La part du citoyenAudiovisuel public

Explorer · Gouvernance, nominations et rémunérations

La nomination des dirigeants (dont la reconduction d'Ernotte)

La nomination et la reconduction des dirigeants de l'audiovisuel public, en particulier le troisième mandat de Delphine Ernotte à France Télévisions, sont au cœur des auditions. Le clivage principal oppose le rapporteur Charles Alloncle (UDR) à la plupart des responsables et régulateurs auditionnés.

La thèse du rapporteur. Alloncle conteste la reconduction d'Ernotte au regard de la situation financière de France Télévisions (« quasi-faillite », déficit cumulé de « presque 200 millions d'euros », M. Martin Ajdari), et met en cause sa légitimité de 2015 (profil télécoms sans expérience du secteur). Il pointe une prime de performance « de près de 80 000 euros » et des « dépenses somptuaires » (Mme Eléonore Duplay, Mme Léa Salamé), la nomination de Stéphane Sitbon-Gomez (« ancien militant politique », sans carte de presse) à la tête de l'information, celle de Foued Berahou à l'Arcom (militantisme allégué, non vérifié), et la longévité de BHL à Arte. Il avance l'existence d'un biais de gauche : « parmi les dirigeants [...] nous ne retrouvons que des profils engagés à gauche » (M. Stéphane Sitbon-Gomez), affirmation contestée sur-le-champ.

Les réponses des responsables. Martin Ajdari (Arcom) défend une décision collégiale et dissocie la dégradation financière, « réelle » mais « difficilement [...] attribuée au seul management » (Salto, retrait de TF1, décisions budgétaires, M. Martin Ajdari, M. Martin Ajdari). Il souligne que la reconduction de mi-mai 2025 précède le rapport de la Cour des comptes de septembre 2025. Nacer Meddah (Cour des comptes) affirme « nous n'avons rien décalé » (M. Nacer Meddah) sans confirmer ni infirmer un courriel de FTV. Les anciens du CSA (Schrameck, Mariani-Ducray, Pierre-Brossolette, M. Olivier Schrameck) défendent la régularité de la procédure de 2015 et démentent toute pression ; Roch-Olivier Maistre (M. Roch-Olivier Maistre) invoque un bilan « globalement positif » et un choix de stabilité. Sitbon-Gomez estime qu'un dirigeant se juge « sur son travail », non sur son CV (M. Stéphane Sitbon-Gomez).

Autres voix. Des syndicalistes divergent : Jean-Jacques Cordival (SNPCA-CGC) parle d'une « mascarade » et invoque la loi de 2013 (M. Jean-Jacques Cordival), tandis que la CGT nie tout pouvoir de cogestion et renvoie la rémunération à l'État qui la valide (Mme Eléonore Duplay, M. Lionel Thompson). Côté témoins, Michel Drucker évoque « une liberté totale [...] sans aucune pression » et Jacques Cardoze n'a « jamais » reçu d'appel de la direction, quand Patrick Sébastien dénonce une « dictature idéologique » (M. Jacques Cardoze). Erwan Balanant (DEM) juge que s'attaquer aux dirigeants « c'est [...] attaquer l'État de droit » (M. Martin Ajdari).

Le mode de nomination. Plusieurs proposent de réformer : désignation par le conseil d'administration validée par le régulateur (Maistre, M. Roch-Olivier Maistre ; Bataillon, M. Quentin Bataillon, pour « couper le lien avec l'Élysée »), nomination des membres de l'Arcom par les commissions parlementaires à la majorité des trois cinquièmes (Duhamel, Mme Michèle Cotta), ou des comités d'éthique par l'Arcom (Benhamou, Mme Emmanuelle Daviet). Michèle Cotta objecte qu'une nomination par le CA « ne ferait que déplacer le problème » (Mme Michèle Cotta).

Qui en parle

  • Charles Alloncle (rapporteur, UDR) : conteste la reconduction d'Ernotte (finances, prime, dépenses) et dénonce un biais de gauche et des nominations militantes (Sitbon-Gomez, Berahou).
  • Martin Ajdari (Arcom) : défend une reconduction collégiale et motivée ; dégradation financière non imputable au seul management.
  • Schrameck, Mariani-Ducray, Pierre-Brossolette (ex-CSA) : procédure de 2015 régulière ; démentis des pressions politiques.
  • Roch-Olivier Maistre (ex-CSA/Arcom) : reconduction 2020 justifiée (bilan « globalement positif », stabilité) ; propose une nomination via le CA validée par le régulateur.
  • Jean-Jacques Cordival (SNPCA-CGC) : « mascarade », critères légaux de 2013 non respectés.
  • CGT (Thompson, Duplay, Pinol) : nie tout pouvoir syndical sur les nominations ; rémunération validée par l'État.
  • Drucker, Cardoze / Sébastien (témoins FTV) : divergence à décharge (aucune pression) vs à charge (« dictature idéologique »).
  • Bataillon, Duhamel, Cotta, Benhamou : propositions de réforme du mode de nomination.
  • Vincent Bolloré : thèse d'une « caste dirigeante » qu'il refuse de nommer.
Interventions regroupées (117 citations · 32 auditions)

Domaine : Gouvernance, nominations et rémunérations · Sujet : nominations-dirigeants

Couverture : 117 citations · 21 positions · 32 auditions

_Slugs bruts fusionnés : gouvernance-nominations, gouvernance-nomination-dirigeants, gouvernance-nominations-dirigeants, gouvernance-nomination-president, gouvernance-nomination-ernotte, nomination-ernotte, gouvernance-ernotte, gouvernance-ernotte-sitbon, delphine-ernotte-renouvellement, reconduction-ernotte, soutien-ernotte, parcours-nomination-dirigeant, responsabilite-dirigeants, gouvernance-nominations-calendrier-cour, calendrier-rapport-arcom-reconduction, nomination-dirigeants-ftv, independance-comite-nominations, caste-dirigeante, gouvernance-france-televisions_

Positions exprimées

  • M. Nacer Meddah (M. Nacer Meddah) : La Cour n'a « rien décalé » : sa procédure collégiale et contradictoire a été scrupuleusement suivie, elle n'en était qu'au stade provisoire lors de la reconduction d'Ernotte par l'Arcom. Meddah ne confirme ni n'infirme la réception d'un courriel de FTV. _(tranchant 5)_
  • M. Jacques Cardoze (M. Jacques Cardoze) : Positions divergentes des trois intervenants : Sébastien juge Delphine Ernotte illégitime pour un service public (« dictature idéologique », « intouchable ») ; Drucker la défend totalement, lui dit devoir sa carrière et refuse d'en dire du mal ; Cardoze affirme n'avoir jamais subi de pression directe de sa part. _(tranchant 5)_
  • Mme Laurence Franceschini (Mme Laurence Franceschini) : Trouillard : les écarts du service public relèvent d'un problème de gouvernance (centralisation, absence de démocratie interne) ; il faut représenter usagers et journalistes au CA, voire nommer le président « par le bas ». Contestée par Lécuyer et le président. _(tranchant 4)_
  • M. Roch-Olivier Maistre (M. Roch-Olivier Maistre) : Favorable à une désignation des présidents selon le droit commun des sociétés (par le conseil d'administration), validée par le régulateur pour garantir l'indépendance. _(tranchant 4)_
  • M. Stéphane Sitbon-Gomez (M. Stéphane Sitbon-Gomez) : Un dirigeant doit être jugé sur son travail et ses résultats d’audience, pas sur son CV ; ne pas avoir été journaliste ou détenteur d’une carte de presse est normal pour qui encadre des encadrants. _(tranchant 4)_
  • M. Martin Ajdari (M. Martin Ajdari) : La reconduction de Delphine Ernotte, décision collégiale après appel à candidatures, est justifiée : la dégradation financière de France Télévisions, réelle et connue, n'est pas imputable à sa seule gestion mais résulte largement de facteurs collectifs (Salto, inflexion de la trajectoire de soutien public). _(tranchant 3)_
  • Mme Christine Albanel (Mme Christine Albanel) : La nomination des membres par le conseil d'administration de France Télévisions ne remet nullement en cause l'indépendance du comité, même si la modalité peut être débattue. _(tranchant 3)_
  • M. Olivier Schrameck (M. Olivier Schrameck) : La désignation d'Ernotte a résulté d'une procédure régulière, collégiale et souveraine (33 candidatures, 7 auditions, votes successifs, majorité finale), validée par le Conseil d'État en 2016 ; il refuse de la rejuger a posteriori et note qu'elle a été réélue deux fois par d'autres collèges. _(tranchant 3)_
  • M. Roch-Olivier Maistre (M. Roch-Olivier Maistre) : La reconduction de 2020 reposait sur un bilan « globalement positif », une procédure transparente et un choix de stabilité ; il refuse de commenter le renouvellement de 2025 auquel il n'a pas participé. _(tranchant 3)_
  • Mme Emmanuelle Daviet (Mme Emmanuelle Daviet) : Benhamou : le comité est réellement indépendant malgré la nomination par le conseil d'administration ; le parcours personnel des membres n'entre pas en jeu (« muraille hermétique ») ; propose toutefois que les membres soient nommés par l'Arcom. _(tranchant 3)_
  • M. Alexandre Kara (M. Alexandre Kara) : La rotation des directeurs et les réorganisations relèvent des choix de la présidente, que Kara ne commente pas ; il assume ses responsabilités (démission proposée après Paty-Bernard, refusée), a « vidé tous les placards » et n’acceptera pas d’emploi fictif. _(tranchant 3)_
  • M. Quentin Bataillon (M. Quentin Bataillon) : Le mode actuel de nomination des présidents n'est pas optimal (dissuade des candidats, écarte des profils externes) ; propose que la nomination incombe à un conseil d'administration modernisé, en coupant le lien avec l'Élysée. _(tranchant 3)_
  • M. Lionel Thompson (M. Lionel Thompson) : Les syndicats et la SDJ n'ont aucun pouvoir de cogestion sur les nominations ; leur seul pouvoir est la parole. Ils s'inquiètent toutefois du cumul de fonctions (doubles casquettes). _(tranchant 3)_
  • M. Jean-Jacques Cordival (M. Jean-Jacques Cordival) : La nomination (2015) et les reconductions de Delphine Ernotte relèvent d'une « mascarade » et méconnaîtraient les critères légaux de compétence et d'expérience. _(tranchant 3)_
  • M. Pierre-Antoine Capton (M. Pierre-Antoine Capton) : Le soutien public à Delphine Ernotte relève de la franchise et de la nécessité de stabilité du service public ; l'invitation d'Ernotte à un anniversaire privé n'a aucun lien avec les relations contractuelles, et l'accusation sur Maxim's est diffamatoire. _(tranchant 3)_
  • M. Vincent Bolloré (M. Vincent Bolloré) : Une « caste dirigeante » protège ses positions et cible ceux qui dérangent comme lui, mais il refuse systématiquement d'en désigner nommément les membres. _(tranchant 3)_
  • Mme Michèle Cotta (Mme Michèle Cotta) : Une nomination des dirigeants par le conseil d'administration ne ferait que déplacer le problème (qui nomme le CA ?) ; une nomination par les commissions parlementaires serait « plutôt bienvenue ». _(tranchant 3)_
  • M. Bruno Patino (M. Bruno Patino) : Patino a été nommé à l'unanimité par l'ensemble du conseil de surveillance après une commission de recrutement, pas par un homme seul ; il refuse, au nom de son rôle, de commenter la composition ou la longévité du mandat de BHL, qui relèvent de l'actionnaire. _(tranchant 3)_
  • M. Martin Ajdari (M. Martin Ajdari) : La décision de reconduire Delphine Ernotte est motivée et publique ; la dégradation financière (Salto, retrait de TF1, décisions budgétaires) n'est pas imputable au seul management. Impartialité, coopérations et soutenabilité restaient des points de vigilance. _(tranchant 3)_
  • M. Martin Ajdari (M. Martin Ajdari) : Rien à cacher sur la dernière nomination d'Ernotte ; pas de PV analytiques, pas d'enregistrements retrouvés. La confidentialité partielle est imposée par le Conseil constitutionnel ; la transparence actuelle est même parfois excessive et décourage des candidats. _(tranchant 3)_
  • M. Fabrice Lacroix (M. Fabrice Lacroix) : N'a pas d'avis personnel sur le mode de nomination (candidature spontanée, décret présidentiel) et se serait inscrit dans n'importe quelle procédure ; justifie la différence avec l'Arcom par le statut et les missions particuliers de l'INA. _(tranchant 2)_

Citations (verbatim, sourcées)

« Monsieur Ajdari, dans une décision récente du 25 juillet 2025, vous avez nommé M. Foued Berahou membre de l'Arcom Paris. Saviez-vous qu'un an auparavant, le 18 septembre 2024, il appelait publiquement à une mobilisation antifasciste et indigéniste « contre l'empire Bolloré » dans l'archipel des Glénan ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Martin Ajdari, 2025-11-25)

_Question la plus contestée par les députés de gauche (Balanant, Taillé-Polian l'interrompent). Vise à établir un défaut d'impartialité dans une nomination interne. Le militantisme prêté à M. Berahou est une affirmation du rapporteur, non vérifiée dans l'audition._

« on s'aperçoit que le groupe public est en situation de quasi-faillite ou de quasi-dissolution, selon les termes du code de commerce. Les capitaux propres sont inférieurs à la moitié du capital social, la trésorerie est quasiment nulle, et le déficit cumulé des dernières années atteint presque 200 millions d'euros. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Martin Ajdari, 2025-11-25)

_Chiffrage à charge de la situation de France Télévisions, adossé au rapport de la Cour des comptes et de l'IGF, pour contester la reconduction d'Ernotte. Chiffres attribués aux rapports ; Ajdari confirme partiellement la dégradation mais en conteste l'imputation._

« Nous n'avons pas eu connaissance du rapport, même provisoire, de la Cour des comptes avant de décider de renommer Delphine Ernotte, à la mi-mai. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2025-11-25)

_Fait chronologique clé de la défense d'Ajdari : la décision de reconduction précède le relevé provisoire de la Cour des comptes (fin mai 2025). Établit une séquence temporelle vérifiable._

« Que la situation financière soit apparue préoccupante dès la fin de 2024 ou le début de 2025, c'était très clair. Que cette dégradation soit imputable à la gestion de la présidente sortante, ça l'est beaucoup moins : ce n'est d'ailleurs pas le constat que nous avons fait. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2025-11-25)

_Point de désaccord frontal avec le rapporteur : Ajdari dissocie la dégradation financière (réelle) de la responsabilité de Delphine Ernotte, qu'il refuse de tenir pour seule comptable. Position argumentée, non un fait établi._

« Quand on commence à les attaquer sur leurs supposés manquements alors qu'ils font l'objet de contrôles de la part de diverses autorités, notamment pour s'assurer qu'ils respectent les principes qui s'imposent à eux, on commence, ni plus, ni moins, à attaquer l'État de droit. »

M. Erwan Balanant — DEM (depute, audition de M. Martin Ajdari, 2025-11-25)

_Défense de l'indépendance des autorités administratives et des fonctionnaires face aux attaques du rapporteur. Position du centre (DEM) requalifiant l'interrogatoire en atteinte à l'État de droit. Jugement politique._

« Je suis magistrat, j'ai prêté serment et je me tiens à ma place : chacun à la sienne. »

M. Nacer Meddah — Cour des comptes (audite, audition de M. Nacer Meddah, 2025-12-04)

_Refus net de se substituer à l'Arcom sur la reconduction d'Ernotte. Marque la ligne de séparation des compétences que Meddah tiendra toute l'audition._

« Nous n'avons rien décalé. Je vous ai dit que notre procédure a été suivie. »

M. Nacer Meddah — Cour des comptes (audite, audition de M. Nacer Meddah, 2025-12-04)

_Réponse-refuge répétée face à la question du rapporteur sur un courriel de FTV demandant de décaler le pré-rapport. Meddah nie tout décalage mais ne confirme ni n'infirme la réception du courriel — le doute reste entier, sans être tranché._

« pouvez-vous me confirmer sous serment si vous avez été sollicité ou non par la direction de France Télévisions pour décaler la remise du rapport ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Nacer Meddah, 2025-12-04)

_Cœur de l'attaque du rapporteur : il affirme détenir l'information d'un courriel du secrétaire général de FTV (M. Tardieu) demandant de décaler le pré-rapport après la reconduction d'Ernotte. Formulée sous serment, la question vise à faire trancher l'existence d'une pression. Accusation au conditionnel, non établie._

« Permettez-nous donc d'avoir des doutes sur l'existence d'un éventuel agenda politique de la Cour des comptes dans la mesure où Pierre Moscovici lui-même a reconnu un décalage de publication d'un rapport pour de strictes raisons politiques. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Nacer Meddah, 2025-12-04)

_Le rapporteur mobilise le précédent Moscovici (report du rapport immigration en 2023) pour insinuer que la Cour des comptes peut avoir un « agenda politique ». Insinuation appuyée sur un précédent réel, mais qui n'établit rien sur le rapport FTV._

« En cas de manquement à la loi de 1986, c'est la personne morale qui est responsable. »

Laurence Franceschini — Conseil d'État (ancienne DAJ du CSA, membre CNIL, CA de France Médias Monde) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Recadre la question du rapporteur : la sanction des manquements relève du pouvoir administratif de l'Arcom sur la personne morale (art. 42, 48 et s.), non d'une responsabilité individuelle du dirigeant._

« il revient à la tutelle de décider de le démettre ou de ne pas le reconduire. »

Guillaume Lécuyer — Avocat au Conseil d'État et à la Cour de cassation (comité d'éthique RMC-BFM) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Réponse à Alloncle : engager la responsabilité civile personnelle d'un dirigeant est difficile (faute personnelle grave requise) ; la sanction politique appartient à la tutelle._

« les écarts constatés sur Radio France et France Télévisions sont liés non pas à un problème de définition des concepts, mais à un problème de gouvernance que je soulignais déjà dans ma thèse. »

Pauline Trouillard — Chercheuse en droit des médias (post-doctorante, CNRS / Université de Rennes) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Déplace le diagnostic du terrain sémantique (neutralité/impartialité) vers la gouvernance interne ; « écarts constatés » présentés comme son analyse, non démontrés._

« Par exemple, la nomination de Benjamin Duhamel à la matinale de France Inter ! Personne ne sait exactement comment cette nomination a été décidée. »

Pauline Trouillard — Chercheuse en droit des médias (post-doctorante, CNRS / Université de Rennes) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Exemple donné à la demande du président pour illustrer l'opacité des nominations ; affirmation de Trouillard sur l'absence de transparence, non établie._

« il est le fils de Madame Nathalie Saint-Cricq. Cela peut poser un problème de conflit d'intérêts dans la façon dont il a été nommé. »

Pauline Trouillard — Chercheuse en droit des médias (post-doctorante, CNRS / Université de Rennes) (audite, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Insinuation d'un possible conflit d'intérêts fondée sur un lien de parenté (« peut poser ») ; NON établie — le président réagit aussitôt (« Vous êtes responsable de vos propos ») et rappelle le refus du jugement fondé sur la généalogie._

« Le chemin est celui de la transparence, comme nous le faisons avec nos déclarations à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, et non celui du jugement a priori fondé sur la généalogie. »

Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Le président rejette explicitement l'insinuation de Trouillard (conflit d'intérêts fondé sur la parenté Duhamel/Saint-Cricq) et pose le principe de jugement sur les actes, non sur la généalogie._

« La responsabilité des dirigeants peut-elle être engagée pour ces deux types de manquements, à la fois au principe de neutralité, au sens large et aux principes de bonne gestion financière ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Laurence Franceschini, 2025-12-04)

_Le rapporteur cherche à établir un levier de responsabilité personnelle des dirigeants (éditoriale + financière) ; les juristes renvoient à la personne morale (Franceschini), à la tutelle (Lécuyer) et à la révocation de mandat (Dimeglio, art. 47-5)._

« Je précise pour ma part que je suis membre du conseil d’administration de France Médias Monde depuis le mois d’octobre 2024 et que j’ai été co-rapporteur de la proposition de loi relative à la réforme de l’audiovisuel public au nom de la commission des affaires culturelles et de l’éducation. »

Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de Audition, ouverte à la presse, de représentants d’écoles de journalism, 2025-12-11)

_Déclaration d'intérêts du président lui-même : administrateur de France Médias Monde et co-rapporteur de la réforme de l'audiovisuel public. Élément de transparence à consigner._

« Je n'ai jamais reçu de la part du président Hollande la moindre pression dans l'exercice de mes responsabilités, pas plus que de la part du président Macron. »

M. Olivier Schrameck — CSA (audite, audition de M. Olivier Schrameck, 2025-12-11)

_Dénégation centrale de l'audité, faite sous serment, réfutant l'insinuation d'une nomination sous pression politique. Affirmation de l'audité ; la commission ne la tranche pas._

« Or un rapport commandé par le CSE de France Télévisions, publié en octobre 2025, décrit un climat de travail « brutal » et une organisation « autoritaire », « élitiste », des inégalités de traitement et de très fortes tensions. Rétrospectivement, estimez-vous vous être trompés ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Olivier Schrameck, 2025-12-11)

_Angle du rapporteur : établir que le pari de 2015 sur le « dialogue social » d'Ernotte aurait échoué, à partir d'un rapport CSE. Le rapport est cité par le rapporteur ; ses qualificatifs ne sont pas des constats de la commission._

« je note que Mme Ernotte a été réélue deux fois, par deux collèges différents, sous la présidence de deux présidents différents. »

M. Olivier Schrameck — CSA (audite, audition de M. Olivier Schrameck, 2025-12-11)

_Argument final de l'audité pour ne pas juger a posteriori sa propre désignation : deux réélections ultérieures par des collèges distincts. Fait vérifiable opposé à l'« uchronie » demandée par le rapporteur._

« C'est une affabulation totale ! »

Mme Francine Mariani-Ducray — CSA (audite, audition de M. Olivier Schrameck, 2025-12-11)

_Démenti frontal de la co-auditionnée aux allégations (rapportées par le rapporteur d'après Mediapart) d'une intervention de Schrameck ou de Jean-Marc Sauvé pour favoriser Ernotte. Réponse de l'audité, non un constat établi._

« Avoir une personnalité qui venait du monde des télécommunications, même sans expérience antérieure dans l'audiovisuel, pouvait à nos yeux constituer un élément de compétence important. »

Mme Francine Mariani-Ducray — CSA (audite, audition de M. Olivier Schrameck, 2025-12-11)

_Justification de fond de la désignation d'Ernotte : le profil télécoms répondait aux bouleversements du streaming (Netflix 2014). Réponse à l'argument du rapporteur sur son absence d'expérience médias._

« En notre âme et conscience, une majorité a pensé que Mme Ernotte avait le plus de qualités pour accomplir cette mission difficile »

Mme Sylvie Pierre-Brossolette — CSA (audite, audition de M. Olivier Schrameck, 2025-12-11)

_Défense collégiale de la décision : chaque candidat avait avantages et inconvénients, la majorité a tranché en conscience. Contrepoint à la thèse d'un choix biaisé._

« mon expérience de ces dernières années me conduit à être favorable à un mode de désignation du président suivant le droit commun des sociétés ou s’en rapprochant, avec une validation par le régulateur pour garantir l’indépendance. »

M. Roch-Olivier Maistre — Ancien président CSA/Arcom (audite, audition de M. Roch-Olivier Maistre, 2025-12-11)

_Proposition concrète de réforme de la nomination des dirigeants : CA + validation régulateur._

« Je le dis sous serment, je n’ai été soumis à aucune intervention, de quelque nature que ce soit, du président de la République ou de son entourage durant l’exercice de mon mandat, y compris pour les désignations. »

M. Roch-Olivier Maistre — Ancien président CSA/Arcom (audite, audition de M. Roch-Olivier Maistre, 2025-12-11)

_Démenti sous serment de toute ingérence de l'exécutif sous son mandat, y compris pour les nominations._

« le bilan quadriennal dressé sur la gestion de la présidente au cours de son premier mandat était, pour reprendre une expression célèbre, « globalement positif ». »

M. Roch-Olivier Maistre — Ancien président CSA/Arcom (audite, audition de M. Roch-Olivier Maistre, 2025-12-11)

_Justifie la reconduction d'Ernotte en 2020 par un bilan jugé « globalement positif » — qualificatif que le rapporteur cherchera à faire préciser._

« Le fait de donner un peu de stabilité au service public a certainement joué en faveur de sa reconduction, tout comme pour celle de Mme Sibyle Veil à la tête de Radio France en décembre 2022. »

M. Roch-Olivier Maistre — Ancien président CSA/Arcom (audite, audition de M. Roch-Olivier Maistre, 2025-12-11)

_Explique la reconduction par la recherche de stabilité contre l'instabilité chronique du service public._

« vous souhaitez que la nomination des dirigeants de l’audiovisuel public passe par les conseils d’administration des entreprises et soit validée par le régulateur, en l’occurrence l’Arcom ? »

M. Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Roch-Olivier Maistre, 2025-12-11)

_Reformulation par le président pour faire préciser à Maistre sa proposition sur la nomination des dirigeants._

« Cette nomination est-elle justifiée, ou M. Ajdari devrait-il démettre M. Foued Berahou de ses fonctions ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Roch-Olivier Maistre, 2025-12-11)

_Vise la nomination d'un membre de l'Arcom Paris présenté comme militant (affirmation du rapporteur, non établie contradictoirement) ; Maistre refuse de commenter une affaire qu'il dit ne pas connaître._

« comment expliquez-vous, à titre personnel, qu’une personne nommée en 2015 ait été reconduite pour un troisième mandat, malgré un tel bilan ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Roch-Olivier Maistre, 2025-12-11)

_Charge sur la reconduction d'Ernotte en énumérant déficit, audience âgée, échecs Salto/Slash — cadrage à charge appuyé sur des chiffres attribués à la Cour des comptes._

« Condamnez-vous ces pressions politiques que M. Schrameck a reconnues il y a quelques mois devant la représentation nationale, sous serment ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Roch-Olivier Maistre, 2025-12-11)

_Somme Maistre de condamner des pressions attribuées à François Hollande en 2015, reconnues selon le rapporteur par Schrameck sous serment (le député Balanant conteste aussitôt cette lecture) — question polarisante que Maistre renvoie à la responsabilité de son prédécesseur._

« Lorsque nous recrutons quelqu’un, nous n’avons pas le droit de lui demander pour qui il vote. »

Sibyle Veil — Radio France (audite, audition de Mme Sibyle Veil, 2025-12-17)

_Réponse de principe de la présidente à l'accusation d'hégémonie socialiste dans les recrutements : liberté de conscience, recrutement sur la compétence._

« Comment êtes-vous devenu le numéro 2 de la plus grande entreprise audiovisuelle française – et l’une des plus grandes d’Europe – sans avoir aucune expérience dans ce domaine ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Question d’ouverture du rapporteur : met en cause la légitimité professionnelle du dirigeant. Angle : discréditer le profil (militant sans expérience audiovisuelle)._

« parmi les dirigeants de l’audiovisuel public ou de l’Arcom, nous ne retrouvons que des profils engagés à gauche. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Thèse centrale du rapporteur : un biais systémique de gauche dans la gouvernance de l’audiovisuel public. Affirmation contestée sur-le-champ (« Vous mentez ! », exemple de Sibyle Veil)._

« Sibyle Veil, la présidente de Radio France, a été conseillère de Nicolas Sarkozy à l’Élysée ! »

M. Jérémie Patrier-Leitus (president, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Contre-exemple opposé par le président à la thèse d’un biais de gauche systématique dans les nominations. Nuance factuelle, pas une réfutation générale._

« J’en profite pour préciser que France Télévisions emploie 2 589 journalistes en CDI et non 3 000 ou 4 000. Il est toujours utile de rappeler les faits. »

M. Philippe Martinetti — France Télévisions (audite, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Rectification factuelle du chiffre de journalistes avancé par le rapporteur (« plus de 3 000 »). Établit un écart de chiffrage revendiqué par la direction._

« Si donc j’avais une carte de presse, je l’usurperais. »

M. Stéphane Sitbon-Gomez — France Télévisions (audite, audition de M. Stéphane Sitbon-Gomez, 2025-12-18)

_Réponse du principal à l’attaque sur l’absence de carte de presse : il encadre des encadrants, non des journalistes en exercice, et n’aurait pas le droit à cette carte. Argument juridique retournant la critique._

« pour l'ensemble des comités d'éthique, il serait peut-être plus judicieux que les membres soient nommés par l'Arcom. »

Françoise Benhamou — Comité d'éthique (Chipip) de Radio France (audite, audition de Mme Emmanuelle Daviet, 2026-01-20)

_Recommandation concrète et actionnable : sortir la nomination des comités d'éthique du conseil d'administration pour la confier à l'Arcom, en réponse à la question du rapporteur sur l'indépendance. Reprise ensuite par le président._

« Une muraille hermétique entre les opinions que l'on peut avoir, les textes que l'on peut produire et les avis que l'on peut donner, c'est la condition même pour accepter d'entrer dans un comité d'éthique. C'est cela, l'éthique. »

Françoise Benhamou — Comité d'éthique (Chipip) de Radio France (audite, audition de Mme Emmanuelle Daviet, 2026-01-20)

_Réponse de principe aux questions du rapporteur sur les parcours politiques des membres (Maugüé, elle-même) : le parcours n'entre pas en jeu, l'éthique étant précisément cette séparation. Position défensive assumée._

« Rappelons aussi que l’activité de France Télévisions est déjà contrôlée à différents niveaux. L’Arcom publie un rapport annuel. L’État est présent au siège de l’entreprise par l’intermédiaire de fonctionnaires du ministère des finances. Plusieurs représentants des ministères de la culture et des finances siègent par ailleurs au conseil d’administration. »

Mme Eléonore Duplay — CGT (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Argument de la CGT : les contrôles existent déjà à de multiples niveaux (« Que faudrait-il de plus ? »), pour relativiser l'utilité d'une commission d'enquête._

« pour la première fois de l’histoire de l’audiovisuel public, le vrai patron de l’info n’est pas un journaliste mais quelqu’un qui n’a jamais détenu de carte de presse – en plus, je le répète, d’avoir eu un parcours militant. Un tel profil à la tête de l’information n’est-il pas susceptible d’engendrer un soupçon ou une entorse au principe de neutralité ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Mise en cause frontale du rapporteur : le placement d'un non-journaliste au « parcours militant » au-dessus de l'info menacerait la neutralité. Présenté comme « soupçon » — insinuation, pas fait établi._

« La direction restera bien autonome : le directeur de l’information ne recevra pas d’ordres. De toute façon, les journalistes ne pourraient pas accepter une telle mainmise sur l’information. »

M. Georges Pinol — CGT (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_La CGT conteste la lecture du rapporteur : Sitbon-Gomez ne dirigerait pas l'information, la direction de l'info resterait autonome. Réponse factuelle contradictoire à charge du rapporteur._

« Avez-vous le sentiment que France Télévisions et ses dirigeants ont importé certaines méthodes de France Télécom, et ce d’autant plus que la présidente de France Télévisions, Mme Delphine Ernotte, a travaillé chez France Télécom pendant près de trente ans ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Le rapporteur suggère un transfert de « méthodes » managériales délétères de France Télécom vers France Télévisions via le passé d'Ernotte. Rapprochement suggestif ; le parallèle avec l'affaire des suicides est une insinuation._

« une prime de performance de près de 80 000 euros a été attribuée à Delphine Ernotte, alors que l’entreprise est au bord de la faillite. On a évoqué le séjour de près de dix dirigeants et de Delphine Ernotte dans des suites de l’hôtel Majestic, certaines étant facturées 1 700 euros la nuit. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_Le rapporteur juxtapose prime, suites de luxe et « faillite » pour interroger la transparence de l'argent public. Chiffres présentés comme issus de la commission et du rapport de la Cour des comptes._

« je rappelle que les rémunérations des cadres dirigeants de l’entreprise, et notamment celle de notre présidente, sont soumises au contrôle de l’État, qui les valide. »

Mme Eléonore Duplay — CGT (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_La CGT renvoie la responsabilité de la rémunération d'Ernotte à l'État qui la valide, déplaçant le grief du dirigeant vers la tutelle. Point repris par le président._

« Elle a estimé que le système des unités de compétences complémentaires était inefficace et coûteux – c’est écrit dans le rapport. Deux mois plus tard, France Télévisions a pourtant décidé de reconduire ce système, parce que nous n’avons pas été capables de le réformer. »

M. Renaud Bernard — FO (audite, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_FO reconnaît la critique de la Cour des comptes sur les UCC et un échec de réforme (résistances internes), assumant une posture réformiste distincte des autres syndicats. Concession notable côté audité._

« Vise-t-il à faire des économies, à gagner en agilité, voire à contourner les revendications des syndicats ? »

Mme Céline Calvez — EPR (depute, audition de Mme Eléonore Duplay, 2026-01-22)

_La députée EPR, ancienne administratrice de France Télévisions et Radio France, ouvre plusieurs hypothèses sur les mobiles de l'externalisation et interroge la compatibilité des fusions avec indépendance et honnêteté. Question ouverte, moins accusatoire que celles du rapporteur._

« Je n’ai subi aucune pression, aucune demande, aucun ordre éditorial ni de la part de la présidente, ni de celle de Stéphane Sitbon Gomez. »

M. Alexandre Kara — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Déclaration centrale, sous serment, niant toute ingérence hiérarchique ; c’est une affirmation de Kara, opposée aux soupçons du rapporteur, non un fait vérifié par la commission._

« Désormais, il est à la tête d’une rédaction de 2 600 journalistes, sans avoir jamais disposé de la moindre carte de presse. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Attaque du rapporteur sur la légitimité de Stéphane Sitbon Gomez à la tutelle de l’information ; le passé « activiste politique »/EELV est présenté comme problématique — angle à charge, non tranché par la commission._

« À l’information, il n’y a plus un placard. Vous pouvez chercher : j’ai vidé tous les placards. »

M. Alexandre Kara — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Réponse à la « petite suspicion » du rapporteur sur son futur poste ; aveu implicite qu’il existait des « placards » qu’il dit avoir supprimés._

« Ensuite, je le redis : je n’ai pas l’intention de prendre un emploi fictif. Cela n’arrivera pas. »

M. Alexandre Kara — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Engagement sous serment de Kara face au soupçon de « recasage » après son départ de la direction de l’information._

« dans les quarante-huit heures qui ont suivi la malheureuse affaire Paty-Bernard, j’ai proposé ma démission à Delphine Ernotte. Ce n’est pas sorti dans la presse et je n’en ai pas fait état, mais je la lui ai proposée. Elle l’a refusée. »

M. Alexandre Kara — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Révélation inédite (« pas sorti dans la presse ») pour contrer la comparaison avec les démissions de la BBC ; affirmation invérifiable par la commission mais tenue sous serment._

« Comment expliquez-vous un tel écart de responsabilité avec vos homologues britanniques, qui ont démissionné sans être élevés à un autre grade, après une seule atteinte à l’honnêteté de l’information ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Comparaison BBC/France Télévisions mobilisée pour dénoncer une culture de l’irresponsabilité et du « recasage » ; angle à charge._

« personne, dans le service public, n’est propriétaire de son siège, personne n’a de rente à vie, personne n’est au-dessus des choix de sa direction. »

M. Alexandre Kara — France Télévisions (audite, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Justification du renouvellement (Pujadas) et, en écho, de son propre départ ; défend le pouvoir de décision de la direction._

« J’espère qu’il aura la même attitude face aux cas d’animateurs de chaînes privées maintenus à l’antenne alors qu’ils ont fait l’objet de condamnations pénales. »

M. Erwan Balanant — DEM (depute, audition de M. Alexandre Kara, 2026-01-28)

_Le DEM retourne la sévérité du rapporteur vers le privé, suggérant un « deux poids deux mesures » ; révèle la ligne de défense du service public par le centre._

« Or monsieur Sitbon-Gomez, qui se trouve à la tête de près de 3 000 journalistes, ne dispose pas d’une telle carte. »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Léa Salamé, 2026-02-02)

_Mise en cause de la légitimité du numéro 2 de France Télévisions (absence de carte de presse, parcours EELV). Le président rectifiera : le directeur de l'information est Philippe Corbé, pas Sitbon-Gomez._

« Stéphane Sitbon-Gomez, même si l’info lui est rattachée sur l’organigramme, n’est pas présent pendant nos conférences de rédaction du matin ou de l’après-midi. »

Léa Salamé — France Télévisions (audite, audition de Mme Léa Salamé, 2026-02-02)

_Réponse de Salamé : le numéro 2 n'a pas d'implication opérationnelle dans le journal ; les interlocuteurs éditoriaux (Kara, Corbé) ont la carte de presse. Distingue organigramme et réalité rédactionnelle._

« L’œil du 20 heures devrait-il s’intéresser à la prime annuelle de performance de près de 80 000 euros de Delphine Ernotte-Cunci et aux dépenses somptuaires engagées par la direction de France Télévisions alors même que l’entreprise est au bord de la faillite ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Léa Salamé, 2026-02-02)

_Le rapporteur avance des chiffres et un jugement (« dépenses somptuaires », « au bord de la faillite ») sur la direction. Affirmations du rapporteur, non établies dans l'audition ; Plagnard renvoie au futur rapport._

« le président du CSA en 2015, M. Schramek, a signalé avoir connu des pressions du Président de la République François Hollande pour écarter certains noms concurrents de celui de Mme Ernotte. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Quentin Bataillon, 2026-02-04)

_Rappel d'un témoignage antérieur de M. Schramek pour interroger l'indépendance des nominations ; allégation attribuée à Schramek, dont Bataillon relativise la portée._

« Est-il sain qu’une seule personne, qui n’a pas de carte de presse, n’est pas journaliste et a eu des activités politiques évidentes avant de rejoindre France Télévisions, devienne du jour au lendemain le patron des journalistes ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_Le rapporteur vise la nomination de Stéphane Sitbon-Gomez (ex-EELV) comme directeur de l’information, y voyant un risque pour l’indépendance de la rédaction. Insinuation de politisation ; Dati renvoie à l’indépendance des dirigeants._

« S’agissant du recrutement et des nominations, ils sont de la responsabilité exclusive des dirigeants des entreprises. L’audiovisuel public est totalement indépendant de l’État. »

Rachida Dati — Ministère de la culture (audite, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_Refus de commenter la nomination Sitbon-Gomez : les nominations relèvent des dirigeants, pas du ministre. Cohérent avec sa ligne d’indépendance, mais esquive le fond du soupçon de politisation._

« moi, je trouve ça anormal, ça jette aussi un doute sur l’institution. D’ailleurs, j’ai interrogé l’Arcom qui ne m’a pas répondu sur cette question. »

Rachida Dati — Ministère de la culture (audite, audition de Mme Rachida Dati, 2026-02-05)

_Rare rupture de sa règle de non-commentaire : Dati juge « anormale » la nomination de Foued Berahou à l’Arcom et révèle que l’Arcom ne lui a pas répondu — pointe implicite vers le régulateur qu’elle défend par ailleurs._

« Sont-ils le signe d’une certaine fébrilité, ou du moins de la prise de conscience d’insuffisances sur l’antenne de France Inter, notamment en termes de neutralité ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Le rapporteur cherche à faire dire que la valse des dirigeants révèle un problème de neutralité de France Inter. Question orientée : impose le cadre « neutralité » que l'auditionnée récusera._

« Est-ce qu’il ne serait pas temps d’assumer votre responsabilité dans la « macronisation » de l’identité politique de la chaîne ? »

Ersilia Soudais — LFI-NFP (depute, audition de Mme Laurence Bloch, 2026-02-05)

_Attaque de la gauche radicale : Bloch aurait « macronisé » France Inter en remplaçant des voix (Meurice, Waly Dia) par d'autres (Patrick Cohen, Sophia Aram). Charge symétrique à celle du rapporteur mais depuis l'autre bord ; illustre que l'auditionnée est prise entre deux feux._

« oui, le ministère de la culture exerce sa part de tutelle, mais il est loin d’être le seul à prendre les décisions et à définir le cap stratégique des sociétés. »

M. Thomas Cargill — IGF (audite, audition de M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

_Nuance la question du président sur la tutelle : elle est éclatée (culture, budget, Arcom), ce qui dilue la responsabilité du pilotage stratégique._

« avez-vous réellement le sentiment que le ministère de la culture exerce donc la tutelle, c’est-à-dire le pilotage stratégique de ces entreprises ? »

M. Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de M. Thomas Cargill, 2026-02-05)

_Le président interroge l'effectivité de la tutelle du ministère de la culture, illustrée par la difficulté à obtenir une réponse sur la part variable de la rémunération de Delphine Ernotte._

« Lorsque j’ai interrogé Delphine Ernotte sur ce cas, elle nous a expliqué qu’il y avait « en réalité beaucoup d’autres cas » similaires et nous a suggéré que le législateur s’empare de ce sujet. La semaine dernière, Rachida Dati, ministre de la culture, a dénoncé « une consanguinité dans certains milieux [qui] ne souffre d’aucun contrôle ». »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Élise Lucet, 2026-02-10)

_Angle du rapporteur : documenter, par les propos d'Ernotte et de Dati, un problème systémique de conflits d'intérêts entre dirigeants FTV et producteurs. Propos rapportés d'autres personnes._

« Notre seul pouvoir est celui de parler. »

Mme Corinne Audouin — SDJ Radio France (audite, audition de M. Lionel Thompson, 2026-02-11)

_Définit le statut et la portée limitée de la SDJ (voix collective sans pouvoir contraignant), pour désamorcer par avance le soupçon d'influence sur les nominations._

« le jeu de chaises musicales que l'on a pu observer ces derniers jours à la direction de Radio France »

M. Charles Alloncle (rapporteur, audition de M. Lionel Thompson, 2026-02-11)

_Angle du rapporteur : présenter les mouvements de direction (Corbé, Van Reeth, Pigalle, Guimier, Vahramian) comme instables et suspects, survenant en pleine commission d'enquête._

« c'est nous prêter bien du pouvoir que de penser que nous pouvons cogérer et avoir une influence sur la nomination des directeurs ! »

M. Lionel Thompson — CGT Radio France (audite, audition de M. Lionel Thompson, 2026-02-11)

_Réfutation de la thèse du rapporteur (décisions guidées par la pression des syndicats) : la CGT nie tout pouvoir de cogestion sur les nominations._

« on subit des attaques de l'extrême droite et des médias Bolloré ; on avait besoin de quelqu'un qui soit solide face à ces attaques pour nous défendre à la tête de la rédaction »

M. Lionel Thompson — CGT Radio France (audite, audition de M. Lionel Thompson, 2026-02-11)

_Assume la ligne : la CGT désigne nommément l'« extrême droite » et les « médias Bolloré » comme adversaires, et le seul message porté aux directions serait de résister à ces attaques._

« des erreurs ont été faites sous la pression, notamment celle des critiques de droite et d'extrême droite, qui ont conduit à élaguer un certain nombre de choses, à licencier Guillaume Meurice, à supprimer l'émission de Charline Vanhoenacker »

M. Lionel Thompson — CGT Radio France (audite, audition de M. Lionel Thompson, 2026-02-11)

_Lecture CGT du recentrage de France Inter : présentée explicitement comme celle du syndicat, pas de la direction ; miroir inversé de la thèse du rapporteur sur le biais de gauche._

« Avez-vous l'impression qu'il existe des liens très forts entre le parti socialiste, notamment à Paris, et les dirigeants de l'audiovisuel public ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Yannick Letranchant, 2026-02-11)

_Le rapporteur cherche à faire dire l'existence d'un entre-soi politique (PS parisien) au sommet de l'audiovisuel public, après avoir cité l'expression « petite mafia delanoïste ». Question orientée sur la proximité politique des dirigeants ; Ngatcha refuse d'y répondre._

« je suis persuadé qu'avec un budget de 2,5 milliards, un choix différent est possible même s'il est plus compliqué à mettre en œuvre ; pour ma part, je défends une réforme de la gouvernance. »

Jérémie Patrier-Leitus — HOR (president, audition de Audition, ouverte à la presse, des sociétés représentant la production, 2026-02-17)

_Position du président : la baisse budgétaire n'impose pas de couper la création ; il plaide pour une réforme de la gouvernance (fusion France Info, rapprochement France Bleu/France 3)._

« Cela pourra vous surprendre mais j’ai fait une candidature spontanée. »

M. Fabrice Lacroix — INA (audite, audition de M. Fabrice Lacroix, 2026-02-19)

_Établit le caractère non concurrentiel et opaque de la nomination à l'INA (candidature spontanée, sans appel à candidatures), au cœur du questionnement de la commission sur le mode de désignation des dirigeants de l'audiovisuel public._

« comment se fait-il que, dix ans après, personne ne lui dise : « Madame, cela fait dix ans que vous annoncez la mise en place d’une comptabilité analytique. Vous ne l’avez pas fait. Pourquoi ? » »

M. Jean-Jacques Cordival — SNPCA-CGC (audite, audition de M. Jean-Jacques Cordival, 2026-02-25)

_Cœur de l'argument de contrôle : promesse répétée (2015, 2020, 2025) jamais tenue, sans conséquence sur les reconductions. Vise autant la direction que l'absence de sanction par les tutelles (CSA/Arcom). Constat vérifiable dans les programmes cités._

« J’aurais tendance à dire que c’est une mascarade. C’est le premier mot qui vient à l’esprit. »

M. Jean-Jacques Cordival — SNPCA-CGC (audite, audition de M. Jean-Jacques Cordival, 2026-02-25)

_Jugement de valeur du syndicat sur le processus de nomination/reconduction d'Ernotte, adossé à l'argument juridique de la loi de 2013 (expérience et compétence du secteur). Opinion tranchée, pas un fait établi._

« La loi de 2013 dit clairement que la personne nommée à la présidence de Radio France et de France Télévisions doit avoir une expérience professionnelle et venir du secteur. Ce n’était pas le cas de Delphine Ernotte en 2015, vous le savez comme moi. »

M. Jean-Jacques Cordival — SNPCA-CGC (audite, audition de M. Jean-Jacques Cordival, 2026-02-25)

_Fonde juridiquement la contestation de la nomination sur les critères légaux de compétence et d'expérience. Le jugement selon lequel Ernotte ne les remplissait pas est une appréciation du syndicat, non une décision de justice (la procédure a été classée)._

« Olivier Schrameck a posé une seule question à Delphine Ernotte pour la faire élire : « Madame, connaissez-vous la différence entre un médecin et un enseignant ? » »

M. Jean-Jacques Cordival — SNPCA-CGC (audite, audition de M. Jean-Jacques Cordival, 2026-02-25)

_Anecdote destinée à discréditer le sérieux du processus de sélection de 2015 par le CSA. Rapportée comme un témoignage (« nous avons tout »), non vérifiée dans l'audition ; à traiter comme une allégation._

« Prenez Anne-Sophie Lapix : elle a appris quasiment lors d’un déjeuner qu’elle était virée. Il paraît que les politiques refusaient de venir dans son journal de 20 heures parce qu’elle avait des questions trop pertinentes. »

M. Jean-Jacques Cordival — SNPCA-CGC (audite, audition de M. Jean-Jacques Cordival, 2026-02-25)

_Illustration d'une gestion RH jugée brutale, avec une insinuation (« il paraît ») liant une éviction à des pressions politiques sur l'antenne. Le lien pressions politiques / éviction est présenté au conditionnel : rumeur rapportée, non établie._

« Je précise que, pour ma part, j’ai été membre du conseil d’administration de Radio France de 2017 à 2022 et membre du conseil d’administration de France Télévisions en 2023-2024. »

Mme Céline Calvez — EPR (president, audition de M. Jean-Jacques Cordival, 2026-02-25)

_Déclaration d'intérêt spontanée de la vice-présidente qui préside la séance : ses anciens mandats aux CA de Radio France et de FTV. Élément de transparence pertinent au regard des critiques sur l'impartialité et la tutelle politique des dirigeants._

« des gens ont menti sous serment devant la Représentation nationale. »

M. Pierre-Antoine Capton — Mediawan (audite, audition de M. Pierre-Antoine Capton, 2026-02-26)

_Accusation grave de Capton visant des auditionnés des jours précédents (notamment la CGC / Cordival). Affirmation non établie ; elle relance la question du parjure que le président annonce examiner._

« Je suis le bouc émissaire parfait, le paratonnerre idéal, parce que je représente toutes les cases que la caste n'aime pas »

M. Vincent Bolloré — Compagnie de l'Odet / Groupe Bolloré (audite, audition de M. Vincent Bolloré, 2026-03-24)

_Auto-narration en victime désignée d'une « caste » : cadre de lecture qu'il applique à toutes les critiques. Grille interprétative, pas un fait établi._

« La caste dirigeante, comme son nom l'indique, ce sont les personnes qui dirigent aujourd'hui et sont très heureuses de le faire. »

M. Vincent Bolloré — Compagnie de l'Odet / Groupe Bolloré (audite, audition de M. Vincent Bolloré, 2026-03-24)

_Seule définition qu'il donne de la « caste » : tautologique, il refuse de nommer ses membres malgré les relances répétées du président._

« Nous ne sommes pas soumis. Nous sommes libres, et donc nous déplaisons. C'est le prix de notre indépendance. »

M. Vincent Bolloré — Compagnie de l'Odet / Groupe Bolloré (audite, audition de M. Vincent Bolloré, 2026-03-24)

_Récit de l'indépendance comme cause de son isolement : le groupe « déplaît » parce qu'il n'est pas « soumis ». Formule identitaire, non un fait vérifiable._

« ne faut-il pas faire preuve de la plus grande précaution sur les nominations au sein de l'Arcom afin d'éviter toute forme de militantisme de la part de ses membres, lesquels peuvent être amenés à prononcer des sanctions ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Vincent Bolloré, 2026-03-24)

_Angle du rapporteur : à partir du cas Foued Berahou (militant « antifasciste » contre « l'empire Bolloré » nommé au collège de l'Arcom), mettre en cause l'impartialité du régulateur. Vise à établir un soupçon de militantisme, non prouvé._

« Delphine Ernotte a choisi pour vous remplacer, vous qui aviez 66 ans, Stéphane Sitbon-Gomez, 33 ans, qui n'avait travaillé jusque-là que pour Europe Écologie-Les Verts. »

M. Charles Alloncle (rapporteur, audition de M. Takis Candilis, 2026-03-25)

_Le rapporteur pointe la nomination du successeur (issu d'EELV) comme un enjeu de compétence et, implicitement, de politisation de la gouvernance ; il s'appuie sur Le Figaro (« un professionnel remplacé par un amateur »)._

« Je pense que M. Sitbon-Gomez est à sa place. Je trouve qu'il la mérite parce que c'est un professionnel impressionnant. »

M. Takis Candilis — producteur audiovisuel (ex-France Télévisions) (audite, audition de M. Takis Candilis, 2026-03-25)

_Candilis défend explicitement son successeur, refusant la lecture d'une nomination « d'amateur » et coupant court à l'insinuation d'une politisation._

« Le rapport de la Cour des comptes, publié en septembre 2025, est donc postérieur à la décision de reconduction de la présidente par l’Arcom, intervenue en mai, et s’inscrit dans une analyse globale, équilibrée, reconnaissant à la fois les réussites et les points d’attention. »

Florence Philbert — DGMIC — ministère de la culture (audite, audition de Mme Florence Philbert, 2026-03-25)

_Réponse au soupçon du rapporteur d'un calendrier arrangé (rapport après la reconduction d'Ernotte) : la tutelle rappelle l'indépendance de la Cour et de l'Arcom et relativise le caractère à charge du rapport._

« il n’est pas nécessaire d’avoir une carte de presse pour porter une vision biaisée des faits dans le service public. »

Géraldine Woessner — Le Point (audite, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Déplace le débat de la carte de presse (Sitbon-Gomez) vers la « quantification permanente » qu'elle juge creuse ; enchaîne sur sa critique méthodologique de QuotaClimat._

« Sa réponse a été claire : Élise Lucet est intouchable car elle est devenue une icône et elle réalise de l’audience. »

François de Rugy — ancien ministre de la transition écologique et solidaire (audite, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Propos que de Rugy attribue à Delphine Ernotte, présidente de France Télévisions : réponse rapportée, non établie et non vérifiable dans l'audition. Illustre son grief sur la primauté de l'audience._

« Ainsi, une personne sans carte de presse, ancien militant politique, dirige aujourd’hui près de 3 000 journalistes. Cette nomination, inédite par son périmètre, ne fait‑elle pas peser un risque sur le traitement de l’information, avec les biais idéologiques que cela peut supposer, notamment sur les questions de l’écologie décroissante et radicale ? »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. François de Rugy e.a., 2026-03-26)

_Question orientée du rapporteur ciblant la nomination de Stéphane Sitbon-Gomez (parcours EELV rappelé) comme risque idéologique. Le cadrage (« écologie décroissante et radicale ») révèle l'angle de l'enquête._

« Je n'ai jamais – jamais ! – eu de coup de fil de Delphine Ernotte ou de M. Sitbon-Gomez. »

M. Jacques Cardoze — France Télévisions (ancien présentateur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Élément À DÉCHARGE : Cardoze dédouane la présidence de toute pression directe ; il situe le biais dans la rédaction, pas dans une tutelle du sommet._

« il y a un protocole d'accord qui fait que les jeunes qui sont sélectionnés, en tous les cas pour « Complément d'enquête », ne peuvent venir que de Sciences Po : la RH m'imposait un journaliste qui vienne de Sciences Po. »

M. Jacques Cardoze — France Télévisions (ancien présentateur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Fait précis avancé par Cardoze (monopole Sciences Po pour l'alternance) ; il précise ensuite que cela ne vaut que pour les alternants, pas tous les recrutements. Affirmation de l'auditionné._

« La gouvernance actuelle de France Télévisions m'a laissé une liberté totale pour faire mon métier, sans aucune pression. »

M. Michel Drucker — France Télévisions (présentateur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Élément À DÉCHARGE majeur : Drucker témoigne d'une absence totale de pression sous la gouvernance Ernotte, à rebours de Sébastien et Cardoze._

« vous ne me ferez pas dire du mal de Delphine Ernotte »

M. Michel Drucker — France Télévisions (présentateur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Position nette de Drucker, en opposition directe avec Sébastien assis à côté de lui ; illustre la « divergence » relevée par le président._

« une patronne de service public doit représenter tout le public, et pas seulement ceux qui sont d'accord avec son idéologie. »

M. Patrick Sébastien — France Télévisions (ancien présentateur / producteur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Thèse centrale de Sébastien contre Ernotte (« dictature idéologique ») ; il file la comparaison avec un directeur d'hôpital qui refuserait des malades._

« la gouvernance de Mme Ernotte restera le côté le plus sombre et le plus décevant de ma vie. »

M. Patrick Sébastien — France Télévisions (ancien présentateur / producteur) (audite, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Charge émotionnelle maximale de Sébastien contre la gouvernance Ernotte (il rectifiera ensuite : « de ma vie professionnelle »). Témoigne du ressenti, pas d'un fait._

« On a une télévision d'hommes blancs de plus de 50 ans et ça, il va falloir que ça change. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Jacques Cardoze, 2026-03-31)

_Le rapporteur rappelle la phrase de Delphine Ernotte (25 septembre 2015) qu'il érige en preuve d'une « politique discriminatoire » — angle central de son questionnement. Citation d'un propos d'Ernotte, mobilisé à charge._

« s’il y a un feu rouge, il ne faut pas le faire ; à nous de donner les feux verts. »

Michèle Cotta — Ancienne présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (audite, audition de Mme Michèle Cotta, 2026-04-02)

_Aveu d'un « moyen terme » de la régulation : elle reconnaît des négociations préalables avec le pouvoir, tout en fixant une limite (ne pas nommer un « chiffon rouge »)._

« Il faut couper au maximum le lien entre l’exécutif et l’instance de régulation – mais je suis peut-être le seul à le penser. »

Patrice Duhamel — Ancien directeur général de France Télévisions chargé des antennes (audite, audition de Mme Michèle Cotta, 2026-04-02)

_Ligne de sa proposition de réforme : nomination des membres de l'Arcom par les commissions parlementaires à la majorité des trois cinquièmes, présidence élue en interne._

« je trouverais normal que les commissions des affaires culturelles de l’Assemblée et du Sénat nomment, à une majorité qualifiée pour éviter tout caractère partisan – disons une majorité des trois cinquièmes –, les cinq, sept ou neuf membres »

Patrice Duhamel — Ancien directeur général de France Télévisions chargé des antennes (audite, audition de Mme Michèle Cotta, 2026-04-02)

_Proposition concrète et actionnable de réforme du mode de nomination de l'Arcom, reliée au fait que le Parlement vote le budget._

« Cela ne ferait que déplacer le problème : il faudrait savoir qui choisit les membres du conseil d’administration ! »

Michèle Cotta — Ancienne directrice générale de France 2 / France Télévisions (audite, audition de Mme Michèle Cotta, 2026-04-02)

_Objection à la nomination des dirigeants par le conseil d'administration : elle ne fait que déporter la question de la mainmise de l'État sur un autre organe._

« Une troisième nomination ne me choque pas, à partir du moment où c’est l’autorité de régulation qui la formule. »

Michèle Cotta — Ancienne présidente de la Haute Autorité de la communication audiovisuelle (audite, audition de Mme Michèle Cotta, 2026-04-02)

_Prise de position modérée sur le troisième mandat de Delphine Ernotte, conditionnée à ce qu'il émane de l'autorité de régulation ; nuance ironique sur le « mandat de trop »._

« François Hollande, alors président de la République, avait émis des réserves sur une ou deux personnes concurrentes de Delphine Ernotte dans le cadre de sa nomination en 2015 »

Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de Mme Michèle Cotta, 2026-04-02)

_Le rapporteur qualifie l'Arcom de possible « chambre d'enregistrement » et présente comme « faits très graves » une ingérence alléguée de F. Hollande dans la nomination d'Ernotte (rapportée par O. Schrameck) — non établie dans cette audition._

« Monsieur Patino, est-ce que vous trouvez normal que Bernard-Henri Lévy soit en poste depuis trente et un ans à la tête d'Arte comme président du conseil de surveillance ? Quelle est, au fond, la légitimité de Bernard-Henri Lévy ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Bruno Patino, 2026-04-07)

_Ouvre la ligne d'attaque du rapporteur sur la longévité de BHL au conseil de surveillance ; cherche à faire dire à Patino que la situation est anormale, ce qu'il refuse._

« J'entends votre question, monsieur le rapporteur, mais je sortirais de mon rôle si j'émettais un avis sur la composition ou l'organisation du conseil de surveillance. »

M. Bruno Patino — Arte France (audite, audition de M. Bruno Patino, 2026-04-07)

_Ligne de défense constante de Patino : le directoire est surveillé par le CS et n'a pas à juger sa composition ; renvoie la responsabilité à l'actionnaire (l'État)._

« non, la direction juridique ne nous a pas alertés. »

M. Bruno Patino — Arte France (audite, audition de M. Bruno Patino, 2026-04-07)

_Aveu factuel important : absence d'alerte de la direction juridique d'Arte et de l'État actionnaire sur les financements des documentaires de BHL. Nourrit la thèse d'un dysfonctionnement, sans préjuger de l'issue judiciaire._

« Monsieur le rapporteur, je n'ai aucune information à vous donner par rapport à votre question. Je ne sais pas ce qui s'est passé à ce moment-là entre les deux personnes que vous citez. »

Mme Kim Younes — TV5 Monde (audite, audition de M. Bruno Patino, 2026-04-07)

_Younes refuse de spéculer sur la non-reconduction de son prédécesseur Yves Bigot par Rachida Dati, recentrant sur son propre processus de nomination._

« On n'a rien à vous reprocher, votre bilan est impeccable, mais on ne vous renouvellera pas. »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Bruno Patino, 2026-04-07)

_Propos attribués à Rachida Dati (ministre de la culture) envers Yves Bigot, cités par le rapporteur d'après un article de Télérama du 28 mai 2024. Citation rapportée, non confirmée par les auditionnés : sert à suggérer une éviction politique._

« l’audiovisuel public est le premier contributeur à la production d’informations en France – particulièrement au niveau local –, pour une dépense de près de 1 milliard d’euros par an. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Élément à décharge du service public avancé par le président de l'Arcom en ouverture ; chiffre de plaidoyer, présenté comme un fait sectoriel._

« Il dispose enfin d’une dotation publique sensiblement inférieure à celle de ses homologues allemands ou britanniques, et qui par ailleurs a connu une baisse de 15 % depuis une dizaine d’années, si l’on tient compte de l’inflation. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Contextualisation à décharge du financement de l'audiovisuel public par le régulateur ; affirmation chiffrée d'Ajdari (comparaison internationale et baisse réelle)._

« en quoi la procédure de nomination des dirigeants de l’audiovisuel public est-elle aujourd’hui plus transparente, donne-t-elle davantage de gages de responsabilité, quand on voit les entorses et les pressions qui ont pu être avouées sous serment, dans le cadre de différentes commissions d’enquête ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Le rapporteur relaie des soupçons de pressions et d'opacité (Hollande, Schrameck, enregistrements introuvables) ; insinuation d'irrégularités dans la nomination d'Ernotte, non établie._

« Je vous laisse l’entière responsabilité de ce que vous affirmez sur ce qui s’est passé dans les précédentes procédures de nomination. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Ajdari se démarque des affirmations du rapporteur sur les pressions passées, sans les confirmer ni les infirmer ; renvoie la charge de la preuve._

« sur la dernière procédure de nomination de Mme Ernotte, on n’a rien à cacher. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Dénégation d'opacité par Ajdari, assortie d'un engagement à transmettre les pièces confidentielles ; il indique qu'il n'existe pas de PV analytiques._

« Que pouvez-vous nous dire sur ce qui a pu motiver votre décision de reconduire Delphine Ernotte à la tête de France Télévisions pour un troisième mandat – ce qui est inédit – sur la base de ces trois critères, alors que, avec un regard un peu extérieur, on peut se dire que, selon ces critères mêmes, les choses sont assez contestables ? »

M. Charles Alloncle — UDR (rapporteur, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Le rapporteur conteste la cohérence de la reconduction d'Ernotte au regard des trois critères de l'Arcom (impartialité, coopérations, soutenabilité financière) ; jugements attribués à la Cour des comptes et à Moscovici._

« La dégradation de la situation financière, telle qu’elle apparaissait dans le rapport de la Cour des comptes et dans les comptes de France Télévisions pouvait de ce point de vue difficilement être attribuée au seul management de France Télévisions. »

M. Martin Ajdari — Arcom (audite, audition de M. Martin Ajdari, 2026-04-07)

_Ajdari dédouane le management d'Ernotte de la dégradation financière, l'imputant à Salto, au retrait de TF1 et aux décisions budgétaires ; défense de la reconduction._