La part du citoyenAudiovisuel public

Carte politique

Les Démocrates

1. Ligne du groupe

Le groupe Les Démocrates est, dans cette commission, le défenseur le plus frontal de l'audiovisuel public — au point que sa ligne se lit moins dans des questions d'information que dans une défense d'ensemble du modèle. Sur l'axe du périmètre, aucune ambiguïté : le service public est un « outil de souveraineté » intellectuelle, culturelle, informationnelle et nationale, et « s'attaquer à l'audiovisuel public revient à s'attaquer à notre modèle culturel et informationnel » (M. Rodolphe Belmer). Balanant se revendique « enfant de la radio » (Mme Adèle Van Reeth) et martèle la question qu'il présente comme la seule vraie : « à quoi sert l'audiovisuel public ? » (Mme Léa Salamé, M. Valéry Lerouge, Mme Rima Abdul-Malak, Mme Michèle Cotta).

Sur la neutralité, le groupe refuse la prémisse d'un SP partial. Il pose finement la distinction neutralité/impartialité (M. Martin Ajdari), érige la médiatrice de Radio France en modèle de transparence (Mme Sibyle Veil) et, quand des erreurs existent, les traite comme relevant de la déontologie interne, non d'un biais (Mette, Mme Sibyle Veil, M. Thomas Legrand). Sur l'indépendance, il défend les rédactions et l'Arcom contre la mise en cause de leurs nominations et de leur déport (M. Olivier Schrameck, à propos de Schrameck), et retourne le soupçon de tutelle vers l'avenir : le SP ne doit pas être « un outil au service d'un pouvoir » (Mme Léa Salamé), pique adressée au RN — « cela augure de votre comportement quand vous serez au pouvoir » (Mme Adèle Van Reeth).

Sur le financement, ligne de garantie publique : Balanant dit s'être « battu constamment pour que vos budgets ne soient pas rognés » (M. Valéry Lerouge), conteste ligne à ligne les chiffres du rapporteur sur la baisse des dotations (Mme Delphine Ernotte Cunci) et rappelle que le modèle français est moins généreux que ses voisins européens (M. Pierre-Antoine Capton). Sur la création, soutien sans réserve à la production et aux producteurs — défense appuyée de Mediawan/Capton, « merci d'être là » (M. Pierre-Antoine Capton) — dont l'écroulement « signerait la disparition de la production audiovisuelle française » (M. Stéphane Sitbon-Gomez) ; aucune dénonciation de rente, au contraire.

Qui est mis en cause : massivement le rapporteur (Alloncle, RN) et, derrière lui, « l'extrême droite » et la concentration privée (Mme Rima Abdul-Malak, M. Quentin Bataillon), plus les médias Bolloré (M. Valéry Lerouge). L'ennemi désigné reste les Gafam/plateformes — « pillage », « concurrence déloyale », responsabilité éditoriale à créer, droits voisins (M. Rodolphe Belmer, M. Xavier Niel, Mme Delphine Ernotte Cunci). Jamais les dirigeants de France Télévisions ou Radio France, ni le gouvernement.

2. Stratégie de questionnement

Le groupe ne cherche pas d'abord à s'informer : il défend, disculpe et fait valider sa propre thèse. Trois patterns de sous-texte reviennent.

Sous-texte dominant : recadrer toute la commission en affrontement à deux camps — « vision républicaine » de l'information régulée contre « idéologie » d'extrême droite et concentration (M. Quentin Bataillon) — et disqualifier la ligne du rapporteur (salaires d'Ernotte, audiences) comme hors-sujet et « lassante » (Mme Rima Abdul-Malak).

3. Députés clés