La part du citoyenTikTok et les mineurs

Explorer · Santé mentale et physique des mineurs

État de santé mentale des adolescents

Sur le constat, le corpus est unanime — la santé mentale des adolescents se dégrade ; sur l'attribution, il se scinde net, et la ligne de fracture ne sépare pas TikTok de ses accusateurs mais ceux qui tiennent la corrélation pour suffisante de ceux qui exigent qu'on mesure l'effet.

Le constat clinique arrive de partout, sans contradicteur. Jean-Marcel Mourgues, pour le CNOM, « observe » « une augmentation des troubles alimentaires, des troubles dépressifs, des automutilations » (Mme Marion Joud). Philippe Babe, urgentiste pédiatrique, note que « l'âge de ces jeunes a baissé, passant de 16-18 ans il y a cinq ans à 12-14 ans » (cr19a). Emmanuelle Piquet chiffre les hospitalisations pour gestes auto-infligés chez les filles, « avec une hausse de 246 % pour les 10-14 ans » (cr09b). Servane Mouton date la bascule de 2012, mais choisit son verbe : cette dégradation « coïncide avec la diffusion massive des réseaux sociaux » (cr13a).

La fracture est dans ce verbe. Elle éclate dans une même audition, cr06c : Sylvie Dieu-Osika affirme que « Les réseaux sociaux jouent un rôle prépondérant dans cette crise » et qu'« aucune étude n'a démontré d'effets positifs des réseaux sociaux sur le bien-être des enfants, dans aucun pays du monde » ; Grégoire Borst oppose la mesure — « Même lorsqu'une association est identifiée, elle n'explique que 0,4 % du bien-être adolescent lié au temps passé sur les réseaux sociaux » — et pose le critère : « Un impact de 3 % sur la santé mentale des adolescents n'a pas les mêmes implications qu'un impact de 20 %. » Serge Tisseron ajoute la multifactorialité (« il serait réducteur d'en attribuer la cause uniquement aux réseaux sociaux »), Vanessa Lalo la thèse du révélateur : « l'écran n'étant en effet qu'un révélateur » (cr08b). À l'inverse, Anne-Hélia Roure écarte la vulnérabilité préalable à partir de sa patientèle — « Ce jeune allait bien avant de consulter les réseaux sociaux et TikTok » et « 100 % des jeunes filles que je reçois ont perdu confiance en elles après s'être inscrites sur les réseaux sociaux » (cr19a).

Entre les deux, un mot fait consensus faute de preuve : amplificateur. La rapporteure le formule elle-même — les plateformes « jouent indéniablement un rôle d'amplificateur » (cr12b) — et Bruno Gameliel y voit « un consensus » (cr12b). Sens latent : ce mot présuppose que le mal-être préexiste, déplace le débat de la cause vers la responsabilité, et laisse intacte la question de Borst sur l'ampleur. Laure Miller tient d'ailleurs les deux bouts : elle reconnaît qu'on se heurte à « la difficulté majeure qui est celle d'établir un lien direct et scientifiquement indiscutable » (cr07b), tout en avançant qu'« Il est prouvé que le visionnage de vidéos déclenche une décharge de dopamine toutes les cinq secondes » (cr08b). La DGS fait le même écart : Sarah Sauneron distingue d'abord — « le débat porte encore sur l'établissement d'un lien de causalité direct » — avant de conclure qu'on peut « légitimement établir un effet significatif » (Mme Sarah Sauneron).

Ce sont les familles qui sont les plus prudentes. Mme X précise « j'allais déjà un peu mal avant d'aller sur TikTok, mais cela s'est aggravé avec ces contenus » (cr11a) ; Arnaud Ducoin, père endeuillé, borde lui-même son accusation : « Je ne dis pas que c'est TikTok qui l'a tuée, mais TikTok y a fortement contribué » (cr11b). Leur avocate refuse pourtant le rabattement sur la fragilité préalable : « Je ne voudrais pas que l'on puisse dire que les réseaux sociaux nuisent à la santé des seuls jeunes qui sont déjà fragilisés émotionnellement » (cr11b). TikTok, enfin, ne discute pas la science mais la formule : « Jeunesse sacrifiée, personnellement, je n'y crois pas », répond Marlène Masure (Mme Marlène Masure).

Qui en parle

  • Grégoire Borst (LaPsyDÉ-CNRS, cr06c) — porte l'argument de l'ampleur de l'effet : association réelle mais infime (0,4 %), plus une vulnérabilité dépressive des adolescentes préexistant aux réseaux.
  • Sylvie Dieu-Osika (CoSE / AP-HP, cr06c) — position inverse dans la même audition : rôle « prépondérant » des réseaux, aucun effet positif documenté nulle part.
  • Serge Tisseron (cr06c) et Vanessa Lalo (cr08b) — nuances à décharge : causes multiples (éco-anxiété), écran « révélateur » d'un mal-être antérieur.
  • Anne-Hélia Roure (psychiatre, cr19a) — charge clinique la plus frontale : troubles graves, parfois irréversibles, chez des jeunes qui « allaient bien avant ».
  • Laure Miller (rapporteure) — tient le cadrage « amplificateur » tout en reconnaissant l'absence de lien scientifiquement indiscutable (cr07b, cr09b, cr12b, Mme Sarah Sauneron).
  • Sarah Sauneron (DGS, Mme Sarah Sauneron) — corrélation « évidente », causalité non tranchée, effet jugé significatif au-delà de cinq heures d'écran.
  • Servane Mouton, Amine Benyamina (commission écrans, cr13a) — corrélation temporelle depuis 2012 ; prise en charge addictologique sans attendre de critères formels.
  • Baptiste Carreira Mellier (Mme Marion Joud) — qualifie l'état de la science : corrélation à taille d'effet modérée, pas causalité.
  • Gilles Dowek (Inria, cr05a) — conteste la spécificité de TikTok et met en garde contre les études biaisées.
  • Familles Algos Victima et témoins (cr11a, cr11b) — vécus attribuant une contribution forte, souvent bordés par eux-mêmes.
  • Marlène Masure, Marie Hugon (TikTok, Mme Marlène Masure) — rejettent la formule de la « jeunesse sacrifiée », renvoient à l'accès des chercheurs et aux associations expertes.
  • Clara Chappaz (ministre, cr29b) — affirme un « consensus scientifique solide » formulé en termes d'association, et des chiffres qu'elle relativise (« sauf erreur »).
Interventions regroupées (107 citations · 28 auditions)

Domaine : Santé mentale et physique des mineurs · Sujet : etat-sante-mentale

Couverture : 107 citations · 9 positions · 28 auditions

_Slugs bruts fusionnés : sante-mentale-adolescents, sante-mentale-adolescentes, sante-mentale-jeunes-filles, vulnerabilite-adolescents, differences-genre-vulnerabilite, sante-mentale-suicide, sante-mentale-prise-en-charge, prise-en-charge-clinique, numerique-hopital-psychiatrie, baisse-age-urgences, hospitalisations-gestes-auto-infliges, auto-psychiatrisation-romantisme_

Positions exprimées

  • M. Grégoire Borst (cr06c) : Dieu-Osika : la santé mentale des jeunes se dégrade gravement (hausse de 26 % des gestes suicidaires chez les 0-17 ans), les réseaux et TikTok y jouent un rôle prépondérant, aucune étude ne montre d'effet positif ; le rapport bénéfice-risque penche nettement vers le risque. _(tranchant 5)_
  • M. Elie Andraos (cr08b) : Consensus : cibler les jeunes vulnérables (anxiété, dépression, harcèlement, trauma) plutôt que traiter tous les usagers comme malades ; l'adolescence est une période développementale à risque. _(tranchant 4)_
  • Mme Karine de Leusse (cr19a) : L'usage de TikTok provoque des maladies psychiques graves, parfois irréversibles ; les troubles observés relèvent du cadre (plateforme, société) et pas seulement de la vulnérabilité individuelle du jeune. _(tranchant 4)_
  • Mme Anna Baldy (cr21e) : TikTok exploite le mal-être et le désespoir des adolescents, les personnes en dépression étant une cible privilégiée. _(tranchant 4)_
  • MM. Serge Abiteboul (cr05a) : Les effets négatifs existent mais sont mal mesurés ; les chercheurs ne sont pas spécialistes de psychologie et appellent à des études scientifiques solides, en écartant la pseudo-science. _(tranchant 3)_
  • Mme Marion Joud (Mme Marion Joud) : Les études n'établissent qu'une corrélation (taille d'effet modérée), non une causalité, entre usage des écrans et troubles de la santé mentale — nuance à préserver même si les constats de terrain montrent une hausse des troubles. _(tranchant 3)_
  • Mme Bérangère Couillard (cr18a) : Certains contenus (pro-suicide, automutilation, minceur extrême) ont des effets néfastes sur la santé mentale des jeunes filles, tout en renvoyant l'analyse clinique aux professionnels de santé. _(tranchant 3)_
  • Mme Amélie Ébongué (cr03a) : Sans expertise médicale, elle relaie des études liant la plateforme à des troubles anxieux pouvant aller jusqu'au suicide, sans les valider elle-même. _(tranchant 2)_
  • M. Arthur Melon (cr14a) : Conviction partagée d'une dégradation de la santé mentale des jeunes à laquelle le numérique contribuerait, mais assumée comme un 'sentiment' faute de chiffres propres (Respect Zone renvoie à l'Observatoire Open). _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« C’est l’usage des réseaux sociaux de manière excessive et sans régulation qui altère le comportement et l’humeur des individus. »

Amélie Ébongué (audite, audition cr03a, 2025-04-03)

_Position à décharge partielle : elle attribue l'altération à l'usage excessif (et à l'absence de régulation) plutôt qu'à la plateforme intrinsèquement — nuance sur la causalité._

« Je n’ai pas d’expertise médicale. Des études ont montré que la plateforme contribue à altérer le comportement de certains jeunes et qu’elle provoque des troubles anxieux qui peuvent aller jusqu’au suicide. »

Amélie Ébongué (audite, audition cr03a, 2025-04-03)

_Affirmation sur le lien TikTok/santé mentale attribuée à « des études » et assortie d'un désaveu d'expertise médicale : à rapporter comme relais, non comme fait établi par l'auditionnée._

« il suffit de s’arrêter un peu plus longtemps que d’habitude sur une vidéo, y compris parce qu’elle vous choque, pour que l’algorithme vous en propose de similaires. Cela peut avoir un effet extrêmement nocif. »

Mme Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr03b, 2025-04-03)

_La rapporteure avance sa thèse : l'algorithme amplifie les contenus sur lesquels on s'arrête, même par sidération, avec un effet potentiellement nocif. Affirmation orientée, non un constat des chercheurs._

« L’enjeu est de pouvoir mesurer les impacts de ce dernier sur la santé mentale ou sur l’attention par exemple et d’en rendre responsables les sociétés concernées, en développant des mécanismes de prévention, d’alerte, puis d’interdiction, comme nous le ferions avec des industriels qui commercialiseraient de la nourriture empoisonnant les individus ou les rendant obèses. »

Bruno Patino — Arte France (audite, audition cr04c, 2025-04-23)

_Définit concrètement la « responsabilité algorithmique » et la logique de sanction graduée par analogie avec l'industrie alimentaire ; proposition de régulation de l'auditionné._

« j’ai le sentiment que l’usage excessif des applications, et particulièrement de TikTok, est en train d’abîmer des générations entières. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr04c, 2025-04-23)

_La rapporteure exprime, à titre personnel, une conviction forte sur l'impact générationnel ; révèle l'orientation de la commission, présenté par elle-même comme un ressenti._

« Ne nous manque-t-il pas un diagnostic scientifique du lien de causalité entre l’usage de TikTok et la dégradation de la santé mentale des jeunes ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr04c, 2025-04-23)

_Question clé sur la preuve scientifique : la rapporteure cherche l'équivalent du diagnostic tabac/alcool pour fonder une éventuelle interdiction ; reconnaît implicitement que le lien de causalité n'est pas établi._

« Le fait d’être un réseau très populaire chez les enfants donne une énorme responsabilité, parce que c’est le moment où se forment un caractère et une identité. »

Serge Abiteboul — Inria / ENS (audite, audition cr05a, 2025-04-23)

_Pose la responsabilité de la plateforme du fait de sa popularité auprès des enfants, sans affirmer de lien causal précis._

« Je me contenterai de dire qu’il y a des effets négatifs, qu’on mesure mal. »

Serge Abiteboul — Inria / ENS (audite, audition cr05a, 2025-04-23)

_Position d'équilibre : reconnaît des effets négatifs tout en soulignant l'incertitude de la mesure. Ni charge ni décharge tranchée._

« il est peu vraisemblable que ce réseau ait des effets que n’auraient pas d’autres plateformes de présentation de vidéos. »

Gilles Dowek — Inria (audite, audition cr05a, 2025-04-23)

_Recadrage critique du périmètre de la commission : les effets ne seraient pas propres à TikTok mais communs aux plateformes de vidéos. La rapporteure lui répondra sur le choix méthodologique._

« Des études pseudo-scientifiques ont été publiées : l’une d’entre elles dressait un lien entre les écrans et l’autisme, mais elle a été retirée à cause de biais méthodologiques qui traduisaient un objectif idéologique. »

Gilles Dowek — Inria (audite, audition cr05a, 2025-04-23)

_Mise en garde contre les études biaisées ; distingue explicitement science solide et pseudo-science à visée idéologique._

« il m’a semblé pertinent – après en avoir débattu avec les autres membres de la commission – que nous nous focalisions sur le réseau social qui est à l’heure actuelle le plus problématique et le plus utilisé par les mineurs. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr05a, 2025-04-23)

_La rapporteure justifie le périmètre TikTok face à la critique de Dowek : choix méthodologique assumé, recommandations transposables aux autres réseaux._

« Depuis vingt ans, les plateformes affirment publiquement – notamment devant le Sénat américain – qu’il n’existe aucune étude établissant un lien de causalité direct entre les réseaux sociaux et la santé mentale des mineurs, voire présentent des contre-études qui prouveraient que ce sont des outils formidables pour les enfants. »

Elisa Jadot (audite, audition cr05b, 2025-04-23)

_Restitue la ligne de défense des plateformes (absence de lien de causalité prouvé) que Jadot conteste ensuite. Utile pour la neutralité : donne la position à décharge avant sa réfutation._

« à l’image de cette mère qui a eu le courage d’accompagner son enfant dans ses scarifications – elle lui donnait les lames, l’attendait derrière la porte et entrait pour le consoler une fois qu’il avait terminé. »

Elisa Jadot (audite, audition cr05b, 2025-04-23)

_Témoignage extrême rapporté par la journaliste pour illustrer la défaillance de la prise en charge et le lien allégué avec TikTok. Récit de terrain non vérifiable, attribué à son enquête._

« dans une conception très néolibérale, où chacun doit se penser comme une entreprise et rentabiliser son capital de likes, quelles que soient ses vulnérabilités »

Sophie Jehel (audite, audition cr05b, 2025-04-23)

_Explique le mécanisme d'anxiété selon Jehel : mise en concurrence marchande des relations sociales. Interprétation sociologique de la chercheuse._

« Je me permets d’ajouter que, d’après mes étudiants, les contenus sur la tristesse ou la dépression s’accompagnent de publicités pour des antidépresseurs. »

Sophie Jehel (audite, audition cr05b, 2025-04-23)

_Observation rapportée (via ses étudiants) suggérant un ciblage publicitaire sur l'état émotionnel. Le président réagit : « On crée un marché. » Élément anecdotique attribué, non chiffré._

« le temps de la technique est beaucoup plus rapide que celui de la science, en particulier sur les questions de santé mentale. »

Murielle Popa-Fabre (audite, audition cr05b, 2025-04-23)

_Prudence méthodologique importante pour la neutralité : la difficulté à établir un diagnostic conclusif tient au décalage technique/science et à la multiplicité des facteurs. Contrepoint à l'affirmation d'un lien de causalité établi._

« les réseaux sociaux ont des conséquences psychologiques importantes et sont en train d’abîmer des générations d’enfants. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr05b, 2025-04-23)

_Position d'ouverture affirmée de la rapporteure : elle pose l'urgence et écarte une position « attentiste ou modérée », donnant le cadre de ses questions. Cadrage à charge assumé côté commission._

« L’usage des réseaux sociaux altère-t-il uniquement la santé mentale de jeunes déjà fragiles, ou les conséquences touchent-elles tous les enfants de manière générale ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr05b, 2025-04-23)

_Question centrale pour la portée du problème : population fragile ciblée vs effet général. Détermine l'ampleur des mesures à recommander._

« Indépendamment de l'utilisation des réseaux sociaux, nous observons un risque de dépression deux fois plus élevé chez les adolescentes que chez les adolescents, ce qui constitue un facteur de vulnérabilité spécifique. »

Grégoire Borst — LaPsyDÉ - CNRS / Université Paris Cité (audite, audition cr06c, 2025-04-29)

_Argument de confusion : une vulnérabilité de genre préexiste indépendamment des réseaux, ce qui complique l'attribution du mal-être des filles à TikTok._

« Les réseaux sociaux jouent un rôle prépondérant dans cette crise. »

Sylvie Dieu-Osika — Collectif Surexposition écrans (CoSE) / AP-HP (audite, audition cr06c, 2025-04-29)

_Affirmation causale forte de Dieu-Osika (rôle « prépondérant » des réseaux dans la hausse de 26 % des gestes suicidaires) — non établie scientifiquement et directement contestée par Borst._

« aucune étude n'a démontré d'effets positifs des réseaux sociaux sur le bien-être des enfants, dans aucun pays du monde. »

Sylvie Dieu-Osika — Collectif Surexposition écrans (CoSE) / AP-HP (audite, audition cr06c, 2025-04-29)

_Affirmation absolue de Dieu-Osika ; contredit la lecture de Borst (effets faibles, sous-groupes) et celle de Tisseron (effets à double tranchant, connexion sociale). À traiter comme sa position, non comme un fait établi._

« il serait réducteur d'en attribuer la cause uniquement aux réseaux sociaux. L'éco-anxiété, par exemple, joue un rôle considérable, particulièrement chez les jeunes filles. »

Serge Tisseron — Université Paris Cité / académie des technologies (audite, audition cr06c, 2025-04-29)

_Argument multifactoriel à décharge : le mal-être des jeunes a d'autres causes (éco-anxiété), il serait réducteur de tout imputer aux réseaux. Nuance frontalement Dieu-Osika._

« Même lorsqu'une association est identifiée, elle n'explique que 0,4 % du bien-être adolescent lié au temps passé sur les réseaux sociaux. »

Grégoire Borst — LaPsyDÉ - CNRS / Université Paris Cité (audite, audition cr06c, 2025-04-29)

_Chiffre-clé de la thèse minimaliste de Borst : la variance expliquée par le temps sur les réseaux est infime (0,4 %), argument sur l'ampleur de l'effet et non sur son existence._

« Un impact de 3 % sur la santé mentale des adolescents n'a pas les mêmes implications qu'un impact de 20 %. »

Grégoire Borst — LaPsyDÉ - CNRS / Université Paris Cité (audite, audition cr06c, 2025-04-29)

_Formule le principe de l'ampleur de l'effet, absent selon lui de la présentation adverse : pour un décideur, la taille de l'impact commande la réponse._

« Mon dernier ouvrage, intitulé Les réseaux asociaux , publié aux éditions Larousse, expose pour la première fois de manière explicite ma position critique sur la toxicité des réseaux sociaux, ainsi que sur leur impact délétère sur la démocratie, la cohésion sociale et, plus particulièrement, sur la santé mentale des jeunes. »

Michael Stora — Observatoire des mondes numériques en sciences humaines (audite, audition cr07b, 2025-05-02)

_Pose d'emblée le positionnement critique de l'auditionné ; une opinion assumée de l'auteur, pas un constat scientifique établi._

« nous nous heurtons à la difficulté majeure qui est celle d'établir un lien direct et scientifiquement indiscutable entre leur usage et l'altération de la santé mentale des jeunes. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr07b, 2025-05-02)

_La rapporteure reconnaît elle-même l'absence de causalité scientifiquement établie et interroge les raisons de ce déficit ; angle méthodologique central de la commission._

« Mme Frances Haugen, auditionnée par l'Assemblée nationale en tant que lanceuse d'alerte, a révélé que Facebook et Instagram disposaient de données internes attestant parfaitement des effets nocifs de leurs outils sur les jeunes utilisateurs. »

Michael Stora — Observatoire des mondes numériques en sciences humaines (audite, audition cr07b, 2025-05-02)

_Rappelle l'affaire Haugen à l'appui de la thèse que les plateformes connaissaient les effets nocifs ; propos rapporté par l'auditionné, visant Meta et non TikTok._

« Un gendarme nous a récemment sollicités à propos d’une tentative de suicide impliquant une enfant de treize ans, décrite comme « addicte » à une influenceuse. »

Donatien Le Vaillant — Miviludes (audite, audition cr08a, 2025-05-06)

_Cas rapporté à la Miviludes par un gendarme (tentative de suicide d'une enfant de 13 ans « addicte » à une influenceuse) : témoignage rapporté, lien de causalité non établi par la Miviludes elle-même._

« « Je pense ne plus rester. Je n’aurai pas la force. Elle m’a aidée. J’espère qu’elle reviendra en bonne forme. Je suis en pleurs depuis ce matin. Je ne vais pas bien en ce moment ». »

Donatien Le Vaillant — Miviludes (audite, audition cr08a, 2025-05-06)

_Verbatim d'une jeune internaute cité par Le Vaillant pour illustrer la détresse en l'absence de l'influenceuse — matériau brut, restitué tel quel._

« l’écran n’étant en effet qu’un révélateur. »

Vanessa Lalo — psychologue clinicienne (audite, audition cr08b, 2025-05-06)

_Thèse centrale de Lalo à décharge relative de la plateforme : le mal-être préexiste, l'écran le révèle plutôt qu'il ne le crée. Position clinique, pas conclusion causale générale._

« ce que veut l’adolescent, c’est ne plus avoir d’idées noires qui lui donnent envie d’en finir avec la vie. »

Sabine Duflo — psychologue clinicienne / collectif Attention (audite, audition cr08b, 2025-05-06)

_Rappelle la gravité clinique (idéation suicidaire) des cas reçus. Description de la demande des patients, sans imputation causale directe à une plateforme._

« le livre formidable de M. Jonathan Haidt paru en français sous le titre Génération anxieuse le confirme »

Sabine Duflo — psychologue clinicienne / collectif Attention (audite, audition cr08b, 2025-05-06)

_Adossement à la thèse de Jonathan Haidt (Génération anxieuse) sur l'explosion des temps d'exposition depuis les écrans nomades des années 2010. Référence militante ; la thèse de Haidt est elle-même débattue dans la littérature._

« Il est prouvé que le visionnage de vidéos déclenche une décharge de dopamine toutes les cinq secondes, chez les jeunes comme chez les adultes. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr08b, 2025-05-06)

_Affirmation de la rapporteure présentée comme « prouvée » pour appuyer l'idée d'un impact direct des réseaux sur la santé mentale. Contestée dans la foulée par Erhel (partagée) et Lalo (dépend de l'expérience) : à ne pas restituer comme un fait établi._

« Les jeunes ne viennent plus nous consulter car ils ont un psy gratuit, disponible vingt-quatre heures sur vingt-quatre. »

Vanessa Lalo — psychologue clinicienne (audite, audition cr08b, 2025-05-06)

_Alerte sur le recours des jeunes à l'IA générative en substitut du soin humain, avec risque de rupture du lien intergénérationnel. Observation clinique de Lalo._

« Nous constatons avec inquiétude l'augmentation spectaculaire des hospitalisations pour gestes auto-infligés chez les jeunes filles, avec une hausse de 246 % pour les 10-14 ans, de 163 % pour les 15-19 ans et de 106 % pour les 20-24 ans en 2022. »

Emmanuelle Piquet (audite, audition cr09b, 2025-05-13)

_Chiffres forts avancés par l'auditionnée sur les gestes auto-infligés chez les filles. Ils constatent une corrélation temporelle et ne sont pas présentés comme une preuve causale d'un effet de TikTok ; la source précise des pourcentages n'est pas citée dans le verbatim._

« Il devient, dans certains groupes de collégiens et de lycéens, valorisé de souffrir de troubles du comportement alimentaire, de se dire borderline, bipolaire, ou d’évoquer des diagnostics psychiatriques lourds. »

Emmanuelle Piquet (audite, audition cr09b, 2025-05-13)

_Décrit un phénomène social de valorisation du diagnostic psychiatrique chez les adolescents, où TikTok joue selon elle un rôle. Hypothèse clinique qu'elle dit ne pas expliquer entièrement._

« Bien qu'il n'y ait pas de consensus sur la nature exacte de ce lien, il semble y avoir un accord sur le rôle amplificateur des réseaux sociaux dans l'exacerbation du mal-être préexistant chez les jeunes. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr09b, 2025-05-13)

_La rapporteure pose le cadre prudent de la commission : rôle amplificateur admis, causalité non établie. Cadrage qui oriente ensuite ses questions._

« J'aimerais connaître votre opinion sur l'effet amplificateur des réseaux sociaux, en particulier concernant les jeunes filles. Pensez-vous qu'elles appréhendent différemment TikTok et les autres plateformes par rapport aux garçons ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr09b, 2025-05-13)

_Question de la rapporteure ciblant la dimension genrée de l'usage de TikTok, en écho aux chiffres sur les filles avancés par l'auditionnée._

« Je suis assez vite tombée dans une sphère mortifère, parce que j’ai « liké » certaines de ces musiques, qui me parlaient : j’allais déjà un peu mal avant d’aller sur TikTok, mais cela s’est aggravé avec ces contenus. »

Mme X (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Nuance essentielle pour la neutralité : la témoin reconnaît un mal-être antérieur à TikTok tout en affirmant une aggravation. Illustre la distinction corrélation/causalité — c'est un vécu, non un lien de causalité établi._

« Ma grande sœur s’est pendue en février 2024. Avant cela, elle avait effectué quatre tentatives de suicide avec des médicaments. C’est pour ça que je dis qu’elle a été victime des réseaux sociaux : cette idée de se pendre ne lui est pas venue toute seule. »

M. Y (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Témoignage le plus lourd de l'audition : un décès par suicide attribué par le frère aux réseaux sociaux. Le lien causal (« cette idée ne lui est pas venue toute seule ») est l'affirmation d'un proche endeuillé, non un fait établi._

« Je suis tombé sur une vidéo qui prônait l’automutilation. Étant naïf, jeune, un peu triste, j’ai décidé de franchir le pas et d’essayer. »

M. Z (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Le témoin relie directement une première exposition à un passage à l'acte. Vécu personnel rapporté ; le lien de causalité entre la vidéo et le geste est son interprétation._

« Ce personnel médical m’a aidé, mais ces vidéos nocives m’ont tiré vers le bas et j’ai développé une sorte d’addiction : à mesure que je tombais sur plus de vidéos, c’était de pire en pire. »

M. Z (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Emploie le terme « addiction » et décrit une aggravation cumulative. Ressenti du témoin ; le diagnostic d'addiction aux contenus n'est pas posé médicalement dans l'audition._

« Quand des gens me félicitaient, je leur demandais s’ils avaient aussi été victimes de ces contenus : 99 % d’entre eux me répondaient qu’eux aussi avaient été victimes de TikTok. »

Mme X (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Affirmation d'ampleur (« 99 % ») issue d'un sondage informel de son entourage : à traiter comme un ressenti de la témoin, non une donnée représentative._

« Merci pour vos témoignages précieux, qui font écho aux auditions des professionnels, qui nous expliquaient qu’on peut en effet, en consultant ces contenus, se sentir appartenir à une communauté et se sentir rassuré, voire protégé, même si l’on sait, au fond de soi, que c’est malsain. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr11a, 2025-05-15)

_La rapporteure relie les témoignages aux auditions des professionnels sur l'effet de « communauté » des contenus de mal-être. Établit la convergence entre vécu et expertise déjà entendue._

« Je ne dis pas que c’est TikTok qui l’a tuée, mais TikTok y a fortement contribué. »

M. Arnaud Ducoin — Algos Victima (père de Pénélope) (audite, audition cr11b, 2025-05-15)

_Prudence explicite sur la causalité, énoncée par un père endeuillé lui-même : contribution affirmée, causalité directe écartée. Nuance essentielle pour la neutralité._

« La psy m’a dit : « Vous savez, les scarifications, c’est rien, c’est un effet de mode, ça va passer. » »

Mme Virginie Guguen — Algos Victima (mère d'Élisa) (audite, audition cr11b, 2025-05-15)

_Illustration de la minimisation de la scarification par des professionnels, thème repris par un député (RN)._

« Le nombre de suicides chez les filles a augmenté de 133 %. »

Mme Stéphanie Mistre — Algos Victima (mère de Marie) (audite, audition cr11b, 2025-05-15)

_Chiffre avancé par une mère et présenté comme « preuve » du désastre : donnée attribuée, sans source ni période précisées, non établie ; corrélation présentée comme preuve._

« Je ne voudrais pas que l’on puisse dire que les réseaux sociaux nuisent à la santé des seuls jeunes qui sont déjà fragilisés émotionnellement. »

Maître Laure Boutron-Marmion — Algos Victima / barreau de Paris (audite, audition cr11b, 2025-05-15)

_Précision de l'avocate en réponse aux députés : la vulnérabilité préalable n'est pas une condition ; certains enfants concernés étaient bien insérés. Contre-argument à l'objection « ils étaient déjà fragiles »._

« C’est l’éléphant au milieu de la pièce : votre enfant va mal, vous en parlez avec les professeurs et les médecins, mais à aucun moment ils n’identifient le problème. »

Mme Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr11b, 2025-05-15)

_La rapporteure formule le constat central de l'audition (l'angle mort des professionnels) et esquisse une piste : sensibilisation massive des enseignants et médecins._

« Bien que les études sur ce sujet nécessitent encore du temps pour être pleinement évaluées, un consensus se dégage, selon lequel TikTok agit comme un amplificateur des difficultés psychologiques préexistantes, particulièrement chez des personnes déjà vulnérables. »

Bruno Gameliel (audite, audition cr12b, 2025-05-16)

_Nuance décisive : l'auditionné reconnaît que les études manquent de recul et positionne TikTok comme amplificateur de troubles préexistants (et non cause première) chez des sujets déjà vulnérables. « Consensus » affirmé par lui, non documenté ici._

« J’aimerais que vous approfondissiez l’impact de l’usage de TikTok sur la santé mentale des jeunes, que vous observez. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr12b, 2025-05-16)

_Question d'ouverture de la rapporteure : elle oriente l'audition vers la santé mentale et les effets sur l'attention/concentration liés aux vidéos très courtes._

« Certains parents ont notamment indiqué que leurs enfants avaient visionné des images inappropriées qui sont restées « imprégnées dans leur rétine ». »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr12b, 2025-05-16)

_La rapporteure rapporte les auditions de familles de victimes (dont enfants suicidés) et sollicite l'expertise de Gameliel sur l'impact durable d'images inappropriées. Restitue un témoignage parental, non un constat clinique._

« bien que ces plateformes ne soient pas nécessairement à l’origine du mal-être, elles jouent indéniablement un rôle d’amplificateur et contribuent à enfermer les jeunes dans leur détresse. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr12b, 2025-05-16)

_Formulation par la rapporteure elle-même de la thèse de l'amplificateur (plateformes non causes premières mais aggravantes), qui cadre l'angle de la commission et anticipe la réponse de l'auditionné._

« La santé mentale des jeunes de moins de 25 ans connaît une détérioration significative depuis 2012, tendance qui s’est accentuée avec la pandémie de covid-19. Cette dégradation coïncide avec la diffusion massive des réseaux sociaux. »

Servane Mouton — Commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans (audite, audition cr13a, 2025-05-20)

_Pose le socle statistique de l'audition, mais l'experte emploie le verbe « coïncide » : c'est une corrélation temporelle assumée, pas un lien de causalité démontré entre réseaux sociaux et dégradation de la santé mentale._

« Sur le plan clinique, je constate dans mon service d’addictologie la présence de nombreux jeunes dépendants aux réseaux sociaux, à TikTok en particulier, dont l’algorithme est particulièrement addictogène. Nous les prenons en charge de manière similaire aux addictions aux substances comme le cannabis ou l’alcool. »

Amine Benyamina — Commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans (audite, audition cr13a, 2025-05-20)

_Témoignage clinique de terrain : le praticien assimile la dépendance à TikTok à une addiction à substances. Constat clinique, à distinguer de la reconnaissance académique (voir citation suivante)._

« J’ai découvert un gouffre entre ma perception initiale et la réalité de cette problématique. »

Amine Benyamina — Commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans (audite, audition cr13a, 2025-05-20)

_Aveu personnel de prise de conscience du rapporteur, qui minorait initialement le problème. Sert de ressort rhétorique à sa charge contre les plateformes._

« je n’attends pas, en tant que praticien, que soient établis des critères formels pour initier une prise en charge. »

Amine Benyamina — Commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans (audite, audition cr13a, 2025-05-20)

_Assume la primauté du soin sur la nosographie : le clinicien traite les dommages avérés sans attendre la reconnaissance officielle. Éclaire la tension clinique/classification._

« lorsque nous parvenons à traiter l’addiction aux écrans, il n’y a pas nécessairement de report vers d’autres substances comme le tabac, le cannabis, ou d’autres substances. »

Amine Benyamina — Commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans (audite, audition cr13a, 2025-05-20)

_Nuance à décharge de l'inquiétude sur le « transfert de dépendance » : le sevrage des écrans n'entraîne pas mécaniquement une bascule vers d'autres addictions._

« Le processus de maturation cérébrale est loin d’être achevé à 15 ans, puisqu’il se poursuit jusqu’à 25 ans. »

Servane Mouton — Commission d'experts sur l'impact de l'exposition des jeunes aux écrans (audite, audition cr13a, 2025-05-20)

_Fondement neuroscientifique de la vulnérabilité des adolescents, mais aussi argument qui relativise n'importe quel seuil d'âge (le cerveau n'est pas mature à 15 ni à 18 ans)._

« N’existe-t-il pas un écart significatif entre, d’un côté, les parents et les professionnels de santé bien informés, et de l’autre une large partie de la population qui ignore ces effets et donne sans arrière-pensées des téléphones à de très jeunes enfants ? »

Laure Miller (rapporteur, audition cr13a, 2025-05-20)

_La rapporteure cherche à établir un déficit d'information du grand public et à justifier une campagne de communication massive autour du rapport._

« Cette omission est frappante, comme un éléphant au milieu de la pièce que personne ne voudrait voir. »

Laure Miller (rapporteur, audition cr13a, 2025-05-20)

_La rapporteure, s'appuyant sur l'audition de familles de victimes, pointe que l'usage des réseaux n'est jamais abordé dans le suivi médical des jeunes en difficulté, et interroge la sensibilisation des soignants._

« avec une hausse de 45 % depuis 2019. »

Socheata Sim — CAMELEON Association France (audite, audition cr14a, 2025-05-22)

_Chiffre d'augmentation des 'atteintes numériques envers les mineurs' rattaché à 'des études nationales et internationales' non nommées. À attribuer à l'association ; nature exacte des 'atteintes' non définie._

« Il est difficile de répondre à cette question, car nous ne disposons pas de chiffres particuliers. »

Anne-Charlotte Gros — Respect Zone (audite, audition cr14a, 2025-05-22)

_Prudence méthodologique face au député RN qui postule une dégradation de la santé mentale : Respect Zone reconnaît l'absence de données propres et renvoie vers l'Observatoire (Open). À décharge sur la solidité du lien._

« J’ai le sentiment que la santé mentale des jeunes s’est dégradée ces dernières années. Le numérique joue forcément un rôle dans cette dégradation. »

Anne-Charlotte Gros — Respect Zone (audite, audition cr14a, 2025-05-22)

_Appréciation explicitement subjective ('sentiment', 'forcément') sur le lien numérique/santé mentale : une conviction, non un lien causal établi. À restituer comme telle (corrélation ressentie, non démontrée dans l'audition)._

« Nous observons, tant dans nos fonctions au sein du Cnom que dans notre pratique médicale, une augmentation des troubles alimentaires, des troubles dépressifs, des automutilations et des préoccupations à visée esthétique chez cette population. »

Jean-Marcel Mourgues — Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Constat clinique d'une augmentation des troubles chez les adolescents. Formulé comme observation corrélative (« nous observons »), sans lien de causalité établi avec TikTok._

« ces recherches mettent en évidence des liens de corrélation entre l’utilisation des écrans et la santé mentale, notamment en termes de dépression, d’anxiété et de stress. Les résultats sont significatifs, avec une taille d’effet modérée, ce qui semble révéler un véritable impact. »

Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Point méthodologique central : corrélation, pas causalité. Le psychologue qualifie l'état de la science (taille d'effet modérée) et évite d'affirmer un lien causal — nuance clé pour tout le débat de la commission._

« Les enfants et les jeunes qui regardent des contenus liés à la santé mentale sur leur fil « Pour toi » de TikTok sont rapidement entraînés dans des spirales de contenus qui idéalisent et encouragent les pensées dépressives, l'automutilation et le suicide. »

Bérangère Couillard — Haut Conseil à l'Égalité entre les hommes et les femmes (HCEFH) (audite, audition cr18a, 2025-05-27)

_Affirmation centrale à charge sur le mécanisme algorithmique de spirale. Présentée par la témoin comme un effet du fil « Pour toi » ; lien de causalité affirmé, non établi dans cette audition (elle renvoie explicitement l'analyse aux professionnels de santé)._

« Un autre rapport de Common Sense Media a découvert que 69 % des filles adolescentes présentant des symptômes de dépression élevés ont été exposées au moins une fois par mois à du contenu lié au suicide, qui est poussé par l'algorithme de TikTok. »

Bérangère Couillard — Haut Conseil à l'Égalité entre les hommes et les femmes (HCEFH) (audite, audition cr18a, 2025-05-27)

_Chiffre attribué à un rapport tiers (Common Sense Media), relayé par la témoin. Établit une corrélation (adolescentes déprimées / exposition mensuelle à du contenu suicide), pas un lien causal démontré._

« De jeunes femmes y diffusent des régimes drastiques, des routines sportives excessives et des messages culpabilisants : « Tu n'es pas moche, tu es juste grosse », « Plaisir éphémère, regret éternel ». »

Bérangère Couillard — Haut Conseil à l'Égalité entre les hommes et les femmes (HCEFH) (audite, audition cr18a, 2025-05-27)

_Illustration verbatim des contenus pro-minceur/culpabilisants décrits par la témoin. Restitue le registre concret des messages incriminés._

« Il y a quelques jours, Le Figaro faisait part d'une note du ministère de l'intérieur qui portait sur l'influence de certains prédicateurs, notamment sur TikTok, lesquels prônent le port du voile chez les très jeunes filles. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr18a, 2025-05-27)

_La rapporteure introduit l'angle de la radicalisation religieuse et du prosélytisme sur TikTok, et interroge son effet sur la santé mentale des jeunes filles exposées en boucle._

« Âgé de 16 ans, il passe 90 heures par semaine sur son téléphone et reçoit plus de 1 000 notifications sur son téléphone. Sur ces 90 heures, 75 heures sont passées sur TikTok. »

Anne-Hélia Roure — médecin psychiatre (audite, audition cr19a, 2025-05-28)

_Chiffre marquant issu d'un cas clinique individuel (Gaspard) rapporté par la psychiatre ; non généralisable en soi._

« Ce jeune allait bien avant de consulter les réseaux sociaux et TikTok. Il n’avait jamais eu besoin de consulter. Il s’agit d’un bon élève, qui vit dans un environnement familial sain. »

Anne-Hélia Roure — médecin psychiatre (audite, audition cr19a, 2025-05-28)

_Argument avancé par la psychiatre pour attribuer les troubles à l'usage plutôt qu'à une vulnérabilité préexistante ; lien causal affirmé à partir d'un cas, non établi épidémiologiquement._

« 100 % des jeunes filles que je reçois ont perdu confiance en elles après s’être inscrites sur les réseaux sociaux. »

Anne-Hélia Roure — médecin psychiatre (audite, audition cr19a, 2025-05-28)

_Chiffre de 100 % portant sur la patientèle propre de la psychiatre (échantillon clinique auto-sélectionné), avancé comme constat ; non représentatif de la population générale._

« le jeune développe des troubles mentaux profonds, des maladies psychiques graves, dont il ne peut pas se remettre comme il pourrait se rétablir après une grippe. L’après n’est pas l’avant en matière de troubles psychiques. »

Anne-Hélia Roure — médecin psychiatre (audite, audition cr19a, 2025-05-28)

_Affirme un caractère grave et irréversible des troubles ; assertion clinique forte, non étayée par une donnée épidémiologique dans l'audition._

« on vient pathologiser des enfants alors qu’en réalité, le cadre de société a aussi permis que ces enfants tombent malades. »

Anne-Hélia Roure — médecin psychiatre (audite, audition cr19a, 2025-05-28)

_Déplace la responsabilité de la vulnérabilité individuelle vers le « cadre de société » (donc la régulation) ; position argumentative de l'auditionnée._

« en lien avec le « challenge paracétamol », les intoxications volontaires au paracétamol ayant suscité un recours à nos services ont été multipliées par sept depuis le début de l’année. La dernière enfant que nous avons reçue pour ce problème était âgée de 13 ans. »

Philippe Babe — pédiatre, chef de service des urgences pédiatriques CHU Lenval (Nice) (audite, audition cr19a, 2025-05-28)

_Chiffre chiffré et daté attribué au service de l'urgentiste (intoxications x7 depuis le début de l'année, cas d'une enfant de 13 ans) ; donnée locale d'un service, non consolidée nationalement._

« l’âge de ces jeunes a baissé, passant de 16-18 ans il y a cinq ans à 12-14 ans, voire moins encore aujourd’hui. »

Philippe Babe — pédiatre, chef de service des urgences pédiatriques CHU Lenval (Nice) (audite, audition cr19a, 2025-05-28)

_Observation d'un rajeunissement des cas reçus aux urgences ; constat de terrain de l'auditionné._

« Quel que soit le contenu qu’ils véhiculent, diriez-vous que les réseaux sociaux ont par nature un impact sur la santé mentale de nos jeunes ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr19a, 2025-05-28)

_Question de la rapporteure cherchant à faire établir un impact intrinsèque des réseaux, indépendant des contenus modérables._

« Il est établi que l’utilisation sans limite de réseaux numériques est néfaste pour la santé, notamment pour les plus jeunes. »

Marietta Karamanli (audite, audition cr19b, 2025-05-28)

_Karamanli présente comme « établi » le caractère néfaste d’un usage illimité ; posture générale de l’auditionnée, sans référence chiffrée dans le propos._

« Même si nous pouvons dénoncer l’explosion des troubles anxieux, des troubles de l’image corporelle, de l’attention, des dépressions et des pensées suicidaires, nous ne pouvons plus nous contenter de dénoncer. »

Isabelle Rauch (audite, audition cr19b, 2025-05-28)

_Énumère les troubles associés aux réseaux et appelle à passer de la dénonciation à l’action ; le lien causal réseaux → troubles est affirmé, non démontré dans l’audition._

« On observe en effet des phénomènes très dommageables chez les seniors, qui peuvent scroller toute la nuit et être affectés par des troubles alimentaires et du sommeil. »

Isabelle Rauch (audite, audition cr19b, 2025-05-28)

_Étend le problème au-delà des mineurs (seniors) ; observation générale de Rauch, non chiffrée._

« Le suicide demeure par ailleurs la deuxième cause de mortalité chez les jeunes, après les accidents de la route. »

Bruno Studer (audite, audition cr19b, 2025-05-28)

_Chiffre avancé par Studer (2e cause de mortalité des jeunes) situant l’enjeu ; non sourcé dans le propos, attribué à l’auditionné._

« Je pense notamment au hashtag SkinnyTok ou à des contenus qui font l’apologie du suicide, mais qui ne peuvent être retirés que lorsque la victime a réellement tenté de se suicider. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr19b, 2025-05-28)

_La rapporteure pointe le vide juridique de la « zone grise » : des contenus dangereux (SkinnyTok, apologie du suicide) non retirables tant qu’un passage à l’acte n’a pas eu lieu. Constat rapporté par Miller._

« l’exposition des jeunes et des enfants, déjà en proie à des symptômes dépressifs ou des fragilités psychologiques, à de nombreuses vidéos banalisant le suicide aggrave incontestablement leur santé mentale. »

Katia Roux — Amnesty International France (audite, audition cr19c, 2025-05-28)

_Affirmation d'un lien d'aggravation (« incontestablement ») entre exposition aux contenus et santé mentale ; position d'Amnesty, formulée comme lien causal mais restant une affirmation de l'ONG, non un fait démontré dans l'audition._

« Pensez-vous que la plateforme cible particulièrement les plus jeunes, précisément en raison des fragilités inhérentes à l’adolescence ou à l’enfance ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr19c, 2025-05-28)

_La rapporteure interroge l'intentionnalité d'un ciblage des mineurs vulnérables par TikTok ; cherche à établir un ciblage délibéré._

« TikTok, du fait de son fonctionnement algorithmique, tend à exploiter le mal-être et le désespoir ressentis par ses utilisateurs, en particulier les adolescents. Il est indéniable que les personnes en dépression, confinées chez elles, constituent une cible privilégiée pour ce type de plateforme. »

Anna Baldy (audite, audition cr21e, 2025-06-03)

_Affirmation de Baldy d'un lien entre design de rétention et mal-être adolescent ; jugement personnel présenté comme « indéniable » mais non appuyé sur une étude citée._

« Il est essentiel d’être conscient de cette éventualité, particulièrement pour les mineurs qui peuvent se retrouver à s’adresser à des dizaines de milliers de personnes sans y être préparés. »

Anna Baldy (audite, audition cr21e, 2025-06-03)

_Souligne le risque spécifique de la viralité algorithmique pour les créateurs mineurs, exposés à une audience massive sans préparation._

« depuis la commission écrans, dont les conclusions ont été rendues à l'été 2024, les programmes destinés aux enfants, aux parents ou aux professeurs n'ont pas encore été modifiés. Les recommandations de cette commission n'ont-elles donc pas encore été appliquées concrètement ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de M. Marc Pelletier, 2025-06-05)

_Question de contrôle : la rapporteure presse l'administration sur le retard d'application des recommandations de la commission écrans, un an après leur remise._

« je pense notamment à celle des parents d'enfants victimes de l'usage des réseaux sociaux, en particulier de TikTok, certains ayant malheureusement mis fin à leurs jours, nous avons parfois ressenti un décalage entre la réalité quotidienne de ces enfants, qui passent un temps considérable sur leur téléphone et les réseaux sociaux, et la perception qu'en ont certains professionnels. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de M. Marc Pelletier, 2025-06-05)

_Moment fort : la rapporteure confronte les auditionnés aux témoignages de familles endeuillées (suicides d'enfants) et au « décalage » perçu avec les professionnels. Le lien détresse-réseaux est présenté comme le vécu rapporté par les familles, non comme un fait établi._

« Si les conclusions de votre commission montrent que certains contenus ont des effets négatifs sur la santé mentale des mineurs, alors je serai bien évidemment le premier à demander qu’ils n’y aient pas accès, par exemple en restreignant l’accès à certains réseaux où à certains contenus aux mineurs de 15 ans. »

Adrien Laurent (audite, audition cr24c, 2025-06-10)

_Ouverture de l'audité à un relèvement de l'âge d'accès (15 ans), conditionnée aux conclusions de la commission et au non-report de la responsabilité sur les créateurs._

« Jeunesse sacrifiée, personnellement, je n’y crois pas, mais cela mériterait de longues heures de conversation. »

Marlène Masure — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)

_Réponse à la rapporteure qui demandait si une partie de la jeunesse était « sacrifiée » — Masure rejette la formulation. Position, non un fait établi._

« Je suis un être humain et, bien que je n’aie pas d’enfant, je suis touchée quand des drames se produisent. »

Marie Hugon — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)

_Réponse de Hugon à la question du président sur l’effet des témoignages — registre émotionnel, distinct d’une reconnaissance de responsabilité._

« Désormais, plus de 600 chercheurs peuvent effectuer des recherches sur le contenu de TikTok, parmi lesquels certains travaillent spécifiquement sur les enjeux de santé mentale. »

Marie Hugon — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)

_TikTok met en avant l’accès des chercheurs via une API imposée par le DSA — réponse à la question sur la présence de psychologues/psychiatres en interne, restée imprécise._

« Sur l’anorexie, les recommandations et les ressources ont été écrites par la Fédération française anorexie boulimie, qui s’y est employée pour nous. »

Marlène Masure — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)

_TikTok revendique une expertise externalisée (associations spécialisées) plutôt que des psychologues internes — réponse à la question de la rapporteure sur la nature des « experts » de l’entreprise._

« Si nous observons une corrélation évidente, le débat porte encore sur l’établissement d’un lien de causalité direct. Il n’est pas encore établi que les troubles préexistants incitent les jeunes à se réfugier davantage dans les écrans, ou si ces derniers en sont la cause. »

Sarah Sauneron — Direction générale de la santé (DGS) (audite, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)

_Aveu de prudence scientifique majeur : la DGS elle-même distingue corrélation et causalité en santé mentale et ne présente pas le lien causal comme établi. Élément clé à décharge._

« un temps d’exposition aux écrans supérieur à cinq heures quotidiennes, indépendamment des autres facteurs. Cette corrélation s’observe dans tous les pays et coïncide précisément avec l’essor des réseaux sociaux. Nous pouvons donc légitimement établir un effet significatif des réseaux sociaux sur la santé mentale, particulièrement chez les jeunes préalablement vulnérables dans ce domaine. »

Sarah Sauneron — Direction générale de la santé (DGS) (audite, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)

_La DGS conclut à un effet significatif à partir d'une corrélation ; formulation prudente (effet significatif, pas causalité directe), qui n'établit pas un lien causal démontré._

« le principe général veut que tout patient conserve l’accès à ses effets personnels, téléphone et tablettes inclus. Toutefois, en cas d’indication médicale spécifique, cet accès peut être restreint dans le strict respect des libertés individuelles du patient. »

Kerian Berose-Perez — Direction générale de la santé (DGS) (audite, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)

_Cadre juridique de l'accès au téléphone en hôpital psychiatrique : liberté par principe, restriction encadrée par exception médicale ; répond au cas Algos Victima soulevé par la rapporteure._

« Finalement, contre toute attente, les jeunes ont immédiatement compris la nécessité de se séparer de ces outils qui sont tout sauf réconfortants et cette privation est finalement devenue un sujet de discussion thérapeutique. »

Sarah Sauneron — Direction générale de la santé (DGS) (audite, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)

_Retour d'expérience de l'hôpital Robert Debré : les réticences venaient des soignants, pas des jeunes ; anecdote plaidant pour la déconnexion en milieu de soin._

« Existe-t-il aujourd’hui un consensus scientifique sur la relation directe entre l’usage des réseaux sociaux et l’impact sur la santé mentale ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)

_Question d'ouverture de la rapporteure cherchant à établir si la prévention est handicapée par l'absence de preuve du lien causal, par analogie avec la cigarette._

« Ces jeunes filles demeuraient ainsi connectées aux sources mêmes de leur mal-être. Existe-t-il actuellement une réglementation ou des normes encadrant l’usage des téléphones et du numérique dans les services hospitaliers psychiatriques, particulièrement dans les unités accueillant des enfants ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)

_La rapporteure relaie le collectif Algos Victima sur un paradoxe : des mineures hospitalisées pour des troubles liés au numérique gardent un accès non régulé à leurs téléphones._

« Ils décrivent les réseaux sociaux comme « l’éléphant au milieu de la pièce » dans le contexte du mal-être adolescent, soulignant que les soignants n’ont pas systématiquement le réflexe d’interroger l’enfant sur son usage numérique »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de Mme Sarah Sauneron, 2025-06-16)

_La rapporteure pointe un déficit de formation des professionnels de santé sur le numérique, relayé par les témoignages parentaux._

« Les parents ont soupçonné qu’il y avait un problème, constaté que leur enfant était un peu renfermé, mais ne pensaient pas qu’il irait jusqu’à se suicider. »

Laurent Marcangeli (audite, audition cr29a, 2025-06-19)

_Évoque des drames (suicides) et le « déni coupable » ou la méconnaissance des parents ; présenté comme observation générale, pas un cas documenté dans l’audition._

« Pendant que nous parlons, combien d’enfants en France et dans le monde sont, à bas bruit, en train de regarder un contenu pornographique ou choquant sur un réseau social qui crée leur algorithme ? Combien sont en train de s’abrutir ? Si nous avions les chiffres réels, nous rentrerions tous chez nous la boule au ventre. »

Laurent Marcangeli (audite, audition cr29a, 2025-06-19)

_Formule d’alerte rhétorique sur l’exposition en temps réel des mineurs à des contenus nocifs ; dramatise l’urgence, sans chiffre précis (« si nous avions les chiffres réels »)._

« Un consensus scientifique solide émerge selon lequel l’exposition précoce et intensive aux réseaux sociaux chez les adolescents, notamment entre 8 et 15 ans, est associée à des troubles du sommeil, des troubles alimentaires, une augmentation des comportements à risque, un enfermement dans des bulles algorithmiques et une détérioration nette de la santé mentale. »

Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique (audite, audition cr29b, 2025-06-19)

_Affirmation d’un « consensus scientifique » formulée en termes d’ASSOCIATION (corrélation), non de causalité établie. À attribuer à la ministre._

« De premières études montrent que le temps passé sur les réseaux et ses conséquences sur le développement cognitif et émotionnel des adolescents pourraient nous coûter d’un à deux points de PIB dans l’avenir. »

Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique (audite, audition cr29b, 2025-06-19)

_Chiffre économique frappant mais explicitement conditionnel (« De premières études », « pourraient ») : projection non établie, avancée par la ministre._

« Chaque jour, des contenus comme ceux liés à la tendance SkinnyTok sont vus, sauf erreur, par 500 millions de jeunes filles. »

Clara Chappaz — Ministre déléguée chargée de l’IA et du numérique (audite, audition cr29b, 2025-06-19)

_Chiffre spectaculaire (500 millions/jour) que la ministre elle-même relativise (« sauf erreur ») : ampleur d’exposition avancée, non vérifiée._

« Je pense que cela affecte forcément les mineurs et les adultes. »

M. X — ancien modérateur TikTok / Teleperformance (audite, audition de Audition — M. X, ancien modérateur sur les réseaux sociaux, 2025-06-26)

_Affirmation générale du témoin sur l'effet des contenus nocifs, sans distinction d'âge. Opinion personnelle, non une démonstration scientifique établie devant la commission._