Ayda Hadizadeh
Role dans la commission : Depute membre — groupe SOC (Socialistes et apparentes)
Biographie
Ayda Hadizadeh est une femme politique francaise, deputee du Parti socialiste, nee le 12 fevrier 1982 a Teheran (Iran). Elle a grandi en France, ou sa mere s'est refugiee pour fuir le regime de la Republique islamique — un element autobiographique qu'elle mobilise elle-meme dans les auditions.
Membre du Parti socialiste depuis 2007, elle a exerce plusieurs annees a la Direction generale de l'enseignement scolaire (DGESCO), au ministere de l'Education nationale, avant de diriger l'association « Les Oublies de la Republique », qui agit en faveur des populations marginalisees. Elle a ete adjointe a la culture de la commune de Saint-Ouen-l'Aumone (principale ville de sa circonscription), fonction dont elle tire son experience du terrain culturel pendant la periode covid.
Candidate malheureuse aux legislatives de 2017 dans la 2e circonscription du Val-d'Oise, elle y est elue deputee lors des legislatives de 2024 (entree en fonction le 18 juillet 2024), sous l'etiquette du Nouveau Front populaire. Il s'agit de son premier mandat national. A l'Assemblee nationale, elle siege a la commission des Affaires culturelles et de l'Education, dont elle est secretaire, et preside le groupe d'amitie France-Iran, ou elle s'implique notamment pour la liberation des otages francais detenus en Iran.
Note d'homonymie : identite verifiee et sans ambiguite. Samuel Paty, qu'elle evoque comme « mort dans [sa] circonscription » (Mme Laurence Bloch), a ete assassine a Eragny-sur-Oise, dans le Val-d'Oise, ce qui recoupe bien son mandat.
Dans la commission
Dossier tres fourni : deputee membre, 120 interventions dans 28 auditions (Mme Delphine Ernotte Cunci a Mme Delphine Ernotte Cunci). C'est l'une des voix les plus actives et les plus combatives de l'opposition de gauche au sein de la commission. Sa ligne est constante et double : defendre l'audiovisuel public et ses salaries d'un cote, contester frontalement la legitimite meme de la commission et la conduite du rapporteur Alloncle de l'autre.
Delegitimation de la commission et du rapporteur. Elle rappelle que la commission procede du droit de tirage d'un seul groupe (« c'est seulement votre groupe politique qui a utilise son droit de tirage pour la creer », Mme Sibyle Veil), la qualifie de « petit proces maccarthyste un peu au rabais » (M. Patrick Cohen) et de « tribunal, avec des procureurs qui ne veulent pas reformer mais tuer le service public » (M. Stéphane Sitbon-Gomez). Elle met en cause personnellement le rapporteur — instrumentalisation par des « groupes de pression » (M. Vincent Meslet), mises en cause ad hominem de personnes absentes (affaire Chirinne Ardakani, Mme Léa Salamé, qui declenche un courrier a la presidente de l'Assemblee) — et pointe une partialite pro-Bollore (« Avez-vous rencontre M. Alloncle... ? », M. Vincent Bolloré ; questions posees « avec deference » a Bollore, M. Xavier Niel).
Contre-offensive sur la concentration privee (Bollore, CNews). Elle deplace systematiquement le projecteur vers les medias prives de droite : emergence d'une chaine « dont le temperament d'extreme droite est tres affirme » avec le parallele islam-immigration-insecurite, « les trois i » (M. Laurent Guimier) ; passivite de l'Arcom face a Bollore (« Y a-t-il encore un gendarme a la tete de l'Arcom ? », M. Martin Ajdari) ; pressions politiques sur les journalistes depuis « la mainmise sur des medias prives d'un certain milliardaire, Vincent Bollore » (M. Patrick Cohen).
Defense des salaries et des conditions de travail. Elle relaie le constat syndical d'un « climat d'attaques repetees... [qui] cree des souffrances au travail inedites » (Mme Eléonore Duplay) et martele qu'« une commission d'enquete n'a pas vocation a creer de la souffrance, mais a chercher une verite ». Elle interroge les effets sociaux du projet de holding/fusion (M. Nicolas Bouhdjar) et de l'externalisation vers des cabinets de conseil (« Newsroom Transformation » de TV5 Monde, suppression des matinales, M. Bruno Patino).
Une exigence de rigueur reelle, pas une complaisance totale. Elle admet la necessite d'enqueter (« Nous devons enqueter pour savoir s'il y a des journalistes voyous dans le service public », Mme Rachida Dati), recadre des audites trop affirmatifs sur la preuve (affaire des chambres de Cannes : « Ce n'est pas de l'argent public qui est utilise pour payer ces chambres », M. Jean-Jacques Cordival), interroge des clauses contractuelles privilegiees (contrats de Nagui, M. Nagui Fam) et pointe une derive vers l'« infopublicite » (M. Benjamin Oulahcene). Sur l'affaire Dati, elle porte des questions a charge visant la tutelle politique : liens Courbit-Dati sous serment (M. Stéphane Courbit), SMS « le mec est vire immediatement » (Mme Delphine Ernotte Cunci).
Motif recurrent : l'alliance objective UDR/RN. Elle piege plusieurs audites en leur rappelant que la reforme (holding, fin de la redevance) « ne peut passer que si elle est soutenue par l'extreme droite » (Mme Rima Abdul-Malak, Mme Laurence Bloch) et que « le Rassemblement national est le seul parti qui ecrit noir sur blanc dans son programme qu'il faut privatiser l'audiovisuel public » (M. Nagui Fam). Elle mobilise aussi son histoire personnelle (fuite de l'Iran) pour defendre la liberte de la presse, et signe des piques feministes (« Ou sont les femmes a la SDJ ? », M. Valéry Lerouge) retournant l'ironie « anti-diversite » du rapporteur.
Sources
- https://en.wikipedia.org/wiki/Ayda_Hadizadeh
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA842263
- https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/deputes/PA842263/fonctions
- https://ayda-deputee.fr/about/
- https://mesinfos.fr/ile-de-france/ayda-hadizadeh-de-l-education-nationale-a-l-assemblee-202948.html
- https://lcp.fr/programmes/la-politique-et-moi/ayda-hadizadeh-deputee-socialistes-et-apparentes-du-val-d-oise