Erwan Balanant et Mme Ayda Hadizadeh
Rôle dans la commission : Député membre — groupe DEM (voir avertissement ci-dessous)
Avertissement — deux personnes distinctes fusionnées dans une seule fiche.
L'intitulé de cet acteur agrège deux député·es réel·les et différent·es : Erwan Balanant (MoDem/DEM, Finistère) et Ayda Hadizadeh (Socialistes et apparentés/PS, Val-d'Oise). Le groupe « DEM » et l'étiquette du dossier renvoient à Balanant, mais la totalité des citations et des questions du dossier corpus est, sans ambiguïté, celle d'Ayda Hadizadeh (groupe socialiste) : elle s'y présente comme élue de la circonscription où est mort Samuel Paty, évoque sa fuite de la République islamique d'Iran, se réfère à son mandat d'adjointe à la culture pendant le covid, et toute la ligne politique décrite est celle du PS (« Ligne SOC »). Le nom de Balanant n'apparaît que dans le libellé fusionné (rattaché à l'audition de M. Xavier Niel). Je signale cette contradiction ; la partie « Dans la commission » ci-dessous porte donc sur Ayda Hadizadeh.
Biographie
Ayda Hadizadeh (autrice de toutes les interventions du dossier)
Née le 12 février 1982 à Téhéran (Iran), naturalisée française le 29 mars 2002. Ses parents ont fui la répression du régime de la République islamique d'Iran ; son père s'est exilé en Irak tandis qu'elle a suivi sa mère et sa sœur en France, où elle a grandi dans le Val-d'Oise.
Avant la politique, elle a travaillé à la direction générale de l'enseignement scolaire (ministère de l'Éducation nationale), puis a été déléguée générale de l'association « Les Oubliés de la République » et a dirigé la fondation Mozaïk (2021-2022). Sur le plan local, elle a été adjointe au maire de Saint-Ouen-l'Aumône chargée de la Culture du 28 mai 2020 au 26 septembre 2024 (date de sa démission) — mandat qu'elle mentionne dans la commission (« mon expérience d'adjointe à la culture pendant le covid »).
Élue députée de la 2e circonscription du Val-d'Oise le 8 juillet 2024 (législatives anticipées, sous les couleurs du Nouveau Front populaire), elle siège au groupe Socialistes et apparentés. Elle est membre de la commission des Affaires culturelles et de l'Éducation (dont elle est secrétaire), présidente du groupe d'amitié France-Iran et membre de la délégation aux Droits des enfants. Samuel Paty a été assassiné à Éragny-sur-Oise, dans le Val-d'Oise, ce qui recoupe son affirmation en commission d'être « élue de la circonscription où est mort Samuel Paty ».
Erwan Balanant (rattaché à la fiche par le seul libellé, sans intervention isolable dans le dossier)
Né le 21 février 1971 à Lorient, membre du Mouvement démocrate (MoDem), député de la 8e circonscription du Finistère depuis juin 2017 (réélu en 2022 et 2024). Formé à l'histoire contemporaine (maîtrise, université Rennes-II), au multimédia interactif (ENSCI) et à l'École du Louvre, ancien athlète de haut niveau (saut en hauteur, équipe de France espoirs), il a exercé comme photographe et réalisateur. Adhérent du MoDem depuis 2007, conseiller municipal de Quimperlé (2014), il est secrétaire général adjoint et membre du bureau exécutif du MoDem depuis 2022. Il a porté la loi contre le harcèlement scolaire (2022) et a été rapporteur de la commission d'enquête sur les violences dans les secteurs de la culture (2024-2025). Le dossier corpus ne contient aucune intervention qu'on puisse lui attribuer en propre.
Dans la commission
(Synthèse fondée uniquement sur le dossier corpus — interventions d'Ayda Hadizadeh, députée socialiste et membre du groupe qui a exercé le droit de tirage à l'origine de la commission.)
Sa ligne est constante et frontale : elle requalifie la commission elle-même en offensive politique de l'extrême droite et de la droite « extrémisée » contre l'indépendance de l'audiovisuel public, plutôt que d'en accepter le cadrage à charge. Elle dénonce une dérive vers le procès — « ce petit procès maccarthyste un peu au rabais » (M. Patrick Cohen) — et une confusion des rôles : « nous sommes de plus en plus dans un tribunal, avec des procureurs qui ne veulent pas réformer mais tuer le service public » (M. Stéphane Sitbon-Gomez), jusqu'à juger « infamant pour la représentation parlementaire » ce qui s'y joue (M. Thomas Legrand).
Contre-offensive systématique visant la concentration privée et le rapporteur. Elle retourne le soupçon de partialité vers les médias de Vincent Bolloré, décrivant l'émergence « d'une chaîne d'information continue dont le tempérament d'extrême droite est très affirmé », faisant « un parallèle entre islam, immigration et insécurité — les "trois i" » (M. Laurent Guimier), et demande « Y a-t-il encore un gendarme à la tête de l'Arcom ? » face à ce qu'elle présente comme la passivité du régulateur envers CNews (M. Martin Ajdari). Elle met directement en cause la méthode du rapporteur : « vous vous faites instrumentaliser, monsieur le rapporteur, par des groupes de pression qui veulent vous faire dire que telle ou telle personne est d'extrême gauche alors qu'elle ne l'est pas » (M. Vincent Meslet), et lui reproche un « deux poids deux mesures » (déférence envers Bolloré, hostilité envers d'autres actionnaires — M. Xavier Niel).
Défense des rédactions et des salariés. Elle défend les journalistes visés (Cohen, « Complément d'enquête », l'humoriste licencié), documente les pressions politiques et de tutelle (affaire Dati : « le mec est viré immédiatement », Mme Delphine Ernotte Cunci), s'inquiète des risques psychosociaux nourris par le climat de la commission (Mme Eléonore Duplay), relativise l'audimat comme juge de qualité (M. Laurent Delahousse) et rappelle que « le Rassemblement national est le seul parti qui écrit noir sur blanc dans son programme qu'il faut privatiser l'audiovisuel public » (M. Nagui Fam). Sa fuite d'Iran nourrit sa défense de la liberté de la presse dans les partenariats de l'audiovisuel extérieur (entrée du Maroc/Gabon au capital de TV5 Monde, Mme Rachida Dati, M. Bruno Patino).
Nuances et registres personnels. Elle n'est pas dans la complaisance totale : par rigueur factuelle, elle refuse de surqualifier certains soupçons — sur les chambres de Cannes, « ce n'est pas de l'argent public qui est utilisé pour payer ces chambres » (M. Jean-Jacques Cordival) — et porte des exigences de bonne gestion (clauses des contrats de Nagui, M. Nagui Fam ; frais de taxi, Mme Delphine Ernotte Cunci). Elle ouvre des sujets de fond absents des débats, comme l'impact de l'intelligence artificielle sur le métier de journaliste (M. Valéry Lerouge), et manie l'ironie politique : à un rapporteur qu'elle juge obsédé par « la disparition de l'homme blanc », elle retourne « Où sont les femmes à la SDJ ? » (M. Valéry Lerouge). Enfin, en tant qu'élue de la circonscription où « est mort Samuel Paty », elle met en garde contre la lecture au premier degré et le « règne des offensés » dans le débat sur l'humour du service public (Mme Laurence Bloch).
Sources
- Assemblée nationale — Mme Ayda Hadizadeh (Val-d'Oise, 2e circonscription) : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA842263
- Wikipédia (fr) — Ayda Hadizadeh : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ayda_Hadizadeh
- Wikipedia (en) — Ayda Hadizadeh : https://en.wikipedia.org/wiki/Ayda_Hadizadeh
- Site officiel — Ayda Hadizadeh, députée du Val-d'Oise : https://ayda-deputee.fr/about/
- Assemblée nationale — M. Erwan Balanant (Finistère, 8e circonscription) : https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA719558
- Wikipedia (en) — Erwan Balanant : https://en.wikipedia.org/wiki/Erwan_Balanant
- Mouvement démocrate — Erwan Balanant : https://www.mouvementdemocrate.fr/fiche/erwan-balanant-2389