La part du citoyen

Carte politique

La France insoumise (NUPES)

Fiche établie à partir des 22 questions du groupe analysées dans la commission d'enquête (souveraineté énergétique, AN 2022-2023).

1. Ligne du groupe

Nucléaire. Le groupe est nettement critique, voire hostile à la relance. Il conteste d'abord la relance EPR sous l'angle démocratique (décidée avant le débat public, citoyens réduits au rôle de « consommacteurs », M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar) puis sous l'angle technique et financier : corrosion sous contrainte, EPR2 et SMR non maîtrisés, délais incompatibles avec l'urgence climatique, sécheresse pour le refroidissement, coût réel et endettement d'EDF, déchets (M. Jean-Marc Jancovici, M. Bernard Doroszczuk). L'opposition à la relance est explicite en Mme Nathalie Kosciusko-Morizet, où Laisney accumule les risques (accident type Fukushima à Penly/Gravelines, EPR2 non au point, saturation des déchets, eau) pour « discréditer le nouveau programme de réacteurs ». Sur Flamanville, le groupe doute de la pertinence même du projet (prototype d'entraînement, M. Jean-Louis Borloo) et juge le nouveau nucléaire « trop tard » pour 2035 (M. André Merlin). La critique porte aussi sur la dimension sociale : sous-traitance exposant les précaires aux radiations et dégradant la sûreté (Mme Nathalie Kosciusko-Morizet), externalités du cycle (déchets au Niger, M. Jean-Louis Borloo).

Renouvelables / mix. Le groupe revendique un mix 100 % renouvelable (M. Jacky Chorin e.a., appui au scénario RTE 100 % EnR en M. Bruno Bensasson) et le scénario négaWatt (M. Yves Marignac). Il valorise la sobriété et l'efficacité comme leviers prioritaires de court terme (M. Jean-Marc Jancovici, M. Jacky Chorin e.a., M. Yves Marignac), le foisonnement de l'éolien offshore (M. André Merlin), le stockage et les réseaux de chaleur au biogaz (M. Yves Marignac). Il impute le retard français sur les EnR à « l'obsession du marché » et au coup d'arrêt de Belfort sur l'éolien terrestre (M. Laurent Michel, Mme Nathalie Kosciusko-Morizet).

Marché européen & ARENH. Défiance frontale : « le marché ne marche pas » (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel). Le groupe plaide pour un retour aux tarifs réglementés de vente pour tous, un acheteur unique national (type RTE / opérateur public d'achat au coût de production opposé aux PPA de gré à gré, M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel, M. Bruno Bensasson, M. Jacky Chorin e.a.) et présente l'ARENH comme cause du sous-investissement de maintenance d'EDF (M. Pierre Gadonneix).

Souveraineté / Europe. La souveraineté passe par la maîtrise publique : renationalisation d'EDF (M. Pierre Gadonneix, M. André Merlin), extension au gaz (Engie, branche gaz de Total, M. Jacky Chorin e.a.), nationalisation des acteurs pétroliers et obligations de raffinage / flotte stratégique (M. Patrick Pouyanné). Le groupe teste ouvertement la possibilité de se passer du marché européen sans dommage majeur (M. André Merlin, question fermée orientée).

Responsables désignés. Le marché et la libéralisation (transformation d'EDF en SA en 2004, séparation EDF-RTE-Enedis, ARENH) ; l'exécutif soupçonné de vouloir démanteler EDF (retour d'Hercule / « saucissonnage », lettre de mission à Luc Rémont, M. Bruno Bensasson, M. Jacky Chorin e.a.) ; les intérêts privés et les superprofits (Total, Engie, dividendes versés à l'État au détriment de l'investissement, M. Patrick Pouyanné, M. Pierre Gadonneix, M. Jacky Chorin e.a.) ; et les compromissions de la filière nucléaire (transferts de technologie à la Chine, conflits d'intérêts russes, affaire Kearney, M. Arnaud Montebourg).

2. Stratégie de questionnement

Le groupe instruit majoritairement à charge et cherche à faire valider sa propre thèse, rarement à s'informer.

3. Députés clés