La part du citoyenTikTok et les mineurs

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Contournement de la modération (algospeak)

Le corpus documente un lexique de contournement stable et connu de tous les bords de la table — émojis codés, hashtags tronqués, orthographes altérées — et la commission s’en sert pour poser une question que TikTok et ses contradicteurs ne tranchent pas de la même façon : ces techniques débordent-elles une modération qui fait ce qu’elle peut, ou révèlent-elles une modération qui pourrait fonctionner et ne le fait pas ?

Le premier fait est celui de la répétition. Le même couple d’émojis revient dans trois auditions distinctes, portées par trois statuts différents. Une auditionnée du 15 mai l’énonce : « certains émojis sont utilisés pour détourner les contenus, comme le drapeau suisse pour parler du suicide, le zèbre des scarifications » (cr11a). Mme Delphine Dapui, mère de Charlize, le redit presque mot pour mot le même jour : « le zèbre pour les scarifications, le drapeau suisse pour le suicide » (cr11b). Un ancien modérateur de Teleperformance le confirme depuis l’intérieur : « nous avions reçu une communication au sujet de l’émoji zèbre utilisé pour signifier « automutilation » » (Audition — M. X, ancien modérateur sur les réseaux sociaux). C’est précisément cette convergence que la rapporteure Laure Miller transforme en confrontation : « Lorsque nous avons reçu les dirigeants de TikTok, ils nous ont expliqué qu’ils n’étaient pas toujours au courant de ces contournements, notamment de l’utilisation de l’émoji zèbre » (Audition — M. X, ancien modérateur sur les réseaux sociaux). Le modérateur répond que « les signalements ont été faits dans les deux sens », tout en ajoutant n’avoir « jamais vu aucun responsable de TikTok dans les locaux de Teleperformance ».

C’est là l’axe, et il est frontal. Pour Valentin Petit (agence CAPA), l’argument de l’impuissance technique ne tient pas : « ces techniques, qui sont connues depuis vingt ans, sont vraiment le niveau zéro du contournement de la modération » (cr30c). Cyril Colliou, de l’Ofmin, pointe un écart de détection sur l’émoticône pizza, code d’identification qu’il décrit entre profils pédocriminels : « cela a été très peu signalé par TikTok, alors que le phénomène a donné lieu à de nombreux signalements de la part d’internautes auprès de la plateforme Pharos » (cr30a). TikTok, en face, ne nie pas le phénomène et en revendique le traitement : Marie Hugon reconnaît « le détournement des hashtags qui est parfois appelé algospeak » et affirme « Nous rééduquons en permanence nos algorithmes à l’aide des nouveaux éléments dont nous disposons » (Mme Marlène Masure) ; Marlène Masure oppose un coût à la solution radicale, puisque « supprimer le hashtag empêche de trouver les ressources et les vidéos bienveillantes » (Mme Marlène Masure). Miller conteste l’efficacité en séance, captures à l’appui, en demandant comment TikTok justifie que « les recherches « je veux mourir », « j’ai envie de mourir » et « je veux me pendre » ne donnent lieu à aucun blocage ni à aucun message de prévention » (Mme Marlène Masure).

Un présupposé traverse le sujet sans être formulé : le contournement n’est pas l’apanage des acteurs malveillants. Hugo Travers, média professionnel de prévention, explique modifier « l’orthographe de certains mots sensibles » et utiliser « des astérisques pour éviter la détection automatique » (cr21b) — et la rapporteure elle-même lui demande comment il parvient « à éviter les sanctions de la plateforme » pour diffuser de la sensibilisation. M. Isac Mayembo, lui, revendique un « poutrer » substitué à un terme plus cru, qui « permet de s’assurer que la vidéo ne sera pas censurée trop facilement » (cr24b), quand le président Arthur Delaporte lui oppose l’épellation « P.U.T.E.S » employée « pour échapper à la modération ». La même technique sert donc à faire passer de la prévention et à faire passer de la vulgarité, ce qui fragilise l’idée d’un filtre lexical suffisant dans un sens comme dans l’autre. M. Mathieu Barrère en tire un déplacement explicite du terrain : plutôt que le contenu, les liens, car « l’interdiction de placer des liens de redirection, quels qu’ils soient, serait déjà un pas significatif » (cr21c). Il juge la modération « inefficace à ce stade », mais introduit aussi la principale nuance à décharge sur le contenu lui-même, en rappelant que certains lives montrent une tenue « certes suggestive, mais pas illégale en soi ».

Qui en parle

  • Laure Miller — EPR (rapporteure, cr21b, cr21c, cr24b, Mme Marlène Masure, cr30a, Audition — M. X, ancien modérateur sur les réseaux sociaux) : instruit le sujet de bout en bout — cherche la reconnaissance des techniques (épellation), démontre en séance l’absence de blocage sur des requêtes suicidaires explicites, confronte le modérateur aux déclarations des dirigeants, teste l’hypothèse du rebond vers OnlyFans ou Mym.
  • Arthur Delaporte — SOC (président, cr24b) : relève l’épellation « P.U.T.E.S » employée « pour échapper à la modération » et interroge sa conformité aux CGU et à la loi.
  • Marie Hugon — TikTok (Mme Marlène Masure) : reconnaît l’algospeak, affirme que « certains mots comme « suicide » sont interdits dans le moteur de recherche » et que les algorithmes sont rééduqués en permanence.
  • Marlène Masure — TikTok (Mme Marlène Masure) : justifie la réticence à supprimer un hashtag par la disparition simultanée des contenus de sensibilisation.
  • Valentin Petit — agence CAPA (cr30c) : qualifie ces contournements de « niveau zéro », connus depuis vingt ans ; décrit des contenus mortifères habillés de « stickers rose flashy ».
  • Cyril Colliou — Office mineurs (Ofmin) / DNPJ (cr30a) : documente l’émoticône pizza et l’écart entre les signalements des internautes à Pharos et les remontées de TikTok.
  • M. X — ancien modérateur TikTok / Teleperformance (Audition — M. X, ancien modérateur sur les réseaux sociaux) : atteste d’une communication interne sur l’émoji zèbre et de signalements « dans les deux sens », sans avoir jamais vu de responsable TikTok sur site.
  • M. Mathieu Barrère — Envoyé spécial (France télévisions) (cr21c) : juge la modération inefficace, propose d’interdire les liens de redirection, mais nuance sur la légalité des contenus visés.
  • Hugo Travers — HugoDécrypte (cr21b) et M. Isac Mayembo (cr24b) : deux créateurs qui décrivent leurs propres contournements — orthographe altérée et astérisques pour l’un, substitution lexicale pour l’autre.
  • Mme X, M. Z (cr11a) et Mme Delphine Dapui — Algos Victima (cr11b) : témoignages d’usage documentant les émojis codés, les hashtags « #ts » et « #$h », et les trends suicidaires allusifs.
Interventions regroupées (26 citations · 9 auditions)

Domaine : Modération & signalements · Sujet : contournement

Couverture : 26 citations · 4 positions · 9 auditions

_Slugs bruts fusionnés : contournement-moderation, contournement-moderation-algospeak, contournement-moderation-emojis, contournement-hashtags-emojis, moderation-contournement, emoji-pizza-renvoi, messageries-cryptees-rebond, redirection-liens-tiktok_

Positions exprimées

  • M. Hugo Micheron (cr30c) : Les techniques de contournement (leetcode, émojis, stickers) sont triviales et connues depuis vingt ans ; la plateforme pourrait les détecter mais ne le fait pas. _(tranchant 4)_
  • M. Mathieu Barrère (cr21c) : Interdire tout lien de redirection depuis les réseaux sociaux, TikTok en particulier, réduirait significativement le flux quasi direct vers les plateformes payantes ; c'est le levier de régulation le plus efficace. _(tranchant 3)_
  • M. Mathieu Barrère (cr21c) : La modération des réseaux sociaux, malgré des filtres, est inefficace à ce stade face aux stratégies de contournement (astérisques, applications de redirection, multi-comptes). _(tranchant 3)_
  • M. Isac Mayembo (cr24b) : Il « adoucit » ses propos pour TikTok (mots de substitution comme « poutrer ») afin d'éviter la censure, notamment en live. _(tranchant 3)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Je pense notamment à une vidéo où la première image dit : « la nuit porte conseil », et la deuxième : « moi, elle m’a dit de prendre une corde et un tabouret ». »

Mme X (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Exemple concret d'un « trend » à connotation suicidaire diffusé largement. Illustre le format viral et détourné des contenus mortifères._

« Il faut savoir que certains émojis sont utilisés pour détourner les contenus, comme le drapeau suisse pour parler du suicide, le zèbre des scarifications. »

Mme X (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Révèle des techniques de contournement lexical de la modération (émojis codés). Élément actionnable pour comprendre pourquoi les filtres échouent._

« Je cherchais #ts pour « tentative de suicide » ou #$h pour « self-harm », « automutilation ». Je tombais sur certaines vidéos, mais aussi sur des vidéos de Taylor Swift dont « ts » est le diminutif… »

M. Z (audite, audition cr11a, 2025-05-15)

_Montre à la fois la recherche active de contenus par hashtags codés et l'effet de bord (collision avec Taylor Swift), qui complique la modération automatique. Le témoin reconnaît avoir cherché ces contenus._

« Sauf que, en fait, il existe des moyens détournés, comme les émoticônes, pour y accéder : le zèbre pour les scarifications, le drapeau suisse pour le suicide. »

Mme Delphine Dapui — Algos Victima (mère de Charlize) (audite, audition cr11b, 2025-05-15)

_Démonstration concrète du contournement de la modération par des codes : établit que le blocage par mots-clés est facilement déjoué._

« Nous modifions parfois l’orthographe de certains mots sensibles ou utilisons des astérisques pour éviter la détection automatique et nous assurer que les contenus restent visibles. »

Hugo Travers — HugoDécrypte (audite, audition cr21b, 2025-06-03)

_Révèle une pratique de contournement par un média professionnel pour rester visible malgré la modération automatique ; illustre l'effet de la modération sur le droit à l'information._

« Comment parvenez-vous à éviter les sanctions de la plateforme et à diffuser ces messages de sensibilisation, particulièrement auprès du jeune public ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr21b, 2025-06-03)

_La rapporteure interroge la capacité d'un média de prévention à passer les filtres de modération ; ouvre sur les stratégies de contournement._

« Concernant les possibilités de limitation, l'interdiction de placer des liens de redirection, quels qu'ils soient, serait déjà un pas significatif. »

M. Mathieu Barrère — Envoyé spécial (France télévisions) (audite, audition cr21c, 2025-06-03)

_Recommandation opérationnelle : cibler les liens de redirection depuis les réseaux (TikTok en particulier) plutôt que le contenu lui-même ; piste actionnable pour la régulation._

« Sur TikTok, on trouve par exemple des lives de plusieurs heures montrant des jeunes femmes pratiquant du sport en tenue de fitness, certes suggestive, mais pas illégale en soi. »

M. Mathieu Barrère — Envoyé spécial (France télévisions) (audite, audition cr21c, 2025-06-03)

_Nuance : le contenu présent sur TikTok n'est pas explicite ni illégal, ce qui rend la régulation du contenu (par opposition aux liens) délicate ; prudence du journaliste sur les limites à fixer._

« Bien qu'une politique de modération soit mise en place, elle est donc inefficace à ce stade. »

M. Mathieu Barrère — Envoyé spécial (France télévisions) (audite, audition cr21c, 2025-06-03)

_Constat du journaliste : les filtres existent mais sont contournés (astérisques « Onl*Fans », GetAllMyLinks, multi-comptes), rendant la modération inefficace._

« concernant les plateformes, et plus particulièrement TikTok qui fait l'objet de nos travaux, avez-vous connaissance de mécanismes de blocage mis en place pour empêcher le renvoi vers OnlyFans ou Mym ? »

Mme Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr21c, 2025-06-03)

_La rapporteure recentre l'audition sur TikTok (objet de la commission) et cherche à savoir si des mécanismes de blocage des redirections existent._

« TikTok m’a autorisé à poster la vidéo, et d’ailleurs la même vidéo postée sur un autre compte peut ne pas être bannie, mais forcément après 100, 200, 300 ou 400 signalements – je n’en connais pas le nombre exact –, elle saute malheureusement. »

M. Isac Mayembo (audite, audition cr24b, 2025-06-10)

_Décrit une modération pilotée par le volume de signalements plutôt que par le contenu lui-même ; chiffres avancés par l'auditionné (« je n'en connais pas le nombre exact »)._

« Par exemple, on peut utiliser le mot « poutrer ». Ça vous fait rire, mais employer ce mot à la place de « coucher » ou d’un terme encore plus vulgaire permet de s’assurer que la vidéo ne sera pas censurée trop facilement. »

M. Isac Mayembo (audite, audition cr24b, 2025-06-10)

_Aveu concret d'une technique de contournement lexical de la modération automatique de TikTok._

« évitez-vous certains mots ou les énoncez-vous de façon particulière, par exemple en les épelant, pour que vos vidéos ne soient pas supprimées avant d’être diffusées ? »

Mme Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr24b, 2025-06-10)

_Cherche à faire reconnaître des techniques délibérées de contournement de la modération (épellation) — obtient l'aveu du « poutrer »._

« Déjà, vous remplacez « putes » par « P.U.T.E.S » pour échapper à la modération, mais ces propos vous semblent-ils contrevenir aux conditions générales d’utilisation de la plateforme et plus largement à la loi ? »

M. Arthur Delaporte — SOC (president, audition cr24b, 2025-06-10)

_Le président confronte l'auditionné à des propos précis et à l'épellation destinée à échapper à la modération, pour tester s'ils violent CGU et loi. Les citations lues sont attribuées à l'auditionné par le président ; Mayembo les rattache à YouTube._

« Comme vous le savez, certains mots comme « suicide » sont interdits dans le moteur de recherche. »

Marie Hugon — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)

_TikTok affirme bloquer le mot « suicide » — la commission montrera ensuite que des variantes détournées (« comment se pendre », émoticône zèbre/drapeau suisse) échappent au blocage._

« Le fait de supprimer le hashtag empêche de trouver les ressources et les vidéos bienveillantes qui permettent d’éveiller les consciences. »

Marlène Masure — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)

_Argument de TikTok pour justifier sa réticence à supprimer des hashtags : cela ferait aussi disparaître les contenus de sensibilisation. Défense du cas SkinnyTok._

« Comment justifiez-vous que les recherches « je veux mourir », « j’ai envie de mourir » et « je veux me pendre » ne donnent lieu à aucun blocage ni à aucun message de prévention ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)

_Démonstration à l’appui de captures d’écran : des requêtes suicidaires explicites ne déclenchent aucune prévention, contrairement à ce que TikTok affirme dans ses réponses écrites. Fait montré en séance._

« Vous avez soulevé un point particulier sur le détournement des hashtags qui est parfois appelé algospeak – il arrive aussi que l’on mette un zéro à la place du « o ». Nous rééduquons en permanence nos algorithmes à l’aide des nouveaux éléments dont nous disposons. »

Marie Hugon — TikTok (audite, audition de Mme Marlène Masure, 2025-06-12)

_TikTok reconnaît le phénomène d’algospeak et dit y remédier en continu — mais la commission démontre ensuite que des détournements connus depuis longtemps (zèbre, drapeau suisse) restent efficaces._

« des personnes considérées comme pédocriminelles s’identifient sur la plateforme TikTok en insérant dans leurs publications une émoticône en forme de pizza. »

Cyril Colliou — Office mineurs (Ofmin) — DNPJ (audite, audition cr30a, 2025-06-24)

_Décrit un code de signalement pédocriminel (émoji pizza, CP = cheese pizza / child pornography) observé via des signalements d'internautes à Pharos ; renseigne un mode opératoire concret de rebond vers messageries cryptées._

« Or cela a été très peu signalé par TikTok, alors que le phénomène a donné lieu à de nombreux signalements de la part d’internautes auprès de la plateforme Pharos. »

Cyril Colliou — Office mineurs (Ofmin) — DNPJ (audite, audition cr30a, 2025-06-24)

_Établit un écart : les internautes signalent le phénomène à Pharos, mais TikTok ne le remonte quasiment pas — argument central de l'Ofmin sur le déficit de détection propre à TikTok._

« Il semblerait que ces plateformes servent parfois simplement d’intermédiaires pour renvoyer les usagers, notamment les jeunes, vers d’autres plateformes dont le contenu est moins modéré, moins contrôlé, comme OnlyFans ou Mym. »

Laure Miller (rapporteur, audition cr30a, 2025-06-24)

_La rapporteure teste l'hypothèse du rôle d'« intermédiaire » des grandes plateformes vers des espaces moins modérés ; cherche à documenter le mécanisme de rebond vers OnlyFans/Mym._

« Pour conclure, sur TikTok, j’ai vu des gens mourir, se prendre des balles dans la tête, le tout agrémenté de musiques à la mode, de stickers rose flashy et de filtres roses. »

Valentin Petit — agence CAPA (audite, audition cr30c, 2025-06-24)

_Image de synthèse du décalage entre codes ludiques de TikTok et contenus mortifères. Témoignage journalistique de première main._

« ces techniques, qui sont connues depuis vingt ans, sont vraiment le niveau zéro du contournement de la modération. »

Valentin Petit — agence CAPA (audite, audition cr30c, 2025-06-24)

_Décrédibilise l'argument de l'impuissance technique de TikTok : le leetcode serait un contournement trivial. Jugement d'expert numérique du journaliste._

« nous avions reçu une communication au sujet de l’émoji zèbre utilisé pour signifier « automutilation ». »

M. X — ancien modérateur TikTok / Teleperformance (audite, audition de Audition — M. X, ancien modérateur sur les réseaux sociaux, 2025-06-26)

_Confirme, côté modération de terrain, la connaissance interne du code émoji zèbre pour l'automutilation. À rapprocher de la déclaration des dirigeants de TikTok disant ne pas toujours en être au courant._

« Lorsque nous avons reçu les dirigeants de TikTok, ils nous ont expliqué qu’ils n’étaient pas toujours au courant de ces contournements, notamment de l’utilisation de l’émoji zèbre. Vous dites avoir signalé certains de ces contournements. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de Audition — M. X, ancien modérateur sur les réseaux sociaux, 2025-06-26)

_La rapporteure confronte le témoignage du modérateur à la déclaration des dirigeants de TikTok : les modérateurs de terrain connaissaient et signalaient un contournement (émoji zèbre) que la direction disait ne pas toujours connaître. Cherche à établir un décalage entre terrain et direction._

« les signalements ont été faits dans les deux sens. Nous recevions des communications de la part de nos team leaders , mais je n’ai jamais vu aucun responsable de TikTok dans les locaux de Teleperformance. »

M. X — ancien modérateur TikTok / Teleperformance (audite, audition de Audition — M. X, ancien modérateur sur les réseaux sociaux, 2025-06-26)

_Répond à la rapporteure : le contournement était connu et signalé dans les deux sens, mais l'auditionné dit n'avoir jamais vu de responsable TikTok sur place. Alimente la thèse d'une distance de la plateforme vis-à-vis de la modération sous-traitée._