La part du citoyenAudiovisuel public

Explorer · La production audiovisuelle : externalisation, concentration, création

L'externalisation de la production

L'externalisation de la production de France Télévisions vers des sociétés privées est l'un des sujets les plus disputés du corpus (72 citations, 19 auditions). Trois questions structurent le débat : coûte-t-elle plus cher que la production interne ? menace-t-elle la neutralité et le pluralisme ? pose-t-elle un problème de souveraineté au vu de l'actionnariat des producteurs ?

Le clivage coût et périmètre. Les producteurs et la direction défendent l'externalisation. Selon Delphine Ernotte Cunci (Mme Delphine Ernotte Cunci), il n'y a « pas d'externalisation choisie » mais une « industrie de prototypes » régie par la loi Léotard : « quand l'idée vient de l'externe, elle est produite en externe » (droits/PI), et FTV a fait passer sa production interne de 5 % à 20 %. Stéphane Courbit (M. Stéphane Courbit) juge l'internalisation « une ânerie » qu'« aucune chaîne au monde » n'a réussie, argument repris par François Riahi de Banijay (M. Stéphane Courbit). Plusieurs auditionnés citent la Cour des comptes chiffrant le surcoût interne à « 10 % à 15 % environ » (Samuel Kaminka, Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production), en précisant qu'il s'agit d'une auto-évaluation de l'entreprise. À l'inverse, les syndicats de FTV contestent : pour FO, « nous, personnels de France Télévisions, faisons mieux, plus impartial et pour moins cher » (Bertrand Chapeau, Mme Eléonore Duplay). La CFDT décrit un « piège » budgétaire (Yvonne Roehrig, Mme Eléonore Duplay).

Neutralité et pluralisme. FO relie externalisation et perte de contrôle éditorial : de 17h à 23h sur France 5, « nous n'avons pas le contrôle de la ligne éditoriale » (Renaud Bernard, Mme Eléonore Duplay). Le rapporteur Alloncle reprend cet angle et l'oriente politiquement (Mediawan, actionnaire Pigasse). À l'opposé, Vincent Gisbert (Spect, Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) affirme que « le pluralisme s'accroît avec la participation d'acteurs externes ». Valéry Lerouge (SDJ, M. Valéry Lerouge) rappelle que les émissions externalisées restent soumises au cahier des charges et à l'Arcom.

Marges, souveraineté, favoritisme. Le rapporteur avance des marges jugées excessives (42 % sur un jeu, M. Stéphane Courbit ; « C à vous » sous-estimée de 10 points, M. Pierre-Antoine Capton) et une concentration des contrats (Mediawan >110 M€, Banijay >86 M€, M. Aymeric de Lamotte). Les producteurs répliquent en distinguant « rémunération » et « valorisation » comptable (Cyrille Perez, Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production ; Rubinstein, M. Stéphane Courbit), citent des marges faibles voire négatives — « 9,78 % » contre les « 50 % du Figaro » (Iris Bucher, Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production), « marge zéro » en fiction (Anargyros, M. Pierre-Antoine Capton). Sur l'actionnariat américain de Mediawan (via KKR), Rachida Dati (Mme Rachida Dati) répond que « l'enjeu de souveraineté, c'est que la création soit française [...], pas de contrôler l'actionnariat », position proche de celle de Bachelot (Mme Rima Abdul-Malak). Ce point a provoqué la fracture publique entre le rapporteur et le président Patrier-Leitus, qui a suspendu une audition (Mme Rima Abdul-Malak). Sur les audits, Ernotte affirme « c'est nous qui payons les audits de production » (Mme Delphine Ernotte Cunci), contredisant la prémisse du rapporteur.

Qui en parle

  • Charles Alloncle (rapporteur, UDR) : externalisation excessive, marges surfacturées, concentration et actionnariat étranger (Mediawan/KKR) comme risque de souveraineté et de neutralité.
  • Delphine Ernotte Cunci, Stéphane Sitbon-Gomez (France Télévisions) : pas d'externalisation choisie mais logique de droits/PI ; internalisation en hausse ; aucun favoritisme.
  • Producteurs — Courbit, Riahi, Capton, Anargyros, Bucher, Perez : internalisation contre-productive, transparence des coûts, marges faibles ; un producteur n'est pas un média.
  • Syndicats FTV — FO (Chapeau, Bernard), CFDT (Roehrig), SNJ, GDR (Maurel) : réinternaliser, l'externe fait perdre le contrôle éditorial et coûte cher.
  • Rachida Dati, Roselyne Bachelot (ministres) : recourir au privé n'est pas privatiser ; souveraineté = création française et contrôle de l'attribution.
  • Jérémie Patrier-Leitus (président) : conteste la qualification « étrangère » de Mediawan et la médiatisation prématurée du rapporteur.
Interventions regroupées (72 citations · 19 auditions)

Domaine : La production audiovisuelle : externalisation, concentration, création · Sujet : externalisation-production

Couverture : 72 citations · 20 positions · 19 auditions

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Positions exprimées

  • M. Stéphane Courbit (M. Stéphane Courbit) : L'internalisation de la production serait une erreur (« une ânerie ») : aucune chaîne au monde n'y a réussi durablement, car elle prive du talent, de la concurrence et de la propriété intellectuelle pour un gain marginal. _(tranchant 5)_
  • M. Stéphane Sitbon-Gomez (M. Stéphane Sitbon-Gomez) : France Télévisions est le premier partenaire de la production indépendante française (plus de 700 sociétés, plus de 50 % du chiffre d’affaires avec de petits producteurs). _(tranchant 4)_
  • Mme Eléonore Duplay (Mme Eléonore Duplay) : L'externalisation vers des producteurs privés fait perdre à France Télévisions le contrôle de la ligne éditoriale (notamment France 5 de 17h à 23h) et devrait être réduite au profit de la réinternalisation ; mais elle est aussi imposée par le cahier des charges et subie par contrainte budgétaire. _(tranchant 4)_
  • M. Lionel Thompson (M. Lionel Thompson) : La production 100 % interne est une spécificité à préserver, gage de qualité, de maîtrise éditoriale et d'indépendance ; aucun programme extérieur n'est acheté. _(tranchant 4)_
  • (table ronde) (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) : Le secteur est d'une transparence exemplaire (accord transparence, audits, contrôle CNC/fisc) ; on ne prend pas des « marges » mais une rémunération d'investissement, souvent modeste voire négative — les 50 % du Figaro sont faux (9,78 % à Saint-Malo, marge négative à Nîmes). _(tranchant 4)_
  • M. Stéphane Courbit (M. Stéphane Courbit) : Les marges avec le service public sont raisonnables (production ~10 %, groupe 14-15 %), pas plus élevées qu'avec le privé ; la marge de 42 % avancée par le rapporteur est contestée comme une confusion entre rémunération et valorisation comptable. _(tranchant 4)_
  • M. Pierre-Antoine Capton (M. Pierre-Antoine Capton) : Un producteur indépendant n'est pas un média : il n'a pas de ligne éditoriale propre, répond à celle de ses clients diffuseurs et prend le risque de la R&D. On ne peut opposer service public et producteurs indépendants. _(tranchant 4)_
  • M. Xavier Niel (M. Xavier Niel) : L'externalisation de la production est universelle (aucun diffuseur n'internalise tout), souvent moins chère que l'interne (Cour des comptes), et n'entraîne aucune privatisation ; c'est à France Télévisions de doser l'équilibre. _(tranchant 4)_
  • Mme Delphine Ernotte Cunci (Mme Delphine Ernotte Cunci) : Il n'y a pas d'externalisation choisie mais une industrie de prototypes régie par la loi Léotard : l'idée externe est produite en externe (droits/PI) ; FTV a au contraire fait passer sa production interne de 5 % à 20 %. _(tranchant 4)_
  • Mme Delphine Ernotte Cunci (Mme Delphine Ernotte Cunci) : Aucun favoritisme : procédures strictes (comités d'engagement, visa du CA au-delà de 10 M€), satisfecit de la Cour des comptes, et c'est FTV qui paie les audits de production. Les surfacturations alléguées ne sont pas établies. _(tranchant 4)_
  • M. Stéphane Sitbon-Gomez (M. Stéphane Sitbon-Gomez) : France Télévisions choisit des projets et des programmes, pas des actionnaires ; Mediawan ne pèse que 11 % du chiffre d’affaires et l’entreprise exécute les règles du CNC, sans exprimer d’avis sur le capital des producteurs. _(tranchant 3)_
  • (table ronde) (M. Manuel Alduy e.a.) : L'internalisation n'a jamais été aussi forte (stratégie Ernotte depuis 2015) ; France TV Studio, premier producteur de flux du groupe, doit continuer à croître, y compris hors groupe, conformément au plan 2025-2030. _(tranchant 3)_
  • Mme Rima Abdul-Malak (Mme Rima Abdul-Malak) : Bachelot distingue nettement recours à des prestataires privés et privatisation : l'acheteur public garde la maîtrise du cahier des charges ; elle récuse l'analogie avec l'externalisation de la police. Aucune privatisation rampante à retenir. _(tranchant 3)_
  • Mme Rachida Dati (Mme Rachida Dati) : L’externalisation à des sociétés de production françaises est légitime, même si leur actionnariat est étranger ; la souveraineté réside dans la création française et le contrôle de l’attribution, non dans l’actionnariat. _(tranchant 3)_
  • (table ronde) (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) : Produire en interne à France Télévisions coûte « au moins 15 % » de plus qu'en externalisé (accord d'entreprise mieux-disant que la convention collective), chiffre attribué à la Cour des comptes reprenant l'auto-évaluation de l'entreprise. _(tranchant 3)_
  • M. Benjamin Oulahcene (M. Benjamin Oulahcene) : La production indépendante est indispensable au pluralisme et à la viabilité du système ; loin de fragiliser l'emploi du service public, elle le renforce, et Together (coproducteur travaillant avec « la Fabrique » interne) ne figure pas parmi les quinze premiers producteurs de France Télévisions. _(tranchant 3)_
  • M. Pierre-Antoine Capton (M. Pierre-Antoine Capton) : Mediawan travaille en totale transparence avec France Télévisions (devis, audits, comptabilité analytique) ; les marges sont faibles voire nulles (fiction), ~4 % agrégé, les écarts d'audit relevant de retraitements techniques. _(tranchant 3)_
  • M. Valéry Lerouge (M. Valéry Lerouge) : L'externalisation à des sociétés privées reste encadrée (cahier des charges, Arcom, conseiller des programmes en régie) et ne constitue pas un angle mort de neutralité, même si la production interne est préférable. _(tranchant 2)_
  • Mme Élise Lucet (Mme Élise Lucet) : L'équilibre 50 % interne / 50 % production, sans volume deal ni favoritisme, est un choix assumé depuis 32 ans ; aller au-delà de l'interne est impossible faute d'ETP. _(tranchant 2)_
  • M. Jean-Jacques Cordival (M. Jean-Jacques Cordival) : L'externalisation croissante doit être combattue ; les gains du projet Genesis devraient servir à réinternaliser l'activité plutôt qu'à supprimer des postes. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« à titre personnel, vous n’entendrez pas un mot de ma part dans cette audition puisque, depuis le 22 août 2015, je me tiens à un strict devoir de neutralité. »

M. Stéphane Sitbon-Gomez — France Télévisions (audite, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Ligne de défense récurrente du principal : refus systématique de donner un avis personnel au nom de la neutralité. Établit sa stratégie face aux questions politiques, mais fait aussi obstacle aux demandes précises du rapporteur._

« Nous choisissons des projets, pas des producteurs ; nous choisissons des programmes, pas un actionnaire. »

M. Stéphane Sitbon-Gomez — France Télévisions (audite, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Formule de défense sur la concentration : nie tout critère lié au capital des producteurs. Position de principe, dont le rapporteur conteste l’application (contrats concentrés sur Mediawan/Warner)._

« Plus de 50 % de notre chiffre d’affaires se fait auprès de petits producteurs français. Nous travaillons avec plus de 700 sociétés de production. »

M. Stéphane Sitbon-Gomez — France Télévisions (audite, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Contre-argument chiffré du principal à l’accusation de concentration. Chiffres avancés par l’audité, non vérifiés dans l’audition._

« Or il bat pavillon américain, puisque le fonds d’investissement KKR, dont le manque d’éthique suscite des réprobations mondiales, détient le groupe à près de 80 %. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Cœur de l’accusation sur la production : argent public français captré par un fonds américain. Le taux de 80 % et le jugement sur KKR sont affirmés par le rapporteur, contestés par le président et par Balanant (nationalité = siège social)._

« Quand France Télévisions, en raison de l’externalisation massive de ses activités, ne contrôle pas la ligne éditoriale de dizaines d’heures de programme chaque semaine, par exemple tous les jours de 17 heures à 23 heures sur France 5, nous ne sommes pas en mesure de garantir la neutralité. »

M. Bertrand Chapeau — FO (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Thèse centrale de FO : le vrai risque pour la neutralité n'est pas interne mais vient de l'externalisation, où la chaîne perd le contrôle éditorial. Déplace la charge de l'accusation._

« Pour redonner de la neutralité à la télévision publique, la première solution consiste à assainir la gestion financière. Cela requiert, entre autres, de cesser les externalisations, c’est-à-dire la délégation de la responsabilité de l’antenne à des producteurs privés. Nous, personnels de France Télévisions, faisons mieux, plus impartial et pour moins cher. »

M. Bertrand Chapeau — FO (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_FO articule neutralité et réinternalisation, en affirmant faire mieux et moins cher que le privé. Affirmation comparative de coût non chiffrée dans le propos._

« J’imagine que vous avez fait référence à des émissions externalisées à des sociétés de production telles que Mediawan, dont certains actionnaires, comme M. Pigasse, assument de mobiliser des moyens, notamment médiatiques, pour lutter contre la droite radicale. Selon vous, l’attribution, pour plusieurs centaines de millions d’euros, de contrats à des sociétés privées constitue-t-elle une rupture avec le principe de neutralité ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Le rapporteur oriente l'externalisation vers un angle politique précis : les producteurs privés bénéficiaires (Mediawan/Pigasse) seraient engagés contre la « droite radicale », suggérant un biais. Insinuation d'un lien externalisation/orientation politique, non établie._

« il est vrai que tous les jours sur France 5, de 17 heures à 23 heures, nous n’avons pas le contrôle de la ligne éditoriale, des propos qui sont tenus, ni de la façon dont les émissions sont modérées. »

M. Renaud Bernard — FO (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_FO confirme factuellement l'absence de contrôle éditorial sur les tranches externalisées de France 5, tout en refusant de commenter Mediawan ou Pigasse._

« « C à vous » a été rappelé à l’ordre par l’Arcom pour publicité déguisée, ou du moins pour soupçon de publicité déguisée. »

M. Renaud Bernard — FO (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_FO appuie sa critique de l'externalisation par un exemple de régulation (rappel à l'ordre Arcom sur une émission externalisée), en nuançant lui-même (« soupçon »)._

« Nous sommes en quelque sorte pris au piège de l’externalisation car, dans certains cas, nous ne pouvons plus fabriquer nous-mêmes. »

Mme Yvonne Roehrig — CFDT (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_La CFDT explique l'externalisation par la contrainte comptable (ETP/masse salariale vs autre ligne budgétaire) plutôt que par un choix éditorial : mécanisme de « piège » budgétaire._

« France Télévisions n’est pas la seule responsable de sa dépendance vis-à-vis des sociétés de production, qui est aussi entretenue par le pouvoir politique. »

Mme Mathilde Goupil — SNJ (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Le SNJ renvoie une part de la responsabilité de l'externalisation au cadre imposé par le politique (cahier des charges d'achat de programmes), nuançant l'accusation portée sur la direction._

« Vise-t-il à faire des économies, à gagner en agilité, voire à contourner les revendications des syndicats ? »

Mme Céline Calvez — EPR (depute, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_La députée EPR, ancienne administratrice de France Télévisions et Radio France, ouvre plusieurs hypothèses sur les mobiles de l'externalisation et interroge la compatibilité des fusions avec indépendance et honnêteté. Question ouverte, moins accusatoire que celles du rapporteur._

« nous avons tout de même consacré, en 2025, 509 millions d’euros à financer des programmes de flux. Cette question mérite d’être soulevée. »

M. Renaud Bernard — FO (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_FO chiffre la dépense de flux externalisé (509 M€ en 2025 sur ~1 Md€ d'achats externes, budget total 3 Md€) et suggère qu'une part serait plus « productive » en interne, citant l'exemple de « Ce soir (ou jamais !) ». Ouvre une piste d'arbitrage budgétaire concrète._

« je facture moi-même des programmes à France Télévisions et je ne voudrais pas que mes tarifs et mes marges soient connus de l’ensemble de la communauté des producteurs qui sont par ailleurs mes concurrents. »

Arnaud Lesaunier — France Télévisions (audite, audition de M. Manuel Alduy e.a., 2026-01-27)

_Justification concrète du refus de divulguer les coûts en séance : la concurrence entre producteurs. Révèle la double casquette de France TV Studio (filiale interne mais opérateur en concurrence)._

« Nous assumons pleinement ce rôle en finançant plus de 50 % de la production documentaire audiovisuelle en France. »

Antonio Grigolini — France Télévisions (audite, audition de M. Manuel Alduy e.a., 2026-01-27)

_Chiffre-clé sur le poids de FTV dans le documentaire, mobilisé pour asseoir la mission de service public et répondre aux craintes suscitées par l'éviction d'Alvaresse._

« l’internalisation des programmes n’a jamais été aussi forte au sein de France TV Studio. Celle-ci est une entreprise d’environ 650 salariés en équivalent temps plein, dont environ 200 permanents. Son chiffre d’affaires, qui a connu une forte progression ces dernières années, s’établira cette année à 115 millions d’euros et son résultat net est positif. »

Arnaud Lesaunier — France Télévisions (audite, audition de M. Manuel Alduy e.a., 2026-01-27)

_Chiffres-clés de la production interne, opposés au récit d'une externalisation croissante ; corrige la prémisse de la question de Calvez._

« 80 % des émissions de flux sur France 5 sont externalisées à deux sociétés de production, Mediawan – détenue en majorité par un fonds d’investissement américain – et Together. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Le rapporteur retourne l'accusation de privatisation contre France Télévisions elle-même via l'externalisation ; chiffre et propriété avancés par lui, hors périmètre des SDJ auditionnées._

« Donc nous ne pouvons pas garantir la neutralité de ce qui se dit à l’antenne sur France 5 et dans les émissions externalisées. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Citation par le rapporteur d'un représentant FO (Renaud Bernard) de France Télévisions ; utilisée pour établir un défaut de contrôle éditorial sur les émissions externalisées. Propos syndical rapporté, non celui de l'audité._

« les producteurs et les rédacteurs en chef de ces émissions ne sont pas des électrons libres ; ils ont un cahier des charges et sont soumis aux mêmes règles de l’Arcom. »

M. Valéry Lerouge — SDJ France TV rédaction nationale (audite, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Réponse mesurée : Lerouge conteste l'idée d'un angle mort de neutralité sur les émissions externalisées, en invoquant cahier des charges, Arcom et conseiller des programmes en régie._

« que diriez-vous si des fonctions de la police nationale étaient externalisées à des sociétés privées, y compris étrangères ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Analogie du rapporteur pour dramatiser l'externalisation de la production ; Bachelot la juge « non recevable » (la police est une fonction régalienne). Angle souveraineté._

« Il ne faut pas confondre la privatisation et le recours à des services privés ; cela n’a évidemment rien à voir. L’acheteur, en l’occurrence le service public, a tous les moyens de déterminer auprès de son fournisseur les caractéristiques du produit ou du service qu’il souhaite acheter »

Roselyne Bachelot — Ancienne ministre de la Culture (2020-2022) (audite, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Réfutation de fond par Bachelot : externaliser la production n'est pas privatiser, l'acheteur public gardant la maîtrise du cahier des charges. Réponse aux alertes du rapporteur et de FO._

« arrêtez de nous faire croire que Mediawan est un agent de l’étranger : il s’agit d’un champion européen dont le siège est à Paris ! »

Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Le président accuse son propre rapporteur de « désinformation » sur Mediawan : moment fort de la fracture interne. La qualification de Mediawan (français/étranger) est l'objet même du différend._

« Quand plus de 50 % de vos actionnaires sont étrangers, l’entreprise est étrangère. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Affirmation du rapporteur sur la nationalité d'une entreprise selon son actionnariat, contredite frontalement par le président (« totalement faux »). Point de désaccord factuel et juridique non tranché._

« Vous venez de porter des accusations très graves contre moi en affirmant que j’ai des liens avec Mediawan, ce qui est faux. Je suspends donc cette audition ! »

Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Climax de l'audition : le président suspend la séance après une insinuation du rapporteur sur ses liens supposés avec Mediawan. Rupture publique inédite entre président et rapporteur de la même commission. L'insinuation d'Alloncle n'est étayée par aucun élément dans le transcript._

« de ne pas m'accuser de propager des fake news quand je dis que Mediawan est détenu majoritairement par un fonds d'investissement américain, parce que c'est simplement la vérité ! »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Quentin Bataillon, 2026-02-04)

_Cœur de la charge du rapporteur contre le président : dénonce une coupure de micro et une accusation de fake news ; affirmation sur le capital de Mediawan présentée par lui comme un fait, contestée par la présidence._

« Deux sociétés privées – Mediawan et Together Media – produisent 80 % des émissions de France 5. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Quentin Bataillon, 2026-02-04)

_Chiffre appuyant la thèse d'une externalisation excessive au risque pour la ligne éditoriale ; attribué à des représentants syndicaux, non vérifié dans l'audition._

« est-ce le rôle de France Télévisions de financer une société sous pavillon capitalistique américain, qui bénéficie chaque année d'un contrat de plus de 100 millions d'euros ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Quentin Bataillon, 2026-02-04)

_Question orientée liant financement public et capital américain de Mediawan ; le montant et le pavillon sont affirmés par le rapporteur._

« mais je préfère que des étrangers investissent en France plutôt que des Français investissent à l'étranger. »

M. Jean-Jacques Gaultier — ancien député (Vosges) (audite, audition de M. Quentin Bataillon, 2026-02-04)

_Réponse à décharge sur le capital étranger de Mediawan : relativise l'enjeu de souveraineté en valorisant l'emploi et l'impôt en France._

« Je préfère qu’on achète de la création française plutôt que de la création étrangère, et qu’on fasse vivre des entrepreneurs français et des sociétés de production françaises. »

Rachida Dati — Ministère de la culture (audite, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_Défense de l’externalisation : ce qui compte est la création française, non l’identité de l’actionnaire. Répond au soupçon de subventionnement de sociétés à capitaux étrangers._

« L’enjeu de souveraineté, c’est que la création soit française, c’est de contrôler l’attribution de la production, pas de contrôler la création. »

Rachida Dati — Ministère de la culture (audite, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_Réponse au rapporteur sur le risque KKR (fonds américain) : Dati redéfinit la souveraineté comme portant sur la création et l’attribution, pas sur l’actionnariat. Évacue l’angle géopolitique du rapporteur._

« Vos rapports contiennent-ils des recommandations par rapport à ce phénomène de concentration et à l’externalisation croissante que l’on peut noter, c’est-à-dire le fait que France Télévisions délègue une grande partie de ses émissions, fictions et documentaires à des sociétés de production privées ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

_Le rapporteur relie externalisation et hyper-concentration (Mediawan, Together) à un affaiblissement des contre-pouvoirs internes. L'audité indique ne pas avoir étudié la concentration des achats._

« Nous tenons énormément à ce que 50 % des reportages soient fabriqués en interne. »

Élise Lucet — France Télévisions (audite, audition de Mme Élise Lucet, 2026-02-10)

_Position de Lucet sur la répartition interne/externe : équilibre 50/50 défendu comme garantie d'indépendance et de savoir-faire._

« nous travaillons avec une vingtaine de sociétés de production ou d’agences de presse différentes, avec lesquelles nous ne concluons jamais de volume deal »

Élise Lucet — France Télévisions (audite, audition de Mme Élise Lucet, 2026-02-10)

_Défense contre l'accusation de favoritisme envers certains producteurs : diversité des fournisseurs, pas d'engagement de volume._

« Notre ressource dépend à 87 % de la dotation de l'État et nos dépenses sont, à juste titre, constituées à 57 % des rémunérations des salariés. »

M. Benoît Gaspard — Sud Radio France (audite, audition de M. Lionel Thompson, 2026-02-11)

_Chiffres avancés par Sud pour établir le modèle économique de Radio France (dotation publique, masse salariale, indépendance vis-à-vis du privé). Chiffres à vérifier au rapport._

« L’apport de France Télévisions au budget d’un film est en moyenne de 15 %. Sa décision de financer un film ou non est certes importante mais il y a des films qui se font sans France Télévisions, qui n’est qu’un maillon de la chaîne permettant à un film de voir le jour. »

Marc Missonnier — UPC (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Chiffre l’apport moyen de France Télévisions (15 %) et relativise son poids unitaire, tout en défendant la « galaxie de financement » qui garantit la liberté artistique du producteur._

« une société de production ne peut prétendre à des aides publiques qu’à la seule condition que la majorité de son capital soit européenne. »

Pierre Jolivet — ARP (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Énonce le principe légal invoqué face au cas Mediawan/KKR ; appelle le législateur à lever l’ambiguïté. Convergence partielle avec l’angle du rapporteur._

« le phénomène de concentration que vous évoquez n’est pas encore à l’œuvre. La force du cinéma français, c’est non seulement la variété de ses films mais aussi la diversité de ses producteurs. »

Marc Missonnier — UPC (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Réponse à l’alerte du rapporteur sur la concentration (Mediawan, Banijay...) : le phénomène concernerait l’audiovisuel, pas encore le cinéma._

« Tout cela pour 3 euros par mois et par habitant ! France Télévisions est par ailleurs nettement moins chère que la BBC et trois fois moins que la ZDF et l'ARD. »

Stéphane Le Bars — Uspa (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Argument de coût par habitant présenté par le principal ; à noter, le président chiffrera plus tard le coût à 60 €/an/habitant (soit 5 €/mois), léger écart de cadrage à ne pas prendre pour un fait tranché._

« L'un d'eux nous a dit droit dans les yeux – cela n'engage que lui – que le fait que les magazines d'information soient produits par des sociétés extérieures et non en interne par France Télévisions ne permettait pas d'apporter toutes les garanties en matière de pluralisme politique et de neutralité. »

Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Le président soumet aux auditionnés une mise en cause entendue en audition — affirmation d'un représentant syndical de France Télévisions, présentée comme n'engageant que lui, non établie._

« J'aurais au contraire tendance à penser que le pluralisme s'accroît avec la participation d'acteurs externes, qui n'ont pas tous la même logique ni la même approche. Selon moi, c'est même un filtre supplémentaire pour obtenir plus de diversité. »

Vincent Gisbert — Spect (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Réfutation directe par le principal de la thèse « externalisation = moins de pluralisme » relayée par le président._

« France Télévisions est le responsable éditorial et juridique de ce qui se passe sur ses antennes. »

Vincent Gisbert — Spect (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Point de droit avancé pour désamorcer la mise en cause : la responsabilité du pluralisme demeure chez le diffuseur, quelle que soit l'externalisation._

« Les sociétés n'ont plus qu'une porte où frapper, ce qui implique des copinages, peut-être des conflits d'intérêts, en tout cas une concentration de la décision susceptible d'entraver la pluralité des formats proposés et des contrats signés. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Insinuation du rapporteur (« copinages », « conflits d'intérêts ») liée à la centralisation de la décision autour de M. Sitbon-Gomez ; hypothèses non établies, formulées comme risques._

« Cela ne traduit-il pas un phénomène de surfacturation qui a cours depuis longtemps entre France Télévisions et les sociétés de production ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Insinuation forte du rapporteur (surfacturation), présentée comme la « première réaction de beaucoup de Français » à la déclaration Ernotte ; hypothèse non établie._

« Je me permets une correction, monsieur le rapporteur, car la sémantique est importante : ce n'est pas une marge que nous prenons, mais la rémunération de notre investissement et de notre travail telle que définie dans les accords transparence. »

Cyrille Perez — SPI (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Recadrage lexical du principal : refus du terme « marge » au profit de « rémunération » ; enjeu de récit sur l'argent public._

« Pour le film Meurtres à Nîmes , la marge était négative, avec un apport producteur de 10 457 euros validé par le commissaire aux comptes. »

Iris Bucher — Uspa (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Chiffre certifié opposé par le principal à l'article du Figaro (marge de 50 %) ; rectification factuelle en direct, adossée au commissaire aux comptes._

« sur un coût certifié définitif de 2 027 206 euros, j'ai réalisé une marge nette producteur de 198 399 euros, soit 9,78 %. On est très loin des 50 % du Figaro . »

Iris Bucher — Uspa (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Second chiffre certifié (9,78 %) versé au débat contre les 50 % avancés par la presse ; matière factuelle centrale de l'audition sur les marges._

« communiquer avant même l'audition des représentants des syndicats de production entraîne le type d'erreur factuelle qui vient d'être rectifiée. »

Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Le président recadre le rapporteur sur la médiatisation prématurée (via Le Figaro) au regard de la rigueur d'une commission d'enquête._

« Je constate que nous avons eu plus de transparence de votre part que de celle des représentants de France Télévisions depuis le début de ces auditions. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Le rapporteur oppose la transparence des producteurs au « secret des affaires » invoqué selon lui par les dirigeants de France Télévisions ; charge contre la direction du groupe._

« Les Français n'ont pas ces éléments s'ils sont détenus dans une data room accessible à une seule personne ! »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Désaccord public rapporteur/président sur le secret des affaires : le rapporteur juge insuffisant l'accès en data room, revendiquant la transparence envers les citoyens._

« Sur France 5, 80 % des émissions de flux sont concentrées entre Mediawan et Together Media. Comment expliquez-vous le recours massif à des sociétés de production privées pour des émissions qui ne sont pas complexes à produire – « C à vous », « C dans l'air », « C ce soir » – alors que France Télévisions a 9 000 salariés et un budget de plusieurs milliards ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Question du rapporteur mettant en cause l'externalisation d'émissions « simples » de France 5 malgré les moyens internes ; sous-entend une inefficience / une préférence pour le privé._

« Il faut remarquer que France 5 n'a pas de rédaction, ce qui facilite l'externalisation auprès de groupes divers et variés »

Christian Gerin — Satev (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Explication factuelle avancée par le principal pour justifier l'externalisation sur France 5 ; contextualise la question du rapporteur._

« Je vais vous lire un extrait du rapport de la Cour des comptes : « Par ailleurs, l'entreprise évalue le surcoût de fabrication et de production par rapport à la concurrence de 10 % à 15 % environ. » »

Samuel Kaminka — AnimFrance (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Source du chiffre du surcoût interne : la Cour des comptes rapportant l'auto-évaluation de l'entreprise. Le Bars précise aussitôt qu'il s'agit de « l'évaluation par l'entreprise »._

« Je trouve cette externalisation largement excessive. »

M. Emmanuel Maurel — GDR (depute, audition de M. Benjamin Oulahcene, 2026-02-18)

_Position de la gauche communiste (GDR) : le recours massif au privé fragilise le service public ; ouvre la question de la précarité des salariés des prestataires et de la maîtrise publique._

« nos productions sont soumises à des audits de coûts systématiques qui, à ma connaissance, n'ont jamais fait l'objet de la moindre contestation. La transparence est totale. »

M. François Riahi — Banijay Group (audite, audition de M. Stéphane Courbit, 2026-02-25)

_Affirmation de transparence financière, en tension avec les contestations d'audits (marge Nagui) soulevées ensuite par le rapporteur ; affirmation de l'audité._

« une marge de 42 %, sur un jeu diffusé sur France Télévisions, ne vous semble-t-elle pas excessive ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Stéphane Courbit, 2026-02-25)

_Cœur de l'instruction financière : le rapporteur avance un chiffre d'audit (42 % pour « Chacun son tour ») pour établir des marges excessives sur argent public ; contesté par Banijay qui parle de valorisation, pas de marge._

« Les sommes dont vous parlez ne sont pas des rémunérations versées aux deux personnes mentionnées au titre de la production de cette émission ; c'est, je le répète, une valorisation du travail effectué par ces deux personnes en tant que producteurs. »

M. Jean-François Rubinstein — Banijay France (audite, audition de M. Stéphane Courbit, 2026-02-25)

_Défense technique de Banijay : les montants imputés à Nagui/Blot dans l'audit sont une « valorisation » comptable du travail de producteur, non des rémunérations en poche. Point contradictoire avec la lecture du rapporteur._

« Je pense qu'aucun client ne connaît aussi bien son fournisseur : j'ai l'impression que le capot est constamment ouvert. »

Mme Alexia Laroche-Joubert — Banijay France (audite, audition de M. Stéphane Courbit, 2026-02-25)

_Illustre la thèse de transparence : le contrôle de FTV sur les coûts serait très poussé (unité artistique, services financiers ligne à ligne, audits). Contrepoint aux soupçons de marges opaques._

« Il se trouve qu'aucune chaîne de télévision dans le monde n'a internalisé sa production. L'explication, c'est que la concurrence fonctionne. »

M. François Riahi — Banijay Group (audite, audition de M. Stéphane Courbit, 2026-02-25)

_Argument-massue contre l'internalisation envisagée par la commission : la production externe garantit talent, IP et meilleur prix par la concurrence. Assertion générale de l'audité._

« là où il faut quinze personnes pour fabriquer un journal télévisé, il n’en faudra peut-être plus que quatre ou cinq. »

M. Freddy Bertin — SNPCA-CGC (audite, audition de M. Jean-Jacques Cordival, 2026-02-25)

_Chiffre l'ampleur des gains de productivité attendus du projet Genesis (bascule IP) pour poser la question centrale : ces gains serviront-ils à réinternaliser ou à supprimer des postes ? Position pro-technologie mais anti-suppression d'emplois._

« Un producteur indépendant n'est pas un média. Il ne porte pas de ligne éditoriale propre. »

M. Pierre-Antoine Capton — Mediawan (audite, audition de M. Pierre-Antoine Capton, 2026-02-26)

_Pose l'argument de défense central de Capton, répété tout au long de l'audition : la responsabilité éditoriale relève du diffuseur, ce qui doit écarter tout soupçon d'influence politique via l'actionnariat. C'est une affirmation de principe, pas une preuve._

« en fiction, Mediawan travaille à marge zéro avec France Télévisions. »

M. Thomas Anargyros — Mediawan (audite, audition de M. Pierre-Antoine Capton, 2026-02-26)

_Argument économique clé : les producteurs se rémunéreraient non sur la commande du service public mais sur l'exploitation ultérieure des droits. Affirmation de l'audité, qui répond à l'accusation de marges excessives._

« Si vous faites l'addition, après retraitements, de l'ensemble des marges nettes de Mediawan pour ces émissions, vous obtiendrez le chiffre exact donné par Pierre-Antoine Capton tout à l'heure, qui est de l'ordre de 4 %. »

Mme Delphine Cazaux — Mediawan (audite, audition de M. Pierre-Antoine Capton, 2026-02-26)

_Réponse à l'accusation de surfacturation (marges sous-estimées de ~10 points). Attribue les écarts à des « retraitements » et différences d'interprétation ; marge nette agrégée annoncée ~4 %. Version des faits de l'audité._

« la marge de « C à vous » serait sous-estimée de 10 points : elle s'élèverait à 18 % et non à 8 % comme vous l'annoncez. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Pierre-Antoine Capton, 2026-02-26)

_Accusation du rapporteur de devis surfacturés à France Télévisions, chiffrée à partir de rapports d'audit. Contestée par Mediawan (Cazaux : retraitements, marge nette ~4 %). Affirmation dont l'exactitude n'est pas établie dans l'audition._

« Avouez qu'il y a quand même quelque chose d'illogique – pour rester poli – à ce que le groupe Mediawan et Pierre-Antoine Capton se retrouvent devant la représentation nationale après avoir fait ce que celle-ci et les gouvernements successifs, quels qu'ils soient, souhaitaient. »

M. Thomas Anargyros — Mediawan (audite, audition de M. Pierre-Antoine Capton, 2026-02-26)

_Retourne l'accusation : la création d'un champion français répondait à une demande politique constante ; critique implicite du procès fait à Mediawan. Argument à décharge, opinion de l'audité._

« Nous avons appris que Mediawan concentre un peu plus de 110 millions d’euros de contrats par an et que Banijay dépasse 86 millions d’euros annuels, soit plus de 200 millions d’euros de commandes publiques. »

M. Charles Alloncle (rapporteur, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_Le rapporteur chiffre la concentration des contrats de production externalises. Donnee issue des travaux de la commission, presentee comme un probleme democratique._

« Mediawan est important parce que, pour rappeler le contexte, il s’agit de la société de production qui bénéficie le plus de contrats avec France Télévisions : c’est 110 millions d’euros de chiffre d’affaires par an, c’est un budget qui est important. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Xavier Niel, 2026-04-02)

_Le rapporteur pose l'enjeu chiffré justifiant l'audition : la dépendance de l'argent public de France Télévisions à Mediawan. Chiffre présenté par le rapporteur comme le cadre factuel._

« Le point n’est pas la dépendance de Mediawan au service public, c’est la dépendance du service public à Mediawan. C’est la raison de nos questions. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Xavier Niel, 2026-04-02)

_Reformulation par le rapporteur de l'angle de l'enquête, en réponse à l'argument des auditionnés selon lequel le public pèse peu (<5 %) dans le CA de Mediawan. Cadrage de l'angle par le rapporteur._

« Parce que demain, imaginons que Mediawan soit contrôlé par un fonds d’investissement américain, le jour où on traitera d’informations sur un conflit avec les États-Unis, est-ce que ça ne fait pas peser un risque sur l’information et le service public de l’audiovisuel ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Xavier Niel, 2026-04-02)

_Le rapporteur lie externalisation, actionnariat étranger et risque de souveraineté informationnelle. Hypothèse (« imaginons ») du rapporteur, non un fait établi._

« nous sommes une industrie de prototypes. Et donc, quand l’idée vient de l’externe, elle est produite en externe ; quand l’idée vient de l’interne, elle est produite en interne. »

Delphine Ernotte Cunci — France Télévisions (audite, audition de Mme Delphine Ernotte Cunci, 2026-04-08)

_Argument de fond contre l'idée d'internaliser à volonté : la production suit la propriété de l'idée/format, pas un simple choix de gestion._

« L’idée, le concept, le droit au format, c’est une propriété intellectuelle qui appartient à Mediawan. »

Delphine Ernotte Cunci — France Télévisions (audite, audition de Mme Delphine Ernotte Cunci, 2026-04-08)

_Justification juridique de l'externalisation de « C dans l'air » : FTV ne peut internaliser un format dont elle ne détient pas les droits — sauf à « voler l'idée »._

« Des faveurs accordées à une société de production peuvent constituer des faits assez graves. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Delphine Ernotte Cunci, 2026-04-08)

_Le rapporteur monte d'un cran : d'un audit non remboursé par Mediawan, il tire un soupçon de favoritisme, rappelant une condamnation ancienne de FTV ; qualification qu'Ernotte conteste._

« En général, c’est nous qui payons les audits de production : c’est ça, la règle. »

Delphine Ernotte Cunci — France Télévisions (audite, audition de Mme Delphine Ernotte Cunci, 2026-04-08)

_Ernotte oppose une règle inverse à la prémisse du rapporteur (selon lui, la société auditée doit rembourser au-delà de 5 pts d'écart), d'où un désaccord factuel non tranché en séance._