Domaine : Commande publique · Sujet : commande-publique-levier
Couverture : 58 citations · 14 positions · 20 auditions
_Slugs bruts fusionnés : commande-publique-numerique, commande-publique-levier, commande-publique-souverainete, commande-publique-exemplarite, commande-publique-qualite-service, commande-publique-flechage_
Positions exprimées
- (table ronde) (des fournisseurs de cloud .) : L'État doit être exemplaire et s'engager sur des volumes en milliards (pas en millions) pour créer la masse critique, comme les USA l'ont fait pour leurs hyperscalers ; l'aide doit être fléchée sur quelques champions. _(tranchant 5)_
- M. Dominique Luzeaux (M. Dominique Luzeaux) : La commande publique est un instrument de puissance ; il faut créer une « exception numérique » dérogeant à la mise en concurrence en cas de danger pour la continuité de l'État, encadrée par une doctrine d'emploi explicite, sans contourner le droit. _(tranchant 4)_
- M. Yann Lechelle (M. Yann Lechelle) : La commande publique doit être exemplaire : segmenter les achats, débundler les offres appel d'offres par appel d'offres, acheter des commodités (serveurs, VM) à des acteurs locaux souvent moins chers (Scaleway, OVH). Il n'y a aucune raison de consommer AWS par défaut. _(tranchant 4)_
- (table ronde) (Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques) : Réformer les marchés publics pour intégrer un critère de souveraineté (au-delà du seul prix), s'inspirer du Buy American Act, favoriser l'open source et socialiser les bénéfices des investissements publics. _(tranchant 4)_
- M. Michel Paulin (M. Michel Paulin) : Le levier décisif est la commande : flécher seulement 5 % des achats publics et privés vers la filière (de 83 % à 78 % de part américaine) suffirait à générer 3 Md€ de croissance, 5 000 emplois et 1 Md€ de recettes fiscales, sans révolution. Il faut commander à l'industrie et subventionner l'innovation. _(tranchant 4)_
- MM. Antoine Duboscq (M. Antoine Duboscq) : L'obstacle n'est plus l'offre mais l'achat public : l'État doit flécher volontairement une part substantielle de ses commandes vers la filière nationale, appliquer pleinement la doctrine « cloud au centre » et utiliser les clauses stratégiques existantes sans attendre le Buy European Act. _(tranchant 4)_
- Mme Catherine Mayenobe (Mme Catherine Mayenobe) : La commande publique (20 % du marche) n'est qu'un levier : il faut viser les 80 % que representent les entreprises via l'IRN. La sphere publique doit neanmoins etre exemplaire et aligner ce qu'elle finance et ce qu'elle achete. _(tranchant 3)_
- Mme Stéphanie Schaer (Mme Stéphanie Schaer) : La circulaire du 5 février 2026 fixe des équilibres interministériels qu'il ne faut pas rouvrir ; bien appliquée, elle suffit et donne déjà aux acheteurs de nouveaux leviers de souveraineté, sans qu'un renforcement législatif supplémentaire soit nécessaire. _(tranchant 3)_
- Mme Marie-Laure Denis (Mme Marie-Laure Denis) : La puissance publique doit être exemplaire (doctrine du cloud au centre, article 31 de la loi Sren) et étendre cette exigence aux outils du quotidien, y compris à l'éducation nationale. _(tranchant 3)_
- M. Henri d’Agrain (M. Henri d’Agrain) : La commande publique est un levier industriel décisif (FedRamp, contrat AWS de 600 M$) mais l’État français ne pèse que 4-5 % ; il faut la massifier, ce qu’empêche l’autonomie de gestion des collectivités. _(tranchant 3)_
- M. Tomasz Blanc (M. Tomasz Blanc) : Le code de la commande publique, conçu contre la corruption et pour l'efficacité de la dépense et non pour la souveraineté, est mal adapté à l'achat de logiciel sur étagère ; d'où le recours privilégié à la prestation de services française et l'exigence de réversibilité, de normes d'ouverture et de forte pondération technique. _(tranchant 3)_
- M. Henri Verdier (M. Henri Verdier) : L'impact de la commande publique est réel mais surestimé au vu de l'écart de moyens avec les États-Unis ; il faut une commande publique plus stratégique, ouverte à l'innovation et aux start-up. _(tranchant 2)_
- Mme Maya Noël (Mme Maya Noël) : L'Europe doit assumer une politique industrielle volontariste et fermer/orienter sa commande publique, à l'image des Buy American Act et Chips Act ; France 2030 n'est ni suffisant, ni dimensionné, ni coordonné. _(tranchant 2)_
- M. Cédric O (M. Cédric O) : Il faut réserver une part de la commande publique aux acteurs européens et imposer, au moins dans les domaines régaliens (santé, défense), une part d'achats auprès de start-up européennes, en faisant évoluer les limitations légales. _(tranchant 2)_
Citations (verbatim, sourcées)
« Ce service, réservé aux fonctionnaires, coûte aujourd'hui 11 centimes par an et par agent public. »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Preuve chiffrée qu'une alternative publique en logiciel libre (Tchap) peut coûter un ordre de grandeur de moins qu'une offre de marché (20 €/agent)._
« Ces 4 milliards représentent une somme relativement modeste : elle équivaut à environ la moitié de ce que la BNP consacre à l'informatique, sachant que cette banque est réputée pour être l'un des établissements les plus dépensiers dans ce domaine. »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Chiffre de comparaison saisissant qui étaye sa thèse d'un État sous-investisseur dans le numérique._
« lorsqu'une organisation ne sait plus produire elle-même, elle ne sait plus acheter. »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Thèse centrale sur la perte de compétence interne de l'État : sans capacité de production, l'achat public devient captif et surfacturé._
« J'ai vu des projets dans lesquels l'État avait successivement acheté les spécifications, puis le cahier des charges, puis l'assistance à la sélection du fournisseur, puis la prestation elle-même, et enfin les tests de recette. L'État n'avait strictement rien produit lui-même. »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Illustration frappante de l'externalisation totale de la chaîne de production numérique de l'État._
« un test de migration, permettant de vérifier que nous pouvions quitter la solution retenue en quinze jours. »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Réflexe concret de réversibilité qu'il érige en exemple de la culture des degrés de liberté à généraliser dans l'achat public._
« les personnes qui ont choisi l'unique solution référencée par l'Ugap ont agi ainsi pour gagner du temps et éviter la lourdeur des procédures de marché public »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Explique le choix Microsoft du Health Data Hub par la lourdeur de l'achat public plutôt que par un choix stratégique assumé._
« L’objectif n’est nullement de contourner le droit, mais de prévoir une forme d’exception numérique en tant que de besoin. »
— M. Dominique Luzeaux — Otan (ACT) / ancien Agence du numérique de défense (audite, audition de M. Dominique Luzeaux, 2026-03-18)
_Proposition législative concrète : une dérogation encadrée à la mise en concurrence, transposable en recommandation de la commission._
« Peut-être faut-il également être plus coercitif pour favoriser l’utilisation desdites solutions. »
— M. Dominique Luzeaux — Otan (ACT) / ancien Agence du numérique de défense (audite, audition de M. Dominique Luzeaux, 2026-03-18)
_Constat que le cadre actuel ne permet pas de préférer un cloud souverain ; appel à une contrainte réglementaire assumée._
« Il est courant de dire qu’aucun directeur des systèmes d’information ne sera renvoyé pour avoir acheté Microsoft 365. »
— Catherine Mayenobe — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)
_Formule frappante resumant l'inertie qui protege les solutions dominantes americaines : le choix souverain exige du courage et des consignes du plus haut niveau._
« Si nous finançons des entreprises comme Mistral AI ou Dataiku, nous devons essayer d’acquérir leurs solutions dans le cadre de la commande publique. »
— Catherine Mayenobe — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)
_Enonce le principe de coherence financeur/consommateur au coeur de la doctrine d'achat de la CDC._
« environ 70 % des solutions référencées répondent à nos critères d’autonomie stratégique et de souveraineté »
— Catherine Mayenobe — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)
_Preuve operationnelle qu'un appel d'offres exigeant peut aboutir a une majorite de solutions souveraines._
« Au sein du Cigref, nous assumons une « préférence européenne » au nom de la résilience numérique des entreprises. »
— Patrick Laurens-Frings — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)
_Revendique une preference europeenne assumee comme strategie de place, via le Cigref et le comite strategique de filiere._
« Capgemini a réalisé en 2025 un chiffre d’affaires de 588 millions d’euros avec le secteur public, ce qui représente 14 % de son chiffre d’affaires total en France »
— M. Aiman Ezzat — Capgemini (audite, audition de M. Aiman Ezzat, 2026-03-26)
_Quantifie l'exposition de Capgemini à la commande publique française, argent public au cœur des questions sur la qualité de service._
« la souveraineté numérique que nous appelons de nos vœux est proche de zéro en volume d'achats. Le sujet est donc fondamentalement économique. »
— M. Yann Lechelle — probabl.ai / Eurostack (audite, audition de M. Yann Lechelle, 2026-03-26)
_Recadrage central : la souveraineté ne se mesure pas en discours mais en volume d'achats effectifs, aujourd'hui quasi nul._
« les États‑Unis ont mis en place dès 1969 un protectionnisme intelligent à travers ce Small Business Act , qui a permis de rediriger les flux publics vers des acteurs locaux devenus ensuite des entreprises majeures. »
— M. Yann Lechelle — probabl.ai / Eurostack (audite, audition de M. Yann Lechelle, 2026-03-26)
_Modèle historique proposé comme inspiration : un protectionnisme par la commande, pas la subvention._
« On pourrait, par exemple, exiger que le sous‑jacent soit open-source . Cela permettrait d'assurer la réversibilité, de maîtriser le code source et la technologie sous‑jacente, quel que soit le fournisseur. »
— M. Yann Lechelle — probabl.ai / Eurostack (audite, audition de M. Yann Lechelle, 2026-03-26)
_Levier concret et actionnable : imposer l'open-source comme sous-jacent des marchés publics pour garantir la réversibilité._
« La réglementation ne modifie pas les marchés ; ce sont les opérateurs qui le font. Il est temps que les entrepreneurs reprennent ce pouvoir, sans attendre que l'État ou le régulateur décide pour les trente prochaines années. »
— Mme Cristina Caffarra — Eurostack (audite, audition de M. Yann Lechelle, 2026-03-26)
_Position doctrinale : le changement viendra des opérateurs et de la demande, pas du régulateur._
« AWS, plateforme de cloud leader, réalise 80 % de son chiffre d'affaires sur un seul produit, les machines virtuelles. Ce produit existe en France ; c'est une commodité. »
— M. Yann Lechelle — probabl.ai / Eurostack (audite, audition de M. Yann Lechelle, 2026-03-26)
_Argument le plus actionnable : le cœur du business d'AWS est une commodité substituable localement dès aujourd'hui._
« Imaginons que nous soyons aux États‑Unis et que nous réalisions soudainement que 90 % de notre technologie appartient aux Européens. Que feraient‑ils ? Ils retrousseraient leurs manches et agiraient. »
— Mme Cristina Caffarra — Eurostack (audite, audition de M. Yann Lechelle, 2026-03-26)
_Expérience de pensée qui retourne la perspective pour dénoncer le défaitisme européen._
« Percevez-vous une volonté de Bruxelles de progresser vers un rééquilibrage, à travers la commande publique et la commande privée, par exemple à travers un « Buy European Act » ? »
— M. Philippe Latombe (president, audition de M. Yann Lechelle, 2026-03-26)
_Question d'ouverture du président, qui met sur la table l'idée d'un « Buy European Act »._
« En termes de valeur nette, nous sommes plutôt clients : nous leur donnons de l’argent tout en acceptant que leurs infrastructures puisent dans les ressources de nos territoires, que ce soit l’énergie ou l’eau. »
— Ophélie Coelho — Iris / CIS-CNRS (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques, 2026-04-02)
_Renverse l'argument économique : les centres de données créent surtout de la valeur captée ailleurs._
« On peut notamment s’interroger sur la manière de réformer les marchés publics pour que le prix ne soit plus le seul critère de choix, mais pour y intégrer également un critère de souveraineté afin de renforcer nos capacités et de socialiser davantage les bénéfices. »
— Alexandra Lutz — Data for Good (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques, 2026-04-02)
_Levier réglementaire concret : sortir du tout-prix dans la commande publique._
« Nous avons l’exemple du Buy American Act et nous pourrions nous en inspirer au niveau européen. »
— Alexandra Lutz — Data for Good (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques, 2026-04-02)
_Référence à un précédent américain pour légitimer un préférence européenne dans les marchés publics._
« si 5 % de la commande publique et privée des grandes entreprises étaient réorientés, cela représenterait 15 % de croissance pour la filière, soit 3 milliards d’euros de plus. »
— Michel Paulin — CSF Solutions numériques de confiance / Conseil national de l'industrie (audite, audition de M. Michel Paulin, 2026-04-07)
_Chiffrage central de la thèse : un fléchage marginal (5 %) suffit à transformer la filière, ce qui rend l'inaction politiquement injustifiable._
« On le voit aux États-Unis, où des réglementations comme le Buy American Act ou le Small Business Act imposent à beaucoup d’entreprises privées de privilégier la commande américaine au service de l’industrie américaine. »
— Michel Paulin — CSF Solutions numériques de confiance / Conseil national de l'industrie (audite, audition de M. Michel Paulin, 2026-04-07)
_Justifie l'idée d'un Buy European Act par l'existence d'un protectionnisme d'achat déjà généralisé chez les partenaires._
« L’État doit être exemplaire pour lui-même. Malheureusement, il ne l’est pas. »
— Michel Paulin — CSF Solutions numériques de confiance / Conseil national de l'industrie (audite, audition de M. Michel Paulin, 2026-04-07)
_Verdict condensé sur le manque d'exemplarité de l'État en matière de commande publique souveraine._
« j’ai l’impression que la concurrence actuelle entre un opérateur d’État et des opérateurs privés nous fait nous battre dans les divisions inférieures, pendant que d’autres acteurs jouent en Ligue des champions »
— Cyrielle Chatelain — EcoS (rapporteur, audition de M. Michel Paulin, 2026-04-07)
_La rapporteure retourne la métaphore footballistique pour minimiser la querelle Dinum-filière et recentrer sur les grandes masses (4 Md€ État, 285 Md€ marché)._
« La question est de savoir sur quelle base juridique je peux décider du jour au lendemain d’interdire à mes distributeurs d’utiliser telle ou telle solution. »
— Edward Jossa — Ugap (audite, audition de des acheteurs publics, 2026-04-09)
_Coeur du probleme : les centrales peuvent fournir des alternatives mais ne peuvent pas exclure une solution etrangere sans fondement juridique — la commande publique ne permet pas de discriminer par l'origine._
« nous vendons des solutions souveraines à hauteur de 723 millions d’euros, soit 55,5 % des ventes totales de logiciels de l’Ugap – Microsoft et Oracle compris. Nous vendons du souverain, mais nous avons une croissance constante et régulière des ventes de logiciels non souverains. »
— Edward Jossa — Ugap (audite, audition de des acheteurs publics, 2026-04-09)
_Donnee chiffree nuancee : la majorite des ventes de logiciels est dite souveraine, mais le non-souverain continue de croitre — la bascule n'est pas acquise._
« Sept acteurs ont obtenu la qualification SecNumCloud et 99% de la commande publique de l’État est orientée vers des acteurs européens, essentiellement français. »
— Mme Stéphanie Schaer — Dinum (audite, audition de Mme Stéphanie Schaer, 2026-04-14)
_Chiffre de réussite avancé par la Dinum : quasi-totalité de la commande cloud centrale vers des acteurs français._
« La Business Software Alliance, qui rassemble Google, Microsoft et Amazon, a peu apprécié, par exemple, les nouvelles orientations définies par les autorités françaises, ce dont on ne peut que se réjouir. »
— Mme Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de Mme Stéphanie Schaer, 2026-04-14)
_La rapporteure assume une ligne offensive : la contrariété des GAFAM face à la politique française est un signe de succès._
« On a dit que la Dinum devenait un éditeur de logiciels. Ce n’est pas notre positionnement »
— Mme Stéphanie Schaer — Dinum (audite, audition de Mme Stéphanie Schaer, 2026-04-14)
_Réponse aux critiques du privé (concurrence déloyale) : la Dinum se défend d'être éditeur et se dit opératrice de briques open source._
« Le taux d’ouverture des marchés publics américains aux acteurs étrangers est de l’ordre de 30 %, tandis que celui des marchés européens est de 80 %. »
— Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)
_Renverse l'idée reçue : les États-Unis protègent leur commande publique bien plus que l'Europe._
« Le morcellement actuel est mortel, car si nous avons besoin d'aide, il faut le faire de façon significative et non dispersée. »
— Philippe Miltin — Outscale Dassault Systèmes (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Plaide pour un fléchage de l'aide publique vers quelques champions plutôt qu'un saupoudrage._
« Aujourd'hui, la commande européenne se chiffre en millions ou en dizaines de millions, pas en milliards. D'ailleurs, en Europe, il n'existe pas de contrats de plusieurs dizaines ou centaines de millions d'euros ; ce sont des ruisseaux d'affaires de 100 000 euros à un million par an. »
— Octave Klaba — OVHcloud (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Chiffre le déficit d'échelle de la commande publique européenne face aux contrats US en dizaines de milliards._
« vous avez environ 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel qui partent chez AWS, Azure et Google, et très peu chez les acteurs européens. »
— Octave Klaba — OVHcloud (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Estime la manne de la commande publique européenne qui échappe aux acteurs du continent._
« un euro dépensé chez Scaleway, c'est 68 centimes qui restent en Europe ; un euro dépensé chez les hyperscalers , c'est moins de 20 centimes. »
— Damien Lucas — Scaleway (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Argument de retombées économiques locales en faveur du cloud européen._
« Le problème n'est pas celui de l'offre, qui existe, et nous en sommes la preuve, mais celui des achats de l'État, qui se montre particulièrement frileux. »
— Alain Garnier — Jamespot / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)
_Thèse centrale du collectif : le blocage n'est pas industriel mais du côté de l'acheteur public._
« Le rôle de l'État, tel que nous le concevons, est clair : il doit être architecte, régulateur et accélérateur, en utilisant la commande publique comme levier, y compris en faveur des PME. »
— Alain Garnier — Jamespot / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)
_Définition normative du rôle de l'État défendue par la filière._
« Pour cela, il faut aménager des zones protégées où la filière pourra reprendre des forces. »
— Alain Garnier — Jamespot / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)
_Propose explicitement des zones protégées comme condition de rattrapage, sur le modèle allemand._
« Lorsque la France a décidé de se doter d'une aviation de chasse dans les années 1950, elle n'a pas commencé par acheter massivement des avions américains »
— Antoine Duboscq — Wimi / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)
_Analogie historique justifiant un soutien volontariste de l'État à une filière initialement en retard._
« Soit on adopte une politique de bannissement total, comme l'ont fait les Chinois, qui ont décrété que tout le numérique gouvernemental devait être chinois en cinq ans. »
— Antoine Duboscq — Wimi / collectif #Fab8 (audite, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)
_Pose l'alternative entre bannissement à la chinoise (écarté) et politique de rééquilibrage._
« Il me semble que la nation ne peut justement pas se réduire à une somme d'intérêts privés, individuels, qu'ils soient entrepreneuriaux ou économiques. »
— Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de M. Antoine Duboscq, 2026-04-29)
_Contre-argument politique de fond : distinguer intérêt général de la nation et intérêts privés de la filière._
« Sans être explicitement présenté comme tel, ce dispositif produit un effet d’éviction massif à l’encontre des acteurs non américains dès lors que des enjeux de sécurité sont en jeu. »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Montre que le FedRamp fonctionne comme un protectionnisme de fait via la certification de sécurité._
« Avant l’attribution d’un contrat fédéral majeur de 600 millions de dollars au début des années 2010, AWS était un acteur parmi d’autres. »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Cas d’école de la commande publique comme accélérateur industriel, argument pour massifier l’achat public européen._
« l’autonomie de gestion des collectivités territoriales empêche aujourd’hui d’activer pleinement ce levier à l’échelle nationale et européenne, tant pour le cloud que pour le logiciel »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Identifie un obstacle institutionnel précis à la massification de la commande publique numérique._
« force est de constater qu’elle a été conçue pour prévenir les risques de corruption et garantir l’efficacité de la dépense, plutôt que pour répondre aux enjeux de souveraineté. »
— M. Tomasz Blanc — DGFIP (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Diagnostic de fond : la commande publique n'est pas outillée pour la souveraineté, angle mort législatif._
« nous avons la chance de pouvoir compter en France sur des entreprises d’un très haut niveau, qui n’ont rien à envier à leurs concurrents américains. »
— M. le général de corps d’armée Marc Boget — Anfsi (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Affirmation de confiance dans la filière française comme alternative crédible aux prestataires américains._
« nous portons au niveau européen l’idée d’une préférence européenne, un levier juridique qui permettrait de prioriser l’offre continentale dans l’attribution des financements et de la commande publique. »
— Thomas Courbe — DGE (direction générale des entreprises) (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Affirme l'ambition d'une préférence européenne comme outil juridique dans la commande publique._
« Quant aux clients certifiés SecNumCloud, ils représentent moins de 5 % de notre chiffre d'affaires en France. »
— M. Fabrice Coquio — Digital Realty (audite, audition de M. Fabrice Coquio, 2026-05-12)
_Mesure la faiblesse de la part souveraine certifiée dans l'activité d'un opérateur pourtant leader en France._
« Je tiens également à préciser que Microsoft n’a jamais divulgué de données d’un client du secteur public français à des autorités étrangères, y compris américaines. »
— Corine de Bilbao — Microsoft France (audite, audition de des représentants en France des Gafam, 2026-05-13)
_Affirmation forte destinée à rassurer sur le secteur public, qui sera nuancée plus tard par l’aveu d’un cas privé transmis._
« Aujourd’hui, le cloud ne représente que 20 % de l’informatique des organisations publiques et privées. »
— Julien Lépine — AWS (audite, audition de des représentants en France des Gafam, 2026-05-13)
_Argument de marché : le cloud a une immense marge de croissance, ce qui justifie d’en encourager l’adoption plutôt que de le contraindre._
« Nous vivons dans un monde où le gouvernement américain pourrait choisir demain d’éteindre la lumière. Il est donc impératif de réduire notre dépendance. »
— M. Cédric O (audite, audition de M. Cédric O, 2026-05-13)
_Formule le risque extraterritorial de coupure et le lie à un durcissement des achats publics régaliens._
« Il en ressort que douze des quinze domaines les plus critiques sont liés au numérique. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Quantifie la concentration du risque de dépendance dans le numérique parmi les achats critiques de l'État._
« Visio, notre outil de visioconférence 100 % souverain, est désormais déployé auprès de plus de 200 000 agents publics et deviendra l'unique solution autorisée d'ici à 2027. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Exemple concret de substitution souveraine à échéance datée, avec interdiction de Teams et Zoom._
« l'Ugap (Union des groupements d'achats publics) mettra fin aux ventes de logiciels Oracle sur son marché dédié, hors renouvellement. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Signal politique fort de rupture avec un fournisseur américain historique dans la commande publique._
« Ces 4,2 milliards d'euros correspondent tout simplement aux dépenses numériques de l'État, hors opérateurs, en 2025. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Fixe le périmètre financier de référence de la commande publique numérique de l'État._
« La souveraineté et la sécurité françaises dépendent exclusivement de notre capacité à nous appuyer sur des entreprises françaises et des produits français. »
— Mme Sophie-Laurence Roy — RN (depute, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Formule qui condense la ligne souverainiste-nationale du RN : la sécurité passe par le tout-français, pas par l'européen._