La part du citoyenTikTok et les mineurs

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Signaleurs de confiance

Le statut de signaleur de confiance créé par le DSA existe sur le papier, il est délivré en France par l'Arcom — et devant la commission, aucun des intervenants ne vient le défendre tel quel : la discussion porte entièrement sur son étroitesse, son financement et son inefficacité pratique.

La tension du sujet n'est donc pas « pour ou contre le dispositif », mais entre le droit affiché et son fonctionnement réel. Franck Lecas (Association Addictions France, M. Franck Lecas) en est l'illustration la plus nette : il confirme d'abord le fait daté, « c'est l'Arcom qui nous a accordés, en avril dernier, le statut de signaleur de confiance créé par le DSA », avant de décrire l'échec de sa mise en œuvre — « si certains réseaux sont venus vers nous pour nous enjoindre d'utiliser cette procédure et nous donner les clés, nous n'avons pas réussi à les faire fonctionner – nous n'avons pas trouvé la serrure, en quelque sorte ». La formule dit le sens latent du sujet : la difficulté est imputée à l'usage, pas au refus, ce qui laisse ouverte la question de savoir si le blocage est technique ou organisé.

Deuxième ligne de critique, l'accès. Anne-Charlotte Gros (Respect Zone, cr14a) pose la limite : « Actuellement, seuls deux signaleurs de confiance sont reconnus dans le cadre des régulations européennes, en raison de leur financement. » Le même argument fonde les demandes d'élargissement portées dans le corpus — couloirs prioritaires pour les autres associations et accès aux données de modération selon Arthur Melon (cr14a), signaleurs spécialisés en santé selon Sarah Sauneron (Mme Sarah Sauneron), qui juge l'expertise sanitaire absente chez les signaleurs actuels. Jean-Baptiste Boisseau (Collectif AVI, cr13b) va plus loin en leur confiant un rôle d'arbitre : il suggère que les appels de modération « soient transmis aux signaleurs de confiance ( trusted flaggers) selon la catégorie du signalement », c'est-à-dire hors de la plateforme qui a décidé.

Le corpus expose aussi, sans le trancher, le point le plus gênant du dispositif : qui le paie. Alejandra Mariscal Lopez (Point de Contact, cr14c) détaille les cotisations — « TikTok et Snapchat financent notre association à hauteur de 8 500 euros », derrière Google et Meta à 12 500 euros et OVH Cloud à 15 000. La rapporteure Laure Miller (cr14c) avait ouvert par « Pourriez-vous nous dire quelle est la plateforme qui cotise le plus ? » : la question, purement factuelle, installe le présupposé d'une dépendance du contrôleur envers les contrôlés.

Restent les chiffres du travail réel, tous déclarés par les associations. Samuel Comblez (e-Enfance, cr18b) avance « à peu près 4 000 signalements » l'an dernier, dont « 96 % » de contenus illicites, et leurs suites : « une suppression des contenus dans 39 % des cas ; un avertissement qui est envoyé à l'auteur des faits (28 %) ; aucune action engagée par la plateforme (28 %) et une absence de réponse (4 %) ». Arthur Delaporte (M. Arnaud Cabanis) en tire l'inégalité qui inquiète le plus la commission : « quand elle les signale au nom de son organisation, ces contenus sont supprimés dans la plupart des cas. Comment expliquez-vous cette différence de traitement ? » Le statut vaudrait alors moins comme label que comme droit d'accès — et son absence, comme un signalement citoyen sans effet.

Aucune position contraire n'est exprimée dans le matériau : le corpus disponible sur ce sujet ne contient pas de défense du périmètre actuel.

Qui en parle

  • Franck Lecas — Association Addictions France (M. Franck Lecas, 2025-05-26) : statut DSA obtenu de l'Arcom en avril, mais inopérant en pratique côté plateformes.
  • Anne-Charlotte Gros — Respect Zone (cr14a, 2025-05-22) : deux signaleurs reconnus seulement, conditionnés au financement.
  • Arthur Melon (cr14a, 2025-05-22) : élargir le statut, ouvrir des couloirs prioritaires aux autres associations, faciliter l'accès aux données de modération.
  • Sarah Sauneron (Mme Sarah Sauneron) : créer des signaleurs de confiance spécialisés en santé et un observatoire national de la désinformation en santé.
  • M. Jean-Baptiste Boisseau — Collectif d'aide aux victimes d'influenceurs (AVI) (cr13b, 2025-05-20) : confier aux signaleurs de confiance une procédure d'appel indépendante des plateformes.
  • Alejandra Mariscal Lopez — Point de Contact (cr14c, 2025-05-22) : transparence sur le financement par les plateformes, TikTok à 8 500 euros.
  • Samuel Comblez — Association e-Enfance (cr18b, 2025-05-27) : volumétrie et suites des signalements, chiffres déclarés par l'association.
  • Laure Miller — rapporteure, EPR (cr14c, 2025-05-22) : sonde l'indépendance financière du signaleur vis-à-vis des plateformes.
  • Arthur Delaporte — président (M. Franck Lecas, M. Arnaud Cabanis) : articulation avec l'Arcom, puis inégalité de traitement entre signalement citoyen et signalement d'organisation.
Interventions regroupées (11 citations · 7 auditions)

Domaine : Modération & signalements · Sujet : signaleurs-confiance

Couverture : 11 citations · 4 positions · 7 auditions

_Slugs bruts fusionnés : signaleurs-confiance, signaleur-confiance, signaleurs-de-confiance, signaleur-confiance-signalements, signaleurs-confiance-appel-independant, signaleurs-confiance-sante, financement-signaleurs, dsa-signaleur-de-confiance_

Positions exprimées

  • M. Jean-Baptiste Boisseau (cr13b) : Instaurer une procédure d’appel indépendante des plateformes, confiée aux signaleurs de confiance selon la catégorie du signalement. _(tranchant 3)_
  • M. Arthur Melon (cr14a) : Élargir le statut de signaleur de confiance au-delà des deux actuels, ouvrir des couloirs prioritaires aux autres associations et faciliter leur accès aux données de modération. _(tranchant 3)_
  • Mme Sarah Sauneron (Mme Sarah Sauneron) : Il faut créer des signaleurs de confiance spécialisés en santé, faute d'expertise sanitaire chez les signaleurs actuels (e-Enfance, Point de contact), et un observatoire national de la désinformation en santé. _(tranchant 3)_
  • M. Franck Lecas (M. Franck Lecas) : Le statut de signaleur de confiance créé par le DSA reste, en pratique, inopérant (mécanismes des plateformes bloqués ou incompris) malgré son octroi par l'Arcom. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Nous suggérons que ces appels soient transmis aux signaleurs de confiance ( trusted flaggers) selon la catégorie du signalement, procédure qui peut d’ailleurs bénéficier aussi bien aux influenceurs ciblés qu’aux personnes effectuant les signalements. »

M. Jean-Baptiste Boisseau — Collectif d’aide aux victimes d’influenceurs (AVI) (audite, audition cr13b, 2025-05-20)

_Propose une procédure d’appel indépendante des plateformes, confiée aux signaleurs de confiance, pour corriger le fait que les appels de modération sont aujourd’hui jugés par la plateforme elle-même._

« Actuellement, seuls deux signaleurs de confiance sont reconnus dans le cadre des régulations européennes, en raison de leur financement. »

Anne-Charlotte Gros — Respect Zone (audite, audition cr14a, 2025-05-22)

_Établit une limite concrète du dispositif de signaleurs de confiance (seulement deux, conditionné au financement) et fonde la demande de couloirs prioritaires pour les autres associations._

« Google et Meta contribuent à hauteur de 12 500 euros. OVH Cloud, en tant qu’hébergeur, a choisi d’aller au-delà du montant maximal en versant 15 000 euros. TikTok et Snapchat financent notre association à hauteur de 8 500 euros, suivis par d’autres acteurs comme X à 5 500 euros. »

Alejandra Mariscal Lopez — Point de Contact (audite, audition cr14c, 2025-05-22)

_Transparence sur le financement par les plateformes en réponse à la rapporteure ; établit que TikTok cotise (8 500 euros), moins que Google et Meta ; question d'indépendance du signaleur vis-à-vis des acteurs qu'il contrôle._

« Pourriez-vous nous dire quelle est la plateforme qui cotise le plus ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr14c, 2025-05-22)

_La rapporteure sonde d'emblée l'indépendance financière du signaleur de confiance vis-à-vis des plateformes, dont TikTok, objet de l'enquête._

« c’est l’Arcom qui nous a accordés, en avril dernier, le statut de signaleur de confiance créé par le DSA. »

Franck Lecas — Association Addictions France (audite, audition de M. Franck Lecas, 2025-05-26)

_Fait daté : obtention en avril du statut de signaleur de confiance DSA via l'Arcom ; établit le lien Arcom/DSA._

« si certains réseaux sont venus vers nous pour nous enjoindre d’utiliser cette procédure et nous donner les clés, nous n’avons pas réussi à les faire fonctionner – nous n’avons pas trouvé la serrure, en quelque sorte. »

Franck Lecas — Association Addictions France (audite, audition de M. Franck Lecas, 2025-05-26)

_Signale un écart entre le DSA sur le papier et son application concrète : le nouveau dispositif reste inopérant en pratique pour l'association._

« Quelle est la nature de vos liens avec l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique l’Arcom ? Quel type de signalements lui faites-vous ? »

Arthur Delaporte (president, audition de M. Franck Lecas, 2025-05-26)

_Le président sonde l'articulation entre l'association et le régulateur national (Arcom) ; ouvre sur le statut de signaleur de confiance et le DSA._

« L’année dernière, nous avons adressé à peu près 4 000 signalements à l’ensemble des plateformes. Sur ces 4 000 signalements, le taux de contenus illicites s’établit autour de 96 % contre 4 % pour le taux de contenus préjudiciables. »

Samuel Comblez — Association e-Enfance (audite, audition cr18b, 2025-05-27)

_Volumétrie chiffrée du travail de signalement, attribuée à l'association ; établit que l'essentiel des signalements porte sur des contenus illicites (96 %)._

« Dans le détail, les données sont les suivantes : une suppression des contenus dans 39 % des cas ; un avertissement qui est envoyé à l’auteur des faits (28 %) ; aucune action engagée par la plateforme (28 %) et une absence de réponse (4 %). »

Samuel Comblez — Association e-Enfance (audite, audition cr18b, 2025-05-27)

_Données concrètes sur le traitement par TikTok des signalements d'e-Enfance : dans 56 % des cas (28 % inaction + 28 % avertissement seul) le contenu n'est pas supprimé. Chiffres attribués à l'association._

« Confirmez-vous que les chiffres qui font référence à l’Holocauste ou à des codes antisémites ne contreviennent pas aux règles d’utilisation de TikTok ? »

Arthur Delaporte (president, audition de M. Arnaud Cabanis, 2025-06-12)

_Fondée sur un témoignage de Stop Fisha, la question expose une défaillance de modération sur des codes antisémites ; TikTok reconnaîtra une « erreur »._

« quand elle les signale au nom de son organisation, ces contenus sont supprimés dans la plupart des cas. Comment expliquez-vous cette différence de traitement ? »

Arthur Delaporte (president, audition de M. Arnaud Cabanis, 2025-06-12)

_Met en évidence une inégalité de traitement des signalements (utilisateur ordinaire vs organisation) qui découragerait le signalement citoyen. Question cherchant à établir une faille structurelle._