Raphaël Schellenberger
Role dans la commission : President de la commission — groupe LR
Biographie
Raphaël Schellenberger est ne le 14 fevrier 1990 (a Mulhouse selon Wikipedia, a Wattwiller selon son site personnel). Il est diplome de Sciences Po Strasbourg, ou il obtient en 2013 un master specialise dans l'administration des collectivites territoriales. Engage tot a droite (adhesion a l'UMP a 18 ans), il devient en 2014, a 24 ans, maire de Wattwiller (Haut-Rhin, ~1 600 habitants), figurant alors parmi les plus jeunes maires d'Alsace. Il est elu conseiller departemental du canton de Cernay en 2015, puis conseiller de la Collectivite europeenne d'Alsace en 2021.
Membre des Republicains (LR), il est elu depute du Haut-Rhin (4e circonscription) le 21 juin 2017, succedant a Michel Sordi, puis reelu en juin 2022. A l'Assemblee nationale, il siege notamment a la commission des Lois et a la commission du Developpement durable et de l'amenagement du territoire, et participe a la delegation a l'Assemblee parlementaire franco-allemande. Il a ete co-rapporteur sur les reformes territoriales (2019) et a vote contre la ratification du CETA en juillet 2019. Integre au cabinet fantome de Laurent Wauquiez (2018), il se voit confier l'energie dans celui d'Eric Ciotti (2023).
En octobre 2022, il est nomme president de la commission d'enquete « visant a etablir les raisons de la perte de souverainete et d'independance energetique de la France », dont il porte les travaux jusqu'a la remise du rapport en avril 2023 (rapporteur : Antoine Armand). Schellenberger y est identifie comme un parlementaire favorable au nucleaire et critique des fermetures de capacites pilotables.
Dans la commission
President de la commission, Schellenberger cumule 869 interventions sur l'ensemble des auditions (M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar–Mme Catherine Cesarsky, M. Philippe Page Le Mérour e.a.–M. François Hollande). Son role est celui d'un president directif et oriente, qui cadre fermement les auditionnes et oriente l'enquete vers une these centrale : la France s'est volontairement « appauvrie » en fermant des moyens de production pilotables et en bridant le nucleaire.
Cadrage et discipline des auditions. Il rappelle a plusieurs reprises la nature de l'exercice et recadre les intervenants juges trop politiques ou evasifs : « Si vous cherchez une tribune, il y a l'hemicycle. » (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel) ; « Monsieur Brottes, je sais que vous avez un parcours politique, mais nous vous invitons pour vous entendre sur des questions techniques. » (M. François Brottes) ; « nous tachons de proceder a des auditions serieuses, sous serment. » (Mme Ségolène Royal). Le ton est parfois acere : « vos reponses se sont revelees moins techniques que revelatrices d'effets de manche » (M. François Brottes).
Sa these de fond. Il martele la perte de capacites pilotables : « Avec les quinze gigawatts de capacite de production d'electricite pilotable qui ont ete fermes au cours des dix dernieres annees […] nous nous sommes appauvris. Le soleil ou le vent ne sont pas des stocks. » (M. Nicolas de Maistre) ; « Depuis dix ans, 13 GW de capacite de production pilotable ont ete fermes. En incluant Fessenheim, ce total atteint pres de 15 GW. » (M. Laurent Michel).
Ses cibles privilegiees.
- Fessenheim et le plafond de 2015 : « La loi de 2015 avait effectivement impose un plafond de 63,2 gigawatts, ce qui a ete l'artifice utilise pour fermer la centrale de Fessenheim. » (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel) ; il interroge Segolene Royal sur la precipitation du decret de fermeture (Mme Ségolène Royal).
- L'objectif des 50 % de nucleaire : « d'ou vient l'objectif des 50 % de part du nucleaire dans le mix electrique francais ? » (M. Xavier Piechaczyk), qu'il juge avoir « remplace une energie decarbonee par une autre energie intermittente » (M. Xavier Piechaczyk).
- L'abandon d'Astrid / 4e generation : « En abandonnant le programme Astrid, peut-on dire que […] on a cesse de respecter la loi de 2006 ? » (M. Daniel Verwaerde).
- Gouvernance et opacite : critique du Conseil de politique nucleaire (M. Laurent Michel) et de la non-consultation lors de la relance (M. Patrick Landais).
- ADEME et negaWatt : il qualifie certaines actions de l'ADEME de « lobbying subventionne par une agence de l'Etat sur fonds publics » (M. David Marchal) et conteste la transparence financiere de negaWatt (« 20 % de financement issu du mecenat et de partenariat d'entreprises », M. Yves Marignac).
Ses interventions revelent une ligne pronucleaire assumee, une mefiance envers les scenarios de sobriete et les acteurs des renouvelables, et une volonte d'imputer la situation a des choix politiques (plafonnement de 2015, fermeture de Fessenheim, abandon d'Astrid) plutot qu'a des contraintes techniques.
Sources
- https://fr.wikipedia.org/wiki/Raphaël_Schellenberger (et version anglaise : https://en.wikipedia.org/wiki/Rapha%C3%ABl_Schellenberger)
- https://raphael-schellenberger.fr/presentation/mon-parcours/
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA721314
- https://www.usinenouvelle.com/energie/qui-est-raphael-schellenberger-le-depute-charge-par-sebastien-lecornu-dune-mission-sur-lelectrification-de-lindustrie.S5I2G6U5U5E5HFZNNLJZHAZKFQ.html