La part du citoyenAudiovisuel public

Carte politique

Gauche Démocrate et Républicaine

Fiche établie à partir des seules questions du groupe versées au dossier (33 interventions, dont une dizaine de courtes interjections). Particularité déterminante : le groupe est incarné par un seul député tout au long de la commission, Emmanuel Maurel. C'est donc une fiche mono-voix — la ligne « GDR » et la ligne « Maurel » se confondent.

1. Ligne du groupe

Défense assumée du service public. Maurel se pose en défenseur revendiqué (« nous sommes un certain nombre à être attachés à la qualité de l'audiovisuel public », Mme Delphine Ernotte Cunci ; « des gens sérieux qui sont attachés à l'audiovisuel public », M. Xavier Niel). Il retourne le cadre de la commission : l'audiovisuel public est un « modèle d'exception » que « le monde entier envie », « férocement attaqué, notamment à Bruxelles » et par « les Américains et leurs alliés » (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production).

Financement : rigueur subie, pas légitime. Position nette contre l'idée de gabegie : « il n'y a pas d'hypertrophie… rapporté au nombre d'habitants, il coûte trois fois moins cher qu'en Suisse, 40 % moins cher qu'en Belgique et 30 % moins cher qu'au Royaume-Uni » (M. Stéphane Sitbon-Gomez). Il dénonce les coupes (effectifs −12 % en dix ans, M. Stéphane Sitbon-Gomez), s'alarme pour le CNC (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) et pour la création face aux « majors américaines » (M. Stéphane Sitbon-Gomez).

Neutralité : concept récusé. C'est sa thèse la plus tranchée : « je ne crois pas que cela existe » ; on ne peut assigner une obligation de neutralité et vouloir des éditoriaux (M. Patrick Cohen) ; « la neutralité est profondément illusoire », l'enjeu réel étant la diversité des points de vue (M. Aymeric de Lamotte).

Soutien à la création MAIS dénonciation des rentes. C'est là qu'il quitte la posture de simple défenseur. Fil rouge sur toutes les auditions : l'externalisation « largement excessive » vers les sociétés de production (M. Benjamin Oulahcene), le recours « presque abusif » pour les émissions de débat — l'exemple d'« Apostrophes »/Pivot qui n'en avait pas besoin (M. Xavier Niel), le statut d'animateur-producteur et le « double ticket… coûteux pour les finances publiques » (M. Stéphane Courbit, M. Jacques Cardoze), la précarité (CDDU) chez Radio France et les sous-traitants (M. Vincent Meslet).

Qui est mis en cause. Pas les dirigeants de FTV/Radio France (Veil est félicitée, Mme Sibyle Veil ; Radio France « ça va bien »). La cible est le camp adverse : le groupe à l'origine de la commission et son « agenda » de privatisation « merveilleusement décrit par M. Bolloré » (« économiser 4 milliards », Mme Delphine Ernotte Cunci) ; le rapporteur (« on commence en Torquemada et on finit en Calimero », Mme Delphine Ernotte Cunci) ; les médias privés « contrôlés par des gens qui ont un agenda politique » (M. Martin Ajdari) ; les Gafam et Bruxelles (Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, M. Xavier Niel).

2. Stratégie de questionnement

Maurel s'informe peu ; il contre-instruit et valide sa propre thèse. Deux régimes coexistent :

Sous-texte récurrent : la signature d'une gauche souverainiste et euro-critique. Le référendum de 2005 revient comme totem (Mme Sibyle Veil, M. Patrick Cohen, M. Aymeric de Lamotte), avec la dénonciation du « cercle de la raison », du « conformisme de l'élite » et du « mépris de classe » (Laurence Bloch/CSP−, Mme Sibyle Veil). Il refuse aussi bien l'accusation de « radio NFP » que l'idée d'un service public neutre.

3. Députés clés

Emmanuel Maurel (GDR, ancien député européen pendant dix ans, Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production) — seule voix du groupe dans le dossier. Angle : défense stratégique et souverainiste du service public + critique interne, de gauche, des rentes de production et de la précarité. Registre lettré et sarcastique, à l'aise dans la joute (Bolloré, Parmentier, le rapporteur), refermant la commission sur un constat d'« occasions manquées » et de « société du spectacle » (Mme Delphine Ernotte Cunci).