Erwan Balanant
Role dans la commission : Depute membre — groupe DEM (Les Democrates / MoDem)
Biographie
Erwan Balanant, ne le 21 fevrier 1971 a Lorient, est un homme politique francais membre du Mouvement democrate (MoDem). Titulaire d'une maitrise d'histoire contemporaine de l'universite Rennes-II et d'un master 1 en multimedia interactif de l'Ecole nationale superieure de creation industrielle (ENSCI), il a egalement suivi des cours a l'Ecole du Louvre. Avant la politique, il a exerce comme photographe et realisateur, travaillant notamment avec des artistes de la scene musicale francaise.
Adherent du MoDem des sa fondation en 2007, il monte en 2014 une liste citoyenne aux municipales de Quimperle et devient conseiller de la ville et de Quimperle Communaute. Il est elu depute de la 8e circonscription du Finistere en juin 2017 (succedant a Gilbert Le Bris), puis reelu en 2022 et en 2024 apres la dissolution de l'Assemblee nationale. D'abord membre de la commission des lois — ou il fut notamment rapporteur de la reforme du CESE, corapporteur de la loi climat-resilience et corapporteur de la loi d'orientation et de programmation de la justice 2023-2027 —, il rejoint en 2024 la commission des affaires culturelles et de l'education, ce qui explique sa presence dans la commission d'enquete sur l'audiovisuel public.
Il s'est particulierement engage contre les violences faites aux femmes et aux enfants et a porte la loi de 2022 visant a combattre le harcelement scolaire, qui a delictualise ce dernier. Il est depuis 2022 secretaire general adjoint et membre du bureau executif du MoDem. Sa ligne est celle du centre de la majorite presidentielle (« Les Democrates »).
Dans la commission
Intervenant tres actif (106 interventions relevees sur au moins 21 comptes rendus), Balanant est l'un des principaux contradicteurs internes du rapporteur Charles Alloncle (UDR). Sa ligne se resume a une defense frontale et assumee de l'audiovisuel public, doublee d'une contestation permanente de la methode de la commission, qu'il juge a charge.
Defense de l'audiovisuel public comme enjeu de souverainete. Son axe recurrent est de deplacer le debat du cout et du soupcon de partialite vers la souverainete culturelle et informationnelle face aux plateformes. Il requalifie a plusieurs reprises l'audiovisuel public d'outil non pas de « soft power » mais de « hard power » : « pour etre non pas du soft power, mais du hard power informationnel ? » (M. Valéry Lerouge), reprise face a Mme Younes : « Vous avez parle [...] d'un soft power ; en realite, je pense que c'est plutot un hard power qu'il faut construire aujourd'hui » (M. Bruno Patino). Il pose l'audiovisuel public comme « au service de la democratie » (M. Valéry Lerouge) et interroge la maniere d'en faire un instrument de souverainete face aux GAFAM, au « pillage » des contenus par l'IA et a la captation publicitaire, plaidant pour une regulation des plateformes (responsabilite editoriale, droits voisins de l'audiovisuel) plutot que pour une opposition public/prive (M. Rodolphe Belmer, Mme Delphine Ernotte Cunci).
Contestation de la methode du rapporteur. Il defend l'independance des autorites de controle, allant jusqu'a qualifier leur mise en cause d'atteinte a l'Etat de droit : « quand on commence a les attaquer [...] on commence, ni plus, ni moins, a attaquer l'Etat de droit » (M. Martin Ajdari). Il conteste la regularite du constat d'huissier verse par le rapporteur — « J'aimerais [...] savoir quel type de controle sur pieces et sur place vous etes alle faire chez un huissier, Monsieur le rapporteur » (M. Patrick Cohen) — et denonce un interrogatoire repetitif : « Apres une heure pendant laquelle il a pose cinquante fois les memes questions, je vous remercie de nous laisser deux minutes pour poser les notres ! » (Mme Rima Abdul-Malak).
Fact-checking en seance. Il rectifie plusieurs cadrages qu'il estime errones : la nationalite de Mediawan (« la nationalite d'une entreprise est determinee par son siege social et non par la composition de son capital. Mediawan est une societe francaise », M. Stéphane Sitbon-Gomez), la difference de traitement entre deux petitions (l'une validee par FranceConnect, l'autre « bidon », M. Valéry Lerouge), ou l'imputation d'une condamnation (« La chaine, pas Nagui ! », Mme Michèle Cotta).
Un climat de forte tension personnelle. Ses echanges avec le rapporteur virent parfois a l'incident : « Mais t'inquiete, on va te regler ton compte ! » (M. Pierre-Antoine Capton), qu'il precise ensuite viser le rapport et non la personne — « c'etait [...] regler le sort de votre rapport » (M. Bruno Patino). Il pointe aussi frontalement l'extreme droite et l'UDR, opposant « la vision republicaine de ceux qui veulent une information inscrite dans un cadre democratique » a « ceux qui veulent creer des outils informationnels au service d'une ideologie » (M. Quentin Bataillon).
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/Erwan_Balanant
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA719558
- https://www.mouvementdemocrate.fr/fiche/erwan-balanant-2389
- https://www.nosdeputes.fr/erwan-balanant
- https://politique.pappers.fr/acteurs/erwan-balanant