La part du citoyenAudiovisuel public
Emmanuel Maurel

Emmanuel Maurel

Role dans la commission : Depute membre — groupe GDR (Gauche democrate et republicaine)

Biographie

Emmanuel Maurel, ne le 10 mai 1973 a Epinay-sur-Seine (Seine-Saint-Denis), est un homme politique francais. Diplome de Sciences Po Paris (1996, filiere service public), il est egalement titulaire de diplomes de lettres modernes et d'histoire de l'universite Paris-Sorbonne. Il a ete enseignant et collaborateur parlementaire avant sa carriere elective.

Militant du Parti socialiste et de SOS Racisme des 1990, il incarne durablement l'aile gauche du PS, animant le courant « Maintenant la Gauche ». Il est conseiller municipal de Persan (Val-d'Oise) de 2001 a 2014 et conseiller regional d'Ile-de-France de 2004 a 2015 (vice-president du conseil regional de 2009-2010 a 2014). Candidat a la premiere secretaire du PS en 2018, il arrive troisieme (18,8 % des voix).

Il est elu depute europeen le 1er juillet 2014, puis reelu en 2019 ; il siege d'abord dans le groupe S&D (sociaux-democrates), puis, apres son depart du PS, dans le groupe de la gauche GUE/NGL. Au Parlement europeen, il se specialise dans la politique commerciale et se fait connaitre pour ses critiques recurrentes des accords de libre-echange.

En octobre 2018, il quitte le PS avec Marie-Noelle Lienemann pour fonder un mouvement qui devient, en fevrier 2019, la Gauche Republicaine et Socialiste (GRS), dont il est une figure de proue. La GRS s'inscrit dans une gauche republicaine, souverainiste et sociale.

Aux elections legislatives de 2024, il est elu depute de la 3e circonscription du Val-d'Oise (elu au second tour le 7 juillet 2024, avec plus de 62 % des voix) — son premier mandat de depute. A l'Assemblee nationale, il siege au groupe Gauche democrate et republicaine (GDR) et est rattache financierement au Parti communiste francais (PCF). Il est membre de la commission des finances (et de la commission des affaires europeennes).

Dans la commission

Membre depute (GDR) tres actif : le dossier corpus recense 33 interventions reparties sur une vingtaine d'auditions (M. Martin Ajdari a Mme Delphine Ernotte Cunci). Sa ligne est constante — defense du service public, contestation de la premisse meme de la commission d'enquete, qu'il lit comme un instrument au service d'un agenda de privatisation.

Renverser la charge du pluralisme. Des la premiere audition, il deplace le projecteur du service public vers les medias prives concentres : « il faudrait veiller egalement [au respect du pluralisme] dans les medias de l'audiovisuel prive parce qu'ils sont eux aussi controles par des gens qui ont un agenda politique » (M. Martin Ajdari). Il vise sans le nommer l'univers Bollore/CNews et denonce l'objectif de « certains groupes dont l'objectif, a terme, est de privatiser l'audiovisuel public » (M. Patrick Cohen).

Le vrai sujet, c'est le financement. Il recadre a plusieurs reprises le debat vers le budget et la creation plutot que vers les personnes, defendant le cout modere du service public : « rapporte au nombre d'habitants, il coute trois fois moins cher qu'en Suisse, 40 % moins cher qu'en Belgique et 30 % moins cher qu'au Royaume-Uni » (M. Stéphane Sitbon-Gomez). Il salue la gestion de Radio France (« on peut se feliciter du fait que Radio France, ca va bien », Mme Sibyle Veil) et s'alarme des coupes budgetaires et des menaces sur la creation (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production).

Contre l'externalisation, pour l'exemplarite sociale. Attache a la maitrise publique de la production, il juge « cette externalisation largement excessive » (M. Benjamin Oulahcene) et defend les salaries (« Les salaries ont le droit de negocier ! Il faut arreter... », M. Benjamin Oulahcene), denoncant l'emploi precaire (M. Vincent Meslet) et interrogeant le « double ticket » couteux des animateurs-producteurs (M. Stéphane Courbit).

Souverainete culturelle. Il replace l'enjeu face aux plateformes americaines et a Bruxelles (offensive sur « chronologie des medias, droits d'auteur, geoblocage, producteurs independants », Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) et defend l'exception culturelle (M. Xavier Niel).

Critique de la methode. Sceptique sur le procede de la commission, il denonce le fait de consacrer « tout un apres-midi a une microscopique affaire » (M. Patrick Cohen) et, lors de la restitution, resume son amertume : « cette commission d'enquete [...] a quand meme ete la quintessence de la societe du spectacle » et « On commence en Torquemada et on finit en Calimero ! » (Mme Delphine Ernotte Cunci). Il assume par ailleurs une position de fond contre l'idee de neutralite imposee, rappelant qu'« en 2005, tous les editorialistes du service public etaient pour le oui ; cela n'a pas empeche les Francais de voter non » (M. Patrick Cohen).

Nuance notable : sa defense n'est pas inconditionnelle. Il reproche au service public un entre-soi elitiste et un conformisme (Mme Sibyle Veil), interroge le risque d'« infotainment » (Mme Léa Salamé), et pointe la contradiction personnelle d'Elise Lucet sur son salaire (Mme Élise Lucet) — critiques venues de la gauche, donc difficilement disqualifiables comme partisanes.

Sources