Jérémie Patrier-Leitus
Role dans la commission : President de la commission — groupe HOR
Biographie
Jérémie Patrier-Leitus, né le 7 mars 1989 à Paris, est un homme politique français, député du Calvados (3e circonscription) depuis le 22 juin 2022, apparenté au groupe Horizons & Indépendants. Diplômé de l'université Paris-Dauphine, il commence sa carrière à l'Institut français / French Institute Alliance Française, dont il passe deux ans à New York avant d'en devenir un référent à Paris. À partir de 2017, il enseigne la gestion des organisations culturelles à Sciences Po. De 2019 à 2022, il travaille au ministère de la Culture, où il coordonne les efforts liés à la reconstruction de Notre-Dame de Paris après l'incendie de 2019.
Élu député en 2022 puis réélu, il siège à la commission des affaires culturelles et de l'éducation, dont il est vice-président. Il s'est particulièrement investi sur les questions d'audiovisuel public : il a été corapporteur, au nom de cette commission, de la proposition de loi relative à la réforme de l'audiovisuel public, et il est membre du conseil d'administration de France Médias Monde depuis octobre 2024 — fonction non rémunérée qu'il déclare à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Le 12 novembre 2025, il est élu président de la commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, créée le 28 octobre 2025 à l'initiative du groupe UDR (rapporteur : Charles Alloncle, UDR).
Identité vérifiée sans ambiguïté (député Horizons du Calvados, spécialiste des questions culturelles et audiovisuelles) ; aucun homonyme pertinent.
Dans la commission
Président et intervenant de très loin le plus présent du corpus (~2 300 prises de parole sur près de 60 auditions, M. Martin Ajdari à Mme Delphine Ernotte Cunci), Patrier-Leitus tient un rôle d'arbitre qui cherche à borner le cadre de la commission et à contenir la dérive polémique — souvent en tension ouverte avec le rapporteur Alloncle (UDR).
Cadrer, pas juger. Dès l'ouverture, il fixe la ligne : « Il ne s'agit pas non plus de faire le procès à charge de l'audiovisuel public ; nous ne sommes pas là dans un tribunal politique et les députés ne sont pas des juges » (M. Martin Ajdari). Il la répète face à France Télévisions : « cette audition n'est pas et ne sera pas le procès de France Télévisions […] nous ne sommes ni des juges ni des acteurs de la politique-spectacle venus chercher un quart d'heure de gloire médiatique » (Mme Delphine Ernotte Cunci).
Transparence des intérêts, y compris les siens. Il déclare de façon récurrente son propre siège au CA de France Médias Monde et son rôle de corapporteur de la réforme (M. Martin Ajdari, M. Nacer Meddah, Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism), et rappelle au rapporteur ses propres attaches politiques : « pour la transparence de nos échanges, je précise que vous avez présidé la section Jeunes UMP de Sciences Po Paris » (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) ; « j'appartiens au groupe Horizons, que le maire de Nice est membre d'Horizons et que le rapporteur est membre du groupe UDR, présidé par Éric Ciotti, lui-même candidat à la mairie de Nice » (M. Nacer Meddah). Sa doctrine : « Le chemin est celui de la transparence […] et non celui du jugement a priori fondé sur la généalogie » (Mme Laurence Franceschini).
Défense des institutions de régulation et de contrôle. Il protège l'Arcom et la Cour des comptes des soupçons de partialité : « À ceux qui […] douteraient de l'indépendance et de l'impartialité de la Cour des comptes, je les invite à lire les rapports que vous avez consacrés à France Télévisions et à Radio France » (M. Nacer Meddah) ; « Je ne suis pas l'avocat de l'Arcom, mais il faut être précis » (M. Roch-Olivier Maistre).
Recadrages du rapporteur et police de la parole. Il s'oppose frontalement aux mises en cause nominatives : « je ne peux laisser, dans une commission d'enquête filmée, une journaliste salariée du service public être qualifiée d'islamophobe » (M. Olivier Schrameck) ; « Ici, ce n'est pas le lieu où on insulte les salariés du service public en les traitant de racistes, d'homophobes […] » (Mme Sibyle Veil) ; « le racisme n'est pas une opinion : c'est un délit pénal » (Mme Adèle Van Reeth). Il corrige les approximations attribuées au rapporteur (tweet sur Sibyle Veil, Mme Sibyle Veil) et va jusqu'à évoquer l'article 40 du code de procédure pénale et une action de son avocat après des attaques d'éditorialistes contre les administrateurs de la commission (Mme Christine Albanel, Mme Sibyle Veil).
Ses thèmes propres. Sous serment, il pousse deux angles récurrents : la défiance envers les médias (« seuls 32 % des Français pensaient que l'on pouvait avoir confiance dans ce que disent les médias », Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) et surtout le vide déontologique des créateurs de contenus et réseaux sociaux — « des personnes qui ne sont pas journalistes informent les Français notamment sur les réseaux sociaux, sans être soumises à aucune […] règle » (Mme Laurence Franceschini), « les créateurs de contenus ne sont soumis à aucun cadre juridique ni à aucune règle de déontologie, d'impartialité ou de pluralisme » (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism). Sur le pluralisme, il applique la même exigence à tous, signalant le positionnement affiché des think tanks invités : « l'Institut Thomas More est un think tank qui se présente comme libéral et de droite, ce qui n'est ni un défaut, ni un problème mais il vaut mieux le savoir » (Mme Adèle Van Reeth).
En somme : un président qui revendique la neutralité de l'enquête, défend le service public et ses institutions de régulation contre l'instrumentalisation, et se pose en contre-poids méthodologique au rapporteur, tout en portant sa propre préoccupation — la régulation de l'information hors du champ journalistique traditionnel.
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/J%C3%A9r%C3%A9mie_Patrier-Leitus
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA793398
- https://politique.pappers.fr/acteurs/jeremie-patrier-leitus
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/organes/autres-commissions/commissions-enquete/ce-audiovisuel-public
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Commission_d%E2%80%99enqu%C3%AAte_sur_la_neutralit%C3%A9,_le_fonctionnement_et_le_financement_de_l%E2%80%99audiovisuel_public
- https://www.franceinfo.fr/economie/medias/france-televisions/audiovisuel-public-la-commission-n-a-pas-pour-role-de-privatiser-promet-jeremie-patrier-leitus-president-de-la-commission-d-enquete_7640741.html