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Sur ce sujet, le corpus est mince — quatre citations, deux auditions, deux associations — et il est unilatéral : les intervenants entendus plaident tous, à des degrés divers, pour des obligations contraignantes imposées aux plateformes, et aucune voix contradictoire (ni TikTok, ni un chercheur prudent, ni un juriste opposé) ne vient répondre dans ce matériau. L'axe — faut-il imposer détection proactive et retrait sous délai ? — est donc posé, mais il n'est pas débattu ici.
L'argument principal est un argument d'inertie. Alejandra Mariscal Lopez, de Point de Contact (cr14c), constate qu'un outil de détection proactive existe et que personne ne s'en sert : « À ce jour, aucune plateforme n'utilise encore cet outil, malgré nos sollicitations auprès des grandes plateformes membres de Point de Contact depuis décembre 2024. » Elle vise TikTok nommément, mais dans une formulation qui ne l'accable pas seul : la plateforme fait partie des acteurs « avec lesquels nous avons davantage avancé dans les discussions », a donné « un avis favorable » — et le reproche porte sur ce qui a suivi, ou plutôt ne l'a pas suivi : « nous attendons toujours depuis cinq mois ». Le raisonnement latent est explicite dans sa structure : si le meilleur élève d'un dispositif volontaire n'agit pas en cinq mois, c'est le caractère volontaire du dispositif qui est en cause. D'où le recours au précédent étranger, mobilisé comme modèle et non comme simple information : aux États-Unis, relève-t-elle (cr14c), le Congrès a approuvé le Take It Down Act, « qui impose aux hébergeurs de retirer ces contenus dans un délai de 48 heures lorsqu'ils sont signalés par la victime ou une association d'aide aux victimes ».
L'ampleur du phénomène est documentée par un chiffre associatif, à manier comme tel. Shanley Clemot McLaren, de Stop Fisha (cr12a), avance que « pour l'année 2024, notre association a déjà reçu plus de 400 signalements sur TikTok », avec une précision sur les victimes : « majoritairement des femmes et des filles », d'un âge moyen de « quinze à seize ans ». C'est une donnée interne à l'association, non exhaustive, et elle mesure des signalements reçus, pas des contenus vérifiés.
Un contrepoint implicite traverse enfin le matériau : l'efficacité sans la contrainte existe aussi. Yann Lescop, de Point de Contact (cr14c), rapporte qu'« en collaboration avec l'association StopFisha, nous avons réussi à faire fermer un canal de 200 000 personnes ». Il n'en tire aucune thèse contre la régulation — mais l'exemple porte sur un canal externe, hors du périmètre où l'obligation est réclamée.
Qui en parle
- Alejandra Mariscal Lopez — Point de Contact, cr14c (2025-05-22) : porte la ligne du sujet. Vide juridique, inertie des plateformes face à un outil de détection proactive, plaidoyer pour une régulation stricte sur le modèle du Take It Down Act.
- Shanley Clemot McLaren — Stop Fisha, cr12a (2025-05-16) : apporte la donnée de terrain (plus de 400 signalements sur TikTok en 2024, victimes de quinze-seize ans), sans formuler de position sur l'obligation.
- Yann Lescop — Point de Contact, cr14c (2025-05-22) : illustre l'action associative aboutie (fermeture d'un canal de 200 000 personnes), sur un terrain extérieur à la plateforme.