La part du citoyen

Intelligence artificielle : souveraineté, économie & bulle

IA souveraine et Mistral (« le cloud et l'IA, c'est pareil »)

Le corpus articule la souveraineté en IA autour de trois questions : le lien entre cloud et IA, le rôle du champion national Mistral, et la stratégie d'ensemble (course au géant ou autre voie).

Le constat le plus partagé : cloud et IA sont indissociables. Arthur Mensch (Mistral AI, M. Arthur Mensch) le martèle — « Le cloud et l'IA, c'est donc vraiment la même chose » — pour refuser qu'on traite séparément la « bataille perdue » du cloud et celle, jouable, de l'IA. Henri d'Agrain (Cigref, M. Henri d’Agrain) réfute la thèse attribuée à Draghi d'abandonner le cloud pour se rattraper sur l'IA (« une illusion dangereuse », du même ordre que la doctrine « fabless »), et avance un chiffre-clé : « 80 % relèvent des infrastructures, 20 % du développement des modèles ». La table ronde des hébergeurs (des fournisseurs de cloud .) formule la même transitivité — Damien Lucas (Scaleway) : « il n'y a pas d'IA sans données, et les données sont dans le cloud, donc il n'y a pas d'IA sans cloud » ; Sébastien Lescop (Cloud Temple) : « Il n'y aura pas d'intelligence artificielle souveraine sans cloud de confiance », parlant d'un risque de « désindustrialisation cognitive ». Michel Paulin (M. Michel Paulin) alerte sur la « verticalisation » américaine (hébergement imposé, monopole Nvidia sur les GPU) qui capterait « l'essentiel de la valeur ajoutée ».

Un clivage net sur la stratégie du champion national. Plusieurs voix disqualifient la course au géant européen : Henri Verdier (M. Henri Verdier) y voit une « impasse » idéologique et défend une IA industrielle ; Meredith Whittaker (Mme Meredith Whittaker) parle d'une « illustration de l'échec européen ». À l'inverse, Cédric O (M. Cédric O) défend Mistral comme garantie : « Si Mistral n'existait pas, nous serions obligés de travailler avec les grandes entreprises américaines », y compris pour l'armée. Marie-Pierre Fontanel (CNRS, des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche) résume la mono-dépendance — « s'il n'y avait pas Mistral, il n'y aurait personne d'autre en France » — mais en pointe la fragilité : « Qui nous dit que demain, Mistral ne se fera pas racheter par des Américains ? ». Aiman Ezzat (Capgemini, M. Aiman Ezzat) refuse une souveraineté exclusivement européenne, à construire « en tirant parti » d'OpenAI, Anthropic ou Google autant que de Mistral.

Les preuves opérationnelles abondent côté administrations. Catherine Mayenobe (CDC, Mme Catherine Mayenobe) renonce à Copilot pour déployer Mistral AI sur ses postes (« Je vais renoncer à déployer Copilot »), 70 % des solutions référencées répondant à ses critères de souveraineté. La Dinum (Stéphanie Schaer, Mme Stéphanie Schaer) contractualise un socle SIAAG avec Outscale et Mistral ; David Amiel (Mme Anne Le Hénanff) décrit un assistant interministériel Mistral hébergé sur Outscale certifié SecNumCloud, testé par 10 000 agents, et la visioconférence Visio (200 000 agents, unique solution autorisée d'ici 2027). La DGFIP (Tomasz Blanc, M. Tomasz Blanc) exploite des LLM libres sur GPU internes, exclut ChatGPT et Claude, et n'envisage Mistral que « standardisé » et réversible ; la gendarmerie migre vers le modèle souverain Génial des armées. Amiel reconnaît un « shadow IT » : « Si nous ne proposons pas nous-mêmes des alternatives souveraines de qualité, nous perdrons la bataille avant même de l'avoir commencée. »

La recommandation politique dominante est d'orienter la commande publique vers l'IA à forte marge pour « ruisseler » sur la chaîne (Mensch, M. Arthur Mensch, sous peine de devenir « un État vassal »), et de créer une structure européenne de référence « type CEA » face à un « moment d'urgence stratégique comparable à Suez 1956 » (d'Agrain, M. Henri d’Agrain).

Qui en parle

Interventions regroupées (49 citations · 18 auditions)

Domaine : Intelligence artificielle : souveraineté, économie & bulle · Sujet : ia-souveraine

Couverture : 49 citations · 17 positions · 18 auditions

_Slugs bruts fusionnés : ia-souveraine, ia-souveraine-mistral, ia-souveraine-verticalisation, ia-souveraine-etat, mistral-souverainete, mistral-geant-europeen, ia-cea-europeen, cloud-egale-ia, ia-service-cloud, ia-donnees-calcul_

Positions exprimées

  • Mme Catherine Mayenobe (Mme Catherine Mayenobe) : Face a l'IA generative, la CDC renonce a Copilot et deploie Mistral AI sur ses 10 000 postes, assumant un surcout pour garantir la tracabilite des donnees ; l'IA impose des systemes d'information hybrides couplant solution et hebergement. _(tranchant 5)_
  • (table ronde) (des fournisseurs de cloud .) : Il n'y a pas d'IA ni de quantique sans cloud : les données sont dans le cloud, l'IA les traite, les GPU/quantique n'ont d'avenir qu'en data center. Opposer cloud et IA est une erreur ; sans cloud souverain, pas d'IA souveraine. _(tranchant 5)_
  • M. Henri d’Agrain (M. Henri d’Agrain) : L’IA est un service cloud comme un autre : il n’y a pas de stratégie IA viable sans maîtrise des infrastructures (80 % des coûts). Croire, à la suite de Draghi, que l’UE peut abandonner le cloud pour se rattraper sur l’IA est une illusion dangereuse, du même ordre que la doctrine « fabless ». _(tranchant 5)_
  • M. Henri Verdier (M. Henri Verdier) : La course européenne au gigantisme de l'IA est une domination idéologique et peut-être une impasse ; l'Europe doit investir une IA industrielle transformant les systèmes de production, avec un business model hors publicité. _(tranchant 4)_
  • Mme Meredith Whittaker (Mme Meredith Whittaker) : Vouloir faire émerger un géant européen répliquant les GAFAM est une « illustration de l'échec européen » ; mieux vaut d'autres voies (petits modèles, données robustes, sécurisation) que la course au champion national. _(tranchant 4)_
  • M. Aiman Ezzat (M. Aiman Ezzat) : La souveraineté en IA ne se construira pas en ignorant OpenAI, Anthropic, Google ou Microsoft, mais en tirant parti de leur technologie autant que de celle de Mistral AI. _(tranchant 4)_
  • M. Michel Paulin (M. Michel Paulin) : Le cloud et l'IA sont les deux couches critiques prioritaires du stack ; la verticalisation des acteurs américains autour de l'IA (hébergement imposé, monopole Nvidia sur les GPU) menace de capter l'essentiel de la valeur ajoutée et de priver de tout choix. _(tranchant 4)_
  • M. Henri d’Agrain (M. Henri d’Agrain) : Face à un moment d’urgence stratégique (comparable à Suez 1956), il faut créer une structure européenne de référence type CEA, sélectionner un nombre limité d’acteurs et les soutenir massivement ; ce qui manque est une volonté politique forte et durable. _(tranchant 4)_
  • M. Tomasz Blanc (M. Tomasz Blanc) : L'IA suit le modèle de maîtrise interne : modèles de langage libres sur GPU internes, données ne sortant jamais des murs ; le recours à ChatGPT/Claude est exclu, Mistral n'est envisageable que standardisé et réversible, et la cible souveraine est le modèle Génial du ministère des armées. _(tranchant 4)_
  • M. Arthur Mensch (M. Arthur Mensch) : Le cloud et l'IA sont indissociables ; l'Europe ne doit pas se croire vaincue sur le cloud mais partir de sa force en IA (haute marge) pour redescendre vers les services bas niveau. _(tranchant 4)_
  • (table ronde) (des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche) : Il faut déployer des IA conversationnelles internes fondées sur des LLM ouverts (Mistral, modèles libres installés sur cloud propre) pour endiguer le shadow AI et garantir que les données ne nourrissent pas les modèles — tout en reconnaissant que les modèles ouverts ne sont pas les plus performants. _(tranchant 3)_
  • (table ronde) (des directeurs de systèmes d’information de ministères) : L'IA est un combat où il « ne faut pas se rater » : éviter une concentration comme sur le collaboratif, mais la dépendance matérielle (aucune puce IA européenne) échappe aux DSI. _(tranchant 3)_
  • Mme Stéphanie Schaer (Mme Stéphanie Schaer) : L'IA de l'État doit reposer sur un socle interministériel souverain (SIAAG) mutualisé, contractualisé avec Outscale et Mistral AI, pour préserver la sécurité des données et globaliser les achats de calcul et les investissements RH. _(tranchant 3)_
  • M. Charles-Antoine Beyney (M. Charles-Antoine Beyney) : Oreus revendique une souveraineté logicielle par un engine et une API agnostiques développés à Marseille, un équivalent français de Copilot et un AI Agent Store souverain, permettant de basculer d'un GPU ou d'un modèle à l'autre sans dépendance de long terme. _(tranchant 3)_
  • MM. Antoine Duboscq (M. Antoine Duboscq) : Il faut intégrer de l'IA souveraine dans les suites (Jamespot via SafeBrain, Wimi avec Mistral et Delos) ; l'IA rebat les cartes et ouvre une fenêtre d'opportunité aux petits acteurs face à un Microsoft qui doute. _(tranchant 2)_
  • M. Cédric O (M. Cédric O) : Mistral est un acteur structurant qui a investi massivement dans sa propre infrastructure ; sans lui, la France dépendrait des Américains, y compris pour l'IA de l'armée française. _(tranchant 2)_
  • Mme Maya Noël (Mme Maya Noël) : L'IA et le quantique sont des filières où la France peut encore se positionner ; il faut investir massivement dans toute la chaîne de valeur (puces, data centers, énergie), à l'échelle européenne, car l'infrastructure ne sera jamais un investissement perdu. _(tranchant 1)_

Citations (verbatim, sourcées)

« environ 70 % des solutions référencées répondent à nos critères d’autonomie stratégique et de souveraineté »

Catherine Mayenobe — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)

_Preuve operationnelle qu'un appel d'offres exigeant peut aboutir a une majorite de solutions souveraines._

« Aujourd’hui, je ne sais plus comment gérer l’arrivée de dispositifs comme Copilot dans l’environnement de travail de mes collaborateurs, où je n’ai plus aucune garantie sur la traçabilité des données et les risques de fuite. »

Catherine Mayenobe — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)

_Explique pourquoi l'IA generative (Copilot) rend la dependance a Microsoft soudain critique alors qu'elle etait toleree jusque-la._

« Cet après-midi, je vais présider un comité d’engagement pour décider de déployer une solution souveraine – celle de Mistral AI – sur l’ensemble des postes de travail de la Caisse des dépôts. »

Catherine Mayenobe — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)

_Decision operationnelle concrete et datee : Mistral AI sur tous les postes, choix assume comme plus couteux._

« Je vais renoncer à déployer Copilot. »

Catherine Mayenobe — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)

_Arbitrage tranche et rare : renoncer explicitement a l'outil dominant au profit d'une alternative souveraine._

« Je ne crois pas que l’objectif consiste à chercher, par quelque procédé quasi magique, à tout répliquer. J’y vois plutôt une illustration de l’échec européen, dont nous n’avons pas besoin. »

Meredith Whittaker — Signal Foundation (audite, audition de Mme Meredith Whittaker, 2026-03-25)

_Réponse directe à la question sur Mistral et le géant européen : Whittaker disqualifie la stratégie du champion national réplicant les GAFAM comme un piège._

« Nous ne le ferons pas en ignorant des sociétés telles que OpenAI, Anthropic ou Google, mais en tirant parti de leur technologie, tout autant que de celle d’acteurs européens, tels que Mistral AI. »

M. Aiman Ezzat — Capgemini (audite, audition de M. Aiman Ezzat, 2026-03-26)

_Refus explicite d'une souveraineté IA exclusivement européenne : l'IA souveraine passe aussi par les acteurs américains._

« L’objectif du PDG du CNRS était simple : que les agents du CNRS n’utilisent plus ChatGPT pour leur travail. »

Marie-Pierre Fontanel — CNRS (audite, audition de des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche, 2026-04-01)

_Formule nettement la logique de la souveraineté IA côté usage : substituer un agent souverain (Mistral) à ChatGPT pour endiguer le shadow AI, avec une adhésion en forte croissance._

« Qui nous dit que demain, Mistral ne se fera pas racheter par des Américains ? »

Marie-Pierre Fontanel — CNRS (audite, audition de des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche, 2026-04-01)

_Relativise la sécurité du recours à un champion national : le rachat par un acteur américain est un risque permanent, comme il l'a été pour de nombreuses sociétés françaises. Fragilité structurelle de la souveraineté par un acteur unique._

« En matière d’intelligence artificielle, s’il n’y avait pas Mistral, il n’y aurait personne d’autre en France. »

Marie-Pierre Fontanel — CNRS (audite, audition de des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche, 2026-04-01)

_Constat brut de la mono-dépendance française en IA générative : un seul champion national, ce qui rend la souveraineté IA extrêmement contrainte._

« quand on n’a plus le choix, on est parfois obligé de passer par des systèmes américains, en espérant ne pas être contraints de passer par des systèmes chinois par la suite. »

Marie-Pierre Fontanel — CNRS (audite, audition de des directeurs des systèmes d’information d’organismes de recherche, 2026-04-01)

_Formule le dilemme géopolitique de fond : à défaut d'alternative souveraine, la dépendance américaine actuelle pourrait glisser vers une dépendance chinoise demain._

« Autour de l’IA, cette verticalisation est en train de créer des stacks où l’essentiel de la valeur ajoutée sera extrêmement dépendant des États-Unis. »

Michel Paulin — CSF Solutions numériques de confiance / Conseil national de l'industrie (audite, audition de M. Michel Paulin, 2026-04-07)

_Alerte prospective : l'IA reproduit et aggrave la dépendance par verrouillage vertical (hébergement, GPU Nvidia) sur toute la chaîne de valeur._

« Le directeur des systèmes d'information ne peut pas porter toutes les misères du monde en même temps et quand il n'y a pas d'offre, il n'y a pas d'offre ! »

Yves Billon — Ministères économiques et financiers (Bercy) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)

_Renvoie la souveraineté à un problème de politique industrielle : le DSI ne peut pas créer une offre qui n'existe pas._

« Or il n'existe aucune offre européenne de puces dotées d'une capacité de calcul suffisante pour l'intelligence artificielle. »

Mathieu Weill — Ministère de l'intérieur (DTNUM) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)

_Pointe le maillon matériel manquant et non substituable de la souveraineté IA, hors de portée des DSI._

« Faire émerger une autre solution crédible à l'échelle européenne – des projets existent – revêt une importance stratégique. »

Mathieu Weill — Ministère de l'intérieur (DTNUM) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)

_Désigne le collaboratif/bureautique comme combat prioritaire, réalisable seulement à l'échelle européenne._

« Il ne faut pas se rater en ce domaine car si nous connaissions, dans les différents segments de la chaîne de valeur de l'IA, une concentration aussi forte qu'elle l'est actuellement dans les secteurs des solutions collaboratives et des systèmes de bases de données, l'ampleur de nos difficultés et de notre dépendance s'en trouverait accrue. »

Mathieu Weill — Ministère de l'intérieur (DTNUM) (audite, audition de des directeurs de systèmes d’information de ministères, 2026-04-09)

_Projette le risque de reproduction, sur l'IA, de la concentration subie sur le collaboratif et les bases de données._

« La Dinum offre un socle interministériel d’IA générative (SIAAG) souverain, pour lequel elle contractualise elle-même avec des acteurs comme Outscale et Mistral AI, car une capacité de calcul qui préserve la sécurité des données est essentielle pour le déploiement de l’IA au sein de l’État. »

Mme Stéphanie Schaer — Dinum (audite, audition de Mme Stéphanie Schaer, 2026-04-14)

_Décrit l'architecture de l'IA souveraine de l'État, adossée à Mistral AI et Outscale pour le calcul._

« c’est aussi grâce à elle qu’on voit arriver une nouvelle génération, celle qui a fondé Alice&Bob, Quandela ou encore Mistral ou Ami Labs. Eux sont des créateurs de technologies »

Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)

_Défend la continuité entre l'écosystème de services B2C et l'émergence de la deeptech souveraine._

« il faut reprendre toute la chaîne de valeur de l’IA – les semi-conducteurs, l’énergie ou encore les data centers, lesquels ont déjà fait l’objet d’investissements –, soit pour être leader, soit pour conserver une autonomie stratégique. »

Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)

_Définit le périmètre d'une stratégie IA souveraine : toute la chaîne, à l'échelle européenne._

« à quoi bon mettre de l’argent public dans un Mistral AI si, in fine , on ne le laisse pas se développer en France ? »

Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)

_Argument-clé contre la PPL Darcos : une exception française chasserait les développeurs d'IA hors de France._

« C’est le principe du winner takes all : dès lors que vous êtes le premier, tout l’investissement que vous avez fait est gagnant, et l’investissement fait par les autres est perdant. »

Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)

_Explicite la logique du winner takes all pour justifier l'investissement massif et précoce dans l'IA._

« Anthropic a sorti Claude Code il n’y a pas très longtemps et, en l’espace de trois mois, cela a permis d’accomplir des choses assez extraordinaires. »

Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)

_Illustre la vitesse de bouleversement des usages de l'IA pour expliquer l'impossibilité de chiffrer les gains de productivité._

« ce n'est plus une question de confidentialité ni de risque de cybersécurité : c'est un risque de désindustrialisation cognitive. »

Sébastien Lescop — Cloud Temple (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)

_Élève le débat de la donnée à la décision/raisonnement : l'IA non souveraine externalise la capacité de décision elle-même._

« Il n'y aura pas d'intelligence artificielle souveraine sans cloud de confiance. »

Sébastien Lescop — Cloud Temple (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)

_Formule condensée du lien cloud-IA qui structure toute la table ronde._

« il n'y a pas d'IA sans données, et les données sont dans le cloud, donc il n'y a pas d'IA sans cloud. La transitivité est simple mais brutale. »

Damien Lucas — Scaleway (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)

_Syllogisme qui fonde le refus d'opposer cloud et IA._

« Oui, l'ancien cloud est peut-être fini, mais le nouveau est fantastique et formidable. Il faut capter cette valeur très rapidement. »

Éric Haddad — NumSpot (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)

_Nuance le débat : le cloud du « move to cloud » décline, celui de la donnée et de l'IA est une opportunité européenne._

« tout miser sur les communs revient à fournir aux Gafam la matière première qu'ils utilisent aujourd'hui pour leurs intelligences artificielles et leurs systèmes. »

Alain Garnier — Jamespot / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)

_Retourne le discours pro-communs : l'open source financé par l'impôt profiterait surtout aux Gafam._

« Les deux endroits névralgiques, les deux goulots d'étranglement par où transitent les données, ce sont les hébergeurs et les suites collaboratives. »

Antoine Duboscq — Wimi / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)

_Justifie le caractère stratégique des suites collaboratives par leur position de captation des données._

« Lorsqu'un cataclysme se produit, tout à coup les petits mammifères ont l'avantage, et les dinosaures disparaissent. »

Alain Garnier — Jamespot / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)

_Métaphore de clôture : l'IA rebat les cartes et offre une fenêtre aux petits acteurs._

« La plupart de nos clients se connecteront via notre API, et non via des API américaines ou chinoises. »

Julien Lescoulié — Oreus (audite, audition de M. Charles-Antoine Beyney, 2026-04-29)

_Argument de souveraineté d'Oreus par la maîtrise de la couche d'accès (API développée à Marseille), point de contrôle stratégique face aux dépendances américaines et chinoises._

« l’intelligence artificielle est un service cloud comme un autre ; il n’y a pas d’IA sans infrastructures cloud »

M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)

_Réfute la thèse (attribuée à Draghi) d’abandonner le cloud pour l’IA ; rattache toute stratégie IA à la maîtrise des infrastructures._

« Il n’existe pas de stratégie « serveurless » viable. »

M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)

_Condense l’argument matériel : l’IA repose sur des infrastructures physiques inévitables._

« 80 % relèvent des infrastructures, 20 % du développement des modèles »

M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)

_Chiffre-clé qui inverse la hiérarchie des priorités : investir dans l’infrastructure prime sur les modèles._

« Nous nous trouvons, selon moi, à un moment d’urgence stratégique pour l’Europe, comparable à des ruptures historiques telles que la crise de Suez en 1956 ou le choc pétrolier de 1973. »

M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)

_Cadre historique fort qui dramatise l’enjeu IA/numérique et appelle une réponse de type autonomie stratégique gaullienne._

« Il serait pertinent d’envisager la création d’une structure européenne de référence, qui jouerait un rôle comparable à celui du Commissariat à l’énergie atomique (CEA) à ses débuts »

M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)

_Proposition institutionnelle concrète : une agence européenne d’investissement et de recherche pour l’IA sur le modèle du CEA._

« Vous avez raison : l’accès à l’énergie et la surréservation constituent deux risques concurrentiels majeurs que nous avons formellement identifiés. »

Umberto Berkani — Autorité de la concurrence (audite, audition de M. Umberto Berkani, 2026-05-05)

_Reconnaissance officielle du risque de verrouillage énergétique par les data centers, mais renvoi à la réponse réglementaire (RTE, CRE) plutôt qu'au droit de la concurrence._

« Nous l’avons fait récemment pour le cloud et pour l’IA générative, et nous instruisons actuellement un avis sur les agents conversationnels. »

Umberto Berkani — Autorité de la concurrence (audite, audition de M. Umberto Berkani, 2026-05-05)

_Montre la démarche de préemption de l'Autorité : anticiper les risques concurrentiels des marchés émergents (cloud, IA générative, agents conversationnels) par des avis en amont._

« J’imagine que vous observerez la même prudence en évitant le recours à des logiciels tels que Claude, dont les liens avec certains acteurs technologiques posent question, ou d’autres outils de même nature. »

M. Aurélien Taché (president, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)

_Le président nomme explicitement Claude comme outil d'IA à écarter pour raisons de souveraineté._

« si l’apparition de ChatGPT a suscité un fort engouement, il faut garder le recul nécessaire pour comprendre que, sous l’angle de la souveraineté, le recours à un tel outil est exclu. »

M. Tomasz Blanc — DGFIP (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)

_Position ferme d'exclusion des LLM propriétaires étrangers pour l'administration fiscale._

« Nous nous appuyons sur nos propres data scientists et ingénieurs pour exploiter des modèles de langage libres sur nos propres puces GPU, hébergées dans nos centres de données. »

M. Tomasz Blanc — DGFIP (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)

_Décrit concrètement l'IA souveraine appliquée : LLM libres sur GPU internes, données ne sortant jamais des murs._

« Je ne m’interdis pas, à l’avenir, d’intégrer des modèles de langage propriétaires tels que Mistral, à la condition impérative qu’ils soient suffisamment standardisés pour s’insérer dans notre architecture. »

M. Tomasz Blanc — DGFIP (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)

_Nuance la doctrine : ouverture à Mistral sous condition de standardisation et de réversibilité, pas de dépendance._

« Notre infrastructure actuelle, qui utilise une IA développée en interne baptisée l’Agent, va prochainement migrer vers le modèle Génial du ministère des armées. »

M. le général de corps d’armée Marc Boget — Anfsi (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)

_Révèle la trajectoire IA de la gendarmerie vers le modèle souverain interministériel Génial (armées)._

« Le cloud et l’IA, c’est donc vraiment la même chose. »

M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)

_Thèse structurante de l'audition, martelée en ouverture et en conclusion : ne pas traiter séparément la « bataille perdue » du cloud et celle, jouable, de l'IA._

« Il faut donc faire en sorte que la demande publique ruisselle sur toute la chaîne de valeur, en partant de l’endroit où nous sommes forts, où nous avons de la valeur ajoutée, c’est-à-dire l’intelligence artificielle. »

M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)

_Formule la recommandation-clé de politique publique : concentrer la commande publique sur l'IA à forte marge, pas subventionner les services bas de chaîne._

« Il faut absolument le faire ; sinon, nous allons devenir un État vassal. »

M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)

_Phrase de clôture retenue explicitement par la présidente comme « le message final » : l'alternative est binaire, souveraineté numérique ou vassalité._

« Si Mistral n’existait pas, nous serions obligés de travailler avec les grandes entreprises américaines. »

M. Cédric O (audite, audition de M. Cédric O, 2026-05-13)

_Justifie l'existence de Mistral comme garantie de souveraineté, y compris pour l'armée française._

« Visio, notre outil de visioconférence 100 % souverain, est désormais déployé auprès de plus de 200 000 agents publics et deviendra l'unique solution autorisée d'ici à 2027. »

M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)

_Exemple concret de substitution souveraine à échéance datée, avec interdiction de Teams et Zoom._

« des usages clandestins se généralisent dans les administrations, certains agents utilisant des outils grand public, accessibles gratuitement ou presque, pour la simple raison qu'ils sont efficaces. Si nous ne proposons pas nous-mêmes des alternatives souveraines de qualité, nous perdrons la bataille avant même de l'avoir commencée. »

M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)

_Reconnaît un « shadow IT » installé dans l'État et pose l'urgence d'une offre souveraine crédible pour ne pas être court-circuité par les usages._

« nous déployons depuis l'automne un assistant IA interministériel qui s'appuie sur les meilleurs modèles de Mistral AI et est hébergé sur une infrastructure Outscale certifiée SecNumCloud. Il est testé par 10 000 agents et sa généralisation est prévue cette année. »

M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)

_Réponse concrète et souveraine (Mistral + Outscale SecNumCloud) au risque d'usages clandestins d'IA grand public._

« Arthur Mensch nous l'a dit : il y a une écriture politique du code. »

Mme Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)

_Argument sur la non-neutralité idéologique des modèles d'IA, mobilisé contre l'usage de Palantir par le renseignement._