Julie Laernoes
Role dans la commission : Vice-president de la commission — groupe ECOLO-NUPES
Biographie
Julie Laernoes est une femme politique franco-neerlandaise, nee le 3 juillet 1982 a Delft (Pays-Bas), d'une mere francaise et d'un pere neerlandais. Apres une licence a Utrecht, elle obtient un master « Metiers de l'Europe » a Sciences Po Paris.
Elle adhere a Europe Ecologie Les Verts (EELV) en 2006. Elle participe a la campagne presidentielle de Dominique Voynet en 2007, puis devient sa chef de cabinet lorsque celle-ci est maire de Montreuil (2008). Installee a Nantes, elle est directrice de campagne de Jean-Philippe Magnen aux elections regionales de 2010.
Sur le plan local, elle est elue conseillere municipale a Nantes en 2014 et devient vice-presidente de Nantes Metropole. Aux municipales de 2020, elle conduit la liste ecologiste « Nantes ensemble », qui fusionne au second tour avec celle de Johanna Rolland ; elle devient alors adjointe au maire de Nantes (resilience et prospective) et vice-presidente de Nantes Metropole en charge du climat et des transitions energetique et alimentaire.
Le 22 juin 2022, elle est elue deputee de la 4e circonscription de Loire-Atlantique sous l'etiquette EELV, avec le soutien de la NUPES, en battant la sortante Aude Amadou (LREM). A l'Assemblee nationale, elle siege au groupe Ecologiste (Les Ecologistes - EELV) et est membre de la commission des affaires economiques. Son orientation politique est clairement ecologiste : priorite a la sobriete, aux energies renouvelables et a une lecture critique du nucleaire.
Dans la commission
En tant que vice-presidente de la commission (groupe ECOLO-NUPES), Julie Laernoes est l'une des voix les plus actives et adversariales (90 interventions reparties sur 27 auditions). Elle agit en qualite de deputee-questionneuse : ses interventions construisent un requisitoire ecologiste et anti-relance nucleaire, en contrepoint du cadrage qu'elle juge favorable au nucleaire.
Ses lignes de force, telles qu'elles ressortent du dossier :
- Critique frontale du nucleaire et de sa relance. Elle reproche aux audites un « entetement » sur le nucleaire : « je ne comprends pas pourquoi, malgre la richesse de vos travaux et propos, vous vous entetez sur cette unique voie du nucleaire » (M. Jean-Marc Jancovici). Elle defend la fermeture de Fessenheim, qui « aurait pu largement etre compensee si l'Etat francais avait reellement investi dans les energies renouvelables » (M. Jean-Marc Jancovici).
- Priorite aux renouvelables et a la sobriete comme leviers de souverainete. Elle cherche a faire valider que « tous les scenarios, y compris le plus nuclearise, demandent de developper de maniere significative les energies renouvelables » (M. Xavier Piechaczyk), et rappelle que la France « est le seul Etat membre de l'Union europeenne a ne pas avoir respecte [ses] objectifs » en matiere de renouvelables (M. Jean-Louis Borloo). Elle pointe la surcapacite nucleaire historique comme frein a la sobriete (M. Jean-Louis Borloo).
- Mise en cause des angles morts du nucleaire : mythe du cycle ferme et du « recyclage » requalifie en simple entreposage (« le taux de retraitement de 96 % [...] n'est pas conforme a la realite, car les technologies actuelles permettent seulement un monocyclage », Mme Anne Lauvergeon), saturation de La Hague, sous-estimation des couts de demantelement, dependance a l'uranium importe et aux contrats russes (Rosatom), passif des mines d'uranium « fermees, voire mal fermees » (Mme Stéphanie Dupuy-Lyon), tensions sur la ressource en eau face aux nouveaux reacteurs (Mme Stéphanie Dupuy-Lyon), risques sanitaires (leucemies a La Hague), et cout humain de l'extraction au Niger (mine d'Arlit / Cominak, M. Philippe Knoche).
- Denonciation du lobby nucleaire et du deficit democratique. Elle interroge sur la maniere de « mener un debat apaise en France sur le nucleaire, compte tenu de la puissance des lobbys et de leurs croyances absolues et ferventes [...] en contradiction avec les faits » (Mme Corinne Lepage), questionne le financement de la SFEN et des « Voix du nucleaire » par la filiere (EDF, Framatome), et conteste ouvertement le cadrage de la commission, reprochant au president et au rapporteur d'avoir pris « comme source une video du lobby pro-nucleaire pour poser une question » (M. Lionel Jospin). Elle temoigne avoir personnellement subi la « violence du lobby nucleaire » via des courriers anonymes injurieux (Mme Dominique Voynet).
- Posture sur l'egalite femmes-hommes. Elle recadre un propos juge sexiste tenu en audition : « des propos comme "une femme desesperee qui s'accroche a son homme" n'ont pas leur place ici. Il convient de respecter l'egalite entre les hommes et les femmes » (M. Henri Proglio).
Le dossier montre une elue qui alterne questions adversariales (audites pro-nucleaires : EDF, Orano, Framatome, TotalEnergies, RTE, dirigeants et anciens ministres) et questions « alliees » offrant une tribune aux figures ecologistes (Dominique Voynet, Mme Dominique Voynet ; Segolene Royal, Mme Ségolène Royal), pour documenter sa these centrale : la souverainete energetique passe par la sobriete et les renouvelables, pas par le tout-nucleaire.
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/Julie_Laernoes
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA794146
- https://julielaernoes.eu/qui-suis-je/
- https://politique.pappers.fr/acteurs/julie-laernoes