La part du citoyenAudiovisuel public
Le dossier · un livre citoyen

Qui décide de ton audiovisuel public ?

Un livre en huit chapitres, tiré des 62 auditions de la commission d'enquête. On ne te dira pas si le service public penche à gauche ou si tel dirigeant a fauté : on te montre, chapitre après chapitre, qui décide de ta télé et de ta radio publiques, qui les paie — et on te laisse juge.

Chaque phrase est vérifiable en un clic. Lis-le dans l'ordre, ou entre par le chapitre qui t'intrigue.

Le dossier · Chapitre 2

Chapitre 2 · 3 / 8

Qui paie ton service public, maintenant que la redevance a disparu ?

Souviens-toi : jusqu'en 2022, tu payais 138 € par an de redevance télé, prélevés en même temps que ta taxe d'habitation. Cette ligne a disparu de ton avis d'imposition. Mais France Télévisions, Radio France, Arte, l'INA existent toujours et coûtent toujours de l'argent — le tien. Alors la question toute bête, celle que personne ne t'a vraiment expliquée : par quel tuyau l'argent arrive-t-il, maintenant, et est-ce que ça change quelque chose pour l'indépendance de ce que tu regardes ?

Une chose honnête d'abord, la même que pour tout ce dossier : cette commission d'enquête a été créée par un groupe (l'UDR) qui avait déjà sa thèse sur l'audiovisuel public. Ce n'est pas illégitime, mais ce ne sont pas les tables de la loi. Le meilleur poste d'observation, une fois de plus, ce n'est pas la gauche qui a voté contre — c'est la présidence de la commission, qui n'a pas voté contre et qui a pourtant recadré le rapporteur en public sur ce sujet précis.

Voici les quatre personnages que tu vas suivre.

(rapporteur de la commission (UDR) — il soutient que le budget n'a pas baissé et que le vrai problème est la gestion, pas le sous-financement)

(présidente de France Télévisions — elle défend l'inverse : un modèle à bout de souffle, étranglé par des moyens qui reculent une fois l'inflation retirée)

(président de la commission (Horizons), face au rapporteur (UDR) — il arbitre au milieu et pointe la responsabilité de l'État actionnaire)

(industriel, audité — il porte la thèse la plus tranchée : un service public « sans argent public »)

Le mécanisme : qui décide de ton budget, maintenant

Commençons par le tuyau, parce que tout le débat en découle. La redevance — son vrai nom, c'était la contribution à l'audiovisuel public (CAP) — était un impôt fléché : tu le payais si tu avais une télé, et il partait directement à l'audiovisuel public, sans passer par le pot commun de l'État. Une ancienne ministre de la Culture, Aurélie Filippetti, la résume comme ça :

« Ce prix était celui de l'indépendance, de la liberté, de la défense de la création française et d'emplois en France, de la proximité et des missions de service public – éducation, culture, diversité, et ainsi de suite. Oui, tout cela a un prix ; c'était celui de la redevance, 138 euros par an. »

Aurélie Filippetti (ancienne ministre de la Culture, Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

En 2022, cette redevance est supprimée. Là-dessus, pas de dispute : Établi. La ministre qui a porté la réforme, Rima Abdul Malak, l'assume et explique pourquoi — l'impôt était bâti sur un objet, le poste de télé, que plus grand monde ne regarde comme avant :

« Je ne regrette pas la suppression de la redevance : elle était assise sur la possession d'un poste de télévision alors que les usages et les modes de visionnage des contenus produits par l'audiovisuel public ont profondément évolué. »

Rima Abdul Malak (ancienne ministre de la Culture, Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

À la place, depuis 2023, l'audiovisuel public reçoit une fraction de la TVA — un bout de la TVA que tu paies déjà sur tes achats. Voici l'image qui compte : avant, ton service public touchait un salaire fixe fléché ; maintenant, il touche une part d'un impôt général que le Parlement lui réattribue dans le budget voté chaque année. C'est le cœur de tout. Un syndicaliste de la CGT le dit crûment — en y ajoutant sa lecture, « à la baisse », sur laquelle on reviendra :

« la suppression, en 2022, de la redevance, qui a été remplacée par une fraction du produit de la TVA dont le montant est rediscuté à la baisse chaque année. »

Mme Eléonore Duplay (CGT, Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

Ce que tu retiens, sans étiquette militante : le montant se revote tous les ans — ça, c'est Établi. Que ce soit « à la baisse » ou « à la hausse », c'est justement la bagarre du chapitre suivant. Deux nuances importantes, pourtant, coupent court aux caricatures. D'un côté, ce nouveau système n'est pas sans garde-fou : la ressource reste « affectée », ce qui protège d'un certain type de coup de rabot. C'est la tutelle elle-même (la direction des médias au ministère) qui l'explique :

« Son principal avantage consiste à protéger les entreprises des régulations budgétaires en cours d'année. »

Florence Philbert (DGMIC, ministère de la Culture, Mme Florence Philbert, 2026-03-25)

De l'autre, le niveau, lui, dépend de l'arbitrage annuel — donc du rapport de force politique de l'année. Un syndicaliste UNSA formule le risque que ça fait courir :

« La suppression de la contribution à l'audiovisuel public a placé le groupe dans une situation de dépendance à l'égard des arbitrages budgétaires annuels, ce qui empêche toute vision de long terme. »

M. Aldo Fogacci (UNSA, Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

Est-ce que ce risque est un fantasme de syndicat ? Non — et c'est un point que le narrateur peut trancher, parce qu'il ne relève pas de l'idéologie mais du droit. Quand la réforme a été préparée en 2022, les inspecteurs de l'IGF et de l'IGAC avaient reçu une commande précise. Guy Amsellem (IGAC) rappelle les trois principes imposés :

« La lettre de mission indiquait que la réforme de la CAP devait respecter trois principes : une ressource pérenne et dynamique, équivalente à celle de la CAP ; une compatibilité avec la garantie d'indépendance de l'audiovisuel public ; et l'exigence de prévisibilité de ses moyens. »

M. Guy Amsellem (IGAC, M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

Et ces inspecteurs ont posé une alerte noir sur blanc : remplacer la redevance par une simple ligne du budget de l'État, sans garanties, ce n'était pas anodin juridiquement. Maroussia Perehinec (IGF) :

« Nous avions identifié un risque non nul de censure par le Conseil constitutionnel si la CAP avait été remplacée par une budgétisation sèche, c'est-à-dire sans garanties procédurales concernant les trois piliers de l'indépendance financière : l'adéquation des ressources aux missions, la prévisibilité des ressources et l'absence de gel de crédits infra-annuel. »

Mme Maroussia Perehinec (IGF, M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

Pourquoi le Conseil constitutionnel entrerait-il dans une histoire de budget télé ? Parce qu'il a explicitement lié les deux — l'argent et l'indépendance. Sa décision du 12 décembre 2022, citée par une inspectrice des finances :

« la garantie des ressources du secteur de l'audiovisuel public constitue un élément de son indépendance, laquelle concourt à la mise en œuvre de la liberté de communication »

Mme Sandra Desmettre (IGF, M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

Voilà le mécanisme, tranché : Établi — depuis 2023, ton service public est financé par une fraction de TVA dont le niveau est fixé chaque année par le Parlement ; le Conseil constitutionnel a jugé que la garantie de ces ressources fait partie de son indépendance. Ce qui reste ouvert, c'est de savoir si ce système protège assez. Un ancien député, Jean-Jacques Gaultier, en donne l'image la plus parlante :

« on le percevrait non plus comme un média public mais comme un média d'État, car la main qui donne est toujours au-dessus de celle qui reçoit. »

M. Jean-Jacques Gaultier (ancien député, M. Quentin Bataillon, 2026-02-04)

Monté ou baissé ? la bataille de chiffres

C'est ici que la commission s'enflamme, et c'est un des rares endroits du dossier où un fait précis change de signe selon la manière dont on le compte. Le rapporteur pose son chiffre, net :

« entre l'arrivée de Delphine Ernotte en 2015 et l'année 2024, la dotation a augmenté de plus de 136 millions d'euros. Factuellement, donc, les coûts ne baissent pas. »

M. Charles Alloncle (rapporteur, UDR, M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

La présidente de France Télévisions répond avec un chiffre de sens inverse — et presque du même ordre de grandeur, ce qui doit t'alerter :

« France Télévisions coûte aujourd'hui 600 millions d'euros de moins aux Français qu'il y a dix ans. »

Delphine Ernotte-Cunci (France Télévisions, Mme Delphine Ernotte Cunci, 2026-04-08)

Comment +136 et −600 peuvent-ils décrire la même entreprise ? Parce qu'on ne mesure pas la même chose. Deux désaccords, en réalité, s'emboîtent. Le premier, c'est euros courants contre euros constants : le rapporteur compte les euros tels quels ; les dirigeants et plusieurs ministres retirent l'inflation, et une même somme « pèse » alors beaucoup moins qu'il y a dix ans. Rima Abdul Malak, qui a été ministre, le pose simplement :

« si l'on raisonne à euro constant et en prenant en compte l'inflation, les dotations publiques ont effectivement baissé. »

Rima Abdul Malak (ancienne ministre de la Culture, Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

Le second désaccord est plus technique mais décisif : de quel « budget » parle-t-on ? La présidente accuse le rapporteur d'additionner la dotation publique et les recettes de pub (gonflées, en 2024, par les Jeux olympiques) pour fabriquer une hausse « payée par les Français ». D'où cette réplique, sèche :

« Je crois que vous ne comprenez pas la différence entre la dotation publique et le chiffre d'affaires de France Télévisions. »

Delphine Ernotte-Cunci (France Télévisions, Mme Delphine Ernotte Cunci, 2026-04-08)

Qui a raison ? Le narrateur ne tranche pas le fond — parce que les deux camps mesurent des choses différentes, et qu'aucun n'a menti sur ses chiffres. Le statut honnête est donc : Disputé. Mais il y a un juge inattendu dans la salle, du camp même du rapporteur : le président de la commission. Sur ce point précis, il donne raison à l'opposition, tout en reconnaissant la remontée récente qu'invoque son rapporteur :

« Mais la dotation de l'État a bien baissé entre 2018 et 2022. Tenons-nous-en aux faits. »

M. Jérémie Patrier-Leitus (président, HOR, Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

Et au-dessus de la querelle « monté/baissé », un constat, lui, met tout le monde d'accord — les quatre anciens ministres de la Culture auditionnés, de droite comme de gauche : le vrai problème n'est peut-être pas le niveau, mais l'instabilité. Franck Riester, ancien ministre, le résume d'une phrase que tout gestionnaire comprendra :

« Comment piloter de telles structures quand on croit recevoir 100 et qu'on finit par recevoir 95 ? »

Franck Riester (ancien ministre de la Culture, Mme Rima Abdul-Malak, 2026-02-04)

Le président de la commission dit la même chose, à sa façon, en renvoyant la responsabilité vers l'État actionnaire plutôt que vers la seule direction :

« Aucune entreprise privée ne pourrait être pilotée avec des budgets aussi fluctuants ! »

M. Jérémie Patrier-Leitus (président, HOR, M. Christian Vion, 2026-02-12)

« Quasi-faillite » : le mot n'est pas dans le rapport

Le rapporteur emploie une expression qui frappe fort. France Télévisions serait au bord du gouffre :

« on s'aperçoit que le groupe public est en situation de quasi-faillite ou de quasi-dissolution, selon les termes du code de commerce. Les capitaux propres sont inférieurs à la moitié du capital social, la trésorerie est quasiment nulle, et le déficit cumulé des dernières années atteint presque 200 millions d'euros. »

M. Charles Alloncle (rapporteur, UDR, M. Martin Ajdari, 2025-11-25)

Là, il faut séparer très proprement le fait de sa qualification. Le fait est réel : Établi. France Télévisions est déficitaire, et la Cour des comptes chiffre même le trou à combler. Une magistrate de la Cour :

« Le rapport indique, page 86, que la réduction de capital nécessaire serait de l'ordre de 180 millions d'euros. »

Mme Jeanne-Marie Prost (Cour des comptes, M. Nacer Meddah, 2025-12-04)

La Cour parle d'urgence, et ne l'édulcore pas :

« la situation est critique et peut devenir plus que délicate à partir de 2026 : il y a une véritable urgence. »

M. Nacer Meddah (Cour des comptes, M. Nacer Meddah, 2025-12-04)

Mais le mot « quasi-faillite », lui, est Disputé — et pas par des militants : par les experts les plus neutres du dossier. Un inspecteur des finances, sous serment, refuse la formule :

« Je pense qu'on peut difficilement parler de quasi-faillite. France Télévisions dépense environ 3 milliards d'euros par an pour un budget équivalent. »

M. Thomas Cargill (IGF, M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

La tutelle aussi :

« je ne pense pas que l'on puisse qualifier la situation de France Télévisions de « faillite » ou de « quasi‑faillite ». »

Florence Philbert (DGMIC, ministère de la Culture, Mme Florence Philbert, 2026-03-25)

Et le fact-check le plus tranchant vient d'une journaliste de la maison, Élise Lucet, qui retourne la méthode contre le mot lui-même :

« Je note simplement, et pardon de vous le dire, que vous avez, à plusieurs reprises, affirmé que France Télévisions était en « quasi-faillite ». Or, dans les 166 pages du rapport de la Cour des comptes, les mots « quasi-faillite » ou « faillite » n'apparaissent jamais. »

Mme Élise Lucet (France Télévisions, Mme Élise Lucet, 2026-02-10)

Le mécanisme, encore une fois : un socle vrai (un déficit, un besoin de ~180 M€), et un mot qui va plus loin que ce que la Cour a écrit. Déficit Établi ; « quasi-faillite » Disputé. À toi de ne pas confondre les deux.

4,20 € par mois : cher ou pas ?

Le rapporteur martèle un chiffre-symbole : le service public « coûte 4 milliards ». C'est vrai en masse — mais rapporté à toi, ça donne quoi ? La tutelle sort la calculette :

« L'ensemble de l'audiovisuel français représente environ 4 milliards d'euros, soit près de 4,20 euros mensuels et par habitant, un niveau comparable à celui observé en Europe, inférieur à celui de la Grande-Bretagne (6 euros) et de l'Allemagne (8,70 euros). »

Florence Philbert (DGMIC, ministère de la Culture, Mme Florence Philbert, 2026-03-25)

Fait notable : sur ce point, la comparaison européenne est plutôt convergente, et elle traverse les camps. La présidente de France Télévisions donne un ordre de grandeur voisin (« 51 euros par habitant et par an […] en milieu de tableau »), et c'est un député de gauche, Emmanuel Maurel, qui enfonce le clou :

« rapporté au nombre d'habitants, il coûte trois fois moins cher qu'en Suisse, 40 % moins cher qu'en Belgique et 30 % moins cher qu'au Royaume-Uni. »

M. Emmanuel Maurel (député, GDR, M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

Le rapporteur ne conteste pas frontalement ces comparaisons ; il change d'indicateur. Son argument à lui, ce n'est pas le coût par habitant mais le coût rapporté à l'audience : pour un même type de programmes, France Télévisions dépenserait beaucoup plus que TF1 pour un public plus petit.

« À périmètre comparable, France Télévisions assume un coût de grille près de deux fois supérieur à celui de TF1. »

M. Charles Alloncle (rapporteur, UDR, M. Rodolphe Belmer, 2026-04-01)

Ici encore, le narrateur ne dit pas qui a raison sur le fond — c'est un choix d'indicateur, donc une question politique, pas un fait à établir. Mais il note qui répond, et c'est savoureux : le patron de TF1 lui-même, l'entreprise censée « écraser » le public, ne trouve pas l'écart choquant :

« Cela ne me choque pas que le service public génère moins d'audience que les acteurs privés, dans la mesure où il exerce des missions distinctes. »

M. Rodolphe Belmer (TF1, M. Rodolphe Belmer, 2026-04-01)

Deux boussoles, donc, dans le même écran : le coût par habitant (favorable au public) et le coût par audience (défavorable). Aucune n'est « la vérité ». Le rapporteur choisit la seconde ; la tutelle, la gauche et jusqu'au privé rappellent la première.

« Un service public sans argent public » : le clivage de fond

Reste la position la plus radicale du dossier, celle qui pousse la logique du rapporteur à son terme. Pour l'industriel Vincent Bolloré, le débat sur les missions ou la ligne éditoriale est un écran de fumée :

« Le problème de l'audiovisuel public, ce n'est pas les contenus, c'est les coûts. »

M. Vincent Bolloré (Groupe Bolloré, M. Vincent Bolloré, 2026-03-24)

Et sa solution, il l'assume devant le président, qui le pousse dans ses retranchements : un service public qui resterait propriété de l'État… mais ne serait plus payé par l'impôt.

« Je suis favorable à un service public financé comme les autres chaînes, exactement, mais qui appartienne à l'État »

M. Vincent Bolloré (Groupe Bolloré, M. Vincent Bolloré, 2026-03-24)

Le président de la commission oppose alors l'objection la plus simple — et la plus dérangeante pour cette thèse :

« En quoi serait-il public s'il est financé par de l'argent privé ? »

M. Jérémie Patrier-Leitus (président, HOR, M. Vincent Bolloré, 2026-03-24)

Ce clivage-là, le narrateur ne le tranche pas : c'est un choix de société, pas un mécanisme. Il note juste que le camp privé lui-même est divisé sur la publicité, qui serait la ressource de remplacement. Le patron de M6, David Larramendy, y voit un danger pour tout le secteur :

« Cette extension des plages de diffusion de la publicité serait une catastrophe. »

M. David Larramendy (M6, M. Rodolphe Belmer, 2026-04-01)

Tandis que le patron de Canal+, Maxime Saada, s'aligne ouvertement sur Bolloré — qui se trouve être son actionnaire de référence :

« Je ne vous surprendrai pas en vous disant que je partage largement les vues de notre actionnaire de référence. »

M. Maxime Saada (Canal+, M. Rodolphe Belmer, 2026-04-01)

Et la présidente de France Télévisions, elle, chiffre ce que « ouvrir la pub » ou au contraire la couper voudrait dire, en défendant le statu quo : ni supprimer la publicité (trop cher), ni en réclamer plus (pour ne pas asphyxier le privé).

« Si vous supprimez la publicité, c'est pratiquement 400 millions qui sautent. »

Delphine Ernotte-Cunci (France Télévisions, Mme Delphine Ernotte Cunci, 2026-04-08)

Au bout du compte, tu vois se dessiner deux visions du même service public. L'une le voit comme une dépense de 4 milliards à discipliner, quitte à couper le robinet public pour forcer les économies. L'autre le voit comme un bien financé collectivement, dont l'indépendance tient précisément à ce que son argent ne dépende pas des annonceurs — ni d'un vote qu'on rejoue chaque automne.

Pose ta question au dossier. Tu veux le détail d'un chiffre — la trajectoire exacte de la dotation, le coût par habitant chez tel voisin, ce qu'a répondu tel dirigeant sur la publicité ? Interroge l'agent embarqué : il a lu les auditions et te renvoie aux pièces, mot pour mot.