La part du citoyen

Carte politique

Écologiste (NUPES)

Fiche établie à partir des 33 questions du groupe analysées dans le dossier. La totalité des questions est portée par une seule députée, Julie Laernoes, ce qui rend la ligne du groupe particulièrement homogène et identifiable.

1. Ligne du groupe

Nucléaire. Le groupe est résolument antinucléaire, à la fois sur le parc existant et sur la relance. Il conteste la prolongation des réacteurs au-delà de 50-60 ans, jugée non démontrée à l'ASN (M. François Brottes, M. Bernard Doroszczuk, M. Jean-Bernard Lévy), et l'EPR, qualifié d'« inconstructible » et de « fuite en avant » en s'appuyant sur les échecs de Flamanville, Olkiluoto et de l'EPR finlandais (M. François Jacq, M. Pierre Gadonneix, M. Jean-Bernard Lévy). L'EPR 2 est attaqué sur son enceinte simple (M. Bernard Doroszczuk) et sur l'« édulcoration politique » des chiffres de coûts et délais (M. Laurent Michel). Le cycle fermé et le retraitement sont présentés comme un « mythe » ou une « hypocrisie » : Laernoes cherche à requalifier le combustible usé et l'uranium de retraitement en déchets, en invoquant la Cour des comptes et la saturation de La Hague (M. François Jacq, Mme Anne Lauvergeon, M. Pierre-Marie Abadie, M. Philippe Knoche). Le stockage géologique (Cigéo, 100 000 ans) est contesté via l'accident du WIPP (M. François Jacq, M. Pierre-Marie Abadie). La 4e génération (RNR) est traitée comme un débouché absent jusqu'en 2050, ce qui ôte son statut « valorisable » aux matières (M. Philippe Knoche).

Renouvelables / mix / sobriété. Le groupe défend une priorité au triptyque sobriété – efficacité – renouvelables (scénario négaWatt/négaMat, Mme Stéphanie Dupuy-Lyon, M. Yves Bouvier & Mme Nathalie Ortar, M. Jean-Louis Borloo). Argument central et répété : tous les scénarios, même le plus nucléarisé, exigent un fort développement des ENR, et l'on peut se passer de nouveaux réacteurs (M. Xavier Piechaczyk). Le chauffage électrique est posé comme une fragilité structurelle (thermosensibilité, pointes hivernales) et non un atout (M. Laurent Michel, M. Jean-Bernard Lévy, M. Pierre-Marie Abadie).

Marché européen & ARENH. L'électricité est défendue comme un « bien public et commun » à soustraire à la logique libérale du marché, générateur de volatilité (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel, M. Jacky Chorin e.a.). Le dossier ne fait pas apparaître de question ciblée sur l'ARENH nommément ; la critique reste au niveau du principe de libéralisation.

Souveraineté / Europe. Le groupe retourne l'argument de souveraineté contre le nucléaire : il rappelle la dépendance à l'uranium importé (Niger, Kazakhstan, « 90 % sous influence russe/chinoise »), aux contrats Rosatom/Tenex et aux transferts technologiques vers la Chine (M. Bernard Fontana, M. Henri Proglio, Mme Anne Lauvergeon, Mme Corinne Lepage, M. Eric Besson). À l'inverse, le vent et le soleil sont présentés comme « non importés », donc vecteurs de vraie souveraineté (M. Eric Besson, M. Pierre-Marie Abadie). Le groupe est pro-européen sur les interconnexions et plaide un grand plan d'investissement public-privé coordonné avec l'UE pour réindustrialiser les filières ENR (notamment le photovoltaïque face au dumping chinois) (M. Jacques Percebois & M. Xavier Jaravel, Mme Catherine MacGregor).

Responsable de la perte de souveraineté. Le groupe désigne le tout-nucléaire historique et les choix d'investissement d'EDF/Areva (priorité à l'export – Abu Dhabi, UraMin –, Hinkley Point plutôt que Flamanville, sous-investissement ENR) (M. Pierre Gadonneix, M. Henri Proglio, Mme Anne Lauvergeon, Mme Ségolène Royal), l'inaction de l'État ayant saboté l'objectif des 50 % et les ENR (M. Pierre-Marie Abadie, M. Jean-Louis Borloo, Mme Delphine Batho), et le lobby nucléaire (SFEN, Voix du nucléaire, pantouflage, financements) (M. Bernard Fontana, Mme Corinne Lepage, Mme Dominique Voynet).

2. Stratégie de questionnement

La posture dominante est l'instruction à charge : le groupe ne cherche pas à s'informer mais à faire valider sa propre thèse antinucléaire et à fragiliser le récit pro-nucléaire. Patterns récurrents :

Ces excès de longueur et l'usage en tribune sont signalés : le président interrompt pour « conception personnelle des choses » (M. François Jacq). En M. Jacky Chorin e.a., Laernoes affiche une neutralité (« je pose des questions sans donner d'opinion ») que le dossier qualifie d'apparente, ses questions restant orientées.

3. Députés clés