La part du citoyenTikTok et les mineurs

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Désinformation santé et pseudo-experts

La table ronde des soignants du 22 mai 2025 (Mme Marion Joud) livre le matériau le plus dense du corpus sur ce sujet, et il est traversé par deux fractures : TikTok est-il vraiment la plateforme la plus en cause en santé, et faut-il réprimer les contenus ou armer les esprits en amont ?

Le procès est porté par des praticiens qui parlent de leur consultation. Sophia Rakrouki, sage-femme à l'AP-HP Jean-Verdier, résume ce qu'elle a rencontré : « Mon expérience sur ces plateformes m'a confrontée à un tsunami de désinformation. » Elle appuie sur un test comparatif — sur YouTube les contenus labellisés remontent, tandis que sur Instagram et TikTok « les résultats prioritaires étaient des vidéos virales, souvent axées sur la peur et les tendances du moment » — expérience individuelle, non protocolée. Baptiste Carreira Mellier, psychologue, apporte un cas : une adolescente de 14 ans « persuadée d'avoir un trouble borderline », diagnostic reçu d'une « psychologue » créatrice de contenu. Catherine Martin (Meer, cr09a) rapporte un test où l'algorithme a proposé « des remèdes naturels inefficaces à base de citron et de safran pour traiter le papillomavirus ».

Mais la contradiction vient de l'intérieur du panel, et de son membre le plus institutionnel. Jean-Marcel Mourgues, du CNOM, dit l'inverse du cadrage : « Concernant les fausses informations en matière de santé, notre expérience montre qu'Instagram et YouTube sont davantage impliqués que TikTok. » Il ne dédouane pas pour autant : selon lui TikTok « s'est davantage polarisé sur des propositions d'actes à visée esthétique », hypothèse qu'il présente comme telle (« nous pensons »). Et quand il constate la hausse des troubles alimentaires, dépressifs et des automutilations, il l'énonce comme observation clinique, sans lien causal. La DGCCRF trace la même ligne de partage à sa manière : Instagram côté pratiques commerciales, TikTok côté « médecine esthétique ou exercice illégal de la médecine » (Brudieu, cr29c).

La seconde tension est plus discrète, parce que ceux qui la portent ne la nomment pas. Les mêmes soignants demandent qu'on leur donne des pouvoirs de police — que les signalements identifiés par le RPPS « soient traités en priorité » (Carreira Mellier), qu'on leur accorde « un poids plus important » (Rakrouki) — et démontrent dans la foulée que cette police est vaine : il n'y a pas de gros comptes mais « des milliers de petits comptes, rendant impossible une réfutation systématique, car nous passerions nos journées à jouer à la police ». D'où le basculement proposé par Raphaël Dachicourt (ReAGJIR) du « débunk » au « prébunk », prévention en amont plutôt que réfutation après coup.

Le cadrage lui-même porte un présupposé : en demandant si les soignants ont envisagé de produire des contenus sur le « Paracétamol Challenge », la rapporteure Laure Miller admet que la parole scientifique doit adopter les codes de la viralité pour exister. Reste la révélation la plus concrète, non médicale : « personne n'est habilité en matière de police de contrôle sur ces dispositions de la loi » (Brudieu), qui exige selon lui « une loi », et devant laquelle le président Delaporte, co-auteur de la loi influenceurs, se dit « surpris ».

Qui en parle

  • Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (Mme Marion Joud) : porte le cas clinique du faux diagnostic, la typologie des auto-diagnostics (TDAH, HPI, TCA) et la demande de priorisation RPPS, tout en disant l'impossibilité du débunkage face à des comptes atomisés.
  • Sophia Rakrouki — sage-femme, AP-HP Jean-Verdier (Mme Marion Joud) : « tsunami de désinformation », test comparatif YouTube/TikTok, propose de pondérer les signalements des professionnels référencés.
  • Jean-Marcel Mourgues — CNOM (Mme Marion Joud) : la voix à décharge sur le classement des plateformes (Instagram et YouTube devant TikTok), à charge sur les actes esthétiques ; constats cliniques sans causalité.
  • Raphaël Dachicourt — ReAGJIR (Mme Marion Joud) : chambre d'écho et « cibles faciles », usurpation de l'image de médecins connus, proposition « débunk » → « prébunk ».
  • Nawale Hadouiri — CHU de Dijon (Mme Marion Joud) : asymétrie de vitesse entre désinformation et information fiable.
  • Marion Joud — Elema Agency (Mme Marion Joud) : « un business » organisé autour du deepfake.
  • Catherine Martin — Meer (cr09a) : tests de dérive algorithmique sur une recherche santé, montages IA.
  • Léonard Brudieu — DGCCRF (cr29c) : profil de risque propre à TikTok (santé, escroqueries) et lacune d'habilitation exigeant une loi.
  • Laure Miller — rapporteure, EPR (cr08a, Mme Marion Joud) : accuse les plateformes d'« attitude attentiste », cherche des leviers de contre-communication.
  • Arthur Delaporte — président (Mme Marion Joud, cr29c) : cadre la table ronde comme force de contradiction ; s'étonne de la lacune juridique découverte tardivement.
Interventions regroupées (29 citations · 5 auditions)

Domaine : Contenus à risque & sécurité des mineurs · Sujet : desinformation-sante

Couverture : 29 citations · 5 positions · 5 auditions

_Slugs bruts fusionnés : desinformation-sante, auto-diagnostic-adolescents, fake-news-vulgarisation-scientifique, medecins-influenceurs, rpps-certification, debunk-prebunk, habilitation-sante-manquante_

Positions exprimées

  • Mme Marion Joud (Mme Marion Joud) : Les signalements et comptes des professionnels de santé identifiés par leur numéro RPPS doivent être certifiés, priorisés et mieux référencés, sur le modèle de la labellisation lancée par YouTube. _(tranchant 4)_
  • Mme Marion Joud (Mme Marion Joud) : Le débunkage systématique est impossible face à des milliers de petits comptes ; il faut basculer vers le « prébunk » (prévention en amont, esprit critique) et l'éducation au numérique dès l'école. _(tranchant 4)_
  • Mme Marion Joud (Mme Marion Joud) : La désinformation médicale sur les plateformes est massive (« tsunami »), portée par de faux experts et des produits miracles, se propage plus vite que l'information fiable et retarde la prise en charge des patients. _(tranchant 4)_
  • M. Léonard Brudieu (cr29c) : Il existe une lacune : nul n'est aujourd'hui habilité à faire la police des interdictions publicitaires en matière de santé/médecine esthétique ; combler ce vide exige une loi, pas un simple décret, et la DGCCRF est prête à être habilitée. _(tranchant 4)_
  • M. Donatien Le Vaillant (cr08a) : Face à ces phénomènes, le droit pénal n'est pas l'outil le plus pertinent : il faut privilégier la prévention et une vulgarisation scientifique et médicale renforcée sur les plateformes, sans nouvelle loi. _(tranchant 3)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Il est légitime de s’interroger sur la responsabilité des plateformes comme TikTok, qui adoptent une attitude attentiste et n’assument pas les conséquences de leur algorithme. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition cr08a, 2025-05-06)

_La rapporteure formule une accusation d'attentisme des plateformes et pose la question de leur responsabilité algorithmique — appréciation de la rapporteure, non un fait établi par l'audition._

« l’algorithme a commencé à proposer des contenus de désinformation, suggérant par exemple des remèdes naturels inefficaces à base de citron et de safran pour traiter le papillomavirus. »

Catherine Martin — Collectif Mineurs, éthique et réseaux (Meer) (audite, audition cr09a, 2025-05-13)

_Résultat d'un test montrant la dérive d'une recherche santé vers la désinformation médicale puis les deep fakes. Expérimentation du collectif illustrant TikTok comme moteur de recherche défaillant._

« Nous avons notamment été récemment témoins d’un montage réalisé par intelligence artificielle montrant une mineure se mariant avec son influenceuse préférée, incluant une scène de baiser prolongé. »

Catherine Martin — Collectif Mineurs, éthique et réseaux (Meer) (audite, audition cr09a, 2025-05-13)

_Réponse au député Perez sur l'emprise et l'IA : exemple d'un montage IA sexualisant le lien mineure/influenceuse. Cas rapporté par le collectif illustrant la confusion affective._

« nous reprenons nos auditions avec une table ronde regroupant plusieurs professionnels de santé et collectifs de médecins qui apportent la contradiction et rétablissent la vérité face aux allégations médicales, parfois dangereuses, sur les réseaux sociaux. »

Arthur Delaporte (president, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Cadre l'audition : le panel est présenté par le président comme une force de contradiction face aux « allégations médicales dangereuses ». Position de la présidence, pas fait établi sur la dangerosité._

« Concernant les fausses informations en matière de santé, notre expérience montre qu’Instagram et YouTube sont davantage impliqués que TikTok. »

Jean-Marcel Mourgues — Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Nuance à décharge majeure : le CNOM relativise le cadrage anti-TikTok de la commission en pointant Instagram et YouTube comme davantage impliqués sur les fausses informations santé. Affirmation d'expérience du CNOM, non chiffrée._

« TikTok s’est davantage polarisé sur des propositions d’actes à visée esthétique. Nous pensons que la raison est que l’application se distingue par sa forte popularité auprès des adolescents, une population vulnérable. »

Jean-Marcel Mourgues — Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Précise le type de dérive spécifique attribué à TikTok par le CNOM (actes esthétiques) et le motif avancé (popularité chez les adolescents). Hypothèse (« nous pensons »), non démontrée._

« Nous observons, tant dans nos fonctions au sein du Cnom que dans notre pratique médicale, une augmentation des troubles alimentaires, des troubles dépressifs, des automutilations et des préoccupations à visée esthétique chez cette population. »

Jean-Marcel Mourgues — Conseil national de l'ordre des médecins (CNOM) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Constat clinique d'une augmentation des troubles chez les adolescents. Formulé comme observation corrélative (« nous observons »), sans lien de causalité établi avec TikTok._

« Les algorithmes favorisent malheureusement les contenus polémiques, générant plus d’engagement, au détriment d’un discours scientifique rigoureux. »

Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Thèse partagée par le panel sur le biais algorithmique en faveur de la polémique et de l'engagement, défavorable à la science rigoureuse. Affirmation d'expérience, non étayée par des données internes de la plateforme._

« J’ai reçu en consultation une adolescente de 14 ans persuadée d’avoir un trouble borderline. Or ce type de trouble n’est pas diagnostiqué à 14 ans, encore moins chez un psychologue qui n’en a pas le droit. Elle m’a expliqué qu’elle a reçu ce diagnostic de sa « psychologue » faisant de la création de contenu sur les réseaux sociaux. »

Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Cas clinique concret illustrant les dommages de l'auto/faux-diagnostic en ligne chez une mineure. Témoignage individuel, non généralisable statistiquement mais fortement illustratif._

« l’auto-diagnostic basé sur des informations trouvées en ligne — concernant particulièrement le TDAH, le haut potentiel intellectuel (HPI), le haut potentiel émotionnel (HPE), les addictions ou les troubles du comportement alimentaire (TCA) —, l’automédication inspirée par des tendances sur les réseaux sociaux et l’errance, entraînant un retard avant la consultation d’un psychologue ou, mieux encore, d’un psychiatre. »

Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Typologie des auto-diagnostics en ligne et de leurs conséquences (errance, retard de soin). Constat de terrain d'un praticien._

« Mon expérience sur ces plateformes m’a confrontée à un tsunami de désinformation. »

Sophia Rakrouki — sage-femme (AP-HP Jean-Verdier) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Formule marquante résumant l'ampleur perçue de la désinformation santé. Appréciation subjective d'une praticienne._

« Sur YouTube, j’ai constaté que les contenus de professionnels de santé labellisés étaient mis en avant, reléguant les informations non vérifiées en bas de page. En revanche, sur Instagram et TikTok, les résultats prioritaires étaient des vidéos virales, souvent axées sur la peur et les tendances du moment. »

Sophia Rakrouki — sage-femme (AP-HP Jean-Verdier) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Comparaison empirique (test sur le terme « infertilité ») opposant la labellisation YouTube au classement viral de TikTok/Instagram. Expérience individuelle et ponctuelle, non protocolée._

« Un sondage IFOP de 2023 révèle que 49 % des 15-24 ans utilisent TikTok quotidiennement, que 59 % s’en servent comme moteur de recherche, qu’une proportion similaire le considère comme une plateforme d’apprentissage comme une autre et que 45 % ne vérifient pas les informations qu’ils y trouvent. »

Raphaël Dachicourt — collectif/syndicat ReAGJIR (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Chiffres attribués à un sondage IFOP 2023 sur l'usage de TikTok par les 15-24 ans (recherche d'info, non-vérification). Chiffres tiers non vérifiés par la commission._

« L’algorithme de ces plateformes, en créant un effet de chambre d’écho, renforce les croyances, particulièrement chez les mineurs qui ne disposent pas des clés pour débunker toutes ces idées et sont donc des cibles faciles. »

Raphaël Dachicourt — collectif/syndicat ReAGJIR (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Attribue à l'algorithme un effet de chambre d'écho renforçant les croyances, avec les mineurs comme « cibles faciles ». Thèse d'un praticien, mécanisme non démontré par des données de la plateforme._

« J’ai observé sur TikTok des vidéos utilisant l’image du docteur Marine Lorphelin ou du docteur Didier Raoult, pour vanter les mérites du shilajit, une résine présentée comme miraculeuse, bien qu’aucune donnée n’appuie cette idée. »

Raphaël Dachicourt — collectif/syndicat ReAGJIR (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Exemple d'usurpation d'identité de médecins connus pour promouvoir un produit sans base scientifique. Le locuteur précise « aucune donnée n'appuie cette idée »._

« L’enjeu crucial réside dans le passage du « débunk » au « prébunk ». Le « débunk » consiste à réagir en démontrant pourquoi une idée est erronée. Le « prébunk », quant à lui, vise à sensibiliser en amont à l’esprit critique, en fournissant aux utilisateurs les outils nécessaires pour évaluer la fiabilité des contenus qu’ils rencontrent. »

Raphaël Dachicourt — collectif/syndicat ReAGJIR (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Proposition structurante et actionnable : basculer de la réfutation a posteriori (« débunk ») à la prévention en amont (« prébunk »), y compris via l'éducation nationale._

« Il est important de noter que la production de désinformation est bien plus rapide que celle relayant des informations de qualité et que les fausses nouvelles se propagent plus vite que les informations fiables. »

Nawale Hadouiri — CHU de Dijon (praticien hospitalo-universitaire) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Argument d'asymétrie structurelle : la désinformation est plus rapide et se propage plus vite que l'information fiable. Justifie l'impossibilité de tout débunker._

« il serait crucial que les signalements émanant de professionnels de santé identifiés par leur numéro du répertoire partagé des professionnels de santé (RPPS) soient traités en priorité et conduisent à une suppression plus rapide des contenus. »

Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Proposition concrète : prioriser les signalements des soignants identifiés par leur RPPS pour accélérer les retraits. Demande centrale et actionnable du panel._

« il n’existe pas de gros compte de désinformation comptant des centaines de milliers d’abonnés et faisant des millions de vues, mais plutôt des milliers de petits comptes, rendant impossible une réfutation systématique, car nous passerions nos journées à jouer à la police. »

Baptiste Carreira Mellier — psychologue et neuropsychologue (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Nuance importante sur la structure de la désinformation (diffuse, atomisée) qui rend le débunkage manuel vain. Argument en faveur du prébunk et de la modération plateforme._

« seule une poignée de professionnels de santé actifs sur les réseaux sociaux effectue ces signalements, ce qui limite leur impact. Pour être efficace, le système d’alerte devrait mobiliser un plus grand nombre d’utilisateurs. Une solution potentielle serait d’accorder un poids plus important aux signalements émanant de professionnels de santé référencés. »

Sophia Rakrouki — sage-femme (AP-HP Jean-Verdier) (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Explique pourquoi le signalement citoyen est peu efficace en santé (expertise requise) et propose de pondérer les signalements de pros référencés. Converge avec la demande RPPS du psychologue._

« Il existe clairement un business qui s’est développé autour de cette pratique. »

Marion Joud — Elema Agency (audite, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_Qualifie la désinformation par deepfake comme une activité économique organisée. Appréciation de l'intervenante, non chiffrée._

« Nous serions tentés de décentrer quelque peu le propos et de vous interroger sur l’impact des réseaux sociaux et du numérique sur la défiance de certains citoyens envers la médecine et la santé en général. »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_La rapporteure recentre ensuite sur TikTok mais ouvre sur la défiance envers la médecine, cadre plus large de l'enquête._

« Prenons l’exemple du Paracétamol Challenge, qui incite à ingérer une quantité excessive de paracétamol pour finir aux urgences. Avez-vous envisagé de produire des contenus expliquant les conséquences graves de cette pratique, y compris les dommages cérébraux potentiels, même en l’absence de décès ? »

Laure Miller — EPR (rapporteur, audition de Mme Marion Joud, 2025-05-22)

_La rapporteure pousse les soignants à concevoir des contenus « plus percutants et moins nuancés » pour concurrencer les défis dangereux. Cherche des leviers de contre-communication concrets._

« il a été conseiller municipal en 2020 et a annoncé sa candidature à l’élection présidentielle de 2027 à ses 2,7 millions d’abonnés – ce qui n’est pas peu. »

Audrey Chippaux — auteure de « Derrière le filtre » (audite, audition cr16a, 2025-05-26)

_Illustre la portée d'un diffuseur de désinformation santé (Thierry Casasnovas, non condamné) : audience massive et projet politique. Faits attribués à l'auditionnée._

« Nous constatons qu’Instagram concerne plutôt des pratiques en matière d’intention commerciale (pratiques commerciales déloyales et trompeuses), tandis que TikTok concerne davantage des pratiques en lien avec le domaine de la santé (médecine esthétique ou exercice illégal de la médecine) et des escroqueries. »

M. Léonard Brudieu — DGCCRF (audite, audition cr29c, 2025-06-19)

_Caractérise le profil de risque propre à TikTok (santé, escroqueries) — analyse faite sur le seul mois de mai, donc partielle._

« À ma connaissance, personne n’est habilité en matière de police de contrôle sur ces dispositions de la loi. »

M. Léonard Brudieu — DGCCRF (audite, audition cr29c, 2025-06-19)

_Révélation forte : une lacune juridique laisse sans police effective le volet santé/médecine esthétique de la loi influenceurs. Affirmation de Brudieu (« à ma connaissance »)._

« Non, une loi est nécessaire. »

M. Léonard Brudieu — DGCCRF (audite, audition cr29c, 2025-06-19)

_Précise le remède : combler la lacune exige un vecteur législatif, pas un simple décret — piste d'action directe pour la commission._

« Je suis surpris que cette question n’ait pas été soulevée plus tôt, alors même que nous avons eu des échanges. Cette problématique n’est pas apparue dans notre rapport d’application. »

M. Arthur Delaporte (president, audition cr29c, 2025-06-19)

_Le président, co-auteur de la loi influenceurs, s'étonne publiquement de découvrir la lacune d'habilitation ; souligne un angle mort du suivi législatif._

« Ce sont les parlementaires qui font les lois. »

M. Léonard Brudieu — DGCCRF (audite, audition cr29c, 2025-06-19)

_Renvoi de responsabilité en clôture : l'administration applique, le législateur décide du cadre — repositionne la frustration du président vers le champ législatif._