Domaine : La production audiovisuelle : externalisation, concentration, création · Sujet : precarite-emploi
Couverture : 15 citations · 8 positions · 7 auditions
_Slugs bruts fusionnés : salariat-deguise, salariat-deguise-montage-contractuel, precarite-cddu, emploi-precaire-cddu, droit-du-travail-cddu, cdd-usage-mediawan, contrats-precaires-audiovisuel, conditions-travail-intermittents, precarite-pigistes-peur, precarite-salaires-journalistes, cadre-social-accords-collectifs, ucc-multicompetence_
Positions exprimées
- M. Nacer Meddah (M. Nacer Meddah) : La renégociation des accords collectifs, jugés « avantageux » et rigides, est le préalable absolu et indispensable à toute économie et à tout redressement des deux groupes. _(tranchant 5)_
- (table ronde) (Audition, ouverte à la presse) : Derrière un salaire moyen élevé se cache une forte polarisation : débutants à 2 000-2 500 € net, écarts d'un à quinze, recours abusif aux contrats précaires souvent requalifiés en CDI. Il faut renforcer les moyens du service public. _(tranchant 4)_
- Mme Eléonore Duplay (Mme Eléonore Duplay) : Les données du rapporteur sont périmées : les équipes partent à deux, les preneurs de son ont quasi disparu ; les métiers (monteur, JRI) ont un sens et la polycompétence dégrade la qualité et la santé, comme le montre la RTBF. _(tranchant 4)_
- M. Lionel Thompson (M. Lionel Thompson) : La précarité (CDDU, CDD, pigistes) résulte de la jauge d'emplois imposée par la tutelle ; il faut pérenniser une partie de ces emplois, pas réduire l'emploi. _(tranchant 3)_
- M. Hugo Clément (M. Hugo Clément) : Samuel Étienne : il subit la situation, a toujours voulu rester salarié de France Télévisions (départ contraint après 17 ans de CDI) ; le montage via Fremantle ne résulte d'aucune promesse et n'est pas de son fait. _(tranchant 2)_
- M. Jean-Jacques Cordival (M. Jean-Jacques Cordival) : Des mécanismes de départ indemnisé puis de reprise via des sociétés de production s'apparentent à du salariat déguisé et à des manipulations comptables. _(tranchant 2)_
- M. Jean-Jacques Cordival (M. Jean-Jacques Cordival) : FTV doit cesser de travailler avec des prestataires (ex. filiale de Mediawan) qui ne respecteraient pas le droit du travail au détriment des techniciens. _(tranchant 2)_
- M. Nagui Fam (M. Nagui Fam) : Les conventions collectives sont respectées ; les « ambianceurs » sont des intermittents payés au cachet qui se relaient ; les cadences élevées résultent des baisses de budget imposées par la chaîne, accompagnées d'augmentations, et le montant dénoncé serait sous-évalué de 50 %. _(tranchant 2)_
Citations (verbatim, sourcées)
« il n'y aura pas de redressement de ces deux groupes publics sans une révision de leur cadre social. »
— M. Nacer Meddah — Cour des comptes (audite, audition de M. Nacer Meddah, 2025-12-04)
_Thèse la plus tranchée de l'audition, répétée en boucle : le cadre social est le préalable de toute réforme. Recommandation de la Cour, pas un fait sur la faute d'un acteur._
« Nous n'avons aucune suspicion particulière ni ne faisons de procès d'intention. »
— M. Nacer Meddah — Cour des comptes (audite, audition de M. Nacer Meddah, 2025-12-04)
_Meddah refuse de reprendre à son compte le mot « emploi fictif » avancé par le rapporteur : il distingue niveau de rémunération élevé et irrégularité. Ne valide aucune accusation._
« J'ai appris par votre rapport que les salariés de Radio France bénéficiaient en moyenne de douze semaines de congés payés et les journalistes de quatorze. Pour France Télévisions, le salaire moyen des 9 000 salariés s'élève à 72 000 euros, ce qui les place parmi les 9 % des Français les mieux rémunérés. »
— M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Nacer Meddah, 2025-12-04)
_Chiffres-chocs sur les avantages sociaux, mis en avant par le rapporteur pour interroger leur cohérence avec les missions. Chiffres attribués au rapport de la Cour._
« le salaire moyen d'un journaliste débutant dans l'audiovisuel public, en général embauché à bac + 5, soit un niveau de master, est compris entre 2 000 et 2 500 euros net par mois. »
— Antoine Chuzeville — SNJ (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)
_Le SNJ oppose au salaire moyen de 72 000 € cité par le rapporteur la réalité des débutants et des pigistes, et dénonce des écarts « d'un à dix, voire un à quinze ». Recadrage factuel du chiffre de la Cour des comptes._
« Pensez-vous, en tant que syndicats de France Télévisions, que ce régime d’exception par rapport aux autres médias, privés ou non, doit perdurer à l’heure où l’entreprise est au bord de la faillite, ou qu’il faudrait le modifier pour permettre plus de multicompétence du côté des salariés de France Télévisions et s’aligner un peu plus sur d’autres pratiques, notamment celles des chaînes privées ? »
— M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)
_Le rapporteur pousse à l'alignement sur les pratiques privées (multicompétence) en présentant les UCC comme un « régime d'exception » coûteux et rigide dans une entreprise « au bord de la faillite »._
« un cameraman, c’est-à-dire un journaliste reporter d’images, qui prend le son durant un reportage, n’a pas de prime : cela fait partie de sa fiche de poste. »
— Mme Yvonne Roehrig — CFDT (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)
_La CFDT corrige factuellement une prémisse du rapporteur (la prime pour la prise de son) et rappelle que les équipes partent à deux, non à trois ou quatre. Rectification directe._
« Elle a estimé que le système des unités de compétences complémentaires était inefficace et coûteux – c’est écrit dans le rapport. Deux mois plus tard, France Télévisions a pourtant décidé de reconduire ce système, parce que nous n’avons pas été capables de le réformer. »
— M. Renaud Bernard — FO (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)
_FO reconnaît la critique de la Cour des comptes sur les UCC et un échec de réforme (résistances internes), assumant une posture réformiste distincte des autres syndicats. Concession notable côté audité._
« les données de M. le rapporteur ne sont pas à jour. On part vraiment à deux, c’est la norme. J’ai 33 ans et je n’ai jamais vu de preneur de son. »
— Mme Mathilde Goupil — SNJ (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)
_Le SNJ conteste directement l'actualité des données du rapporteur (rapport IGF), affirmant que le preneur de son a quasi disparu. Contradiction factuelle frontale._
« Je suis reporter de terrain et cela fait vingt ans que je n’ai pas travaillé avec un ingénieur du son ou que je n’en ai pas vu un. Il est complètement erroné de faire de leur présence une généralité : dans les faits, il n’y a plus d’ingénieurs du son, ou très peu. »
— Mme Anne Guillé — SNJ (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)
_Témoignage de terrain (vingt ans) opposé au tableau dressé par le rapporteur : la présence d'ingénieurs du son serait devenue l'exception. Renforce la contestation des chiffres._
« Je vous invite à regarder, vous aussi, ce qui a été fait à la RTBF. »
— Mme Mathilde Goupil — SNJ (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)
_Le SNJ oppose au modèle privé l'exemple de la RTBF, où la polycompétence aurait généré souffrance, absentéisme et rédactions à deux vitesses. Contre-exemple européen._
« J’ai l’impression que l’on fait parfois ici le portrait d’un mammouth qui ne saurait se réformer. Ce n’est pas le cas. Nous avons signé une trentaine d’accords collectifs… »
— Mme Mathilde Goupil — SNJ (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)
_Le SNJ récuse l'image d'une entreprise incapable de se réformer, en listant modernisations (site d'information, réseaux sociaux, offres jeunesse « C quoi l'info ? », « Mission info »). Réponse à la prémisse de rigidité du rapporteur._
« ces emplois précaires sont dus à la jauge imposée à Radio France. »
— M. Renaud Dalmar — CFDT Radio France (audite, audition de M. Lionel Thompson, 2026-02-11)
_Explication syndicale de la précarité : le recours aux CDDU découle du plafond d'emplois imposé par la tutelle, ces contrats n'y étant pas comptabilisés. Renvoie la responsabilité à l'État._
« ce que vous nous avez décrit est susceptible de s'apparenter à un prêt de main-d'œuvre illicite, à un licenciement abusif, voire à un salariat déguisé. »
— M. Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)
_Qualification juridique lourde avancée par le président sur le montage FTV/Fremantle. Hypothèse (« susceptible de »), non établie ; la responsabilité est imputée à France Télévisions, pas à Étienne._
« Il s'agit de faits graves, susceptibles, le cas échéant, de donner lieu, de ma part ou de celle du rapporteur, à un signalement au titre de l'article 40. »
— M. Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)
_Annonce d'un possible signalement au procureur (article 40) visant le montage de France Télévisions. Conditionnel ; vise l'employeur, pas l'audité._
« Cette situation s'apparente à une forme d'ubérisation du travail, puisque vous étiez salarié et vous vous retrouvez désormais à présenter la même émission, non plus sept jours par semaine mais deux, dans le cadre d'un contrat devenu précaire. »
— M. Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)
_Le président conclut à un « dysfonctionnement réel et un manquement manifeste » et propose de saisir la PDG de France Télévisions. Appréciation du président ; enquête à venir._