La part du citoyenAudiovisuel public

Explorer · Le financement du service public

Le montant du budget et sa trajectoire

Le corpus fait apparaître une controverse centrale : la dotation de l'audiovisuel public a-t-elle augmenté ou baissé ? Le rapporteur Charles Alloncle (UDR) soutient qu'elle a progressé, s'appuyant sur la Cour des comptes : « ces dotations sont passées de 2 411 à 2 616 [millions] entre 2021 et 2024, soit une hausse de 205 millions » (Mme Rima Abdul-Malak), et parle d'un « fantasme d'une baisse ». Il ajoute que la dotation de France Télévisions « a augmenté de plus de 136 millions d'euros » entre 2015 et 2024, donc que « les coûts ne baissent pas » (M. Jacques Cardoze). Face à lui, plusieurs anciens ministres opposent une lecture en euros constants : selon Rima Abdul-Malak (Mme Rima Abdul-Malak), « si l'on raisonne à euro constant et en prenant en compte l'inflation, les dotations publiques ont effectivement baissé ». Aurélie Filippetti (Mme Rima Abdul-Malak) invoque un autre chiffre du même rapport — « la dotation à France Télévisions a diminué de 161 millions d'euros entre 2018 et 2022 » —, ce qu'Alloncle refuse de retenir. Le président Patrier-Leitus arbitre : « la dotation de l'État a bien baissé entre 2018 et 2022 [...] Tenons-nous-en aux faits » (Mme Rima Abdul-Malak). Le débat révèle ainsi une bataille de bornes temporelles et d'unités.

Un point de convergence transpartisan ressort néanmoins : l'instabilité budgétaire. Franck Riester résume : « Comment piloter de telles structures quand on croit recevoir 100 et qu'on finit par recevoir 95 ? » (Mme Rima Abdul-Malak). Abdul-Malak note que la suspension des COM prive les entreprises de visibilité.

Côté opérationnel, les dirigeants décrivent des contraintes. Laurent-Éric Le Lay (M. Laurent-Éric Le Lay) fixe un plancher pour le sport — « il ne faut surtout pas descendre au-dessous de [...] environ 200 millions » —, chiffrant une trajectoire à 189 M€ en 2025 et 183 M€ en 2026. Sibyle Veil (Mme Sibyle Veil) met en avant « 120 M€ d'économies en dix ans » et un coût de « 80 centimes par mois » par Français. Alexandre Kara (M. Alexandre Kara) alerte : « nous allons devoir nous demander s'il ne faut pas abandonner une partie de nos missions ». Bruno Patino (M. Bruno Patino) décrit une baisse de la dotation d'Arte depuis 2017, tout en soulignant l'équilibre financier.

Le rapporteur porte un angle de rendement et de « gabegies » (M. Jacques Cardoze), comparant « 1 euro de budget chez France Télévisions » à TF1 (Mme Rima Abdul-Malak). Sur Slash, Amandine Roussel corrige un chiffre : « il n'est pas d'à peu près 20 millions [...] mais de 13,2 millions [...] 0,6 % du budget » (M. Alexandre Dureux). Alloncle oppose aussi audiovisuel et patrimoine — « 50 % du budget du ministère [...] contre 4,5 % » (Mme Rachida Dati) — dilemme que refusent Rachida Dati (Mme Rachida Dati) et Delphine Ernotte (Mme Delphine Ernotte Cunci), cette dernière situant la France « en milieu de classement européen » rapporté au PIB. Patrick Sébastien (M. Jacques Cardoze) relaie l'idée de « enlever 1 milliard » des 4, qu'il qualifie de « primaire », tandis que Michel Drucker (M. Jacques Cardoze) juge « faux » le récit de dilapidation.

Qui en parle

  • Charles Alloncle (rapporteur, UDR), M. Valéry Lerouge/26/28/36/56/61 : hausse des dotations 2021-2024, angle rendement, gabegies, opposition audiovisuel/patrimoine.
  • Rima Abdul-Malak, Aurélie Filippetti, Franck Riester (anciens ministres), Mme Rima Abdul-Malak : lecture en euros constants (baisse réelle) et instabilité budgétaire.
  • Jérémie Patrier-Leitus (président), M. Laurent-Éric Le Lay/26 : arbitrage médian, regret de la baisse de 30 M€.
  • Laurent-Éric Le Lay, Alexandre Kara (France Télévisions), M. Laurent-Éric Le Lay/21 : plancher de 200 M€ pour le sport, menace sur les missions.
  • Sibyle Veil (Radio France), Mme Sibyle Veil : économies réalisées, gestion saluée.
  • Bruno Patino (Arte), M. Bruno Patino : baisse depuis 2017 mais équilibre.
  • Rachida Dati, Delphine Ernotte (Mme Rachida Dati/63) : refus de l'opposition audiovisuel/patrimoine, benchmark européen.
  • Amandine Roussel, Tiphaine de Raguenel (France TV, Slash), M. Alexandre Dureux : correction du chiffrage de Slash (13,2 M€).
  • Michel Drucker, Patrick Sébastien (France TV), M. Jacques Cardoze : réfutation de la « gabegie » vs proposition de coupe d'1 milliard.
Interventions regroupées (44 citations · 13 auditions)

Domaine : Le financement du service public · Sujet : niveau-budget-trajectoire

Couverture : 44 citations · 11 positions · 13 auditions

_Slugs bruts fusionnés : budget-audiovisuel-public, budget-dotations-inflation, budget-restrictions, financement-baisse-budget, financement-budget, financement-budget-economies, budget-slash-financement, budget-audiovisuel-vs-patrimoine, patrimoine-arbitrage-budgetaire, contraintes-budgetaires, seuil-budgetaire-mission, economies-perimetre-chaines, financement-contribuable, assechement-moyens-effectifs, modele-services-publics-europeens, benchmark-europeen_

Positions exprimées

  • M. Laurent-Éric Le Lay (M. Laurent-Éric Le Lay) : En deçà d'environ 200 M€ (moyenne des dix dernières années), France Télévisions ne pourra plus assumer sa mission de service public sportif ; le budget ne doit surtout pas passer sous ce plancher. _(tranchant 5)_
  • M. Nicolas Bouhdjar (M. Nicolas Bouhdjar) : La cause première de la dégradation est l'assèchement structurel des moyens et des effectifs — faire plus vite avec moins — et non une intention managériale malveillante. _(tranchant 4)_
  • Mme Rima Abdul-Malak (Mme Rima Abdul-Malak) : En euros courants les dotations ont augmenté (2021-2024) mais, à euro constant et compte tenu de 20 à 33 % d'inflation, elles ont baissé ; l'instabilité budgétaire annuelle et la suspension des COM privent les entreprises de visibilité. _(tranchant 4)_
  • M. Alexandre Dureux (M. Alexandre Dureux) : Le budget est de 13,2 M€ (0,6 % du groupe), non de 20 M€ ; il finance aussi fiction, animation et documentaires longs que ne produisent pas les concurrents ; les contenus natifs réseaux ne pèsent que ~8 %. Rapport coût/audience jugé satisfaisant (un demi-milliard de vues/an). _(tranchant 4)_
  • Mme Sibyle Veil (Mme Sibyle Veil) : Radio France a réalisé 120 M€ d'économies en dix ans (20 % du budget), présente des budgets et comptes à l'équilibre et une gestion saluée par la Cour des comptes et l'IGF ; la maîtrise de la masse salariale a été respectée. _(tranchant 3)_
  • M. Alexandre Kara (M. Alexandre Kara) : Le budget de l’information a été sanctuarisé (mais hors inflation) et l’offre développée à effectifs quasi constants grâce à la productivité ; de nouvelles économies imposeraient d’envisager l’abandon d’une partie des missions. _(tranchant 3)_
  • M. Valéry Lerouge (M. Valéry Lerouge) : Les restrictions budgétaires imposées par le législateur depuis plus de dix ans menacent les missions ; l'entreprise gère déjà à l'euro près et redoute des suppressions à venir. _(tranchant 3)_
  • Mme Rachida Dati (Mme Rachida Dati) : Il ne faut pas opposer audiovisuel public et patrimoine ; les deux sont des priorités, le patrimoine ayant vu ses crédits augmenter de 40 % depuis 2017. _(tranchant 3)_
  • M. Jacques Cardoze (M. Jacques Cardoze) : Sébastien estime que le service public pourrait fonctionner avec moins et relaie l'idée de retirer 1 milliard des 4 pour les hôpitaux (qu'il dit « primaire »/« démagogique » mais qu'il assume) ; Drucker défend un service public légitime dans ses dépenses. _(tranchant 3)_
  • M. Bruno Patino (M. Bruno Patino) : La trajectoire budgétaire d'Arte baisse depuis 2017 (13 M€ manquants en 2025, dotation 2026 étale) ; le paritarisme fait qu'une baisse française pénalise le GEIE ; malgré tout Arte est à l'équilibre, non endettée, avec 70 centimes par euro allant à la production et une masse salariale de 8,4 %. _(tranchant 3)_
  • Mme Delphine Ernotte Cunci (Mme Delphine Ernotte Cunci) : Rapporté au PIB, l'AV public français est en milieu de classement européen (Allemagne ×2,5, Royaume-Uni ×2) ; plutôt que d'opposer les budgets, il faudrait augmenter celui de la culture (théâtre, danse, opéra, patrimoine). _(tranchant 3)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Radio France coûte à chaque Français 80 centimes par mois. »

Sibyle Veil — Radio France (audite, audition de Mme Sibyle Veil, 2025-12-17)

_Élément de langage central pour objectiver le coût pour le contribuable et désamorcer le reproche du coût excessif._

« je vois en régie deux ou trois fois plus de personnes que dans une radio privée. »

Philippe Ballard — RN (depute, audition de Mme Sibyle Veil, 2025-12-17)

_Le RN, s'appuyant sur l'expérience de député (et d'ex-journaliste), dénonce des équipes surdimensionnées et un manque de productivité — angle gestion/argent public._

« on peut se féliciter du fait que Radio France, ça va bien. »

Emmanuel Maurel — GDR (depute, audition de Mme Sibyle Veil, 2025-12-17)

_Contrepoint de gauche : soutien global à Radio France (finances saines selon la Cour des comptes), tout en poussant vers un média plus populaire et moins élitiste._

« On a payé des gens pour partir, pour en réembaucher d’autres plus chers. »

Christian Girard — RN (depute, audition de Mme Sibyle Veil, 2025-12-17)

_Le RN dénonce l'échec allégué du plan de départ volontaire (chèque de 15 M€) ; Message répond que sans lui la masse salariale aurait crû de 18 M€ (GVT). Affirmation contestée dans l'audition._

« France Télévisions doit faire autant – sinon davantage – avec moins de moyens. »

M. Laurent-Éric Le Lay — France Télévisions (audite, audition de M. Laurent-Éric Le Lay, 2026-01-22)

_Résume la contrainte que subit la direction des sports : l'injonction budgétaire dans le cadre du redressement des finances publiques, présentée comme un fait imposé._

« je pense aux matchs du Tournoi des six nations que nous avons récemment dû sous-licencier à TF1 : croyez-moi, je ne souhaite à aucun directeur des sports d’avoir à prendre ce type de décision. »

M. Laurent-Éric Le Lay — France Télévisions (audite, audition de M. Laurent-Éric Le Lay, 2026-01-22)

_Illustre le coût concret des restrictions budgétaires par un renoncement vécu comme pénible ; établit un lien direct entre baisse des moyens et perte de diffusion en propre d'un événement patrimonial._

« En 2025, il était en baisse pour atteindre 189 millions, et ne sera que de 183 millions d’euros en 2026. »

M. Laurent-Éric Le Lay — France Télévisions (audite, audition de M. Laurent-Éric Le Lay, 2026-01-22)

_Chiffres précis de la trajectoire descendante récente du budget sport, données par l'audité en réponse au rapporteur. Contredit en partie son propre qualificatif de budget « stable »._

« Ce qui est certains, c’est que la direction des sports se bat pour préserver son catalogue, et nous y sommes parvenus alors même que les budgets diminuent d’année en année. »

Mme Céline Abisror Abbo — France Télévisions (audite, audition de M. Laurent-Éric Le Lay, 2026-01-22)

_Position défendue par la directrice déléguée aux droits : maintien du catalogue de droits malgré la contraction budgétaire. Affirmation de résultat, non chiffrée._

« Il ne faut surtout pas descendre pas au-dessous de notre budget moyen depuis dix ans, c’est-à-dire environ 200 millions d’euros. »

M. Laurent-Éric Le Lay — France Télévisions (audite, audition de M. Laurent-Éric Le Lay, 2026-01-22)

_Le directeur des sports fixe devant les parlementaires un plancher budgétaire chiffré (~200 M€) en deçà duquel il juge la mission impossible ; message direct à ceux qui votent le budget._

« Vous êtes soumis à une double injonction : d’une part, faire autant voire mieux avec moins – ce qui est impossible, chacun le comprend – et, d’autre part, rester compétitif sur un marché ouvert tout en répondant à des objectifs d’intérêt général. »

M. Aurélien Saintoul — LFI-NFP (depute, audition de M. Laurent-Éric Le Lay, 2026-01-22)

_Le député LFI qualifie la contrainte budgétaire d'« impossible » et la met en tension avec les missions d'intérêt général ; cadrage politique de défense du service public._

« On peut regretter la baisse de 30 millions d’euros du budget alloué au groupe ; je forme le vœu que le sport n’en soit pas affecté tant son rôle de ferment d’unité et de rassemblement est important. »

M. Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Laurent-Éric Le Lay, 2026-01-22)

_Le président de la commission exprime un regret personnel sur la baisse de 30 M€ du budget du groupe et un vœu de préservation du sport ; prise de position bienveillante envers France Télévisions._

« L’évolution des coûts salariaux est observée de façon très attentive depuis les vingt dernières années, au travers notamment des contrats d’objectifs et de moyens donnés à l’entreprise. »

Mme Mickaële Lantin-Mallet — CEDAET (audite, audition de M. Nicolas Bouhdjar, 2026-01-22)

_Relie la dégradation des conditions de travail aux contraintes budgétaires imposées via les COM. Déplace la cause vers le pilotage économique par l'État._

« Cependant, nous n’avons pas d’éléments nous permettant d’affirmer que la direction utiliserait ce moyen de façon délibérée pour se débarrasser d’une partie non négligeable du personnel. »

M. Nicolas Bouhdjar — CEDAET (audite, audition de M. Nicolas Bouhdjar, 2026-01-22)

_Élément clé à décharge : les experts refusent d'imputer une intention délibérée à la direction, cassant le parallèle mécanique avec France Télécom._

« Je ne parlerai pas de dysfonctionnement individuel ni véritablement de problème structurel de management. »

M. Nicolas Bouhdjar — CEDAET (audite, audition de M. Nicolas Bouhdjar, 2026-01-22)

_Réponse à la question binaire finale du rapporteur (individuel ou structurel/management) : les experts refusent les deux termes et renvoient aux orientations stratégiques et économiques._

« Il faut réaffirmer les moyens de son indépendance éditoriale, sanctuariser son financement et, pourquoi pas, mieux l’accompagner. »

M. Alexandre Kara — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Revendication sur le financement : demande de sanctuarisation, en creux réponse aux menaces budgétaires ; affirmation, non un fait établi._

« Nous sommes arrivés à un point où nous allons devoir nous demander s’il ne faut pas abandonner une partie de nos missions. »

M. Alexandre Kara — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Alerte forte sur les conséquences des économies (plan de 180 M€) : la contrainte budgétaire pourrait imposer d’abandonner des missions ; réponse à la députée EcoS._

« notre JT est 30 % plus long que celui de TF1 : 51 minutes tous les soirs, contre 39 minutes pour nos concurrents »

M. Valéry Lerouge — SDJ France TV rédaction nationale (audite, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Argument de comparaison des périmètres pour expliquer l'écart de coûts : le budget public financerait un produit éditorial plus dense que le privé._

« Je comprends, en réalité, celles et ceux qui signent aujourd’hui des tribunes et appellent à voter contre l’extrême-droite, quand celle-ci appelle à privatiser l’audiovisuel public pour rembourser le déficit du pays. »

M. Jérémie Iordanoff — EcoS (depute, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Iordanoff légitime les tribunes anti-extrême droite en liant menace de privatisation et défense de l'audiovisuel public ; expose la ligne de son groupe. Argument politique assumé._

« l’entreprise, payée par les impôts des Français, est au bord de la faillite et a déjà cumulé 81 millions d’euros de déficit depuis 2017 ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Le rapporteur cadre l'entreprise comme financièrement défaillante pour justifier la remise en cause de son organisation du travail. Chiffre de déficit avancé par lui, à sourcer._

« Comment justifiez-vous que 1 euro de budget chez France Télévisions produise bien moins de résultats que 1 euro de budget chez TF1 ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Première question du rapporteur, angle central de la commission : rendement du budget public rapporté à l'audience. Prémisse (budget FTV ~2× TF1, audiences JT inférieures) présentée par lui, contestée par les ministres comme comparaison biaisée._

« Entre 2017 et 2022, l’audiovisuel public a réalisé environ 190 millions d’euros d’économies et enregistré une baisse des effectifs d’environ 6 % ; on ne peut donc pas dire qu’aucun effort n’a été consenti. »

Rima Abdul Malak — Ancienne ministre de la Culture (2022-2024) (audite, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Élément à décharge : chiffrage des efforts de gestion déjà consentis, pour contrer l'idée d'une gestion laxiste. Chiffres avancés par l'auditionnée._

« la Cour des comptes montre que ces dotations sont passées de 2 411 à 2 616 milliards entre 2021 et 2024, soit une hausse de 205 millions. Comment pouvez-vous continuer à alimenter le fantasme d’une baisse des contributions ces dernières années, alors que tous les chiffres disponibles indiquent l’inverse ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Argument-clé et répété du rapporteur : hausse de 205 M€ des dotations 2021-2024, donc « fantasme » de la baisse. Le verbatim officiel écrit « milliards » là où le contexte suggère « millions » (incohérence d'unité du transcript). Les ministres répondent en raisonnant à euro constant._

« si l’on raisonne à euro constant et en prenant en compte l’inflation, les dotations publiques ont effectivement baissé. »

Rima Abdul Malak — Ancienne ministre de la Culture (2022-2024) (audite, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Cœur de la controverse chiffrée : la hausse en euros courants (rapporteur) contre la baisse en euros constants (ministres). Position de l'auditionnée sur la lecture des chiffres._

« Comment piloter de telles structures quand on croit recevoir 100 et qu’on finit par recevoir 95 ? »

Franck Riester — Ancien ministre de la Culture (2018-2020) (audite, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Point de convergence des quatre ministres : l'instabilité budgétaire (écart entre COM et décisions annuelles) sous tous les gouvernements, qui empêche le pilotage. Argument transpartisan._

« Le rapport de la Cour des comptes dit aussi que la dotation à France Télévisions a diminué de 161 millions d’euros entre 2018 et 2022. »

Aurélie Filippetti — Ancienne ministre de la Culture (2012-2014) (audite, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Filippetti oppose au rapporteur un autre chiffre du même rapport Cour des comptes (baisse 2018-2022), sélectionnant une autre période. Illustre la bataille de bornes temporelles entre les deux camps._

« nous n’allons pas revenir sur les chiffres de 2022. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Le rapporteur refuse la période 2018-2022 invoquée par Filippetti et recentre sur 2021-2024 (+205 M€), reprochant aux ministres de « ne retenir que les périodes qui vous arrangent ». Révèle la sélection de bornes de part et d'autre._

« Mais la dotation de l’État a bien baissé entre 2018 et 2022. Tenons-nous-en aux faits. »

Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

_Le président valide un point de Filippetti (baisse 2018-2022) tout en reconnaissant la relance 2023-2024 du rapporteur : il arbitre au milieu, contre son propre rapporteur sur ce point._

« chaque année, 50 % du budget du ministère de la culture est consacré à l’audiovisuel public, contre 4,5 % à la rénovation et à la sauvegarde du patrimoine. N’avez-vous pas l’impression qu’il y a un problème de priorité dans l’allocation des crédits de votre ministère ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_Le rapporteur construit une opposition rhétorique audiovisuel/patrimoine pour disqualifier le poids budgétaire du service public. Le président lui-même note que le patrimoine n’est pas l’objet de la commission._

« Je considère qu’il ne faut pas opposer une priorité à une autre ; ce n’est pas l’audiovisuel public contre les musées. »

Rachida Dati — Ministère de la culture (audite, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_Réponse à l’opposition budgétaire construite par le rapporteur (audiovisuel vs patrimoine/Louvre) : Dati refuse le dilemme et défend les deux comme indispensables._

« Quelques pays disposent de garanties d’ordre constitutionnel ou d’un niveau supérieur à la loi ordinaire. C’est le cas de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la Suisse. »

Mme Sandra Desmettre — IGF (audite, audition de M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

_Situe la France en retrait : d'autres démocraties protègent l'indépendance de l'audiovisuel public par un niveau normatif supérieur à la loi ordinaire._

« C’est cette entité, et non l’État, qui détient les parts des sociétés de l’audiovisuel, ce qui crée un intermédiaire de fait entre l’État et les sociétés et renforce leur indépendance vis-à-vis des autorités publiques. »

Mme Sandra Desmettre — IGF (audite, audition de M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

_Modèle suédois de la fondation-écran : une piste institutionnelle pour distancier l'État de l'audiovisuel public, contre-modèle de la tutelle directe._

« Si ce n’est pas un appel aux dons pour le comité Justice pour Adama, promu sur France TV Slash et donc financé par nos impôts, je ne sais pas ce que c’est ! »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Le rapporteur relie neutralité de l'information et financement public : il conteste la version de la direction (projet artistique) en s'appuyant sur le texte exact du post._

« il n’est pas d’à peu près 20 millions d’euros par an, mais de 13,2 millions par an, et représente 0,6 % du budget total du groupe pour les programmes. »

Mme Amandine Roussel — France Télévisions (directrice plateforme digitale et streaming Okoo-Slash) (audite, audition de M. Alexandre Dureux, 2026-03-25)

_Correction chiffrée en séance d'un montant répété par le rapporteur (~20 M€). Ramène le coût à 13,2 M€ / 0,6 % du groupe. Fait vérifiable, opposé au chiffre de l'accusation._

« Slash a tout de même généré un demi-milliard de vues en un an, il a multiplié par deux ses performances en deux ans et atteint une croissance de 50 %. »

Mme Amandine Roussel — France Télévisions (directrice plateforme digitale et streaming Okoo-Slash) (audite, audition de M. Alexandre Dureux, 2026-03-25)

_Défend le rapport coût/résultat par des chiffres d'audience. Données avancées par l'auditionnée, non vérifiées en séance._

« Nous étions à 13 millions en 2025 et à 16 millions en 2024 – peut-être que votre chiffre, monsieur le rapporteur, datait d’il y a deux ans. »

Mme Amandine Roussel — France Télévisions (directrice plateforme digitale et streaming Okoo-Slash) (audite, audition de M. Alexandre Dureux, 2026-03-25)

_Explique l'écart de chiffrage par une trajectoire budgétaire fluctuante (16 M€ en 2024, 13 M€ en 2025) et des décalages d'exercice. Nuance la stabilité affirmée._

« la part dédiée aux contenus natifs sur les réseaux sociaux et à l’ensemble des publications représente environ 8 % de notre budget de 13 millions d’euros. »

Mme Tiphaine de Raguenel — France Télévisions (directrice des publics et de la stratégie éditoriale) (audite, audition de M. Alexandre Dureux, 2026-03-25)

_Précision chiffrée qui recadre la comparaison budgétaire du rapporteur : les contenus natifs (objet des griefs) ne pèsent que ~8 % des 13 M€, le reste allant à la création. Relativise la comparaison avec des médias sociaux purs._

« dire que le service public dilapiderait l'argent du contribuable, c'est évidemment faux ! »

M. Michel Drucker — France Télévisions (présentateur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Réfutation frontale par Drucker du récit de « gabegie » ; il dit au nom du personnel « blessé » par les auditions. Opinion, opposée aux chiffres avancés par le rapporteur._

« l'audiovisuel public a 4 milliards d'euros de budget, ça serait bien si on enlevait 1 milliard et que ce milliard on le donne aux hôpitaux »

M. Patrick Sébastien — France Télévisions (ancien présentateur / producteur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Proposition d'économie relayée par Sébastien (présentée comme venant « des gens »), qu'il assume tout en la qualifiant de « primaire » voire « démagogique ». Point clivant sur le financement._

« n'avez-vous pas l'impression que le problème aujourd'hui, notamment de légitimité du service public, ce sont ces gabegies ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Question-thèse du rapporteur adressée à Drucker après une longue énumération de dépenses (Cannes, taxis, primes, voitures). Structure l'angle « bonne utilisation des fonds publics » de la commission._

« entre l'arrivée de Delphine Ernotte en 2015 et l'année 2024, la dotation a augmenté de plus de 136 millions d'euros. Factuellement, donc, les coûts ne baissent pas. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Le rapporteur conteste le récit des économies porté par Drucker et Ernotte, chiffres à l'appui, et cite l'exemple de « Vivement dimanche » (coût/minute +60 %)._

« Chacun apporte la même part de programmes et le même financement, à l'euro près, au GEIE. »

M. Bruno Patino — Arte France (audite, audition de M. Bruno Patino, 2026-04-07)

_Illustre la parité stricte franco-allemande au cœur du modèle Arte ; explique aussi pourquoi une baisse française pèse mécaniquement sur l'ensemble._

« ils n'étaient pas regardés. Nous avons un budget qui est contraint, nous devons faire des choix. »

Mme Kim Younes — TV5 Monde (audite, audition de M. Bruno Patino, 2026-04-07)

_Justification d'audience et de contrainte budgétaire pour la suppression des matinales, réinvesties dans les éditions du soir et le numérique._

« Arte a visiblement engagé 15 millions d'euros de dépenses pour déménager, mais à la même adresse. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Bruno Patino, 2026-04-07)

_Question de bonne gestion : le rapporteur présente le projet immobilier comme un déménagement coûteux et paradoxal ; Agnès Lanoë répondra en détaillant l'obsolescence des locaux et le changement d'adresse réel._

« si c’était moi, j’augmenterais le budget de la culture, j’augmenterais le budget pour le théâtre, pour la danse, pour l’opéra, pour le patrimoine, parce que c’est essentiel. »

Delphine Ernotte Cunci — France Télévisions (audite, audition de Mme Delphine Ernotte Cunci, 2026-04-08)

_Réponse « en pirouette » à l'opposition audiovisuel/patrimoine : elle refuse l'arbitrage à somme nulle proposé par le rapporteur._