est très facile de les retrouver en explorant l’application. »
— Océane Herrero (audite, audition cr04b, 2025-04-23)
_Pointe l’écart entre les déclarations de modération de TikTok et la réalité constatée ; affirmation de l’auteure, non un audit indépendant._
« En France, j’ai pu recenser au moins huit cas de suicide directement liés à ce phénomène et il est fort probable que le chiffre réel soit bien plus élevé. »
— Jean-Marie Cavada — iDFrights (audite, audition cr07a, 2025-05-02)
_Chiffre (au moins huit suicides liés à l'incitation à l'anorexie) avancé par Cavada sur la base d'un recensement personnel, présenté comme probablement sous-évalué. Donnée non sourcée ni vérifiée : à attribuer strictement à lui._
« À mes yeux, nous sommes confrontés à une forme contemporaine de non-assistance à personne en danger. »
— Jean-Marie Cavada — iDFrights (audite, audition cr07a, 2025-05-02)
_Qualification morale forte de la responsabilité collective face aux contenus toxiques. Cadrage rhétorique de Cavada, pas une qualification juridique établie._
« Ce qui l'est, en revanche, c'est la diffusion de contenus qui en font l'apologie ou qui présentent ces comportements comme des réponses acceptables, voire valorisées. »
— Michael Stora — Observatoire des mondes numériques en sciences humaines (audite, audition cr07b, 2025-05-02)
_Distingue le contenu à réguler (apologie) de la simple évocation, en réponse à Genetet ; critère opérationnel pour la modération et la liberté d'expression._
« Par cette mobilisation citoyenne, qui a d'ores et déjà recueilli près de 27 000 signatures, Mme Buigues appelle le Gouvernement à une action concrète en matière de régulation des contenus »
— Arthur Delaporte (president, audition cr07b, 2025-05-02)
_Le président relaie une pétition citoyenne contre le hashtag SkinnyTok et annonce l'audition de son initiatrice ; ancre l'actualité de la commission. Le chiffre est attribué à la mobilisation._
« Les réseaux sociaux sont un miroir ; s’ils montrent des vidéos promouvant la minceur ou la misogynie, c’est parce qu’ils représentent notre culture. »
— Elie Andraos — CHU Amiens-Picardie (audite, audition cr08b, 2025-05-06)
_Nuance à décharge : la misogynie et la culture de la minceur préexistent à TikTok (sites pro-ana depuis vingt ans). Recadre la responsabilité de la plateforme comme amplificateur plutôt que créateur._
« des vidéos pro-ana, qui favorisent l’anorexie »
— Elie Andraos — CHU Amiens-Picardie (audite, audition cr08b, 2025-05-06)
_Décrit concrètement le mécanisme de focalisation par répétition sur SkinnyTok menant à des contenus pro-anorexie. Description clinique, l'effet causal sur un individu donné n'est pas quantifié._
« Depuis la crise du covid, les consultations pour TCA, en particulier pour anorexie mentale, ont littéralement explosé : elles ont doublé en 2024 et triplé depuis le début de l’année 2025. »
— Carole Copti — Diététicienne-nutritionniste (TCA) (audite, audition cr08c, 2025-05-06)
_Chiffre clinique avance par Copti (constat de cabinet, non une donnee epidemiologique de population) : hausse des consultations TCA. A attribuer a Copti ; correlation avec le covid, pas causalite etablie avec TikTok._
« On peut établir une comparaison avec le cannabis qui favorise le développement de la schizophrénie sans en être la cause : c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase. »
— Nathalie Godart — Professeure de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (UVSQ/Inserm) (audite, audition cr08c, 2025-05-06)
_Modele explicatif nuance (facteur precipitant sur terrain vulnerable, pas cause) : formule marquante resumant la position scientifique de l'audition._
« Onboou expliquait que la rémunération qu’elle tirait de TikTok lui permettait d’acheter de grosses quantités de nourriture pour pouvoir faire ses orgies alimentaires avant de provoquer des vomissements volontaires. »
— Charlyne Buigues — Infirmière (FSEF Grenoble), pétition #StopSkinnyTok (audite, audition cr08c, 2025-05-06)
_Illustration de la boucle monetisation/pathologie : les revenus TikTok financeraient les crises alimentaires. Rapporte les propos publics d'une influenceuse (Onboou) par Buigues._
« #SkinnyTok est un nom qui a été donné à des contenus dangereux qui existent, en fait, depuis très longtemps. »
— Charlyne Buigues — Infirmière (FSEF Grenoble), pétition #StopSkinnyTok (audite, audition cr08c, 2025-05-06)
_Nuance importante : le phenomene n'est pas ne avec le hashtag ni avec TikTok ; il preexistait sous d'autres appellations (#regime, #glowup). Relativise la specificite du hashtag._
« Les réseaux peuvent-ils avoir des effets positifs ? Oui, notamment en ce qui concerne la promotion de la diversité. »
— Nathalie Godart — Professeure de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (UVSQ/Inserm) (audite, audition cr08c, 2025-05-06)
_Element a decharge/de nuance : reconnaissance explicite d'effets positifs possibles des reseaux (diversite corporelle, influenceuses critiques). Contrebalance le propos a charge._
« La minceur et même la maigreur sont promues dans notre société par de multiples supports, depuis des générations : mannequins, poupées Barbie, divers dessins animés. »
— Nathalie Godart — Professeure de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (UVSQ/Inserm) (audite, audition cr08c, 2025-05-06)
_Mise en perspective : la promotion de la maigreur precede et depasse TikTok (medias classiques, marketing alimentaire). Invite a ne pas isoler la plateforme._
« il est très imprudent de dire que c’est ce qui a créé cette vague de troubles des comportements alimentaires. »
— Nathalie Godart — Professeure de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent (UVSQ/Inserm) (audite, audition cr08c, 2025-05-06)
_Recadrage scientifique de la relation de causalite avancee par le depute : l'explosion post-covid tient d'abord au stress/anxiete/depression, pas aux reseaux. Nuance a decharge._
« À la lumière de vos interventions, on comprend que TikTok n’est pas forcément l’élément déclencheur mais qu’il amplifie largement le phénomène. »
— Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr08c, 2025-05-06)
_La rapporteure reformule la position des auditionnees (amplification, pas declenchement) et cherche a faire developper la notion d'endoctrinement et de « boite a outils » alimentaire._
« Pensez-vous que ce plaidoyer pour la diversité pourrait contrebalancer les effets des tendances comme #SkinnyTok et autres instruments de promotion de l’extrême minceur ? »
— Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr08c, 2025-05-06)
_La rapporteure teste, en s'appuyant sur des auditions precedentes, l'hypothese d'un effet compensateur des reseaux (diversite corporelle) — recherche d'equilibre entre charge et decharge._
« Il devient, dans certains groupes de collégiens et de lycéens, valorisé de souffrir de troubles du comportement alimentaire, de se dire borderline, bipolaire, ou d’évoquer des diagnostics psychiatriques lourds. »
— Emmanuelle Piquet (audite, audition cr09b, 2025-05-13)
_Décrit un phénomène social de valorisation du diagnostic psychiatrique chez les adolescents, où TikTok joue selon elle un rôle. Hypothèse clinique qu'elle dit ne pas expliquer entièrement._
« Moi, mon fil a été de taper simplement « perte de poids » en me mettant dans la tête d’une adolescente. Et très rapidement, en cinq minutes, j’ai commencé à avoir des contenus sur l’anorexie, les scarifications, le suicide. »
— Mme Delphine Dapui — Algos Victima (mère de Charlize) (audite, audition cr11b, 2025-05-15)
_Test empirique reproduit par une mère : glissement rapide d'une recherche anodine vers des contenus mortifères. Témoignage, non protocole scientifique._
« L’application peut également contribuer au développement de troubles de la perception corporelle, pouvant mener à des désordres alimentaires, comme pourront vous le confirmer pédopsychiatres et nutritionnistes. »
— Bruno Gameliel (audite, audition cr12b, 2025-05-16)
_Lien allégué entre TikTok, troubles de l'image corporelle et désordres alimentaires ; l'auditionné renvoie explicitement à d'autres spécialistes (pédopsychiatres, nutritionnistes), signalant qu'il ne l'établit pas seul._
« L’exemple le plus récent et évocateur est la tendance SkinnyTok, qui valorise la maigreur extrême. »
— M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition cr13c, 2025-05-20)
_Nomme la tendance SkinnyTok comme cas emblématique des contenus valorisant la maigreur, avant d’en donner les mesures chiffrées Arcom._
« sur cette seule période, 5 500 publications, diffusées par 3 000 créateurs différents, comprenaient l’expression SkinnyTok. »
— M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition cr13c, 2025-05-20)
_Chiffres de la mesure Arcom (23-24 avril, 30 jours précédents), attribués à l’Autorité. Documente l’ampleur et la viralité d’une tendance nocive, avec la nuance que certaines vidéos la dénoncent._
« dans le cas de la tendance SkinnyTok, il n’est a priori pas illégal de faire l’apologie de la maigreur. »
— Yann Lescop — Point de Contact (audite, audition cr14c, 2025-05-22)
_Point juridique central : la frontière entre contenu préjudiciable et contenu illicite ; l'apologie de la maigreur n'entre pas dans le champ pénal, ce qui limite le retrait par le canal légal._
« L’outil a identifié 1 136 contenus liés à la tendance SkinnyTok, parmi lesquels 91 ont été qualifiés de toxiques. La répartition de ces contenus toxiques était la suivante : 66 % sur TikTok, 27 % sur X et 7 % sur YouTube. »
— Alejandra Mariscal Lopez — Point de Contact (audite, audition cr14c, 2025-05-22)
_Chiffres d'une veille automatique (22-24 avril, contenus francophones) : la majorité des contenus toxiques SkinnyTok sur TikTok, mais sur un volume faible ; l'outil est en phase de test et moins efficace sur TikTok, le chiffre est donc à manier avec prudence._
« le fait que nous n’ayons identifié que 1 136 contenus parmi tous les contenus pouvant exister sur TikTok suggère qu’un certain nettoyage avait déjà été effectué. »
— Alejandra Mariscal Lopez — Point de Contact (audite, audition cr14c, 2025-05-22)
_Élément à décharge : le faible nombre de contenus détectés suggère un nettoyage préalable par TikTok ; interprétation de la témoin, non une mesure de la modération effective._
« Avez-vous analysé la viralité, le nombre de likes et de vues de ces contenus ? La simple quantification du nombre de contenus ne nous renseigne pas sur leur portée. »
— Arthur Delaporte (president, audition cr14c, 2025-05-22)
_Le président relance sur la portée réelle des contenus (viralité, vues) plutôt que sur leur simple nombre ; cherche à mesurer l'exposition effective des mineurs._
« Nous ne disposons pas de ces données. Nous avons pu extraire certaines publications avec leur nombre de likes . Par exemple, j’ai identifié six publications ayant entre 60 et 150 likes . »
— Alejandra Mariscal Lopez — Point de Contact (audite, audition cr14c, 2025-05-22)
_La témoin reconnaît l'absence de données de vues et ne fournit que quelques publications à faible nombre de likes (60-150) ; nuance la thèse d'une forte viralité des contenus SkinnyTok dans son échantillon._
« Nous observons, tant dans nos fonctions au sein du Cnom que dans notre pratique médicale, une augmentation des troubles alimentaires, des troubles dépressifs, des automutilations et des préoccupations à visée esthétique chez cette population. »
— Jean-Marcel Mourgues — Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)
_Constat clinique d'une augmentation des troubles chez les adolescents. Formulé comme observation corrélative (« nous observons »), sans lien de causalité établi avec TikTok._
« l’auto-diagnostic basé sur des informations trouvées en ligne — concernant particulièrement le TDAH, le haut potentiel intellectuel (HPI), le haut potentiel émotionnel (HPE), les addictions ou les troubles du comportement alimentaire (TCA) —, l’automédication inspirée par des tendances sur les réseaux sociaux et l’errance, entraînant un retard avant la consultation d’un psychologue ou, mieux encore, d’un psychiatre. »
— Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)
_Typologie des auto-diagnostics en ligne et de leurs conséquences (errance, retard de soin). Constat de terrain d'un praticien._
« On sait aussi que ce phénomène a causé certains troubles du comportement alimentaire, sur lesquels les médecins se sont exprimés, et une augmentation du recours aux médecins et chirurgiens esthétiques. »
— Audrey Chippaux — auteure de « Derrière le filtre » (audite, audition cr16a, 2025-05-26)
_Affirmation de lien filtres/publicités → TBA et recours à l'esthétique, attribuée à des médecins (cite le Dr Adel Louafi). Lien causal avancé par l'auditionnée, non chiffré ici._
« Pour me familiariser avec cette plateforme, je l’ai utilisée pendant une matinée, la semaine dernière. C’est pire qu’un train fantôme ! Je n’imaginais pas qu’on puisse avoir accès en France à des contenus glorifiant l’automutilation, la boulimie ou le suicide. »
— Guilhem Julia — Université Sorbonne Paris-Nord (maître de conférences en droit privé) (audite, audition cr16b, 2025-05-26)
_Témoignage d'expérience personnelle de Julia ; établit son observation directe, pas une mesure statistique de la prévalence._
« Un contenu, ou plutôt le compte entier d’une jeune fille, a particulièrement retenu mon attention. On la voit tous les jours, en plan fixe, en train de faire une crise de boulimie. »
— Guilhem Julia — Université Sorbonne Paris-Nord (maître de conférences en droit privé) (audite, audition cr16b, 2025-05-26)
_Illustration concrète du contenu signalé sans succès ; établit un cas précis, pas une donnée agrégée._
« J’imagine aussi que les jeunes filles qui partagent de tels contenus sur TikTok ont, en fait, besoin de s’exprimer. C’est peut-être une partie d’une thérapie pour elles, si tant est qu’elles soient favorables à cela et qu’elles en aient envie. »
— Guilhem Julia — Université Sorbonne Paris-Nord (maître de conférences en droit privé) (audite, audition cr16b, 2025-05-26)
_Nuance à décharge inattendue de la part d'un intervenant très critique : la publication de ces contenus peut relever d'un besoin d'expression, voire thérapeutique._
« De jeunes femmes y diffusent des régimes drastiques, des routines sportives excessives et des messages culpabilisants : « Tu n'es pas moche, tu es juste grosse », « Plaisir éphémère, regret éternel ». »
— Bérangère Couillard — Haut Conseil à l'Égalité entre les hommes et les femmes (HCEFH) (audite, audition cr18a, 2025-05-27)
_Illustration verbatim des contenus pro-minceur/culpabilisants décrits par la témoin. Restitue le registre concret des messages incriminés._
« L'algorithme de TikTok, accusé de créer des bulles de contenus homogènes, renforce cette exposition et aggrave l'isolement dans des spirales toxiques. »
— Bérangère Couillard — Haut Conseil à l'Égalité entre les hommes et les femmes (HCEFH) (audite, audition cr18a, 2025-05-27)
_Formulation prudente : la témoin emploie « accusé de », marquant qu'il s'agit d'un reproche fait à l'algorithme et non d'un fait qu'elle établit. À décharge sur la rigueur du propos._
« Ce type de contenu existait déjà sur les blogs avant l’explosion des réseaux sociaux, mais il inquiète encore plus sur TikTok en raison de l’algorithme particulièrement puissant de cette plateforme. »
— Cécile Augeraud — Ofac / Pharos (audite, audition cr18d, 2025-05-27)
_Nuance : les contenus pro-anorexie préexistaient, mais l’auditionnée impute l’aggravation à l’algorithme de TikTok — appréciation de l’Ofac, pas une démonstration causale chiffrée._
« Je souhaite également apporter un éclairage sur les contenus d’atteintes corporelles, puisque le hashtag SkinnyTok a été évoqué à de multiples reprises. Les signalements que nous avons reçus en la matière sont demeurés malgré tout dans des proportions relativement réduites. »
— Cécile Augeraud — Ofac / Pharos (audite, audition cr18d, 2025-05-27)
_Relativise l’ampleur de SkinnyTok en volume de signalements reçus par Pharos, à distinguer de sa médiatisation. Donnée à décharge sur l’intensité du phénomène côté signalements._
« Cela peut créer une spirale infernale – ce que la littérature scientifique appelle le rabbit hole effect – et pousser des personnes à des tentatives de suicide, des scarifications, des comportements anorexiques. »
— Marie-Laure Denis — CNIL (audite, audition cr20a, 2025-06-02)
_Lien entre l'adaptation rapide de l'algorithme et des conduites à risque, formulé au conditionnel de possibilité (« peut ») et rattaché à la littérature scientifique (rabbit hole effect) — présenté comme un risque potentiel, pas comme une causalité établie._
« Un rapport, publié en 2022 par le Center for Countering Digital Hate , une ONG anglo-saxonne, révélait qu’il fallait moins de dix minutes en moyenne pour que TikTok propose des contenus relatifs au suicide ou à des troubles du comportement alimentaire. »
— Marie-Laure Denis — CNIL (audite, audition cr20a, 2025-06-02)
_Chiffre explicitement attribué à une ONG tierce (CCDH, 2022) — la CNIL le rapporte, elle ne l'établit pas elle-même ; correlation/vitesse d'exposition, pas causalité de dommage._
« Une adolescente évoque spécifiquement l’existence de comptes « ED TikTok » ( Eating Disorders TikTok ), autrefois présents sur Twitter, qui valorisent le body check et les contenus montrant des personnes consommant seulement 800 calories quotidiennes. »
— Angélique Gozlan — OPEN (audite, audition cr24a, 2025-06-10)
_Documente l'existence de communautés pro-troubles alimentaires sur TikTok, via témoignage d'adolescente ; chiffre (800 calories) attribué à la patiente._
« « Sur Twitter, cela s’apparentait à un journal intime des personnes souffrant de ces troubles, tandis que sur TikTok, le message devient « Regardez, je suis une meilleure anorexique que vous ». » »
— Angélique Gozlan — OPEN (audite, audition cr24a, 2025-06-10)
_Citation d'adolescente rapportée par Gozlan : contraste la logique de TikTok (mise en scène compétitive du trouble) avec celle de Twitter ; suggère un effet spécifique du format vidéo/social sur les troubles alimentaires._
« nous n’autorisons pas la publicité pour des produits contre l’acné, car nous ne voulons pas laisser penser aux utilisateurs qu’avoir de l’acné pose problème. »
— Arnaud Cabanis — TikTok (régie publicitaire France & Benelux) (audite, audition de M. Arnaud Cabanis, 2025-06-12)
_Exemple mis en avant par TikTok pour démontrer une politique publicitaire stricte sur l'image corporelle ; élément à décharge sur la protection de l'estime de soi._
« Nous avons fini par bloquer le #SkinnyTok en mai, afin que les nouvelles vidéos ne puissent pas l’utiliser. Cela a évité à plus de 90 000 contenus d’apparaître chaque jour sur le fil des utilisateurs français. »
— Brie Pegum — TikTok (aspects techniques de la régulation) (audite, audition de M. Arnaud Cabanis, 2025-06-12)
_Chiffre avancé par TikTok pour valoriser son action sur SkinnyTok ; à mettre en regard du reproche de tardiveté (blocage seulement après intervention ministérielle)._
« considérez-vous que le DSA vous confère une obligation de moyens ou une obligation de résultat ? Si c’est une obligation de résultat, elle n’est pas remplie. »
— Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de M. Arnaud Cabanis, 2025-06-12)
_Formule la question juridique de fond de la commission : nature de l'obligation DSA. Angle : établir un manquement de résultat._
« Bien sûr, nous ferons toujours des erreurs. »
— Brie Pegum — TikTok (aspects techniques de la régulation) (audite, audition de M. Arnaud Cabanis, 2025-06-12)
_Aveu de faillibilité structurelle de la modération, opposé par TikTok à l'exigence d'une obligation de résultat ; concession notable sous serment._
« il suffit de taper le hashtag #Skinny pour tomber, dès les premières vidéos, sur des contenus qui ne correspondent pas à ce que vous décrivez. »
— Arthur Delaporte (president, audition de M. Arnaud Cabanis, 2025-06-12)
_Démonstration en direct de l'écart entre le discours de TikTok (contenu majoritairement positif) et l'expérience réelle ; le président invite les présents à reproduire le test._
« Le fait de supprimer le hashtag empêche de trouver les ressources et les vidéos bienveillantes qui permettent d’éveiller les consciences. »
— Marlène Masure — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)
_Argument de TikTok pour justifier sa réticence à supprimer des hashtags : cela ferait aussi disparaître les contenus de sensibilisation. Défense du cas SkinnyTok._
« Sur l’anorexie, les recommandations et les ressources ont été écrites par la Fédération française anorexie boulimie, qui s’y est employée pour nous. »
— Marlène Masure — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)
_TikTok revendique une expertise externalisée (associations spécialisées) plutôt que des psychologues internes — réponse à la question de la rapporteure sur la nature des « experts » de l’entreprise._
« Une étude démontre d’ailleurs que les personnes prédisposées aux troubles du comportement alimentaire ont plus de 4 343 % de risques supplémentaires d’être exposées à des vidéos concernant ce type de troubles. »
— Sarah Sauneron — Direction générale de la santé (DGS) (audite, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)
_Chiffre spectaculaire attribué à une étude non nommée par la DGS ; renseigne sur l'amplification algorithmique auprès des publics prédisposés, mais la source précise n'est pas citée dans l'audition._
« nous faisons face à une multitude de contenus qui, pris individuellement, ne sont pas problématiques, mais dont l’exposition massive et récurrente auprès d’un public vulnérable, comme les adolescentes, constitue un véritable risque de santé publique à l’échelle globale. »
— Kerian Berose-Perez — Direction générale de la santé (DGS) (audite, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)
_Formulation du cœur du problème de modération : le danger naît de l'accumulation, pas du contenu isolé, ce qui échappe à la modération contenu par contenu._
« Nous avions également identifié le phénomène SkinnyTok par nos propres moyens, car notre équipe utilise des comptes enfants et adolescents pour explorer les réseaux sociaux. »
— Kerian Berose-Perez — Direction générale de la santé (DGS) (audite, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)
_Révèle le caractère artisanal de la veille de l'État : des agents créent des comptes fictifs d'enfants/ados, faute de dispositif structuré._
« si une jeune fille peut sans problème regarder une vidéo sur le contouring , elle commencera certainement à se poser des questions sur son apparence physique si elle en regarde dix ou quinze. »
— Thibault Guiroy — YouTube (audite, audition cr28a, 2025-06-17)
_Reconnaissance, par YouTube, de l'effet cumulatif d'une exposition répétée à des contenus normatifs sur l'image corporelle des adolescents; justifie la limitation de recommandation depuis 2023._
« J’ai tapé #Skinny sur X, et je suis tombé, parmi les premiers résultats, sur un contenu « I’ll be soon skinny », dans lequel une personne mesure l’épaisseur de son ventre avec une carte bancaire, et qui comptabilise près de 50 000 vues, 4 000 likes et 200 retweets. »
— Arthur Delaporte (president, audition cr28a, 2025-06-17)
_Preuve concrète et chiffrée présentée par le président: des contenus d'apologie de la maigreur et de scarification restent accessibles et très vus sur X. Élément à charge documenté séance tenante._
« En général, ce sont des jeunes, voire des très jeunes qui suivent cette influenceuse, laquelle gagne beaucoup d’argent avec des personnes dont le mal-être est certain. »
— Arthur Delaporte (president, audition cr28a, 2025-06-17)
_Le président lie monétisation et exploitation du mal-être de très jeunes abonnés (communauté Ophenya); accusation d'un modèle économique bâti sur la vulnérabilité._
« Faut-il vraiment qu’une ministre de la République se déplace à Dublin à chaque fois qu’un contenu dangereux apparaît sur une plateforme ? Bien sûr que non. »
— Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique (audite, audition cr29b, 2025-06-19)
_Aveu de l’insuffisance structurelle d’une régulation par indignation ponctuelle : plaide pour une réponse systémique via le DSA plutôt que des interventions ministérielles au cas par cas._
« Chaque jour, des contenus comme ceux liés à la tendance SkinnyTok sont vus, sauf erreur, par 500 millions de jeunes filles. »
— Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique (audite, audition cr29b, 2025-06-19)
_Chiffre spectaculaire (500 millions/jour) que la ministre elle-même relativise (« sauf erreur ») : ampleur d’exposition avancée, non vérifiée._
« face aux vidéos prônant l’extrême maigreur, TikTok a expliqué mettre en avant des contenus qui présentent aux utilisateurs des explications sur ce type de tendances. Je ne sais pas si cela fonctionne »
— Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique (audite, audition cr29b, 2025-06-19)
_Rapporte la défense de TikTok (contenus explicatifs face à l’extrême maigreur) avec réserve explicite sur son efficacité. Élément à décharge nuancé._
« Vous avez évoqué ce que vous avez dû faire en ce qui concerne le hashtag #SkinnyTok : est-ce le rôle de la ministre de se rendre à Dublin pour soulever cette question ? »
— Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr29b, 2025-06-19)
_La rapporteure interroge le caractère anormal d’une intervention ministérielle au cas par cas et l’existence d’une « vigie » au cabinet — met en lumière l’absence de réponse systémique._