La labellisation et la certification de l'information
Le corpus aborde la labellisation de l'information à partir d'une proposition présidentielle, dont plusieurs auditionnés discutent la portée sans en trouver la formulation exacte. Un constat traverse la plupart des interventions : si labellisation il devait y avoir, elle porterait sur la démarche et la méthodologie d'un média, non sur chaque contenu. Mme Corinne Vanmerris (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) le précise : « il ne s'agit pas de labelliser chaque information, mais le fonctionnement d'une organisation médiatique, jugé conforme à un certain nombre de critères ». Mme Laurence Franceschini (Mme Laurence Franceschini) présente ainsi une labellisation volontaire comme une « boussole » pour le public à l'ère de l'information produite par IA, « à condition qu'elle porte sur la démarche et non le contenu ».
Un clivage sépare toutefois les favorables des réservés. Côté favorables, Mme Franceschini et M. Guillaume Lécuyer (Mme Laurence Franceschini) défendent une démarche volontaire ; pour Lécuyer, « je ne vois pas en quoi un label porterait atteinte à la liberté d'expression puisque chacun reste libre de ne pas lire ou écouter les médias labellisés ». La table ronde du Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism se dit ouverte à une labellisation portant sur la fiabilité, « modèle à ne pas écarter ». Côté réservés, M. Thomas Legrand (M. Thomas Legrand) se dit « plutôt défavorable » à un code de déontologie très ferme, « parce que le journalisme est un métier de liberté ». M. Quentin Bataillon (M. Quentin Bataillon) se montre méfiant envers un projet de classement des articles et affirme que « la plus belle labellisation de l'information est celle de l'audiovisuel public, dont le niveau de vérification est très élevé ».
Plusieurs écoles de journalisme (Mme Marie Mawad, Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) refusent de trancher, préférant renvoyer à « la méthodologie et la déontologie » — prudence que le président Jérémie Patrier-Leitus (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) dit « regretter ». Ce dernier borne l'idée de label : « il ne s'agit pas d'instaurer un ministère de la vérité », le label visant la démarche, non le fond.
Sur la certification, la table ronde du Audition, ouverte à la presse (RSF) rappelle que la Journalism Trust Initiative n'est « ni conçue ni décernée par RSF mais par des certificateurs neutres sur la base d'une norme de type ISO ». M. Pierre Haski (Audition, ouverte à la presse) replace l'enjeu dans une perspective démocratique de confiance, citant Hannah Arendt. Enfin, Mme Rachida Dati (Mme Rachida Dati) oppose un démenti : « le Président de la République n'a jamais dit qu'il allait créer un label d'État », qualifiant cette idée de « fausse information » et renvoyant à des « organismes de certification indépendants portant sur la méthode et la source ».
À noter : le rapporteur Charles Alloncle (Mme Laurence Franceschini) a cité des exemples à charge visant France Info et France Inter pour illustrer des manquements présumés ; ces qualifications, non établies contradictoirement en séance, restent des allégations du rapporteur.
Qui en parle
- Laurence Franceschini (Mme Laurence Franceschini, Conseil d'État) — favorable à une labellisation volontaire portant sur la démarche.
- Guillaume Lécuyer (Mme Laurence Franceschini, avocat) — défend le label comme « boussole », sans atteinte à la liberté d'expression.
- Corinne Vanmerris (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, ESJ Lille) — clarifie : labelliser la fiabilité du média, non chaque information.
- Marie Mawad (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, Sciences Po) — refuse de trancher ; renvoie à méthodologie et déontologie.
- Thomas Legrand (M. Thomas Legrand, Libération) — défavorable à un code de déontologie contraignant.
- Pierre Haski (Audition, ouverte à la presse, RSF) — enjeu démocratique de confiance ; certification par tiers neutres.
- Quentin Bataillon (M. Quentin Bataillon) — méfiant ; l'audiovisuel public serait la meilleure labellisation.
- Rachida Dati (Mme Rachida Dati, ministère de la Culture) — dément tout « label d'État » ; certification indépendante.
- Jérémie Patrier-Leitus (président) — borne le label (« pas un ministère de la vérité »).
- Charles Alloncle (rapporteur) — cite des exemples à charge (portés comme allégations).