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La déontologie des journalistes et les comités d'éthique

Le corpus fait de la déontologie l'un des points de friction majeurs de la commission, articulé autour d'une question récurrente : à quoi servent, et comment doivent fonctionner, les instances internes de contrôle éthique du service public.

Constats partagés. Plusieurs auditionnés convergent sur l'idée que la « neutralité » — mot du titre de la commission — n'est pas le bon critère. Selon Kathleen Grosset (CDJM, Audition, ouverte à la presse), « la neutralité n'existe pas. Tout acte journalistique est forcément un choix » ; on lui préfère « l'honnêteté de l'information ». Pierre Savary (ESJ Lille, Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) juge que « le simple fait de choisir de traiter un sujet ou un autre est déjà un parti pris ». Emmanuelle Daviet (Radio France, Mme Emmanuelle Daviet) distingue la déontologie (règles formelles, charte de Munich) de l'éthique (« boussole morale personnelle ») — distinction que le président conteste, la déontologie s'imposant selon lui à tous les salariés. La méthode, plutôt que le statut ou le format (TikTok, YouTube), est présentée comme le vrai gage de fiabilité (Marie Mawad, Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism).

Désaccords sur les comités. Le rapporteur Charles Alloncle voit une carence dans le faible volume d'avis du comité de France Télévisions (« six en cinq ans », Mme Christine Albanel) face à « une trentaine » à Radio France, et le président Patrier-Leitus (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) juge son « utilité pas toujours évidente ». À l'inverse, Christine Albanel (Mme Christine Albanel) défend une « cellule souple » et refuse que le comité « devienne un nouveau petit Arcom » ; Brigitte Benkemoun (Mme Christine Albanel) rappelle qu'il n'est « ni un tribunal, ni une police de l'information » ; Françoise Benhamou (Chipip, Mme Emmanuelle Daviet) refuse d'augmenter ses moyens, le comité ayant un rôle « pédagogique », non de veille ou de sanction.

Militant, journaliste, connivence. Clivage net sur la frontière entre engagement et information. Le pôle critique (Bréon, de Rugy, M. François de Rugy e.a.) veut « distinguer clairement à l'antenne un militant d'un expert » ; QuotaClimat estime que la transparence des convictions (cas Hugo Clément) « tient lieu de déontologie ». Clément (M. Hugo Clément) refuse la « course à la pureté » et la « dissociation entre un compte privé et un compte public ». Sur la fréquentation des politiques, Léa Salamé (Mme Léa Salamé) et Élise Lucet (Mme Élise Lucet) revendiquent de ne jamais déjeuner avec eux, quand Gilles Bornstein (M. Gilles Bornstein) et Patrick Cohen (M. Patrick Cohen) y voient une recherche d'information : « l'impartialité ne se mesure pas dans les bistrots ni dans les chambres à coucher » (Cohen).

Chiffres et cas concrets. Le CDJM (Émilie Poirrier, Audition, ouverte à la presse) relève 328 actes de saisine audiovisuels au 8 janvier 2026, « 159 pour le service public, 163 pour le privé ». France Télévisions invoque une procédure renforcée touchant « douze collaborateurs » en cinq ans (Sitbon-Gomez, M. Stéphane Sitbon-Gomez) et annonce une « direction de la vérification, de l'éthique et de la transparence » (Martinetti, M. Stéphane Sitbon-Gomez). Cas récurrents : le bandeau « 200 otages » du 25 janvier 2025 (reconnu comme erreur ayant entraîné des sanctions), l'affaire Cohen-Legrand, ou le contenu Slash de Diane Saint-Réquier (« 11 posts sur 12 000, soit 0,09 % », de Raguenel, Mme Tiphaine de Raguenel). Côté régulation, Bruno Lasserre (M. Martin Ajdari) propose que l'Arcom devienne « le régulateur des processus » plutôt que des incidents, sur le modèle du « BBC First ».

Qui en parle

  • Charles Alloncle (rapporteur, UDR) : ligne à charge ; carence des comités, deux poids deux mesures, encadrement des propos personnels et des mobilités public-privé.
  • Jérémie Patrier-Leitus (président) : critique l'inefficacité perçue des comités et la « confusion des statuts », mais recadre plusieurs fois la commission hors de la « politique spectacle ».
  • Christine Albanel, Brigitte Benkemoun, Françoise Benhamou, Emmanuelle Daviet, Jérôme Cathala : instances internes (comités d'éthique, Chipip, médiation) qui défendent un rôle léger, pédagogique, non répressif.
  • Kathleen Grosset, Émilie Poirrier, Yann Guégan (CDJM), Thibaut Bruttin (RSF) : autorégulation externe, primauté de l'« honnêteté » sur la neutralité.
  • Écoles de journalisme (Savary, Mawad, Schwartz) : la méthode et la charte de Munich comme cœur de la déontologie.
  • Cohen, Legrand, Salamé, Lucet, Bornstein, Bloch, Clément : praticiens exposant leurs règles personnelles ; désaccords sur connivence et engagement.
  • Bruno Lasserre, Martin Ajdari (Arcom / Conseil d'État) : débat sur un régulateur « des processus » et le cas Berahou.
Interventions regroupées (133 citations · 30 auditions)

Domaine : Indépendance des rédactions, pressions et déontologie · Sujet : deontologie-journalistes

Couverture : 133 citations · 20 positions · 30 auditions

_Slugs bruts fusionnés : deontologie-journalistes, deontologie-ethique, deontologie-independance, deontologie-methodes, deontologie-scrupule, deontologie-charte-ethique, deontologie-chartes-ethique, deontologie-comite-ethique, deontologie-controle-editorial, comite-ethique-role, comite-ethique-chipip, comites-ethique, comites-ethique-arcom, moyens-comite-ethique, role-sdj-deontologie, encadrement-deontologie, cas-pratiques-deontologie, mediation-france-televisions, mediation-role, autosaisine-mediatrice, methodologie-journalistique, militantisme-engagement-journaliste, militantisme-vs-journalisme, deontologie-sanctions-achilli, berahou-deontologie-arcom_

Positions exprimées

  • M. Thomas Legrand (M. Thomas Legrand) : La vidéo viole toutes les règles du métier (floutage de la source, contradictoire, contexte) ; ses auteurs ne sont pas des journalistes. _(tranchant 5)_
  • Mme Christine Albanel (Mme Christine Albanel) : Le comité ne doit pas devenir « un nouveau petit Arcom » ni se doter d'une veille permanente ; elle revendique une « cellule souple » de bénévoles et ne réclame pas plus de moyens. _(tranchant 4)_
  • (table ronde) (Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism) : La méthodologie journalistique rigoureuse, adossée à la déontologie et aux chartes (1918/1938/2011, Munich 1971), est le cœur de la formation et le seul véritable critère de fiabilité d'une source, indépendamment du format (TikTok, YouTube) ou du statut. _(tranchant 4)_
  • Mme Laurence Bloch (Mme Laurence Bloch) : Le service public repose sur l'honnêteté, la correction des erreurs, la loyauté envers tous les auditeurs et, par-dessus tout, le « scrupule ». _(tranchant 4)_
  • M. Hugo Clément (M. Hugo Clément) : Hugo Clément : il assume prendre position en citoyen sur des faits scientifiques (pesticides, loi Duplomb, élevage intensif), y compris sur ses réseaux ; refuse la dissociation compte privé/public et la « course à la pureté » ; l'écologie est une science avant d'être un positionnement politique. _(tranchant 4)_
  • (table ronde) (M. François de Rugy e.a.) : Pôle critique (Bréon, de Rugy, Woessner) : il faut distinguer clairement à l'antenne un militant d'un expert scientifique ; le statut de celui qui parle est décisif et doit être transparent. QuotaClimat nuance : la transparence des convictions (ex. Hugo Clément) tient lieu de déontologie. _(tranchant 4)_
  • Mme Christine Albanel (Mme Christine Albanel) : Le comité ne « sert » pas à rien : ses avis sont entendus et ses recommandations utiles, même si ses missions gagneraient à être clarifiées par le législateur. _(tranchant 3)_
  • Mme Laurence Franceschini (Mme Laurence Franceschini) : Pour les journalistes (salariés de droit privé), l'obligation de réserve et la charte déontologique sont plus pertinentes que la neutralité ; un journaliste engagé peut informer honnêtement (Lécuyer, Trouillard, Franceschini). _(tranchant 3)_
  • Mme Delphine Ernotte Cunci (Mme Delphine Ernotte Cunci) : Le Chipip est une instance indépendante que l'entreprise n'a pas vocation à « saisir » ; il n'est pas l'alpha et l'oméga du fonctionnement. La bonne réponse est de renforcer ses moyens d'autosaisine et ses retours au conseil d'administration. _(tranchant 3)_
  • (table ronde) (Audition, ouverte à la presse) : L'autorégulation déontologique indépendante (du pouvoir et des médias eux-mêmes) est la clé pour restaurer la confiance ; il faut que davantage de grands médias y adhèrent et la financent. _(tranchant 3)_
  • Mme Léa Salamé (Mme Léa Salamé) : Elle refuse cafés et déjeuners avec les responsables politiques, écrit elle-même ses questions, ne parle jamais à ses invités avant de les recevoir, et refuse de commenter le travail ou les propos rapportés de ses confrères. _(tranchant 3)_
  • M. Gilles Bornstein (M. Gilles Bornstein) : Fréquenter et déjeuner avec les politiques est de la recherche d'information, pas de la connivence ; il s'astreint à l'impartialité dans un cadre déontologique ferme, ton de plateau compris. _(tranchant 3)_
  • Mme Tiphaine de Raguenel (Mme Tiphaine de Raguenel) : Slash est soumis exactement aux mêmes règles que les antennes, avec validation collégiale et comité de déontologie ; les erreurs sont rares (11 posts sur 12 000, soit 0,09 %), reconnues et corrigées, et les processus ont été renforcés. _(tranchant 3)_
  • M. Martin Ajdari (M. Martin Ajdari) : Foued Berahou n'est pas membre du collège mais d'un comité technique régional aux compétences limitées ; ses propos, antérieurs à sa nomination, ne justifiaient pas de sanction, seulement un rappel à l'obligation de réserve. _(tranchant 3)_
  • Mme Emmanuelle Daviet (Mme Emmanuelle Daviet) : Daviet : la médiatrice ne peut structurellement pas s'autosaisir ni s'exprimer à titre personnel ; elle est tenue à une stricte neutralité et n'entend pas réécrire son statut. _(tranchant 2)_
  • Mme Emmanuelle Daviet (Mme Emmanuelle Daviet) : Benhamou : le Chipip n'est ni juge, ni régulateur, ni instance de sanction ou de décision ; sa vocation est pédagogique, via avis et recommandations, dans l'indépendance. _(tranchant 2)_
  • Mme Emmanuelle Daviet (Mme Emmanuelle Daviet) : Benhamou : il ne faut pas nécessairement augmenter les moyens ; le comité n'a pas vocation à une veille exhaustive (rôle de l'Arcom) mais à une réflexion de fond sur des sujets complexes. _(tranchant 2)_
  • Mme Emmanuelle Daviet (Mme Emmanuelle Daviet) : Daviet : distinguer la déontologie (règles formelles, charte de Munich) de l'éthique (boussole morale personnelle) ; le président objecte que la déontologie s'impose à tous les salariés quel que soit leur statut. _(tranchant 2)_
  • M. Valéry Lerouge (M. Valéry Lerouge) : Les SDJ sont des vigies strictement éditoriales et déontologiques, apolitiques et distinctes des syndicats ; elles ne traitent ni RH ni salaires. _(tranchant 2)_
  • M. Takis Candilis (M. Takis Candilis) : Candilis admet qu'un encadrement législatif « mérite d'être envisagé », mais souligne qu'une clause de non-concurrence ou un délai de carence exige une contrepartie financière, faute de quoi le contrat devient « léonin » : on ne peut interdire à quelqu'un de travailler sans le rémunérer. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« le fait que ces dernières soient peu nombreuses n’est pas forcément un mauvais signe en soi. Cela peut également signifier que le nombre de sujets suffisamment aigus pour justifier une saisine n’est pas très élevé, ce qui correspond aux enquêtes qui montrent que les Français accordent une confiance relativement forte dans l’audiovisuel public. »

Christine Albanel — Comité d'éthique de France Télévisions (audite, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Thèse centrale de défense de la principale : le faible nombre de saisines n'est pas une défaillance mais le signe d'une confiance du public. Lecture contestée par le rapporteur, qui y voit une carence._

« depuis décembre 2019 et janvier 2020, nous n’avons subi aucune pression interne et personne ne nous a demandé d’intervenir ou de ne pas intervenir. »

Jérôme Cathala — Médiateur de France Télévisions (audite, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Affirmation d'indépendance des médiateurs : aucune pression interne depuis leur prise de fonction. Déclaration sous serment ; non vérifiable par le comité de la commission._

« Comment justifiez-vous ce rapport d’un à cinq entre votre volume de travail et celui de Radio France ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Angle du rapporteur : opposer le faible volume d'avis du comité de France Télévisions (six en cinq ans) à celui de Radio France (une trentaine) pour établir une sous-activité. Chiffres avancés par le rapporteur._

« Encore une fois, le but n’est pas que le comité d’éthique devienne un nouveau petit Arcom. La tendance française à faire grossir les structures n’est pas souhaitable. »

Christine Albanel — Comité d'éthique de France Télévisions (audite, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Position doctrinale de la principale : elle revendique un comité léger et refuse le renforcement de moyens/veille que réclament rapporteur et députés. Établit sa ligne, mais aussi la limite de son action._

« Nous ne sommes pas l’équivalent de la « police des polices » de l’information à France Télévisions. Notre fonction n’est pas de surveiller tous les journaux télévisés pour sanctionner. Nous ne sommes ni un tribunal, ni une police de l’information. »

Brigitte Benkemoun — Comité d'éthique de France Télévisions (audite, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Défense de la nature du comité face à la pression du rapporteur (bandeau « otages ») : le comité ne serait pas un organe de contrôle systématique ni de sanction. Réponse à l'attente d'autosaisine._

« Le fait que des journalistes rencontrent des politiques est une pratique constante et normale, qui fait partie de la vie démocratique. En revanche, que des conversations captées à l’insu des intéressés soient publiées est très discutable. »

Christine Albanel — Comité d'éthique de France Télévisions (audite, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Cadrage de la principale sur l'affaire Cohen-Legrand : elle déplace le reproche déontologique du contenu de la conversation vers le mode d'enregistrement à l'insu. Point contesté par le rapporteur (constat d'huissier)._

« C’est, de très loin, la question qui nous est la plus fréquemment posée. »

Jérôme Cathala — Médiateur de France Télévisions (audite, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Révélation contre-intuitive : le sujet le plus fréquent adressé aux médiateurs n'est pas la partialité politique mais les anglicismes et la défense de la langue française. Nuance le récit d'un public obsédé par le biais idéologique._

« l’affaire Cohen - Legrand, qui a suscité de si nombreux articles, ne nous a valu qu’environ 25 courriels. En comparaison, le conflit Israël-Hamas en a déclenché beaucoup plus »

Jérôme Cathala — Médiateur de France Télévisions (audite, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Le médiateur relativise la place de l'affaire Cohen-Legrand dans les préoccupations réelles du public (25 courriels) face à la couverture médiatique. Chiffres avancés en réponse implicite aux insistances du rapporteur._

« Je conteste tout à fait l’idée que nous ne servirions à rien ! Je conviens que l’on pourrait à l’avenir clarifier nos rôles et nos missions mais je pense que nos avis sont entendus et que nos recommandations ne sont pas du tout inutiles. »

Christine Albanel — Comité d'éthique de France Télévisions (audite, audition de Mme Christine Albanel, 2025-12-04)

_Réponse frontale de la principale aux attaques répétées des députés RN (« à quoi servez-vous ? »). Défense de l'utilité du comité tout en concédant un besoin de clarification._

« si l'on poussait le raisonnement à son terme, on n'organiserait pas de débat du tout. »

Laurence Franceschini — Conseil d'État (ancienne DAJ du CSA, membre CNIL, CA de France Médias Monde) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Réponse à Alloncle : une neutralité absolue de l'éditorialiste rendrait le débat impossible ; le pluralisme exigeant définit la neutralité (décision CC de 1986)._

« un journaliste apparenté à une tendance politique, syndicale ou autre peut parfaitement informer honnêtement le public. »

Guillaume Lécuyer — Avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation (comité d'éthique RMC-BFM) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Distingue opinion personnelle du journaliste et honnêteté de l'information ; la diversité d'opinions des journalistes concourt paradoxalement au pluralisme. L'instrument est l'obligation de réserve / la charte, pas la neutralité._

« il vaudrait mieux parler, s'agissant de salariés, d'obligation de réserve mais ce n'est pas l'état actuel du droit. »

Guillaume Lécuyer — Avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation (comité d'éthique RMC-BFM) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Répond à Alloncle : le terme « neutralité » est jugé trop vague pour des salariés ; l'obligation de réserve serait préférable, mais ce n'est pas le droit positif._

« les écarts constatés sur Radio France et France Télévisions sont liés non pas à un problème de définition des concepts, mais à un problème de gouvernance que je soulignais déjà dans ma thèse. »

Pauline Trouillard — Chercheuse en droit des médias (post-doctorante, CNRS / Université de Rennes) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Déplace le diagnostic du terrain sémantique (neutralité/impartialité) vers la gouvernance interne ; « écarts constatés » présentés comme son analyse, non démontrés._

« Idéalement, les journalistes de CNews seraient tenus au même respect de ces règles, car ils ont une carte de presse et une responsabilité envers le public. »

Pauline Trouillard — Chercheuse en droit des médias (post-doctorante, CNRS / Université de Rennes) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Refuse une déontologie à deux vitesses public/privé ; cite CNews comme exemple de média privé qui devrait être tenu aux mêmes règles._

« Le 25 janvier 2025, France Info.tv a diffusé à l’antenne un bandeau d’informations indiquant « 200 otages palestiniens retrouvent la liberté ». Il s’agissait en réalité de détenus palestiniens qui avaient été condamnés pour des crimes terroristes et antisémites. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Delphine Ernotte Cunci, 2025-12-10)

_Cas le plus documenté du volet neutralité : le rapporteur s'appuie sur l'audition du Chipip (qui a reconnu ne pas avoir saisi l'Arcom et l'avoir regretté). Fait rapporté et reconnu par France Télévisions comme une erreur ayant entraîné des sanctions internes._

« Nous avons auditionné celui de France Télévisions et son utilité ne nous a pas toujours paru évidente, avec des saisines peu nombreuses et un conseil d’administration qui ne le saisit jamais. »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Jugement du président sur l'inefficacité perçue du comité d'éthique de France Télévisions ; nourrit la réflexion sur la gouvernance déontologique de l'audiovisuel public._

« Le simple fait de choisir de traiter un sujet ou un autre est déjà un parti pris. L’essentiel réside dans le traitement qui en est fait et la démarche journalistique adoptée. »

Pierre Savary — ESJ Lille (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Cœur de la défense des écoles : l'objectivité absolue n'existe pas, l'impartialité se joue dans la méthode et l'honnêteté intellectuelle, pas dans la neutralité des choix. Réponse de fond à l'accusation de partialité._

« Un élément essentiel de leur formation est d’apprendre à penser contre soi-même, à cultiver une distance critique et à préserver une grande ouverture au monde. »

Marie Mawad — École de journalisme de Sciences Po (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Formule pédagogique reprise ensuite par Schwartz : « penser contre soi-même » présenté comme antidote au biais militant. Argument central de la défense des écoles._

« Le 21 septembre 2025, sur le plateau de « C politique » sur France 5, la journaliste Judith Perrignon a comparé l’hommage rendu à Charlie Kirk, tué quelques heures auparavant, à un meeting nazi. Ces propos n’ont pas été contredits à l’antenne. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Cas concret soumis par le rapporteur, tiré du service public (France 5), pour tester la déontologie enseignée. Les intervenants disent ne pas connaître l'épisode et renvoient au régulateur._

« Je n’ai pas de commentaire personnel à apporter sur cet épisode. S’il pose problème, il appartient au régulateur de s’en saisir. »

Arnaud Schwartz — IJBA / conférence des écoles de journalisme (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Refus réitéré de commenter un cas individuel, renvoyé à l'Arcom. Illustration de la prudence des auditionnés que le président déplorera ensuite._

« Cependant, je ne lèverai pas la séance tant que nous n’aurons pas également traité de la question de l’enseignement et de la formation des journalistes, qui sont des sujets essentiels pour notre commission d’enquête. Celle-ci ne doit pas se limiter à de la politique spectacle. »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Recadrage majeur du président, distanciant explicitement la commission de la « politique spectacle » incarnée par la ligne à charge du rapporteur. Révèle la tension interne au sein de la commission._

« Hannah Arendt parlait de la « véracité de fait » comme étant la plus fragile mais aussi la plus têtue. Faisons confiance aux journalistes pour éclairer le monde le plus honnêtement possible. »

Arnaud Schwartz — IJBA / conférence des écoles de journalisme (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Ancrage philosophique de la défense des écoles : la qualité de l'information, plus que le pluralisme, comme enjeu central. Plaidoyer de confiance envers les journalistes._

« Il existe des journalistes professionnels qui n’informent leur audience que sur TikTok ou YouTube. Ce qui fait d’eux une source d’information fiable, c’est leur méthode, qui s’appuie sur la déontologie. »

Marie Mawad — École de journalisme de Sciences Po (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Réponse de la doyenne à la question réglementaire : le critère n'est pas le format ni la carte de presse mais la méthode. Déplace le débat du statut vers la déontologie._

« Je préfère qu’une sanction individuelle soit incomprise plutôt que le soupçon pèse sur le collectif, car la confiance du public est et restera toujours notre priorité. »

Sibyle Veil — Radio France (audite, audition de Mme Sibyle Veil, 2025-12-17)

_Justification de fond de la doctrine de sanction de la présidente : protéger la confiance collective quitte à sanctionner un individu._

« il y a un principe de droit civil selon lequel le silence ne vaut pas acceptation ; or, dans la vidéo, M. Patrick Cohen ne dit rien. »

Sibyle Veil — Radio France (audite, audition de Mme Sibyle Veil, 2025-12-17)

_Argument de la présidente pour justifier l'absence de sanction contre Cohen ; contesté par Parmentier (RN) qui affirme que Cohen parle et acquiesce dans la vidéo._

« le racisme n’est pas une opinion : c’est un délit pénal »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Mme Adèle Van Reeth, 2025-12-18)

_Cadrage solennel d'ouverture : le président condamne l'emploi du mot « raciste » par une députée la veille à l'égard de la chroniqueuse Sophia Aram. Position du président, pas un fait établi sur le fond de l'affaire._

« Trouvez-vous drôle et convenable qu’un humoriste appelle à des viols, à des violences contre des femmes, sous prétexte qu’elles sont blanches ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Adèle Van Reeth, 2025-12-18)

_Le rapporteur cite une chronique de Jessé (« Zoom zoom zen », 26 novembre) pour mettre la direction au défi de la qualifier autrement que comme de l'humour. Angle : délégitimer le refuge du droit à l'humour. Propos cités attribués au chroniqueur, non établis par la commission._

« les traitant de « fils de pute » et d’« enculés » »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Adèle Van Reeth, 2025-12-18)

_Le rapporteur rappelle les propos de François Morel visant les journalistes ayant diffusé les vidéos de l'affaire Legrand-Cohen, et demande quelle suite la direction entend donner. Propos cités, attribués au chroniqueur._

« Nous avons créé une procédure renforcée qui a concerné, ces cinq dernières années, douze collaborateurs dans le strict respect de la loi. »

M. Stéphane Sitbon-Gomez — France Télévisions (audite, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Défense chiffrée du principal sur les conflits d’intérêts : existence d’une charte déontologique et d’une procédure renforcée post-2015. Ne répond pas aux montants d’indemnités demandés (renvoyés à l’écrit / secret de la vie privée)._

« nous allons créer une direction de la vérification, de l’éthique et de la transparence, dès le mois de janvier. »

M. Philippe Martinetti — France Télévisions (audite, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Annonce concrète et datée d’une nouvelle structure interne de déontologie, en réponse aux critiques sur l’éthique. Engagement organisationnel vérifiable dans le temps._

« l'impartialité ne se mesure pas dans les bistrots ni dans les chambres à coucher, ou alors c'est qu'on a basculé dans un autre régime politique »

Patrick Cohen — France Inter (Radio France) (audite, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Thèse centrale de défense de Cohen : l'impartialité se juge sur les productions publiques, pas sur les propos privés ; formule frappante qui deviendra un point d'ancrage du débat._

« un journaliste n'est responsable et redevable que de ce qu'il dit, écrit et publie »

Patrick Cohen — France Inter (Radio France) (audite, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Principe déontologique posé par Cohen pour disqualifier tout reproche fondé sur des propos privés ; ligne de partage avec la lecture du rapporteur._

« Il ne s'agissait pas d'un simple échange informel entre journalistes et politiques, comme il en existe tous les jours, mais d'une rencontre à caractère politique visant à définir une ligne éditoriale dans le but de désavantager une candidate aux élections municipales. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Thèse d'accusation du rapporteur, qui fonde l'audition : la rencontre ne serait pas anodine mais une manœuvre éditoriale contre Dati. Affirmation contestée par Cohen et par une partie des députés, non établie._

« Pourquoi ces méthodes vous semblent-elles légitimes lorsqu'elles visent d'autres personnes, mais inacceptables lorsqu'elles vous visent, vous ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Attaque du rapporteur sur une prétendue incohérence de Cohen (approbation des caméras cachées de Lucet/Waleckx, de l'enregistrement de Wauquiez, mais indignation quand il est visé). Cherche à établir un deux poids deux mesures._

« Non, je ne les condamne pas car je n'ai aucun doute sur les intentions et l'esprit de Thomas Legrand. »

Patrick Cohen — France Inter (Radio France) (audite, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Point de solidarité assumé de Cohen : il refuse de condamner les propos de Legrand, contrairement à la présidente de Radio France qui parlait de « maladresse ». Choix revendiqué qui alimente l'accusation._

« Quand tous ont entendu ces mots : « On est là pour tuer des Blancs », vous, vous avez fait la sourde oreille. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Accusation centrale du rapporteur sur Crépol : Cohen aurait tu le mobile raciste. Le rapporteur présente comme avérée une phrase et une préméditation que Cohen conteste au regard de l'enquête judiciaire ; faits contestés, non tranchés._

« je considère que mon métier n'est pas de donner mes opinions et encore moins, peut-être, d'avoir des opinions. »

Patrick Cohen — France Inter (Radio France) (audite, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Conception très singulière du métier d'éditorialiste défendue par Cohen : refus revendiqué d'avoir des opinions arrêtées, à rebours de l'image courante de l'éditorialiste. Rare et clivant._

« un journaliste peut-il « faire ce qu'il faut », c'est-à-dire utiliser sa fonction pour influencer une élection et, en l'occurrence, soutenir le Parti socialiste contre une candidate qui est par ailleurs votre ministre de tutelle ? »

Virginie Duby-Muller — DR (depute, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Duby-Muller (DR), corapporteure de la réforme de l'audiovisuel, reconnaît le caractère contestable de la captation mais pose la question de fond déontologique : l'usage de la fonction pour peser sur une élection contre la ministre de tutelle._

« En manquant de déontologie, vous contribuez largement à la montée de l'extrême droite, car vous lui donnez des armes. »

Ersilia Soudais — LFI-NFP (depute, audition de M. Patrick Cohen, 2025-12-18)

_Soudais (LFI) attaque Cohen non sur la neutralité mais sur l'honnêteté (affaire Ali Benali 2019, épinglé par Acrimed comme « médiacrate ») ; retourne l'argument en le rendant coresponsable de la montée du RN._

« Pour me préserver de la connivence, je me suis fixé quelques règles, qui s’inspirent – mais cela n’a rien d’original – de la célèbre formule d’Hubert Beuve-Méry : le journalisme, c’est le contact et la distance. »

M. Thomas Legrand — Libération (audite, audition de M. Thomas Legrand, 2025-12-18)

_Legrand oppose à l'accusation de connivence une doctrine professionnelle explicite ; argument à décharge sur sa méthode de travail._

« un vrai journaliste aurait pratiqué ce qu’on appelle « le contradictoire ». Dans notre profession, un rédacteur en chef qui se respecte n’aurait jamais laissé publier une telle vidéo sans demander aux journalistes de donner la parole aux personnes mises en cause. »

M. Thomas Legrand — Libération (audite, audition de M. Thomas Legrand, 2025-12-18)

_Legrand retourne le grief déontologique contre les auteurs de la vidéo : ce qu'il présente comme la règle professionnelle (le contradictoire) n'aurait pas été respecté._

« j’étais certain que vous alliez faire à tout le moins amende honorable et nous dire qu’effectivement, vous n’auriez pas dû tenir ces propos devant des cadres du Parti socialiste, qu’en tant que journaliste, vous aviez des règles de déontologie, que c’était au moins une maladresse. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Thomas Legrand, 2025-12-18)

_Le rapporteur explicite ce qu'il attendait de l'audition — un aveu de maladresse — révélant l'objectif de la séquence : obtenir un regret._

« Dans son billet d’humeur du 12 septembre 2025, François Morel a qualifié sur France Inter les journalistes de L’Incorrect de, je le cite, « fils de pute » et d’« enculés », expliquant que ces insultes lui étaient venues naturellement pour commenter la publication de la vidéo vous concernant, vous et Monsieur Cohen. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Thomas Legrand, 2025-12-18)

_Le rapporteur demande à Legrand de condamner des propos tenus sur le service public pour le défendre ; ouvre le grief sur la teneur de l'antenne publique._

« Vous n’ignorez pas que Philippe Pétain est responsable de la collaboration avec le régime nazi, de la suppression des libertés et de la déportation et de l’extermination de Juifs français. Où situez-vous la frontière entre la critique et la diffamation ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Thomas Legrand, 2025-12-18)

_Le rapporteur interroge Legrand sur son tweet « Bolloré = Pétain » et la limite entre critique et diffamation ; le président l'oblige ensuite à préciser que le tweet accompagnait une une du JDD._

« J’ai toujours été plutôt défavorable à l’idée qu’on établisse un code de déontologie très ferme parce que le journalisme est un métier de liberté. »

M. Thomas Legrand — Libération (audite, audition de M. Thomas Legrand, 2025-12-18)

_Prise de position de fond sur la régulation de la profession : hostilité à un code déontologique contraignant, au nom de la liberté ; réponse à la question de Maurel sur le label._

« Je remarque qu'en réponse à plusieurs questions que je vous pose, vous m'indiquez que cela pourrait sortir de votre domaine de compétence. Cela nourrit une forme de frustration de ma part… »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Emmanuelle Daviet, 2026-01-20)

_Le rapporteur explicite sa frustration face aux renvois répétés des auditionnées à leur statut et à leur champ de compétence ; révèle le blocage structurel de l'audition._

« Le Chipip n'est pas une instance de sanction. Il n'est pas non plus une instance de décision. Nous ne sommes ni un juge ni un régulateur externe doté de moyens. »

Françoise Benhamou — Comité d'éthique (Chipip) de Radio France (audite, audition de Mme Emmanuelle Daviet, 2026-01-20)

_Benhamou circonscrit d'emblée la nature du comité : ni juge, ni régulateur, ni sanction — un rôle pédagogique par avis et recommandations. Cadre la portée limitée de ce que la commission peut en attendre._

« Il ne faut pas nécessairement augmenter les moyens du comité. »

Françoise Benhamou — Comité d'éthique (Chipip) de Radio France (audite, audition de Mme Emmanuelle Daviet, 2026-01-20)

_Réponse contre-intuitive au rapporteur qui cherchait à faire dire que le manque de moyens entrave la mission ; Benhamou refuse le cadrage et défend un comité de réflexion, non de veille._

« Quelle autre institution de service public en France fait ce travail de transparence ? À ma connaissance, aucune. »

Emmanuelle Daviet — Médiation des antennes de Radio France (audite, audition de Mme Emmanuelle Daviet, 2026-01-20)

_Argument de valorisation du dispositif de médiation (publication hebdomadaire des critiques d'auditeurs) présenté comme unique dans le paysage audiovisuel. Auto-évaluation à noter comme telle._

« Comme l'indique mon statut, je ne peux pas m'autosaisir. En outre, en tant que médiatrice de Radio France, je n'ai pas à m'exprimer sur un plan personnel concernant l'action que vous décrivez. »

Emmanuelle Daviet — Médiation des antennes de Radio France (audite, audition de Mme Emmanuelle Daviet, 2026-01-20)

_Position récurrente de la médiatrice, opposée à l'insistance du rapporteur pour un avis personnel (cas Planète Boum Boum). Rappelle la contrainte structurelle de la fonction de médiateur._

« En fait, l'éthique est la question que l'on se pose dans son intimité lorsque la déontologie ne suffit pas. C'est vraiment la boussole d'un journaliste ou d'un chroniqueur. »

Emmanuelle Daviet — Médiation des antennes de Radio France (audite, audition de Mme Emmanuelle Daviet, 2026-01-20)

_Distinction conceptuelle posée par la médiatrice entre déontologie (règles formelles) et éthique (réflexion morale personnelle), invitée à structurer les futures recommandations de la commission._

« dans notre champ de compétence, la déontologie, la neutralité n'existe pas. Tout acte journalistique est forcément un choix. Au terme d'impartialité, nous préférons celui d'honnêteté de l'information. »

Kathleen Grosset — CDJM (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Prise de position frontale du CDJM sur la notion même de « neutralité » qui donne son titre à la commission : elle n'existe pas ; on lui préfère l'honnêteté. Position doctrinale, pas un fait._

« Quant à une autosaisine sur CNews, vous faites erreur. Notre seule autosaisine, qui a donné lieu à un avis, concernait la « Une » du nouveau Journal du Dimanche après la prise de participation de Bolloré. »

Kathleen Grosset — CDJM (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Correction factuelle adressée au président : le CDJM ne s'est pas autosaisi de CNews, contrairement à ce qu'affirmait la question introductive. Établit une rectification, pas un jugement sur CNews._

« Parmi ces actes, 328, soit environ 40 %, concernent des médias audiovisuels : 159 pour les chaînes du service public, 163 pour celles du privé et 6 concernant les chaînes parlementaires. »

Émilie Poirrier — CDJM (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Donnée chiffrée neutre du CDJM au 8 janvier 2026 : les saisines déontologiques se répartissent quasi à parité entre service public (159) et privé (163), ce qui relativise l'idée d'une déviance propre au public. Statistiques de saisines, biaisées par l'origine (public), comme le précise la déléguée._

« RSF défend les journalistes, les journalistes dignes de ce nom, qui font un travail d'information générale et ne sont pas des acteurs de la vie politique. »

Thibaut Bruttin — RSF (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Réponse de RSF au cas du journaliste iranien Nima Avidnia, dont le rapporteur reproche le refus de soutien : RSF distingue journaliste et acteur politique pour justifier sa sélection. Explication de doctrine._

« Le CDJM a considéré que non, parce que l'information est d'intérêt public. »

Yann Guégan — CDJM (audite, audition de Audition, ouverte à la presse, 2026-01-21)

_Le CDJM justifie qu'une méthode déloyale (caméra cachée de Cash Investigation chez un fournisseur de Decathlon en Chine) peut être conforme à la déontologie si l'info est d'intérêt public et non obtenable autrement. Réponse méthodique à l'attaque du rapporteur sur Cash Investigation._

« Comment expliquer qu’en 2025, au sein du premier groupe audiovisuel de France, qui est, de plus, public, c’est-à-dire payé par nos impôts, un syndicat important, la CGT, puisse décider de lancer une campagne de harcèlement contre une journaliste, simplement parce qu’elle a osé rédiger un article qui relate des faits de recueillement, à Paris, concernant les événements du 7 octobre ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Accusation la plus grave portée par le rapporteur contre la CGT (« campagne de harcèlement » contre Claire Koç). Il s'agit d'une accusation du rapporteur, contestée par la CGT ; le lien de causalité harcèlement/communiqué n'est pas établi par la commission._

« cette consœur, qui n’a pas été victime d’une campagne de harcèlement. Il y a eu une communication syndicale à la suite d’un article dont le traitement de l’actualité n’apparaissait pas équilibré à notre syndicat, puisqu’il ne remettait pas les choses en perspective. »

Mme Eléonore Duplay — CGT (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_La CGT récuse le terme de « harcèlement », requalifie son action en simple « communication syndicale » sur un article jugé déséquilibré, et affirme que ses propres élus ont ensuite été harcelés. Version frontalement opposée à celle du rapporteur._

« l’article n’adopte qu’un seul point de vue, celui d’une communauté juive qui se sent légitimement meurtrie par ce massacre, mais sans jamais le resituer dans un conflit plus large. Il reprend pour une bonne part les thèses du Crif [...], qui prétend représenter l’ensemble des Juifs de France, ce qui est loin d’être le cas. »

Mme Eléonore Duplay — CGT (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Lecture verbatim par la CGT de son propre communiqué, à la demande du président. Le contenu (reproche d'un « seul point de vue » et de reprise des « thèses du Crif ») est ce qui a suscité la polémique. Restitue la matière brute du grief, sans la valider._

« s’il était candidat à la présidentielle, il est évident que nous imposerions les règles déontologiques qui sont celles du service public : Léa Salamé devra se retirer de l’antenne. »

M. Alexandre Kara — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Règle conditionnelle posée par Kara : le retrait n’interviendra qu’à la déclaration officielle de candidature, ce que le rapporteur juge trop tardif._

« Alors que M. Glucksmann laisse planer le doute quant à son intention d’être candidat à l’élection présidentielle, pourquoi ne pas appliquer un sain principe de précaution pour prévenir toute forme de conflit d’intérêts ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Thèse du rapporteur : un principe de précaution devrait primer sur l’attente d’une déclaration formelle de candidature._

« « L’antisémitisme, ça existe dans ce pays », me dit Alexis Corbière ; je lui réponds : « la quête du vote musulman aussi ». »

Mme Nathalie Saint-Cricq — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Restitution par Saint-Cricq de l’échange contesté sur le « vote musulman », qu’elle assume totalement, contre l’accusation d’« islamophobie » portée par LFI._

« Linh-Lan Dao ne l’a pas fait. Elle l’a reconnu : elle n’avait pas à participer à cet événement, encore moins sans nous en avoir avertis et sans l’avoir déclaré. Il y a donc eu sanction. »

Mme Muriel Pleynet — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Reconnaissance d’un manquement déontologique d’une fact-checkeuse (participation à une réunion LFI) et d’une sanction, dont la nature est ensuite refusée._

« jamais je n’ai parlé à mes invités avant de les recevoir. »

Léa Salamé — France Télévisions (audite, audition de Mme Léa Salamé, 2026-02-02)

_Réponse à la question sur les questions/dépêches négociées à l'avance : Salamé revendique de ne jamais préparer ses interviews avec les invités et de refuser cafés et déjeuners avec les politiques._

« Je ne commente pas les propos rapportés de mes collègues ; je commente ce que je dis et ce que je fais. »

Léa Salamé — France Télévisions (audite, audition de Mme Léa Salamé, 2026-02-02)

_Ligne de défense récurrente face aux questions du rapporteur sur d'autres journalistes (Cohen/Legrand, Caroline Roux) : refus de commenter des collègues, en particulier sur des propos rapportés._

« ce qui faisait une bonne interview, c’était le moment, pas ma question, qui à la limite peut aussi bien être bonne ou non. »

Léa Salamé — France Télévisions (audite, audition de Mme Léa Salamé, 2026-02-02)

_Réponse aux critiques (Maurel GDR, Soudais LFI) sur l'infotainment et la recherche du « moment » : Salamé recontextualise la phrase tronquée et l'assume comme quête d'un moment de vérité, non de spectacle._

« chercher de l'info, c'est fréquenter les femmes et les hommes politiques, notamment déjeuner avec eux. »

Gilles Bornstein — France Télévisions (audite, audition de M. Gilles Bornstein, 2026-02-02)

_Bornstein assume la fréquentation des politiques comme travail journalistique et non comme connivence, en réponse à la question du rapporteur sur les pressions._

« comment la responsable du décryptage et du fact checking d'une antenne du service public peut-elle selon vous participer à une réunion publique avec un député, quel que soit le parti auquel celui-ci appartient ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Gilles Bornstein, 2026-02-02)

_Le rapporteur pointe un possible conflit déontologique (fact-checkeuse aux côtés d'un député LFI) et l'opacité de la sanction, interrogeant l'indépendance de la rédaction._

« J'ai vu la note du CDJM concernant mon interview de Rima Hassan – étant précisé que France Télévisions n'adhère pas à cet organisme. »

Gilles Bornstein — France Télévisions (audite, audition de M. Gilles Bornstein, 2026-02-02)

_Bornstein relativise la portée de la note du Conseil de déontologie journalistique en soulignant que France Télévisions n'y adhère pas, tout en reconnaissant les critiques._

« je constate que vous n'avez pas l'intention d'être impartiale ! »

Gilles Bornstein — France Télévisions (audite, audition de M. Gilles Bornstein, 2026-02-02)

_Riposte vive à la députée LFI Soudais qui l'accusait d'une « obsession » anti-Mélenchon ; illustre la tension entre l'auditionné et l'opposition de gauche._

« En somme, notre seul but est d’être des vigies et de veiller à l’indépendance éditoriale de nos rédactions. »

M. Valéry Lerouge — SDJ France TV rédaction nationale (audite, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Définit la mission que se donnent les SDJ : vigilance éditoriale et déontologique, distincte du rôle syndical. Position de principe, pas un fait vérifiable en soi._

« C’est une SDJ sûrement plus politisée que la nôtre, qui est totalement apolitique ; il n’y a aucun syndicaliste dans notre SDJ. »

M. Valéry Lerouge — SDJ France TV rédaction nationale (audite, audition de M. Valéry Lerouge, 2026-02-03)

_Lerouge distingue sa SDJ (rédaction nationale, non signataire) de la SDJ France 3 signataire de la tribune, qu'il présente comme plus politisée. Affirmation de Lerouge sur le positionnement d'une autre SDJ._

« Nous devons enquêter pour savoir s’il y a des journalistes voyous dans le service public. »

Ayda Hadizadeh — SOC (depute, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_La députée SOC réclame les preuves pour que la commission fasse son travail, retournant l’exigence de vérité contre la ministre : soit l’accusation est étayée, soit elle ne peut rester en l’air._

« Je trouve qu’appeler au meurtre ou souhaiter la mort de quelqu’un n’est pas de l’humour. »

Rachida Dati — Ministère de la culture (audite, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_Réponse à Jacobelli (RN) sur la séquence Camille Lorente : Dati trace une limite personnelle (l’appel au meurtre sort de l’humour et de la liberté d’expression) tout en refusant d’intervenir sur l’éditorial._

« le final cut lui est toujours revenu. Il s’agissait de protéger l’information, les journalistes et l’antenne. »

Laurence Bloch — Radio France (ancienne dirigeante) (audite, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Établit son modèle de gouvernance de l'information : la directrice de l'information (Catherine Nayl) tranche en dernier ressort, la direction d'antenne n'interfère pas. Argument d'indépendance interne._

« Vous ne pouvez pas dire que France Inter a été le relais de la propagande. L’ambassadeur d’Iran a été interrogé, de façon extrêmement vive, par deux journalistes. »

Laurence Bloch — Radio France (ancienne dirigeante) (audite, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Récuse la qualification de « relais de propagande » avancée par le rapporteur : interroger vivement un représentant d'État n'est pas cautionner ses propos. Défense du principe d'interview journalistique._

« Le boulot d’un journaliste, c’est d’interroger, c’est de poser des questions. Celui de la justice est de juger. »

Laurence Bloch — Radio France (ancienne dirigeante) (audite, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Formule synthétique de sa ligne de défense sur l'invitation de l'ambassadeur d'Iran : distinction des rôles entre journalisme et justice. Réponse aux relances insistantes du rapporteur (Kim Jong Un, Poutine)._

« Si Guillaume a quitté Inter, c’est parce qu’il a considéré que tous les auditeurs ne se valaient pas ; ça, c’est insupportable. C’est un défaut de loyauté à l’égard des auditeurs. C’est la raison pour laquelle Guillaume a été licencié. »

Laurence Bloch — Radio France (ancienne dirigeante) (audite, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Version de Bloch sur le licenciement de Guillaume Meurice : non sa blague mais un « défaut de loyauté » envers les auditeurs après récidive. Éclaire sa doctrine de l'humour (liberté totale mais loyauté aux auditeurs). Récit de l'auditionnée._

« ce principe majeur qu’est le scrupule, parce qu’il faut avoir du scrupule les uns envers les autres. »

Laurence Bloch — Radio France (ancienne dirigeante) (audite, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Mot de la fin de son plaidoyer, érigeant le « scrupule » en valeur cardinale du service public. Envoi rhétorique fort en clôture d'audition._

« Comprenez-vous qu’une antenne du service public français, l’une des toutes premières radios de France, ait pu servir de relais à la propagande d’un représentant d’un État terroriste, lui permettant notamment de nier des crimes de masse à l’antenne, alors qu’ils sont établis ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Le rapporteur qualifie l'interview de l'ambassadeur d'Iran de « relais de propagande » et demande des excuses. La qualification « relais » est son affirmation, contestée par l'auditionnée ; les crimes du régime iranien sont invoqués comme contexte à charge._

« C’est le principe du journalisme d’interroger les grands de ce monde, les citoyens. Ce n’est ni de la complaisance ni du temps d’antenne : ce sont des interviews. »

Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Le président vient au soutien de l'auditionnée sur l'invitation de l'ambassadeur d'Iran, requalifiant l'exercice en interview journalistique légitime. Nouvelle divergence apparente entre président et rapporteur._

« En tout état de cause, on ne diffuse jamais des images d’une caméra cachée qu’un inconnu nous aurait confiées. »

Élise Lucet — France Télévisions (audite, audition de Mme Élise Lucet, 2026-02-10)

_Règle déontologique revendiquée pour éviter la manipulation ; recoupée plus tard avec l'affaire L'Incorrect (Cohen-Legrand)._

« Je ne petit-déjeune, déjeune, bois un café ou ne dîne jamais avec des hommes ou des femmes politiques, ni avec des chefs d’entreprise sur lesquels nous enquêtons. »

Élise Lucet — France Télévisions (audite, audition de Mme Élise Lucet, 2026-02-10)

_Règle d'hygiène déontologique revendiquée par Lucet pour établir sa distance avec les puissants. Réponse à une question de la députée LFI sur Rachida Dati._

« Je crois avoir compris que dans le cas de L’Incorrect , c’est un lecteur, ou du moins quelqu’un qui n’est pas journaliste, qui aurait enregistré les propos, en coupant sa caméra à plusieurs reprises. Je répète que je ne suis pas là pour m’exprimer sur les méthodes des autres médias, mais seulement sur les nôtres. »

Élise Lucet — France Télévisions (audite, audition de Mme Élise Lucet, 2026-02-10)

_Lucet refuse de condamner la méthode de L'Incorrect (affaire Cohen-Legrand) mais oppose ses propres règles (tournage en continu, contrôle collectif) au stop and go d'un non-journaliste._

« D’après ce que j’ai compris, un communiqué de presse de l’Efsa, l’Autorité européenne de sécurité des aliments disait : « Plus de 97 % des aliments contiennent des résidus de pesticides dans les limites légales. » On voyait cette citation à l’écran – c’est ce que pouvait lire le téléspectateur. En revanche, il est vrai que la voix off n’a pas lu la phrase dans son intégralité, et c’était une erreur. »

Sophie Le Gall — France Télévisions (audite, audition de Mme Élise Lucet, 2026-02-10)

_Concession de Le Gall : reconnaissance d'une erreur de lecture de la citation Efsa dans le reportage pesticides de 2016. Rare admission d'erreur dans l'audition._

« En l'occurrence, il y a clairement eu un non-respect de la procédure. Je venais d'arriver et je me suis séparé de Jean-Pierre Canet, qui est néanmoins un excellent journaliste. J'ai estimé qu'il avait failli à son métier. »

M. Yannick Letranchant — France Télévisions (audite, audition de M. Yannick Letranchant, 2026-02-11)

_Reconnaissance par Letranchant d'un manquement procédural ayant conduit au drame de Mossoul (2017) et au départ du rédacteur en chef d'« Envoyé spécial ». Fait établi par l'auditionné lui-même sur un événement grave._

« Pourquoi ce « deux poids, deux mesures » ? »

M. Charles Alloncle (rapporteur, audition de M. Tristan Waleckx, 2026-02-12)

_Angle récurrent du rapporteur : opposer le traitement critique du media training de Bardella à la préparation, financée sur fonds publics, des salariés de France TV._

« Pourquoi avoir, d’une certaine façon, menti sur le titre de votre émission pour accéder au parc ? »

M. Charles Alloncle (rapporteur, audition de M. Tristan Waleckx, 2026-02-12)

_Mise en cause déontologique (charte de Munich) sur le reportage Puy du Fou : le titre annoncé aux organisateurs différait du titre définitif._

« Le complotisme, ce n’est pas seulement inventer des faits ; cela peut consister aussi à ne prendre qu’une partie des faits pour essayer de les tordre et pour prouver son a priori et sa théorie de départ. »

M. Tristan Waleckx — Complément d'enquête (France Télévisions) (audite, audition de M. Tristan Waleckx, 2026-02-12)

_Retournement rhétorique contre l'approche chronologique du rapporteur, qualifiée implicitement de raisonnement complotiste._

« Un député a même tweeté que « Complément d’enquête » faisait du « gangstérisme journalistique ». »

M. Tristan Waleckx — Complément d'enquête (France Télévisions) (audite, audition de M. Tristan Waleckx, 2026-02-12)

_Illustration, par l'audité, du climat de défiance et d'attaques déontologiques dont l'émission se dit victime depuis l'audition de Dati._

« Dès lors qu’il est flouté, n’importe qui peut porter des accusations »

M. Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Tristan Waleckx, 2026-02-12)

_Le président soulève une réserve déontologique sur l'usage de témoignages anonymisés non contredits (reportage Sénat), au nom de la confiance des Français._

« Enfin, Slash est soumis exactement aux mêmes règles que l’ensemble des antennes de France Télévisions : une responsabilité éditoriale pleine et entière, un processus collégial de choix des programmes et de validation des publications, une vigilance sur les incarnations et les formats, une obligation d’impartialité et de pluralisme. »

Tiphaine de Raguenel — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Affirmation de conformité qui sera mise à l'épreuve par les cas soulevés ensuite : elle établit le standard que la commission va confronter aux faits._

« Comment expliquer que, sur une chaîne ou une plateforme du service public, une jeune femme fasse la promotion d’un site érotique pour lequel elle gagne, selon les informations que nous avons obtenues, environ 20 000 euros par mois ? »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Question d'ouverture du président ; le chiffre de 20 000 euros/mois est présenté comme une information « obtenue », donc une affirmation non établie de la commission, pas un fait vérifié._

« Cependant, en laissant une place peut-être trop importante au récit personnel, sans ajouter suffisamment de mise en perspective, de contextualisation, voire de contradictoire, nous sommes restés à la surface de ce que nous souhaitions aborder. »

Alexandre Dureux — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Concession partielle : reconnaissance d'un traitement éditorial défaillant, tout en maintenant l'intention initiale de décryptage. Établit un aveu de faiblesse, pas d'intention promotionnelle._

« Il est resté exactement 42 minutes en ligne et a été retiré avant 9 heures du matin. »

Tiphaine de Raguenel — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Chiffre de défense précis destiné à minimiser l'exposition du contenu contesté ; met en avant la réactivité du retrait._

« Le fait que ce contenu a été validé me choque au plus haut point. »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Le président déplace le reproche du retrait vers la validation elle-même : ce n'est pas la polémique mais l'existence d'un feu vert éditorial qui pose problème._

« Il ne passerait plus. »

Alexandre Dureux — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Engagement ferme et lapidaire ; concession nette obtenue par le président._

« Ces 11 posts sur 12 000 publiés sur la période en question représentent 0,09 % d’erreur. L’erreur zéro n’existe pas, même si nous essayons le plus possible de nous en rapprocher. »

Amandine Roussel — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Recadrage quantitatif face au chiffre de 500 posts avancé par le rapporteur : la direction ramène le litige à 11 posts sur 12 000, chiffre qui reste sa propre estimation._

« Un article du Parisien il y a quelques jours rapportait que des consignes étaient données aux salariés de France Télévisions venant devant la commission d’enquête de donner des réponses « longues, techniques, chiantes et édifiantes ». J’ai comme l’impression que vous êtes peut-être passés par cette formation. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Attaque sur la posture supposée des auditionnés, fondée sur un article de presse ; affirmation non établie que la commission ne prouve pas. Sert à disqualifier par avance les réponses détaillées._

« Comment de tels propos, qui appellent explicitement à la violence, sont-ils compatibles avec les responsabilités et les exigences d’exemplarité qui s’imposent à une figure quasi journalistique du service public ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Question qui pose le principe de responsabilité du service public sur les propos personnels de ses figures ; qualifie Saint-Réquier de « figure quasi journalistique » pour lui appliquer un devoir d'exemplarité qu'elle contestera._

« Pour nous, tant que ses propos n’étaient pas repris dans le cadre de l’émission Sexy Soucis ou sur les plateformes de France Télévisions, aucun problème ne se posait. »

Tiphaine de Raguenel — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Position de principe la plus clivante de l'audition : le périmètre de la responsabilité éditoriale s'arrête aux contenus publiés, pas aux propos personnels des collaborateurs. Jugée « grave » par le président._

« Vous venez d’expliquer que, parce qu’elle n’était pas salariée de France Télévisions, ce qu’elle pouvait écrire sur Twitter ne vous regardait pas ! »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Le président reformule la position de la direction pour en souligner la portée qu'il juge inacceptable ; établit le point de rupture entre la commission et France Télévisions._

« Le contrôle éditorial que nous exerçons sur les auteurs ou les producteurs s’applique aux contenus que nous publions sur nos antennes et non à leurs propos personnels. »

Tiphaine de Raguenel — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Reformulation défensive du périmètre de responsabilité, maintenue face à l'insistance du président._

« Cependant, nous n’avons pas la capacité matérielle de vérifier l’intégralité des comptes de réseaux sociaux de toutes les personnes avec qui nous travaillons. Notre responsabilité éditoriale consiste à valider les contenus que nous diffusons. »

Alexandre Dureux — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Nuance opérationnelle : existence d'une procédure d'e-réputation mais limite matérielle assumée ; recentre la responsabilité sur les contenus diffusés._

« Nous sommes l’équipe actuelle de Slash et nous avons beaucoup parlé de publications datant d’il y a plusieurs années, qui n’étaient pas sous notre responsabilité. Nous sommes frustrés de ne pas avoir pu exposer tout le travail réalisé par nos équipes depuis deux ans. »

Amandine Roussel — France Télévisions (audite, audition de Mme Tiphaine de Raguenel, 2026-02-12)

_Contestation implicite de la méthode de la commission : reprocher à l'équipe actuelle des contenus antérieurs à sa prise de fonctions. Établit un désaccord sur le cadre de l'audition._

« Le fait de ne pas être formellement salarié du service public, tout en étant rémunéré par lui, vous autorise-t-il à adopter une posture militante sur vos réseaux sociaux privés ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Formulation centrale de la ligne du rapporteur : le statut de prestataire rémunéré par l'argent public ne dédouanerait pas des obligations de neutralité, même sur des chaînes privées._

« Cette forme de course à la pureté ne correspond pas à ma démarche. »

M. Hugo Clément — Winter Productions / Vakita (producteur, non salarié FTV) (audite, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Clément récuse l'exigence d'exemplarité totale (« tu défends l'environnement mais tu as un iPhone ») comme argument de disqualification. Position._

« je suis tour à tour qualifié de « facho » ou de « bobo ». »

M. Hugo Clément — Winter Productions / Vakita (producteur, non salarié FTV) (audite, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Clément se dit inclassable et indifférent aux étiquettes politiques ; répond à l'introduction du président sur les polémiques._

« Je suis libre, je dis ce que je veux, que cela plaise ou non, et c'est un point essentiel dans ma manière de travailler. »

M. Hugo Clément — Winter Productions / Vakita (producteur, non salarié FTV) (audite, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Clément fonde sa liberté de parole sur son absence de lien salarial avec France Télévisions, argument central du débat sur le statut des figures du service public. Position._

« je ne crois plus que quiconque adhère encore à l'idée d'une dissociation entre un compte privé et un compte public : les gens ne sont pas dupes, nous sommes une seule et même personne. »

M. Hugo Clément — Winter Productions / Vakita (producteur, non salarié FTV) (audite, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Clément rejette la solution du « compte perso » distinct proposée par le président ; assume la porosité entre journaliste et citoyen. Position tranchée._

« nous sommes, me semble-t-il, dans un moment où la confusion est devenue telle quant à la position depuis laquelle chacun s'exprime, en tant que journaliste, militant ou responsable politique, que cette indistinction finit par abîmer, voire dévoyer, le débat démocratique. »

M. Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Thèse de fond du président : la confusion des statuts (journaliste/militant/politique) dévoie le débat démocratique. Justification de l'angle de la commission._

« vous portez, monsieur Clément, une responsabilité morale dans la montée de l'extrême droite en France »

Mme Ersilia Soudais — LFI-NFP (depute, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Accusation frontale de la députée LFI : le dialogue de Clément avec l'extrême droite (Bardella, Rachline) la réhabilite. Reproche à charge, inverse de celui du rapporteur ; appréciation politique, non un fait._

« le débat, l'échange, ainsi que la confrontation des idées et des points de vue, sont toujours préférables à la violence, au lynchage et au déchaînement de violences politiques à l'encontre de celles et ceux qui ne pensent pas comme vous. »

M. Hugo Clément — Winter Productions / Vakita (producteur, non salarié FTV) (audite, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Réponse de Clément à Soudais : défense du dialogue avec tous les électorats (RN inclus) au nom de l'écologie « qui n'appartient à personne ». Position revendiquée._

« Tout le monde gagne de l'argent sur l'agriculture, sauf les agriculteurs. »

M. Hugo Clément — Winter Productions / Vakita (producteur, non salarié FTV) (audite, audition de M. Hugo Clément, 2026-02-24)

_Punchline de Clément défendant la paysannerie contre l'agriculture industrielle (élevage intensif, PAC). Position militante assumée._

« justice est passée et, maintenant, miséricorde doit passer. »

M. Vincent Bolloré — Compagnie de l'Odet / Groupe Bolloré (audite, audition de M. Vincent Bolloré, 2026-03-24)

_Justification du maintien puis du départ de Jean-Marc Morandini sur CNews par le registre du pardon chrétien. Réponse à Taillé-Polian (EcoS) ; formulation clivante sur un cas pénal._

« Sans rémunération en face, le contrat devient léonin, vous le savez très bien. »

M. Takis Candilis — producteur audiovisuel (ex-France Télévisions) (audite, audition de M. Takis Candilis, 2026-03-25)

_Objection concrète de Candilis aux clauses de non-concurrence proposées par la commission : elles supposent une contrepartie financière, sinon le contrat est déséquilibré._

« Une telle mesure ne serait ni de droite ni de gauche : elle relèverait du bon sens. »

M. Charles Alloncle (rapporteur, audition de M. Takis Candilis, 2026-03-25)

_Le rapporteur préfigure une recommandation du rapport (interdiction pluriannuelle de rejoindre un prestataire) et la présente comme non partisane — geste de légitimation dans une commission contestée._

« je précise qu'il n'y a pas de régime dérogatoire pour France Télévisions ou Radio France : la loi encadre les allers et retours des agents publics et des élus mais ces règles, notamment inscrites dans le code pénal, ne s'appliquent pas aux salariés des entreprises publiques. »

M. le président Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Takis Candilis, 2026-03-25)

_Précision juridique du président qui recadre l'accusation d'« opacité » : ce n'est pas un privilège mais une lacune légale ; ouvre la porte à une recommandation législative._

« ce que vous suggérez peut appauvrir nos contenus : pour ma part je défends le mouvement des experts et des compétences. »

Mme Catherine Alvaresse — KM Production (groupe Banijay) (audite, audition de M. Takis Candilis, 2026-03-25)

_Position de fond d'Alvaresse : un encadrement trop strict des mobilités public-privé nuirait à la qualité éditoriale ; elle accepte néanmoins un cadre._

« Depuis mars 2018, une clause relative au respect de la charte éthique de France Télévisions a été introduite dans les contrats de France Télévisions et de ses filiales, notamment en ce qui concerne les publications sur les réseaux sociaux. Mais cette clause ne figurait pas dans le contrat de Diane Saint-Réquier. »

Mme Tiphaine de Raguenel — France Télévisions (directrice des publics et de la stratégie éditoriale) (audite, audition de M. Alexandre Dureux, 2026-03-25)

_Établit un vide contractuel expliquant l'absence de contrôle des réseaux sociaux de l'intéressée, et documente un durcissement ultérieur des règles. Concède une lacune passée tout en la circonscrivant._

« Comment garantissez-vous l’équilibre entre la liberté d’opinion journalistique et le contrôle – je ne parle pas de censure ? »

M. François-Xavier Ceccoli (president, audition de M. Alexandre Dureux, 2026-03-25)

_Question du président se voulant « dépassionnée », qui reconnaît que la critique de partialité vaut aussi pour des médias qualifiés d'extrême droite. Cherche la mécanique de garantie du pluralisme, restée sans réponse précise._

« Radio France a commencé à travailler sur un baromètre, qui est intéressant, mais encore incomplet. France Télévisions réfléchissait également à un outil comparable. »

M. Denis Morineau — Médias citoyens (audite, audition de M. Aymeric de Lamotte, 2026-03-26)

_Element factuel : les entreprises publiques developpent leurs propres outils de mesure du pluralisme. Morineau les juge encourageants mais insuffisants face a une mesure objective par l'Arcom._

« À tout le moins, il serait indispensable de distinguer clairement à l’antenne un militant d’un expert scientifique. »

François-Marie Bréon — ancien président de l'AFIS, Collège de France (audite, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Recommandation opérationnelle et consensuelle de la table ronde : signaler à l'antenne le statut de l'intervenant. Reprise par le président en conclusion._

« Dans le service public, 90 % des cas proviennent d’invités ouvertement politiques. »

Jean Sauvignon — QuotaClimat (audite, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Argument à décharge du service public : la mésinformation y viendrait d'invités politiques identifiés, non des journalistes eux-mêmes (contrairement au privé). Résultat d'étude QuotaClimat._

« je ne sais pas s’il s’exprimait au nom de Vakita ou de France Télévisions. »

François de Rugy — ancien ministre de la transition écologique et solidaire (audite, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Illustre le flou de statut et de financement d'Hugo Clément (« Sur le front », Vakita), sujet lancé par le président. Interrogation, pas accusation établie._

« Présenter sur des antennes publiques des représentants de Greenpeace comme des experts de l’énergie, par exemple, relève d’une confusion grave. Ce sont des militants, et il faut le dire comme tel. »

François de Rugy — ancien ministre de la transition écologique et solidaire (audite, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Exemple emblématique du grief militant/expert. Appréciation de de Rugy ; le principe (afficher le statut) fait consensus dans la salle._

« S’agissant d’Hugo Clément, il est clair qu’il est transparent sur ses convictions personnelles, sur ses réseaux sociaux, sur les personnes qu’il invite et sur les sujets sur lesquels il prend position. »

Eva Morel — QuotaClimat (audite, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Position nuancée de QuotaClimat sur Hugo Clément, contre-point à la critique du pôle adverse : la transparence des convictions vaudrait déontologie. Le président juge cette réponse trop prudente._

« Ainsi, une personne sans carte de presse, ancien militant politique, dirige aujourd’hui près de 3 000 journalistes. Cette nomination, inédite par son périmètre, ne fait‑elle pas peser un risque sur le traitement de l’information, avec les biais idéologiques que cela peut supposer, notamment sur les questions de l’écologie décroissante et radicale ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Question orientée du rapporteur ciblant la nomination de Stéphane Sitbon-Gomez (parcours EELV rappelé) comme risque idéologique. Le cadrage (« écologie décroissante et radicale ») révèle l'angle de l'enquête._

« Mediapart est un journal qui défend une idéologie qui est clairement affichée. Ça n'est pas le rôle du service public »

M. Jacques Cardoze — France Télévisions (ancien présentateur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Cardoze distingue le journalisme d'opinion assumé du service public tenu à la neutralité ; reproche à des collègues de vouloir importer ce modèle._

« le régulateur ne doit pas être, en tout cas pas exclusivement, le régulateur des incidents à l’antenne. Il doit devenir le régulateur des processus par lesquels les chaînes anticipent, préviennent et sanctionnent les atteintes à l’impartialité. »

M. Bruno Lasserre — Conseil d'État (mission Arcom) (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Proposition doctrinale structurante : déplacer le rôle du régulateur de l'incident vers le contrôle des processus internes des chaînes ; Ajdari ne s'y associe pas explicitement._

« ce qu’on appelle le « BBC First », c’est-à-dire que le régulateur ne peut être saisi que si la BBC a refusé d’agir, n’a pas pris les moyens d’agir. »

M. Bruno Lasserre — Conseil d'État (mission Arcom) (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Modèle étranger cité comme piste : subsidiarité du régulateur derrière l'auto-régulation des chaînes ; illustre la doctrine du « régulateur des processus »._

« Je précise que M. Berahou n’a aucune compétence sur l’audiovisuel public, qui est l’objet de cette commission d’enquête, et n’intervient donc pas à son sujet. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Ajdari recadre le cas Berahou : non membre du collège mais d'un comité technique régional, hors champ de l'audiovisuel public ; minimise la portée du grief du rapporteur._

« Monsieur le rapporteur, nous l’avons invité à respecter son obligation de réserve pour la suite. Il me paraît difficile de lui opposer le manquement à cette obligation pour une période antérieure à sa nomination. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Ajdari justifie l'absence de sanction contre Berahou : les propos sont antérieurs à sa nomination ; réponse au rapporteur qui invoquait l'obligation de réserve défendue par Lasserre._