Domaine : Filière industrielle nucléaire et compétences · Sujet : perte-competences-nucleaire
Couverture : 75 citations · 12 positions · 25 auditions
_Slugs bruts fusionnés : perte-competences-nucleaire, perte-competences-construction, perte-competences-filiere, perte-competences-pyramide-ages, perte-competences-recrutement, perte-competences-stop-and-go, perte-competences-compagnonnage, fiabilite-filiere-nucleaire, affaiblissement-base-industrielle_
Positions exprimées
- (table ronde) (M. Pierre-Franck Chevet e.a.) : La perte de compétences nucléaires vient de vingt ans sans chantier après la vague des années 1980 et d'un EPR unique privé d'effet d'apprentissage ; la responsabilité est collective et non imputable à EDF seul. _(tranchant 4)_
- M. Antoine Pellion (M. Antoine Pellion) : La perte d'attractivité de la filière relève d'un faisceau de causes (Fukushima, retards EPR, loi) ; il est faux d'imputer la crise de maintenance à la loi de 2015 comme le fait Jean-Bernard Lévy. _(tranchant 4)_
- M. Bernard Fontana (M. Bernard Fontana) : La filière s'était affaiblie jusqu'à une taille sous-critique parce qu'elle n'était qu'exécutante (licenciée), qu'aucun programme ne la faisait travailler et qu'une culture de l'arrêt et du juridique s'était installée. _(tranchant 3)_
- M. Laurent Michel (M. Laurent Michel) : La perte de competences de la filiere est reelle et aurait pu etre mieux anticipee ('probablement') ; des mesures comme le plan Excell ont ete prises mais ne porteront leurs fruits que dans deux decennies. _(tranchant 3)_
- M. Jean-Bernard Lévy (M. Jean-Bernard Lévy) : EDF a les compétences mais pas assez : la filière construction s'est atrophiée faute d'avoir lancé plus d'un réacteur en vingt ans, un manque de bras hérité de décisions antérieures à son mandat. _(tranchant 3)_
- Mme Delphine Batho (Mme Delphine Batho) : Le manque de fiabilite est le probleme majeur de la filiere nucleaire ; aux responsabilites, elle repondrait aujourd'hui 'je ne sais pas' a la question de la date de production de l'EPR. _(tranchant 3)_
- M. Cédric Lewandowski (M. Cédric Lewandowski) : EDF n'a jamais relâché ses efforts sur le parc existant ; la perte d'expérience résulte d'un mouvement massif de départs en retraite difficile à anticiper, pas de défaillances managériales. _(tranchant 2)_
- Mme Catherine Cesarsky (Mme Catherine Cesarsky) : La France a bel et bien perdu des competences du fait de l'espacement des projets et a brade son avance sur les RNR ; il faut tout faire pour se rattraper. _(tranchant 1)_
- (table ronde) (M. Jacky Chorin e.a.) : Le non-renouvellement du parc et la sous-traitance ont fait perdre des competences industrielles ; il faut relancer et prolonger le nucleaire et re-internaliser des competences. _(tranchant 1)_
- Mme Ségolène Royal (Mme Ségolène Royal) : Construire de nouveaux réacteurs est impossible et inutile : le nouveau nucléaire coûte deux fois plus cher, ne garantit pas l'indépendance (uranium/plutonium importés), et l'urgence est de sécuriser et redémarrer les réacteurs existants. _(tranchant 1)_
- M. Hervé Machenaud (M. Hervé Machenaud) : La perte de compétences résulte directement de l'arrêt des constructions à partir de 1998 (Civaux) et du discours de fin du nucléaire ; mais reconstruire est possible, c'est une question de volonté. _(tranchant 1)_
- M. Jean-Christophe Niel (M. Jean-Christophe Niel) : La perte de compétences est le risque majeur, aggravé par l'écart de rémunération de 30 % avec l'industrie et par l'incertitude de la réforme qui peut provoquer des départs au pire moment. _(tranchant 1)_
Citations (verbatim, sourcées)
« Le parc a été construit à marche forcée pendant les années 1980 et nous avons ensuite vingt ans sans projets qui ont été fatals pour la transmission des savoirs techniques. »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Pierre-Franck Chevet e.a., 2022-11-22)
_Citation d'une déclaration de 2018 de Chevet, reprise par le rapporteur comme pivot du diagnostic sur la perte de compétences nucléaires._
« Je considère que cette erreur ne relève pas de la faute seule d’EDF, mais qu’elle est bien collective. »
— Pierre-Franck Chevet (audite, audition de M. Pierre-Franck Chevet e.a., 2022-11-22)
_Chevet refuse de désigner un seul responsable (EDF) et impute la perte de compétences à une décision collective de l'État._
« Non. Je n’ai le souvenir d’aucun politique ni parlementaire qui aurait posé cette question. La responsabilité est collective. Nous avons oublié de prendre en considération l’effet d’apprentissage que j’ai décrit dans notre prise de décision. »
— Pierre-Franck Chevet (audite, audition de M. Pierre-Franck Chevet e.a., 2022-11-22)
_Aveu d'un angle mort collectif (politiques, parlementaires, administration) sur l'effet d'apprentissage du nucléaire._
« La Chine redécouvre ainsi ce que la France a expérimenté dans les années 1980, à savoir la grande efficacité d’un programme majeur, régulier, et susceptible d’entretenir les compétences. »
— Christophe Poinssot (audite, audition de M. Pierre-Franck Chevet e.a., 2022-11-22)
_Contre-exemple chinois (4-6 réacteurs/an, EPR achevés en 5 ans) qui valide a contrario l'effet d'apprentissage perdu en France._
« nous avons constaté une désaffection des jeunes pour le nucléaire ; à l’époque, ils ne voyaient pas d’avenir dans le nucléaire. C’était préoccupant, car les compétences, dans ce domaine, tendaient à disparaître. »
— M. Yannick d’Escatha (audite, audition de M. Yannick d’Escatha, 2022-11-29)
_Seul élément substantiel concédé sur le rapport 2018 : le diagnostic de perte de compétences, devenu de notoriété publique._
« Il fallait que les jeunes puissent se convaincre que le nucléaire avait un avenir : il fallait donc construire, et c’est ce que nous avons dit. L’avenir, c’est faire du neuf. »
— M. Yannick d’Escatha (audite, audition de M. Yannick d’Escatha, 2022-11-29)
_Résume la recommandation cardinale de d'Escatha : seule la relance de construction peut enrayer la fuite des compétences._
« La massive tient au fait que nous avons cessé de construire des centrales nucléaires pendant plus de dix ans, durée pendant laquelle la maîtrise d’un très grand chantier comme celui de la construction d’un réacteur nucléaire a été perdue. »
— M. Yannick d’Escatha (audite, audition de M. Yannick d’Escatha, 2022-11-29)
_Explication centrale de l'échec industriel de Flamanville : l'interruption décennale de construction comme cause première des surcoûts et retards._
« Ce nouveau réacteur a pâti des mêmes problèmes que ceux de l’EPR de Flamanville : ces difficultés ont donc touché l’ensemble de la filière nucléaire française. »
— M. Yannick d’Escatha (audite, audition de M. Yannick d’Escatha, 2022-11-29)
_Généralise le diagnostic : la perte de maîtrise des grands chantiers n'est pas propre à l'EPR mais touche toute la filière (réacteur Jules-Horowitz)._
« Depuis la mise en service du dernier réacteur, celui de Civaux, en 1997, plus rien n’a été construit et l’absence de construction nouvelle allait durablement affecter la résilience de la production d’électricité d’origine nucléaire. Les équipes, en particulier celles d’EDF, se sont dissoutes, et on en mesure aujourd’hui les conséquences. »
— M. Pascal Colombani (audite, audition de M. Pascal Colombani, 2022-11-30)
_Établit le lien causal entre l'arrêt des constructions et la perte de compétences et de résilience constatée aujourd'hui._
« Dans un tel contexte d’affaiblissement, les sociétés se protègent, et c’est ainsi que les juristes ont pris le pouvoir. Ne vous méprenez pas : j’ai beaucoup d’estime pour eux, ils sont très utiles ; mais, parfois, je leur dis gentiment que je n’ai pas encore vu de juriste construire et faire démarrer une centrale nucléaire. »
— M. Bernard Fontana (audite, audition de M. Bernard Fontana, 2022-12-08)
_Diagnostic culturel de la dérive : la protection juridique a supplanté la capacité industrielle de faire._
« J’ai dit à des collègues que s’il n’y avait pas de programmes, nous ferions, avec nos pièces, un musée du maintien des compétences. Nous monterons peut-être ce musée, mais j’espère qu’il sera dépourvu de pièces parce qu’elles seront dans des réacteurs nucléaires. »
— M. Bernard Fontana (audite, audition de M. Bernard Fontana, 2022-12-08)
_Image marquante de la logique Juliette : fabriquer pour entretenir le geste, en pariant sur les commandes futures._
« Régler une chaîne de soudage, cela prend trois ans. Ce sont les règles de la vie industrielle ; vous ne pouvez pas inventer quelque chose comme cela. »
— M. Bernard Fontana (audite, audition de M. Bernard Fontana, 2022-12-08)
_Explique les retards de Flamanville par le temps incompressible de constitution d'une capacité industrielle._
« plusieurs malfaçons techniques, peut-être un peu frauduleuses, ont été identifiées dans la construction nucléaire. »
— M. Laurent Michel (audite, audition de M. Laurent Michel, 2022-12-13)
_Aveu rare evoquant un caractere potentiellement frauduleux de malfacons dans la filiere._
« Davantage d’anticipation de la part des différents acteurs aurait contribué à prendre des mesures de manière plus précoce. »
— M. Laurent Michel (audite, audition de M. Laurent Michel, 2022-12-13)
_Reconnaissance d'un defaut collectif d'anticipation de la perte de competences._
« Probablement. »
— M. Laurent Michel (audite, audition de M. Laurent Michel, 2022-12-13)
_Concession laconique au rapporteur que la perte de competences aurait pu etre mieux identifiee et prevenue._
« Il n’est pas possible d’être compétent et efficace quand on construit un réacteur tous les quinze ans. »
— M. Jean-Bernard Lévy (audite, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Explique l'atrophie de la filière construction par l'absence de chantiers neufs, hérité d'avant son mandat._
« En d’autres termes, nous avons les compétences mais nous n’avons pas assez de compétences. Il me semble avoir parlé à ce sujet d’un « manque de bras ». »
— M. Jean-Bernard Lévy (audite, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Distingue qualité et volume des compétences ; concept du manque de bras central dans son analyse._
« EDF embauche les bras dont elle a l’emploi. »
— M. Jean-Bernard Lévy (audite, audition de M. Jean-Bernard Lévy, 2022-12-14)
_Renverse la logique du débat : ce n'est pas l'attractivité qui manque mais le travail à donner, faute de chantiers._
« J’ai toujours dit que nous étions des nains sur des épaules de géants. On a réussi à faire des choses extraordinaires sur le plan technologique en France : il faut en être fier. »
— Mme Anne Lauvergeon (audite, audition de Mme Anne Lauvergeon, 2022-12-15)
_Plaidoyer pour la fierté et la continuité de l'héritage technologique nucléaire français._
« Si l’on redéveloppe le nucléaire à la hauteur de l’annonce formulée à Belfort par le Président de la République, près de 30 000 personnes seraient nécessaires dans la décennie à venir. »
— M. Patrick Landais (audite, audition de M. Patrick Landais, 2022-12-15)
_Chiffre l'enjeu humain de la relance face à la perte de compétences accumulée._
« Je ne peux m’empêcher de remarquer que la France a bradé son avance sur les RNR, et j’espère qu’elle fera tout pour se rattraper. »
— Catherine Cesarsky (audite, audition de Mme Catherine Cesarsky, 2023-01-12)
_Jugement tranchant sur l'abandon d'Astrid et de la trajectoire RNR._
« La France a certainement perdu des compétences du fait du grand espacement des projets. »
— Catherine Cesarsky (audite, audition de Mme Catherine Cesarsky, 2023-01-12)
_Confirme le diagnostic d'erosion des competences lie a l'absence de projets continus._
« Le passage d’EDF du statut d’établissement public industriel et commercial (Epic) à celui de société anonyme en 2004 a radicalement changé la gestion des effectifs de l’entreprise. »
— Catherine Nicolas-Michon (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Date pivot identifiee comme origine de l'optimisation de la masse salariale._
« Lors de l’arrivée à la tête d’EDF de M. Lévy en 2014, l’entreprise comptait 70 000 salariés, contre seulement 60 000 à la fin de ses deux mandats en 2021. Cette diminution de près de 10 000 salariés en 8 ans n’a pas fait les gros titres des journaux. »
— Catherine Nicolas-Michon (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Chiffre concret de la reduction d'effectifs 'a bas bruit' sous la direction Levy._
« Les compétences nucléaires s’acquièrent dans la durée : il faut plus de dix ans pour construire une centrale nucléaire. »
— Arnaud Barlet (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Justifie l'importance du statut fidelisant face au temps long des competences nucleaires._
« En 2006, au moment de la relance des nouveaux réacteurs, notamment l’EPR, seuls six salariés ont été embauchés en ingénierie nucléaire, qui compte 6 000 salariés. »
— Julien Laplace (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Illustration frappante du stop and go : relance affichee mais embauches quasi nulles._
« EDF compte 220 000 salariés. Selon les estimations, il en faudrait 330 000 pour répondre aux enjeux technologiques soulevés par le développement des nouveaux réacteurs. »
— Philippe Page Le Mérour (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Chiffre l'ampleur du besoin de recrutement (180 000 embauches sur dix ans en tenant compte des departs)._
« Il ne faut pas oublier que les centrales fonctionnent sur des technologies des années 1980, dont la maîtrise ne peut être acquise auprès de l’éducation nationale. »
— Philippe Page Le Mérour (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Argument technique justifiant la formation interne specifique au parc._
« En vingt ans, cinquante-six réacteurs nucléaires ont été construits ; aujourd’hui, en quinze ans, on n’arrive pas à en faire un seul. »
— Philippe Page Le Mérour (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Contraste saisissant entre l'efficacite du plan Messmer et l'enlisement actuel._
« après sept années consécutives de diminution des effectifs, près de trois départements de R&D ont été supprimés. C’est inacceptable. »
— Virginie Neumayer (audite, audition de M. Philippe Page Le Mérour e.a., 2023-01-17)
_Illustration de la baisse de la R&D, contre-signal a la reinternalisation affichee._
« Sur votre dernier point, je suis en désaccord avec les propos de M. Jean-Bernard Lévy. L’ampleur du programme de maintenance est connue depuis plus de dix ans. Tous les paramètres étaient sur la table pour préparer la montée en compétences de la filière de maintenance et donc pour se structurer en réponse. »
— Antoine Pellion (audite, audition de M. Antoine Pellion, 2023-01-18)
_Désaccord nominatif avec l'ex-PDG d'EDF : refuse d'imputer la crise de maintenance à la loi de 2015 ou à un défaut de compétences._
« aucun engagement de série n’avait été pris de 2004 à 2010. »
— M. Cédric Lewandowski (audite, audition de M. Cédric Lewandowski, 2023-01-19)
_Désigne précisément la cause du désengagement de la filière : l'absence de série après l'EPR._
« À aucun moment le groupe EDF n’a relâché ses efforts sur le parc existant. »
— M. Cédric Lewandowski (audite, audition de M. Cédric Lewandowski, 2023-01-19)
_Ligne de défense centrale d'EDF face aux accusations d'attentisme sur la maintenance._
« nos effectifs devraient atteindre près de 300 000 personnes en 2030 pour mettre en place le programme de Belfort. En prenant en compte les départs naturels, le secteur nucléaire devrait procéder à environ 150 000 nouveaux recrutements. »
— M. Cédric Lewandowski (audite, audition de M. Cédric Lewandowski, 2023-01-19)
_Chiffre le défi RH colossal de la relance nucléaire._
« La perte de compétences, d’expérience et de rigueur explique également la mise en œuvre de procédés industriels sans qualification préalable et sans métier. »
— Bernard Doroszczuk (audite, audition de M. Bernard Doroszczuk, 2023-01-24)
_Diagnostic central de la commission : la perte de competences industrielles comme cause profonde des echecs recents._
« Pour autant, nous avons perdu cinq ans et la gestion de ce dossier lors du premier mandat a fragilisé notre filière nucléaire. »
— Jacky Chorin (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Met en cause directement le premier mandat d'Emmanuel Macron dans la fragilisation de la filiere._
« EDF est incapable d’assurer financièrement le renouvellement de son outil industriel, alors que tout le monde savait dès 1980 qu’il faudrait investir massivement pour prolonger ou renouveler le parc nucléaire. »
— Alexandre Grillat (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Souligne que le sous-investissement etait un risque connu de longue date et non une fatalite._
« La construction de l’EPR de Flamanville a quant à elle mis en lumière les pertes de compétence résultant des choix d’organisation de la filière. »
— Julien Lambert (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Relie explicitement Flamanville a la perte de competences industrielles de la filiere._
« Flamanville a été présenté à l’époque, en 2008, comme la vitrine du nucléaire français pour assurer le développement international d’EDF, alors qu’il s’agissait en fait d’un démonstrateur technologique, qui devait permettre de remonter en compétence de construction le jour où le renouvellement du parc aurait été engagé. »
— Alexandre Grillat (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Reinterprete l'echec de Flamanville comme une erreur de positionnement strategique plutot que technique._
« le non-renouvellement du parc nucléaire qui visait à justifier le scénario 100 % renouvelable conduirait à la liquidation de tous les atouts de la France dans le nucléaire civil, entraînant un risque majeur de souveraineté. »
— Julien Lambert (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Position de la CGT liant non-renouvellement du parc et perte de souverainete, en opposition au scenario 100 % EnR._
« la construction de deux réacteurs nucléaires nécessite 3 000 personnes pendant huit ans, puis 800 personnes travaillent sur site pendant quarante ans et encore plusieurs centaines d’autres lors du démantèlement. »
— Alexandre Grillat (audite, audition de M. Jacky Chorin e.a., 2023-01-25)
_Chiffre l'intensite en emplois qualifies durables du nucleaire, oppose aux emplois EnR._
« La capacité à reconstituer des équipes opérationnelles efficaces a certainement été largement sous-estimée. »
— Dominique Maillard (audite, audition de M. Dominique Maillard, 2023-01-26)
_Reconnaissance de la perte de competences industrielles apres l'arret des chantiers nucleaires, cause majeure du retard de l'EPR._
« Le PDG d’EDF Renouvelables nous a indiqué que l’EPR de Flamanville avait été lancé pour faire face à un risque de perte de compétences. Au contraire, les quatre représentants de fédérations syndicales que nous avons auditionnés estimaient que l’EPR était un prototype d’entraînement. »
— M. Maxime Laisney — LFI-NUPES (depute, audition de M. Jean-Louis Borloo, 2023-01-26)
_Confronte deux lectures opposees de la finalite de Flamanville pour faire trancher le temoin._
« Compte tenu du plafonnement à 63,2 GW, le plafonnement du nucléaire devait advenir arithmétiquement. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Explique le mécanisme par lequel la loi plafonnait de fait le nucléaire sans liste de fermetures._
« À ce sujet, je vais vous dire le fond de ma pensée : il serait impossible de construire de nouveaux réacteurs. Où les mettriez-vous ? Imaginez-vous une commune ou un département accepter une nouvelle implantation ? Seriez-vous preneurs, vous, dans vos circonscriptions, d’un réacteur nucléaire ? »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Prise de position tranchée contre le nouveau nucléaire, à rebours de la relance annoncée en 2022, exprimée comme conviction personnelle._
« Au moment où nous parlons, 13 réacteurs se trouvent à l’arrêt. Pourquoi construire de nouveaux réacteurs alors que l’on peut en redémarrer 13 ? »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Argument d'allocation des ressources opposant relance du neuf et remise en service de l'existant._
« le nouveau nucléaire coûte deux fois plus cher que l’ancien nucléaire et que les énergies renouvelables, et votre commission pourra le vérifier. Il ne permet en outre pas de garantir l’indépendance énergétique de la France car nous ne produisons ni plutonium ni uranium. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Argumentaire coût/souveraineté contre le nouveau nucléaire, opposé à la thèse de la souveraineté par le nucléaire._
« Je pense que vous vous situez sur une planète un peu vaporeuse. »
— Mme Ségolène Royal (audite, audition de Mme Ségolène Royal, 2023-02-07)
_Réplique cinglante au député RN Tanguy, point de tension le plus vif de l'audition._
« Ainsi, si dans trente ans nous n’avons pas construit de nouveaux réacteurs, c’est uniquement parce que nous ne l’aurons pas voulu. »
— Hervé Machenaud (audite, audition de M. Hervé Machenaud, 2023-02-08)
_Affirme que la capacité à construire est avant tout une question de volonté politique._
« À la suite d’un certain nombre d’incidents, j’ai réalisé que nous étions tombés encore plus bas que je ne le pensais et qu’il existait des problèmes de fabrication absolument inimaginables dans une organisation nucléaire de qualité. »
— Hervé Machenaud (audite, audition de M. Hervé Machenaud, 2023-02-08)
_Aveu de l'ampleur de la perte de compétences, en réponse à la confrontation du rapporteur._
« Je n’étais pas responsable de ces aspects dans les années 2000, car j’étais en Chine. À mon arrivée, le grand carénage avait été décidé. »
— Hervé Machenaud (audite, audition de M. Hervé Machenaud, 2023-02-08)
_Délimitation de sa responsabilité personnelle dans la chronologie des décisions._
« J’ai du mal à comprendre pourquoi, dans une intervention écrite pour les Annales des Mines – Réalités industrielles du 3 août 2012, vous vantez une filière en capacité de maintenir son savoir-faire et ses capacités industrielles. »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Hervé Machenaud, 2023-02-08)
_Confrontation du rapporteur entre les déclarations publiques passées de Machenaud et le constat de déclin._
« Vous affirmez donc qu’EDF ne porte pas la responsabilité en matière de gestion d’entreprises dans le délitement des compétences et que la responsabilité repose sur les décisions des pouvoirs publics en matière de nucléaire et sur l’atmosphère que ces décisions ont fait peser sur l’industrie. »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de M. Hervé Machenaud, 2023-02-08)
_Reformulation du rapporteur cherchant à faire préciser le partage des responsabilités EDF/État._
« Lorsque je compare la forte puissance du nucléaire civil français de l’époque à ce qu’elle est devenue, j’ai le sentiment d’un très grand gâchis. Nous n’avons plus le leadership mondial dans le domaine du nucléaire civil. Nous sommes désormais devancés par la Chine, la Russie, les États-Unis, voire la Corée du Sud et peut-être bientôt l’Inde. »
— M. Eric Besson (audite, audition de M. Eric Besson, 2023-02-09)
_Formule synthese emotionnelle du declin : le 'tres grand gachis' du leadership nucleaire francais._
« Dix ans après, tout le monde a toujours raison. En novembre 2010, tout le monde pensait que nous n’avions pas perdu la main et que nos ingénieurs savaient faire. »
— M. Eric Besson (audite, audition de M. Eric Besson, 2023-02-09)
_Defense par l'argument de l'epoque : la perte de competences sur Flamanville n'etait pas perceptible alors._
« Si nous voulons nous flageller en permanence, il ne faut pas ensuite être surpris par les effets dont nous chérissons les causes. Nous avons des atouts, que nous nous acharnons à éroder. »
— M. Eric Besson (audite, audition de M. Eric Besson, 2023-02-09)
_Formule la these du declinisme auto-inflige : la France detruirait elle-meme ses atouts par autodenigrement._
« Quand RTE propose un scénario intégrant le nouveau nucléaire, il se fonde sur le niveau des cours d'eau en 2050. Or un réacteur nucléaire ouvert en 2045 sera encore en fonction en 2085 : il faut donc envisager ce que seront les conditions de vie, les écosystèmes et la ressource en eau à cet horizon-là. »
— Mme Delphine Batho (audite, audition de Mme Delphine Batho, 2023-02-09)
_Critique de fond sur le raisonnement a climat constant des scenarios pro-nucleaire._
« Lorsque j'ai affirmé, au nom de la France et devant le peuple français, que l'EPR ouvrirait en 2016, je croyais à la véracité des informations que m'avait données la filière nucléaire, qui, après avoir dit : « c'est sûr, l'EPR ouvrira en 2012 », avait assuré qu'il ouvrirait en 2016. Ce manque de fiabilité de la filière est un problème majeur : on peut parler de fiasco. »
— Mme Delphine Batho (audite, audition de Mme Delphine Batho, 2023-02-09)
_Temoignage personnel sur la perte de credibilite induite par les promesses non tenues de la filiere._
« On ne peut pas jouer avec la crédibilité de la parole publique. Le manque de fiabilité est le problème majeur de la filière nucléaire. La fiabilité est la règle de base de l'industrie ; c'est aussi celle de la politique. »
— Mme Delphine Batho (audite, audition de Mme Delphine Batho, 2023-02-09)
_Generalise le diagnostic de non-fiabilite en principe d'industrie et de politique._
« les opérateurs, à commencer par le plus important d’entre eux, EDF, n’ont pas fait beaucoup d’efforts – je l’affirme sous serment – pour développer les énergies renouvelables à la vitesse qui avait été prévue par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte et par la PPE. »
— Mme Barbara Pompili (audite, audition de Mme Barbara Pompili, 2023-02-15)
_Accusation directe et solennelle (sous serment) contre EDF, mise en cause d'une responsabilite operateur._
« Ils estimaient avoir perdu en compétences car ils n’avaient pas pu construire au fur et à mesure de nouveaux réacteurs. C’est une manière un peu facile de repousser la faute sur les politiques, même si ceux-ci ont leur part. »
— Mme Barbara Pompili (audite, audition de Mme Barbara Pompili, 2023-02-15)
_Renvoie partiellement a EDF la responsabilite de la perte de competences, tout en concedant une part politique._
« je ne suis pas le seul à le dire, l’EPR a souffert d’une perte d’habitude, le dernier réacteur ayant été mis en service en 1998. »
— M. Jean-Christophe Niel (audite, audition de M. Jean-Christophe Niel, 2023-02-16)
_Pointe la perte de compétences industrielles comme cause des difficultés de l'EPR, thème central de la commission._
« l’écart de rémunération entre un expert de l’IRSN et une personne qui a un profil équivalent dans l’industrie atteint 30 %. »
— M. Jean-Christophe Niel (audite, audition de M. Jean-Christophe Niel, 2023-02-16)
_Chiffre concret illustrant la fragilité de l'attractivité de l'expertise publique._
« La moitié des candidats renoncent. »
— M. Jean-Christophe Niel (audite, audition de M. Jean-Christophe Niel, 2023-02-16)
_Mesure crue de la difficulté de recrutement liée aux grilles de rémunération publiques._
« fabriquer un expert ou bien un chercheur en sûreté ou en radioprotection prend des années. »
— Mme Karine Herviou (audite, audition de M. Jean-Christophe Niel, 2023-02-16)
_Justifie l'inquiétude sur le maintien des compétences face à la réforme et à la relance._
« Les universités françaises travaillent très peu sur ces sujets. »
— M. Jean-Christophe Niel (audite, audition de M. Jean-Christophe Niel, 2023-02-16)
_Souligne une faiblesse structurelle de la base de compétences nucléaires françaises comparée aux États-Unis._
« L’un des risques auxquels je serai très attentif est celui de la perte de compétence, la période d’incertitude actuelle pouvant provoquer des départs. »
— M. Jean-Christophe Niel (audite, audition de M. Jean-Christophe Niel, 2023-02-16)
_Lien explicite entre l'incertitude de la réforme et le risque de fuite des compétences._
« S’agissant du nucléaire, nous dépendons de l’uranium importé notamment du Kazakhstan. Il faut se garder de sous-estimer la complexité des chaînes de valeur. Celles-ci impliquent de nombreuses technologies, qui peuvent aussi être source de dépendance. »
— M. Nicolas Hulot (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)
_Hulot conteste l'idee que le nucleaire garantit l'independance, en rappelant la dependance a l'uranium importe et a des chaines de valeur complexes._
« Le nucléaire civil commençait à souffrir d’une perte de compétences. Puisqu’elle ne semblait pas toucher le nucléaire militaire, nous voulions nous inspirer des pratiques du ministère de la défense, notamment pour renforcer l’attractivité de ce secteur. Nous avons été un peu déçus, car le rapport ne traitait finalement pas ce sujet. »
— Mme Michèle Pappalardo (audite, audition de M. Nicolas Hulot, 2023-02-28)
_Pappalardo explique l'intention RH du rapport d'Escatha et sa deception qu'il ait bascule vers une preconisation de construction d'EPR._
« Plusieurs raisons l’expliquent, d’abord les conséquences d’un sous-investissement dans le nucléaire dans la décennie 2000-2010. »
— Élisabeth Borne (audite, audition de Mme Élisabeth Borne, 2023-03-02)
_Désigne une cause antérieure à la majorité actuelle pour expliquer la faible disponibilité du parc._
« Tous les rapports dont nous avons pu disposer mettaient effectivement en lumière une perte de compétences de la filière. »
— Élisabeth Borne (audite, audition de Mme Élisabeth Borne, 2023-03-02)
_Reconnaissance documentée de la perte de compétences, enjeu majeur pour la faisabilité du nouveau nucléaire._
« Quand on parle de souveraineté, il faut s’assurer que l’ingénierie est présente sur notre territoire pour mener les opérations de maintenance et les opérations de construction de nouveaux réacteurs. »
— Élisabeth Borne (audite, audition de Mme Élisabeth Borne, 2023-03-02)
_Lie explicitement souveraineté énergétique et présence d'ingénierie nationale, révélé par la Covid._
« Un certain nombre de questions se posent alors, j’imagine, sur la faisabilité de lancer un nouveau chantier alors que l’EPR précédemment lancé n’est pas encore entré en fonction. »
— Antoine Armand (rapporteur, audition de Mme Élisabeth Borne, 2023-03-02)
_Le rapporteur sonde la cohérence d'un lancement de nouveau nucléaire sans retour d'expérience de Flamanville._
« Rien n’avait été construit depuis la centrale de Civaux, seize ans auparavant, lorsque nous avons lancé l’EPR. »
— Nicolas Sarkozy (audite, audition de M. Nicolas Sarkozy, 2023-03-16)
_Explication centrale des difficultés de l'EPR par la perte de continuité industrielle._
« Dans une maternité, on considère qu’un obstétricien qui fait moins de 300 accouchements par an fait courir un risque à ses patientes, car il perd la main. C’est un peu ce qui s’est passé en matière nucléaire : entre les centrales de Civaux et de Flamanville, nous avons perdu de la substance. »
— Nicolas Sarkozy (audite, audition de M. Nicolas Sarkozy, 2023-03-16)
_Image marquante pour expliquer la perte de compétences par discontinuité des chantiers._