Domaine : Cloud & hyperscalers · Sujet : dependance-hyperscalers
Couverture : 102 citations · 12 positions · 29 auditions
_Slugs bruts fusionnés : dependance-hyperscalers, dependance-cloud, hyperscalers-americains, dependance-hyperscalers-cloud, dependance-hyperscalers-americains, dependance-hyperscalers-composants-ia, dependance-gafam, dependance-gafam-captivite, edge-cloud_
Positions exprimées
- M. Thierry Breton (M. Thierry Breton) : La domination des Gafam tient au volume de marché, pas au génie ; opposer innovation US et régulation UE est une propagande d'« idiots utiles » au service de leur hégémonie. _(tranchant 5)_
- MM. Emmanuel Marcovitch (M. Emmanuel Marcovitch) : L'installation de data centers en Europe par les hyperscalers américains ne constitue pas une garantie de souveraineté : en tant qu'entreprises américaines elles restent exposées au Cloud Act et au FISA, et sont très peu transparentes sur les sollicitations reçues. _(tranchant 4)_
- Mme Meredith Whittaker (Mme Meredith Whittaker) : Il est illusoire de vouloir répliquer les infrastructures des monopoles (décennies d'avance, économies d'échelle, milliards) ; la bonne réponse est d'exiger des systèmes robustes, notamment via la commande publique des États clients, et de réduire les dépendances plutôt que de copier. _(tranchant 4)_
- M. Max Schrems (M. Max Schrems) : La dépendance aux hyperscalers américains n'est plus seulement un risque de surveillance mais un risque d'embargo numérique en cas de conflit (exemple danois/Groenland), les États-Unis pratiquant déjà de tels embargos (Cuba, Iran, Syrie). _(tranchant 4)_
- (table ronde) (des fournisseurs de cloud .) : La domination des hyperscalers américains (deux tiers du marché) crée une triple dépendance — juridique (extraterritorialité), opérationnelle et technologique — qui expose l'économie européenne à des leviers de pression. _(tranchant 4)_
- M. Henri d’Agrain (M. Henri d’Agrain) : 264 Md€/an et 83 % du marché B2B logiciels/cloud sont captés par des acteurs américains ; les hausses tarifaires (~9 %/an, injustifiées à 93 %) traduisent une exploitation abusive des situations de verrouillage, y compris par des acteurs européens comme SAP. _(tranchant 4)_
- (table ronde) (Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre) : La captivité aux GAFAM est délibérément entretenue (vente forcée de Windows, licences à prix cassés dès l'école, lobbying massif) et constitue une menace de souveraineté, voire idéologique et démocratique, pas seulement un choix technique. _(tranchant 4)_
- M. Henri Verdier (M. Henri Verdier) : La dépendance numérique est systémique et dépasse de loin l'achat de logiciels : elle touche le hardware, la cybersécurité, les câbles, les données et les grands services d'accès à l'information ; le débat public la sous-estime. _(tranchant 3)_
- M. Dominique Luzeaux (M. Dominique Luzeaux) : L'edge cloud (calcul à la périphérie, peer to peer, peu gourmand en énergie) sera un différenciant clé d'ici 2030 ; l'Europe doit y prendre l'initiative plutôt que de laisser les hyperscalers l'occuper. _(tranchant 3)_
- (table ronde) (des acheteurs publics) : L'economie des dependances liees a l'IA — achats massifs de composants par les hyperscalers, flambee des memoires, mouvement massif vers le cloud — est sans doute le sujet de dependance le plus important. _(tranchant 3)_
- M. Fabrice Coquio (M. Fabrice Coquio) : Le modèle neutre et mutualisé de Digital Realty est l'exact contraire des hyperscalers et IA factories dédiés à un seul client ; la diversité et la mutualisation sont supérieures en résilience et en durabilité. _(tranchant 3)_
- (table ronde) (des représentants en France des Gafam) : La chaîne de valeur technologique est mondiale et interdépendante (puces, serveurs, R&D en Europe et hors) ; aucun État ne peut maîtriser seul celle de l’IA, l’enjeu est donc la gouvernance des interdépendances, pas l’autarcie. _(tranchant 3)_
Citations (verbatim, sourcées)
« Nous sommes tous en passe de devenir des chauffeurs Deliveroo ! »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Formule choc qui déplace la question de la souveraineté vers la domination des chaînes de valeur et la dégradation du travail par le management algorithmique._
« près de 80 % des nouveaux câbles sous-marins sont déployés par les Gafam, ce qui traduit une privatisation progressive de l'infrastructure physique elle-même. »
— Henri Verdier — Fondation Inria (audite, audition de M. Henri Verdier, 2026-03-10)
_Chiffre marquant qui matérialise la dépendance au niveau de l'infrastructure physique, souvent invisible dans le débat sur le cloud._
« OVHcloud, qui est l'acteur – français – de référence en Europe, est 100 fois plus petit qu'Amazon. Je vais enfoncer une porte ouverte en disant que nous sommes des nains numériques. »
— Mme Maud Quessard — Irsem (audite, audition de Mme Maud Quessard, 2026-03-10)
_Image marquante de l'asymétrie européenne dans le cloud, appuyée sur des parts de marché chiffrées._
« c'est-à-dire le risque de voir l'accès au service coupé du jour au lendemain, comme on l'a vu dans le cadre des sanctions prises par l'Ofac (Office of Foreign Assets Control) à l'encontre du juge Nicolas Guillou. »
— M. Robin Berjon — Supramundane / ex-New York Times (audite, audition de Mme Maud Quessard, 2026-03-10)
_Donne un exemple concret et récent d'extraterritorialité (kill switch cloud) frappant un magistrat._
« les hyperscalers américains installent des data centers partout en Europe, ce qu'ils font valoir dans leur communication comme un gage de souveraineté. »
— Emmanuel Marcovitch — Cour des comptes (audite, audition de M. Emmanuel Marcovitch, 2026-03-17)
_Démonte l'argument marketing du « cloud de confiance » : localiser les data centers en Europe ne suffit pas à garantir la souveraineté._
« dès lors qu'il s'agit d'entreprises américaines, elles sont susceptibles de subir des pressions du gouvernement et de la justice des États-Unis dans le cadre du Cloud Act ou du Foreign Intelligence Surveillance Act (Fisa), nous n'avons aucune garantie du respect de cette souveraineté. »
— Emmanuel Marcovitch — Cour des comptes (audite, audition de M. Emmanuel Marcovitch, 2026-03-17)
_Affirme l'absence totale de garantie face au droit extraterritorial américain, quel que soit le lieu d'hébergement, et l'opacité des entreprises concernées._
« Nous possédons de très nombreuses compétences, à tel point qu’on peut s’étonner de notre dépendance aux serveurs de Google, Microsoft et Amazon. »
— M. Dominique Luzeaux — Otan (ACT) / ancien Agence du numérique de défense (audite, audition de M. Dominique Luzeaux, 2026-03-18)
_Pose le paradoxe français : un pays historiquement pionnier du numérique aujourd'hui dépendant des trois hyperscalers américains._
« dans le cloud à la périphérie, qui est amené à devenir un différenciant clé d’ici quelques années. »
— M. Dominique Luzeaux — Otan (ACT) / ancien Agence du numérique de défense (audite, audition de M. Dominique Luzeaux, 2026-03-18)
_Désigne l'edge cloud comme la prochaine bataille technologique où l'Europe peut encore prendre l'initiative._
« perte de valeur économique estimée à près de 265 milliards d’euros par an pour l’Union européenne en achats de solutions, selon une étude du club informatique des grandes entreprises françaises (Cigref) commanditée auprès du cabinet Asterès »
— Catherine Mayenobe — Caisse des dépôts (audite, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)
_Chiffre-choc du cout economique de la dependance numerique europeenne, source Cigref/Asteres, mobilise pour poser l'urgence._
« Bpifrance a, à une époque, passé un partenariat avec AWS, et les entreprises qui ont bien réussi, comme Alan ou Doctolib, sont quasiment toutes associées à Bpifrance. »
— Philippe Latombe (president, audition de Mme Catherine Mayenobe, 2026-03-18)
_Le president met la CDC face a la contradiction interne de sa filiale Bpifrance, qui adosse ses pepites a des hebergeurs non souverains._
« Je ne crois pas que l’objectif consiste à chercher, par quelque procédé quasi magique, à tout répliquer. J’y vois plutôt une illustration de l’échec européen, dont nous n’avons pas besoin. »
— Meredith Whittaker — Signal Foundation (audite, audition de Mme Meredith Whittaker, 2026-03-25)
_Réponse directe à la question sur Mistral et le géant européen : Whittaker disqualifie la stratégie du champion national réplicant les GAFAM comme un piège._
« des modèles souvent plus modestes offrent les meilleures performances tout en réduisant notre dépendance à l’égard des hyperscalers »
— Meredith Whittaker — Signal Foundation (audite, audition de Mme Meredith Whittaker, 2026-03-25)
_Proposition stratégique : réévaluer les modèles sur les usages réels révélerait la supériorité des petits modèles, levier de réduction de dépendance._
« Aujourd’hui, nous assistons à ce que nous qualifions de « coup d’État avec un gant de velours » : une prise de contrôle de la couche applicative, dans laquelle l’accès aux données ainsi que la faculté d’en faire ce que l’on veut sont abandonnés aux trois entreprises qui exploitent les trois systèmes d’exploitation dominants, à savoir Android, Windows et iOS/macOS. »
— Meredith Whittaker — Signal Foundation (audite, audition de Mme Meredith Whittaker, 2026-03-25)
_Image-choc désignant l'IA agentique comme une captation de la couche applicative par trois acteurs, transformant l'OS neutre en instrument de contrôle._
« l’armée danoise s’inquiète qu’en cas de conflit avec les États-Unis, ceux-ci ne les privent de l’accès aux services numériques de Microsoft, AWS (Amazon Web Services) ou Google, par exemple. »
— M. Max Schrems — NOYB (None of your business) (audite, audition de M. Max Schrems, 2026-03-26)
_Fait passer la dépendance du registre de la vie privée à celui de la sécurité nationale : l'embargo numérique devient un scénario militaire concret, pas une hypothèse d'école._
« Nous savons que 65 % à 70 % du marché du cloud sont contrôlés par trois hyper-fournisseurs américains : AWS, Microsoft et Google. »
— Alexandra Lutz — Data for Good (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques, 2026-04-02)
_Chiffre-socle de la commission : l'oligopole du cloud américain comme point de départ de toute la démonstration._
« Si ces acteurs prenaient une décision unilatérale, cela ne signifierait pas seulement ne plus avoir accès à son téléphone, mais potentiellement ne plus avoir accès aux services publics, aux services bancaires ou aux données des entreprises. »
— Alexandra Lutz — Data for Good (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les infrastructures numériques, 2026-04-02)
_Dramatise l'ampleur systémique de la dépendance : le risque déborde largement l'usage individuel._
« malgré les nombreux discours, la France et l’Europe occupent aujourd’hui une position peu enviable de dépendance massive vis-à-vis des technologies extra-européennes. »
— M. Bernard Benhamou — Institut de la souveraineté numérique (audite, audition de M. Bernard Benhamou, 2026-04-02)
_Constat central de l'échec, martelé comme un fait mesurable et non une opinion._
« Je rappellerai que pour le cloud, les trois principaux acteurs, les hyperscalers que sont Amazon, Microsoft et Google, réunissent à eux seuls 72 % du marché européen. »
— M. Bernard Benhamou — Institut de la souveraineté numérique (audite, audition de M. Bernard Benhamou, 2026-04-02)
_Chiffre-clé quantifiant la concentration du cloud aux mains des trois hyperscalers américains._
« Pour l’instant, nous n’en avons pas. Seules quatre des cinquante premières entreprises technologiques mondiales sont européennes. »
— M. Bernard Benhamou — Institut de la souveraineté numérique (audite, audition de M. Bernard Benhamou, 2026-04-02)
_Mesure du retard industriel européen dans la tech mondiale._
« La part de marché des acteurs américains s’élève ainsi à 83 %, ce qui s’apparente à un monopole. »
— Michel Paulin — CSF Solutions numériques de confiance / Conseil national de l'industrie (audite, audition de M. Michel Paulin, 2026-04-07)
_Chiffre-clé du quasi-monopole américain sur le cloud/SaaS, adossé au rapport Cigref, socle quantitatif de toute l'audition._
« Surtout, 51 milliards de dollars de recettes sociales et fiscales échappent à l’Europe pour partir aux États-Unis, grâce à des mécanismes légaux d’optimisation fiscale via des plateformes situées en Irlande. »
— Michel Paulin — CSF Solutions numériques de confiance / Conseil national de l'industrie (audite, audition de M. Michel Paulin, 2026-04-07)
_Traduit la dépendance en perte fiscale directe pour les finances publiques européennes, argument massue pour justifier une réorientation._
« Il est donc essentiel de rétablir un rapport de force dans les négociations commerciales, afin de ne pas être à la merci de quelques oligopoles qui ne manqueront pas de nous tondre la laine sur le dos. »
— Michel Paulin — CSF Solutions numériques de confiance / Conseil national de l'industrie (audite, audition de M. Michel Paulin, 2026-04-07)
_Reformule la souveraineté en logique de rapport de force commercial : la dépendance totale prive l'acheteur de toute négociation._
« Mais il faut souvent additionner six offres européennes de petite taille pour obtenir ce que propose un seul grand acteur américain. »
— Maya Atig — Fédération bancaire française (FBF) (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement, 2026-04-08)
_Illustration frappante du rapport de un à six entre l'offre cloud européenne fragmentée et un hyperscaler américain unique._
« Néanmoins, le projet de l’euro numérique, présenté comme visant à renforcer la souveraineté et la place internationale de l’euro, contient toutes sortes de clauses qui risquent en réalité, si le Parlement ne les modifie pas, de faciliter l’entrée des grandes entreprises technologiques extra-européennes dans les paiements en Europe. »
— Maya Atig — Fédération bancaire française (FBF) (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement, 2026-04-08)
_Alerte contre-intuitive : le projet-phare de souveraineté (euro numérique) pourrait, tel que rédigé, servir de cheval de Troie aux Big Tech._
« Une petite moitié des répondants avait au moins un contrat Microsoft en lien avec une fonction critique ou importante, un quart avec Amazon et un sixième avec Google »
— Olivier Fliche — Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement, 2026-04-08)
_Premières données chiffrées issues du reporting DORA 2025 quantifiant la dépendance du secteur bancaire aux trois hyperscalers américains sur des fonctions critiques._
« Nous sommes obligés de nous reposer, pour les technologies de base, sur des fournisseurs non européens tels que Microsoft, mais nous cherchons, chaque fois que nous le pouvons, à utiliser des briques technologiques maîtrisables au niveau européen. »
— Érick Lacourrège — Banque de France (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur les services de paiement, 2026-04-08)
_Aveu que même l'Eurosystème et la Banque de France restent dépendants de Microsoft pour les technologies de base malgré leur stratégie souveraine._
« Les achats massifs des hyperscalers sont d’ailleurs en train de déséquilibrer complètement le marché des composants informatiques, ce qui est un véritable défi. »
— Edward Jossa — Ugap (audite, audition de des acheteurs publics, 2026-04-09)
_Diagnostic macro : la course a l'IA des hyperscalers americains capte les composants et fait flamber les prix pour tous les autres acheteurs, y compris publics._
« ne nous leurrons pas : nous sommes un petit maillon à l’échelle du monde. »
— Thomas Jan — UniHa / CAIH (audite, audition de des acheteurs publics, 2026-04-09)
_Lucidite sur l'asymetrie : meme federee, la puissance d'achat hospitaliere francaise pese peu face aux geants du logiciel._
« Le fait est que des pépites françaises peuvent être hébergées chez des hyperscalers américains. »
— Thomas Jan — UniHa / CAIH (audite, audition de des acheteurs publics, 2026-04-09)
_Souligne que la nationalite d'un editeur ne dit rien de la souverainete reelle si son infrastructure d'hebergement est etrangere : la definition par le siege social est trompeuse._
« Tôt ou tard, le besoin de données sera tel qu’il y aura inévitablement un mouvement assez massif vers l’hébergement en cloud au détriment des solutions traditionnelles. »
— Edward Jossa — Ugap (audite, audition de des acheteurs publics, 2026-04-09)
_Prospective : l'IA va pousser massivement vers le cloud, ce qui renforcera mecaniquement la dependance si l'offre souveraine ne suit pas._
« Je le dis et je le répète, pour que ce soit bien clair : pas d’innovation sans confiance. Tous ceux qui disent qu’aux États-Unis on innove et qu’en Europe on régule sont des idiots utiles – pardon de le dire, je ne veux être méprisant avec personne – qui se font les porte-voix des Gafa, qui ne veulent évidemment pas la moindre régulation, afin que leur hégémonie perdure. »
— Thierry Breton — Ancien commissaire européen au marché intérieur (audite, audition de M. Thierry Breton, 2026-04-15)
_Renverse frontalement le récit dominant « USA innovent / UE régule » en le qualifiant de propagande des Gafa ; formule de rupture de l'audition._
« Voilà pourquoi nous n’avons pas pu créer des entreprises comme les Gafa : c’est une question de volume. »
— Thierry Breton — Ancien commissaire européen au marché intérieur (audite, audition de M. Thierry Breton, 2026-04-15)
_Explique la dépendance européenne aux Gafam non par un déficit de talent mais par la fragmentation du marché ; désamorce le complexe d'infériorité technologique._
« Or, à ce jour, l'hébergement s'effectue toujours sur le cloud de Microsoft, Microsoft Azure. »
— Marie-Laure Denis — Cnil (audite, audition de Mme Marie-Laure Denis, 2026-04-15)
_Constat factuel gênant : malgré la position constante de la Cnil, la base de données de santé la plus sensible reste hébergée chez un hyperscaler américain — symbole de l'écart entre doctrine et réalité._
« Selon une récente étude du Cigref, 80 % des dépenses faites en France en matière de logiciels et services cloud vont à des acteurs américains, dépendance qui a bien sûr des effets indirects sur la croissance et l'emploi dans notre pays. »
— Marie-Laure Denis — Cnil (audite, audition de Mme Marie-Laure Denis, 2026-04-15)
_Chiffre-choc quantifiant l'ampleur de la dépendance et reliant souveraineté numérique et enjeu économique (croissance, emploi)._
« La dépendance demeure, mais il faut tout faire pour qu'émergent des alternatives françaises et européennes. Évitons tout fatalisme. »
— Marie-Laure Denis — Cnil (audite, audition de Mme Marie-Laure Denis, 2026-04-15)
_Ligne d'équilibre de la Cnil face à la critique des joint-ventures : reconnaître la dépendance persistante tout en refusant le fatalisme et en appelant à des alternatives souveraines._
« qu'elles tentent de répondre à des besoins de services dans le cadre de joint-ventures montre une certaine incapacité à dépasser notre dépendance. »
— Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de Mme Marie-Laure Denis, 2026-04-15)
_La rapporteure exprime un scepticisme plus tranché que la Cnil : recourir à des joint-ventures avec les hyperscalers traduit un échec à sortir de la dépendance, pas une solution._
« Une fois qu'une grande organisation a structuré ses données, ses usages, ses contrats, ses équipes et ses processus autour d'un prestataire, revenir en arrière devient souvent complexe tant techniquement que juridiquement. »
— Marie-Laure Denis — Cnil (audite, audition de Mme Marie-Laure Denis, 2026-04-15)
_Décrit le mécanisme d'irréversibilité / verrouillage qui rend la sortie d'un hyperscaler coûteuse et enferme durablement administrations et entreprises._
« Il n’y a pas d’indépendance technologique, puisque les briques restent celles fournies par Microsoft. »
— Christel Heydemann — Orange (audite, audition de Mme Christel Heydemann, 2026-04-16)
_Aveu majeur de la co-investisseuse de Bleu : la protection contre l'extraterritorialité n'est pas une indépendance technologique, la dépendance à Microsoft demeure._
« la migration de l’ensemble des postes, dans tous les pays où le groupe est implanté, vers cette solution prendrait trois ans. Compte tenu de la vitesse à laquelle surviennent les crises géopolitiques, ce n’est pas envisageable. »
— Christel Heydemann — Orange (audite, audition de Mme Christel Heydemann, 2026-04-16)
_Chiffre le verrou pratique : sortir de Microsoft prendrait trois ans, ce qui rend la dépendance de fait irréversible à court terme malgré les alternatives open source._
« Dans le contexte actuel, il est tout de même gênant de devoir s’en remettre aux Américains. »
— Philippe Latombe (president, audition de Mme Christel Heydemann, 2026-04-16)
_Le président résume l'inquiétude souverainiste face à la concentration américaine de la cybersécurité (rachat de Vade par Hornet puis Proofpoint)._
« l’Europe dépend de pays étrangers pour 80 % de ses produits, services, infrastructures et brevets liés au numérique. »
— Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)
_Chiffre-massue de la dépendance structurelle européenne, sourcé Commission européenne 2023._
« j’ai très peu apprécié la sortie de certaines start-up du secteur du médical qui avaient expliqué en long, en large et en travers au moment des discussions sur la loi Sren (loi visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique) que SecNumCloud était une norme absolument nulle en matière de cybersécurité et qu’il n’y avait qu’AWS (Amazon Web Services) qui pouvait fonctionner. Tout cela parce qu’elles bénéficiaient toutes – j’ai vérifié – de crédits cloud AWS. »
— M. Philippe Latombe (president, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)
_Accusation directe du président : le lobbying anti-SecNumCloud des start-up médicales était motivé par leurs crédits cloud AWS._
« On peut dire que nous sommes dépendants dans trois grands domaines : le cloud, les outils bureautiques et, de plus en plus, l’IA. »
— Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)
_Cartographie la triple dépendance et l'intégration verticale des hyperscalers comme mécanisme d'enfermement._
« Ce n’est pas que les entreprises françaises ne sont pas patriotes, mais elles sont prisonnières des impératifs de marché, de la nécessité d’être les meilleures, d’aller vite et, qui plus est, de gérer leur trésorerie avec pragmatisme. »
— Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)
_Reconnaît que la souveraineté cède face aux contraintes de marché, malgré la sensibilisation._
« dans le domaine du cloud, par exemple, la part de marché des acteurs européens est passée de 27 % en 2017 à 16 % en 2021. »
— Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)
_Chiffre du décrochage relatif du cloud européen malgré la croissance des acteurs (Scaleway, OVH)._
« plus de 70 % de nos membres se déclarent dépendants des solutions américaines. »
— Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)
_Chiffre interne (baromètre France Digitale) mesurant la dépendance déclarée des start-up françaises._
« Quand j’étais entrepreneure, il y a plus de dix ans, il n’y avait pas beaucoup d’autres choix pour monter une entreprise que d’opter pour AWS »
— Mme Maya Noël — France Digitale (audite, audition de Mme Maya Noël, 2026-04-16)
_Témoignage à la première personne sur l'origine historique du verrouillage AWS de l'écosystème français._
« Il a expliqué aux sénateurs que la bataille du cloud était perdue, qu'il ne servait à rien de s'en occuper et qu'il fallait passer à autre chose. »
— M. Philippe Latombe (president, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)
_Le président résume la position tranchée du président de BPIFrance et la met en tension avec les autres auditions de la commission._
« Le propos de notre directeur général, et la vision que l'ensemble de la banque partage, est qu'aujourd'hui, il n'est pas possible de se battre à armes égales avec les grands hyperscalers américains. »
— M. Arnaud Caudoux — BPIFrance (audite, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)
_Affirme au nom de toute la banque publique l'impossibilité d'une concurrence frontale sur le cloud, thèse structurante de l'audition._
« la bataille face à ces géants, dont les montants d'investissement en capitaux sont de 10 à 100 fois supérieurs à ce que peuvent faire les acteurs européens, n'est pas gagnable. »
— M. Arnaud Caudoux — BPIFrance (audite, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)
_Chiffre l'asymétrie capitalistique (10 à 100x) qui justifie la thèse de non-gagnabilité._
« Pour les acteurs américains, il s'agit souvent d'un cercle vertueux, et pour nous, d'un cercle vicieux, qui fait que les acteurs dominants vont plus vite, grossissent plus rapidement et étendent plus largement le champ de leur verticale que les acteurs européens. »
— M. Arnaud Caudoux — BPIFrance (audite, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)
_Métaphore du cercle vertueux/vicieux résumant la mécanique cumulative de la domination américaine._
« Si le sujet était simple, nous ne serions pas là. »
— M. Arnaud Caudoux — BPIFrance (audite, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)
_Formule qui acte le désaccord de fond avec le président tout en reconnaissant la complexité irréductible du sujet._
« plus on pense être dépendant des infrastructures américaines, plus on y stocke nos données, et plus ils peuvent à partir de là développer des services. »
— Mme Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)
_La rapporteure théorise la dépendance comme discours autoréalisateur, à propos du Health Data Hub._
« le Cigref (club informatique des grandes entreprises françaises) chiffre à 264 milliards d'euros les sommes qui partent au niveau européen pour acheter des solutions américaines. »
— Mme Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de M. Arnaud Caudoux, 2026-04-21)
_Chiffre la fuite économique vers les solutions américaines pour interroger l'apport réel du Campus IA._
« La part des acteurs européens dans le cloud est passée de 27 % en 2017 à 15 % aujourd'hui. 265 milliards d'euros de dépenses numériques européennes partent chaque année vers des entreprises étrangères. »
— Sébastien Lescop — Cloud Temple (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Chiffre le décrochage européen et la fuite de valeur numérique._
« trois acteurs américains, AWS, Microsoft Azure et Google Cloud, représentent plus des deux tiers du marché global. »
— Philippe Miltin — Outscale Dassault Systèmes (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Quantifie la domination structurelle du marché mondial du cloud._
« le sujet absolument majeur est l'augmentation permanente des prix imposée par les éditeurs américains, dont les entreprises européennes sont de plus en plus dépendantes. »
— Philippe Miltin — Outscale Dassault Systèmes (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Déplace le curseur du kill switch (hypothétique) vers le pricing power (réel et permanent)._
« vous avez environ 10 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel qui partent chez AWS, Azure et Google, et très peu chez les acteurs européens. »
— Octave Klaba — OVHcloud (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Estime la manne de la commande publique européenne qui échappe aux acteurs du continent._
« nos clients adorent le service proposé par AWS, GCP et Azure. Ils veulent juste des alternatives européennes qui respectent le droit commercial en Europe. »
— Damien Lucas — Scaleway (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Aveu rare de la supériorité de service des hyperscalers ; recentre le problème sur le respect du droit européen._
« elles ont été influencées par des acteurs américains qui affirment une chose vraie : « On ne peut pas nous remplacer ». »
— Philippe Miltin — Outscale Dassault Systèmes (audite, audition de des fournisseurs de cloud ., 2026-04-21)
_Distingue le vrai (on ne remplace pas les hyperscalers du jour au lendemain) du faux (le cloud serait fini)._
« cadre qui est certes très bien encadré par le RGPD, mais sur lequel on observe une forme de cannibalisation par les géants du numérique extracommunautaires. »
— Mme Hela Ghariani — Plateforme des données de santé (Health Data Hub) (audite, audition de Mme Hela Ghariani, 2026-04-29)
_Nomme la dynamique de captation des données personnelles par les acteurs extracommunautaires malgré le RGPD, pour justifier un régime distinct sur la santé._
« Nous avons 6 000 milliards d’euros d’épargne en France. Si nous pouvions simplement arrêter de financer les fonds de pension américains, qui eux-mêmes financent les Gafam, ce serait formidable. »
— Charles-Antoine Beyney — DataOne (audite, audition de M. Charles-Antoine Beyney, 2026-04-29)
_Mise en cause du circuit de l'épargne française qui financerait indirectement les Gafam via les fonds de pension américains — cœur de sa proposition de réorientation._
« l’intelligence artificielle est un service cloud comme un autre ; il n’y a pas d’IA sans infrastructures cloud »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Réfute la thèse (attribuée à Draghi) d’abandonner le cloud pour l’IA ; rattache toute stratégie IA à la maîtrise des infrastructures._
« 264 milliards d’euros sont transférés chaque année vers les États‑Unis et où 83 % des achats européens de logiciels et de services cloud B2B sont captés par des acteurs américains »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Le chiffre matriciel de toute la commission, repris dans de nombreuses auditions, qui quantifie la dépendance B2B._
« les 264 milliards d’euros consacrés chaque année aux services numériques américains sont du même ordre de grandeur que les dépenses européennes annuelles en gaz et en pétrole, qui s’élèvent à environ 350 milliards d’euros »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Analogie énergétique frappante qui place la dépendance numérique au rang d’enjeu de souveraineté aussi lourd que l’énergie._
« les 264 milliards d’euros actuels pourraient dépasser 500 milliards à l’horizon 2032, à périmètre constant »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Projection alarmiste chiffrée qui donne l’urgence de la trajectoire si rien ne change._
« L’industrie de la technologie et du numérique constitue l’un des quatre piliers de la puissance et de l’hégémonie américaines dans le monde. »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Cadre le numérique comme un instrument de puissance étatique, pas seulement un marché._
« Sur le marché B2B, environ 70 % des entreprises utilisent la suite collaborative Microsoft 365, près de 20 % utilisent Google Workspace, et les 10 % restants se répartissent entre une multitude d’acteurs. »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Chiffre concret illustrant la situation d’oligopole quasi absolu sur les suites collaboratives B2B._
« il n’y a pas d’avenir pour l’économie européenne si celle-ci ne dispose pas de sa propre industrie du numérique »
— M. Henri d’Agrain — Cigref (audite, audition de M. Henri d’Agrain, 2026-04-30)
_Formule-synthèse martelée : la souveraineté numérique passe par une industrie numérique propre, pas seulement par la régulation._
« ce modèle économique qui soutient des entreprises dont les dirigeants, ouvertement transhumanistes, font aujourd'hui bien plus que flirter avec les pouvoirs technofascistes »
— Pierre-Yves Gosset — Framasoft (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)
_Formulation la plus politiquement chargée de la table ronde : rattache la dépendance aux GAFAM à une menace idéologique._
« Un observatoire européen estime à 151 millions d'euros les dépenses de lobbying au niveau de l'Union européenne, une somme en très forte croissance ces dernières années. »
— Étienne Gonnu — April (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)
_Chiffre l'asymétrie de moyens entre les géants et l'écosystème libre dans l'influence des décisions publiques._
« La plateforme Azure de Microsoft, par exemple, repose en grande partie sur des logiciels libres ; ils y ont simplement apposé un logo et embauché des dizaines de milliers de personnes pour la présenter comme un produit. »
— Renaud Chaput — Mastodon (audite, audition de Table ronde, ouverte à la presse, sur le logiciel libre, 2026-05-06)
_Révèle que les géants du cloud américain sont eux-mêmes bâtis sur du logiciel libre, qu'ils revendent comme service propriétaire._
« grâce à nos choix technologiques dans le cloud, nous avons su éviter toute nouvelle dépendance envers les hyperscalers américains. »
— M. Tomasz Blanc — DGFIP (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Revendique une exposition maîtrisée aux Gafam, limitée au seul OS des postes, sans dépendance aux hyperscalers._
« Un acteur comme Microsoft déploie une stratégie de lobbying extrêmement efficace dès le milieu scolaire, et cette approche n’a rien d’anodin puisqu’une personne formée exclusivement sur ces outils dès son plus jeune âge cherchera naturellement à les retrouver dans sa vie professionnelle. »
— M. le général de corps d’armée Marc Boget — Anfsi (audite, audition de M. Tomasz Blanc, 2026-05-07)
_Désigne le lobbying scolaire de Microsoft comme cause structurelle du verrouillage des administrations._
« les trois principaux acteurs américains, les hyperscalers , captent plus de 70 % du marché français du cloud. »
— Benjamin Delozier — DGT (direction générale du Trésor) (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Quantifie la concentration du marché du cloud au profit des acteurs américains._
« Il est donc impératif que l’Europe s’affirme comme un espace d’innovation compétitif et non plus seulement comme une zone de régulation. »
— Benjamin Delozier — DGT (direction générale du Trésor) (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Auto-critique de la doctrine européenne : le Trésor concède que la régulation ne suffit pas et que l'Europe a un déficit d'innovation._
« Cette scorie de croissance impose aujourd’hui des contraintes inédites telles que l’usage forcé de certaines applications, les incitations à l’abandon des droits à la vie privée ou l’omniprésence des contenus sponsorisés. »
— Florent Kirchner — SGPI (secrétariat général pour l’investissement) (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Décrit les externalités négatives du développement organique du numérique dominé par quelques plateformes._
« L’expression de « colonie numérique des États-Unis » est parfois employée pour décrire la situation française. »
— Aurélien Taché (president, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Le président cadre l'audition par une formule forte sur la dépendance quasi-coloniale au numérique américain._
« ce risque de verrouillage par les hyperscalers concerne l’ensemble des intrants critiques de l’intelligence artificielle et qu’au-delà des centres de données et de l’énergie, il s’étend également aux talents ou encore aux puces. »
— Benjamin Delozier — DGT (direction générale du Trésor) (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Élargit le risque de verrouillage à toute la chaîne des intrants IA, au-delà de l'énergie._
« celle de 50 milliards d’euros pour le marché français est un ordre de grandeur plausible. »
— Thomas Courbe — DGE (direction générale des entreprises) (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Fournit un ordre de grandeur du marché français du cloud, sur lequel les 80 % américains sont appliqués._
« nous utilisons au quotidien la suite Microsoft. »
— Benjamin Delozier — DGT (direction générale du Trésor) (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Aveu frappant : l'administration chargée de la souveraineté numérique utilise elle-même la suite Microsoft au quotidien._
« les services du Premier ministre ainsi que ceux de Bercy sont équipés d’ordinateurs fonctionnant sous Windows. »
— Florent Kirchner — SGPI (secrétariat général pour l’investissement) (audite, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_Confirme la dépendance de l'appareil d'État aux logiciels américains jusqu'au plus haut niveau._
« le Cigref évalue à 264 milliards d’euros le montant versé aux acteurs américains pour les services de cloud à l’échelle européenne. »
— Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de M. Thomas Courbe, 2026-05-07)
_La rapporteure introduit un chiffrage de la fuite de valeur vers les acteurs américains du cloud._
« Le peut-elle sans dépendre d’acteurs extra-européens ? La réponse est évidemment non. »
— M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)
_Pose d'emblée le constat de dépendance comme un fait, tout en refusant le renoncement : le débat porte sur le « comment », pas sur le « si »._
« Si nous importons pour cela une technologie non européenne, alors notre déficit commercial augmentera de 1 trilliard »
— M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)
_Chiffre l'enjeu macroéconomique de la dépendance : un transfert de valeur massif hors d'Europe, réinvesti en R&D ailleurs._
« Autrement dit, si l’Europe se contente de fournir l’énergie, 90 % de la valeur partira ailleurs, pour être investie ailleurs, recyclée en R&D, et utilisée comme vecteur de puissance. »
— M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)
_Avertissement chiffré contre le rôle de simple fournisseur d'électrons : l'électron ne pèse que 10 % de la valeur, se limiter à le vendre est un piège stratégique._
« Ce récit est d’autant plus destructeur qu’il est intériorisé par les Européens – on peut parler d’une forme de colonialisme. »
— M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)
_Dénonce un ressort culturel : la défaite européenne se joue aussi dans un récit d'auto-dénigrement importé et intériorisé._
« Il faut absolument le faire ; sinon, nous allons devenir un État vassal. »
— M. Arthur Mensch — Mistral AI (audite, audition de M. Arthur Mensch, 2026-05-12)
_Phrase de clôture retenue explicitement par la présidente comme « le message final » : l'alternative est binaire, souveraineté numérique ou vassalité._
« Les data centers hubs sont exactement le contraire des hyperscalers ou des IA factories dédiés à un seul client, ayant un seul objet et dont les infrastructures n'ont d'ailleurs pas la même pérennité que les nôtres. »
— M. Fabrice Coquio — Digital Realty (audite, audition de M. Fabrice Coquio, 2026-05-12)
_Positionne le modèle mutualisé comme alternative plus résiliente et durable aux méga-installations dédiées aux géants américains._
« On entend en effet régulièrement que 80 % de l'activité de cloud est opérée par des acteurs extra-européens, ce qui ne semble pas correspondre aux chiffres dont vous nous avez fait part, que je ne mets pas en doute mais que j'aimerais mieux comprendre. »
— Mme Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de M. Fabrice Coquio, 2026-05-12)
_La rapporteure confronte le chiffre de 50 % de clients extra-européens avancé par l'audité à la statistique de dépendance au cloud américain, et demande des données écrites._
« À eux trois, Amazon Web Services (AWS), Microsoft Azure et Google Cloud représentent 70 % du marché européen du cloud »
— Philippe Latombe (president, audition de des représentants en France des Gafam, 2026-05-13)
_Le président fixe d’emblée l’enjeu de concentration qui justifie la commission d’enquête : trois acteurs américains dominent le cloud européen._
« Il n’y a, de notre point de vue, qu’un seul véritable sujet de dépendance sur le marché du cloud : c’est la monoculture »
— Frédéric Geraud de Lescazes — Google Cloud (audite, audition de des représentants en France des Gafam, 2026-05-13)
_Google déplace le débat de la dépendance aux acteurs américains vers la dépendance à un fournisseur unique et au vendor lock-in des acteurs historiques._
« Le retard pris dans le cloud est probablement l’un des plus gros problèmes – technologique, économique et de souveraineté – de l’Europe. »
— M. Cédric O (audite, audition de M. Cédric O, 2026-05-13)
_Pose le cloud comme le problème central de souveraineté européenne, avant même l'IA._
« Je vois que l’Assemblée nationale utilise Zoom, ce qui illustre bien la dépendance française aux outils américains. »
— M. Cédric O (audite, audition de M. Cédric O, 2026-05-13)
_Illustration concrète et frappante de la dépendance, prise au sein même de l'institution qui l'auditionne._
« j’ai l’impression que, ces dernières années, les grandes entreprises américaines ont davantage façonné notre avenir que le législateur lui-même. »
— M. Cédric O (audite, audition de M. Cédric O, 2026-05-13)
_Constat politique fort : le pouvoir de façonnage de l'avenir est passé du législateur aux big tech._
« Le Cigref a montré qu'environ 264 milliards d'euros partaient chaque année de l'Europe vers les États-Unis »
— M. Philippe Latombe (president, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Chiffrage de la perte de valeur annuelle qui cadre l'enjeu économique de la dépendance dès l'ouverture._
« 80 % des dépenses de cloud et de logiciels des entreprises et des administrations européennes bénéficient à des acteurs américains. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Chiffre-clé de l'ampleur de la dépendance, répété tout au long des travaux de la commission._
« Il en ressort que douze des quinze domaines les plus critiques sont liés au numérique. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Quantifie la concentration du risque de dépendance dans le numérique parmi les achats critiques de l'État._
« Pendant des années, voire des décennies, la France a vécu dans une forme de confort et d'insouciance numériques, avec des logiciels qui fonctionnaient, des prix qui semblaient acceptables et des dépendances qui semblaient abstraites. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Reconnaissance rare d'une faute collective d'inattention, qui fonde le récit de la « désintoxication »._
« l'Ugap (Union des groupements d'achats publics) mettra fin aux ventes de logiciels Oracle sur son marché dédié, hors renouvellement. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Signal politique fort de rupture avec un fournisseur américain historique dans la commande publique._
« En matière de bureautique, 90 % des dépenses sont tournées vers des acteurs extra-européens, et singulièrement vers Microsoft. »
— M. David Amiel — Gouvernement (audite, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_Chiffre spectaculaire de la dépendance bureautique de l'État à Microsoft._
« Dans le cas d'AWS, pour prendre un exemple connu de tous, le centre de données est situé en France mais la puissance de calcul bénéficie aux Américains, donc la valeur ajoutée repart aux États-Unis. »
— Mme Cyrielle Chatelain (rapporteur, audition de Mme Anne Le Hénanff, 2026-05-20)
_La rapporteure démontre que la localisation physique du data center ne suffit pas : la valeur et le calcul repartent au fournisseur étranger._